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Message Sujet: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeJeu 11 Sep - 21:42


 
This is my kingdom come

 
“A friend is someone who knows all about you and still loves you.”
Calixte & Zephir

 

Domaine des Yaxley, Newbury
9 juillet 1969

« Lei ? ». La voix peu assurée de la jeune fille se perdit dans l'immensité de la forêt, faible murmure porté au gré du vent. Ses iris teintés de l'eau la plus cristalline qui soit s'accrochaient frénétiquement aux troncs l'encerclant. L'objet de sa quête échappant à son regard aiguisé, elle pouvait sentir des vagues d'inquiétude la submerger avec toujours plus d'intensité. Où diable pouvait-il être. Une nouvelle fois, osant à présent braver les interdits, elle emplit ses poumons de l'air boisé et cria, la boule au ventre. « Lei ! » Sans plus attendre, un bruissement, des craquements et un « Phi » perçant l'air de sa douceur vint interrompre le rythme endiablé de son palpitant. Enfin elle avait cette chance, poser ses iris brûlant d'admiration sur la silhouette de Calixte. Le jeune garçon, tout juste d'un an son cadet, devenait le centre de son monde à chacune de ses visites. Synonyme de liberté, de douceur et d'affection sincère, la jeune femme en devenir buvait la moindre de ses paroles avec une fascination croissante.

Il leur suffit d'un regard pour se comprendre. Une communication pure où la présence de mots était devenue superflue, parasitant leur affection mutuelle. Zephir accouru dans sa direction et ralentit son entrain pour découvrir l'animal blessé. La brigade d'aide aux lapins allait encore intervenir. Condamné à se faire dévorer incessamment sous peu s'il restait dans cet état, la petite boule de poils souffrait d'une profonde plaie à la patte arrière gauche. Les rôles furent endossés dans l'urgence de la situation. La jeune Yaxley s'occupait du patient tandis que le petit Webster soignait la plaie sous le regard attentif de son amie. À chacune de leurs rencontres, elle nourrissait un peu plus l'envie de travailler avec des créatures magiques, comme son oncle. Entourée des deux meilleurs professeurs qui soient, Zeph' ne voulait surtout pas en perdre une miette, récitant tels des mantras les leçons qu'elle pouvait tirer de leurs escapades forestières.

Les serres, Poudlard
18 janvier 1980

« Appliquer contre la plaie des feuilles crues froissées de mille-feuille, d'alchémille, de pétasite officinal ou de plantain. » Le parchemin se froissa entre ses doigts oblongs avant de s'échouer au fond de sa poche. Ses lèvres s'agitaient en silence tandis qu'elle parcourait les étagères du regard. Sa course exaltée vint buter contre le premier nom. L'encre noir n'était plus que l'ombre de lui-même sur un parchemin jaunit par le soleil. « Rosaceae – Alchémille » Elle extirpa le petit sachet de l'étagère et en examina le contenu sous la gerbe blafarde émise par sa baguette. Les feuilles avaient été conservées fraîches par un sort du professeur de botanique. Grossissant la poche de son blouson, il fut bientôt suivi par le plantain et le mille-feuille. Trois sur quatre, ça suffirait amplement.

« I wanna hide the truth, I wanna shelter you, But with the beast inside, There's nowhere we can hide, No matter what we breed, We still are made of greed, This is my kingdom come, This is my kingdom come. »

La démarche saccadée, Zephir rejoignait l'orée de la forêt interdite dont les arbres s'étiraient vers un ciel nocturne des plus lugubre. Les seules lumières égayant le paysage provenaient de la cabane du garde chasse. L'astre lunaire qui avait répandu, quelques jours auparavant, son plein reflet dans les eaux troubles du lac était aux abonnés absents ce soir, habillement dissimulé par d'épais nuages de pluie. Une main portée à sa hanche gauche, la louve s'engouffra dans les bois en silence, l'instinct canin reprenant le dessus. Investie d'une mission, elle avait patiemment attendu que ses camarades de chambrée trouvent le pays des songes pour s'extirper du château. Se rendre à l'infirmerie comme tout le monde ? Hors de question. L'honneur tout d'abord et puis Zephir préférait ne pas avoir à répondre à un interrogatoire poussé. Il suffisait que l'infirmier fasse un peu trop de zèle pour que ses professeurs puis bientôt le directeur s'inquiètent de son comportement à risques. Fichée pour le reste de ses jours comme loup-garou, elle subissait déjà les potions mensuelles, à présent il faudrait qu'elle suive un examen mental pour contrôler son agressivité et ses accès de rage ? Jamais une Yaxley ne tomberait si bas. Certes la plaie déchirant sa hanche avait été causée par son manque d'attention et un lâché prise délibéré, elle ne devait pas se faire interner pour autant.

Ses pas la portèrent quelques mètres en contrebas, navigant dans cette mer de racines contre laquelle tout pied humain butterait sans relâche. Ce fut contre l'écosse réconfortante d'un imposant chêne qu'elle prit appui, stoppant sa course. La fatigue tirait ses traits et rendait son teint de porcelaine blafard, presque fantomatique. Si le loup encaissait la douleur sans broncher, ou presque, il en était autrement pour Zephir. Quand elle écarta l'épais blouson pour découvrir son tee-shirt tâché de sang, un premier gémissement perclus au fond de sa gorge brisa le silence. Non sans difficulté, elle s'assit à même le sol et souleva avec le plus de délicatesse possible le tissu. À la vue de sa chaire déchirée, les traces de griffes la marquant en profondeur, la louve sentit toute force l'abandonner. Elle, prédateur redoutable, crainte de tous était devenue un de ces inoffensifs petits lapins qu'elle avait l'habitude de sauver avec Calixte. Quand ses pensées se tournèrent vers ce dernier, un mélange bénéfique de rage et de regrets la submergea, motivant son geste. Baguette en main, dirigée vers sa hanche faible, elle souffla du bout des lèvres un hésitant « Purificus. » avant qu'une vapeur ne s'échappe de cette dernière et vienne s'échouer contre la plaie sanguinolente.

Pour toute réaction, Zephir ne put contenir un long gémissement de douleur, mourant dans l'immensité des bois qu'elle croyait déserts. D'une main tremblante, alors qu'un soupir agité vint secouer sa lippe, elle extirpa les sacs de son blouson pour sélectionner les plus belles feuilles qu'elle froissa hâtivement dans sa paume. Ce fut une odeur qui ne lui était que trop familière et le frottement de ses pas contre le sol tumultueux qui la stoppa dans son geste. Le loup blessé dans son orgueil et dans sa chair émit un faible grognement caverneux, menace presque inaudible qu'une certaine distance devait être opérée entre la bête et l'intrus. « Qu'est-ce que tu fous là Webster ?! » siffla-t-elle après avoir rassemblé suffisamment de force pour se redresser. Ses doigts se rabattirent sur le remède et le tissu vint recouvrir sa hanche lésée avant qu'elle ne se tourne enfin vers celui qui n'était plus que l'ombre de son meilleur ami, de son amour perdu. Les pupilles accusatrices de la vipère transpercèrent le lion de tout le mépris qu'il lui inspirait à présent. L'époque où sa simple présence suffisait à apaiser une enfant meurtrie par son père semblait s'être évanouie, spectre douloureux du passé.

Chaque once de son corps était mobilisée à une seule et même tâche : ne pas trembler. Il lui fallut une nouvelle inspiration et convoquer les derniers lambeaux de force qu'il lui restait pour prononcer la phrase suivante, suintante de son venin. « T'as pas mieux à faire que de traîner dans les bois ? Je suis sûre qu'une de ces cruches qui te collent au cul rêverait que tu viennes te vautrer dans son plumard, pas vrai ? » Jalousie à peine dissimulée, Zephir ne pesait plus ses mots. Tel l'animal agonisant se débattant dans un dernier élan désespéré, elle avait lâchement abandonné tout espoir de le retrouver. L'éloigner, qu'il en vienne à fuir sa présence, redoutant jusqu'à la croiser au détour d'un couloir. Voilà ce dont elle rêvait en secret. Cela pouvait la meurtrir un peu plus à chaque prière désespérée mais quelle autre solution avait-elle ? Le simple fait d'entendre son nom, d'apercevoir sa silhouette ou encore d'observer le grotesque manège qui le définissait au près de tous à présent l'exaspérait. Pourtant, après toutes ces années, après les insultes qui avaient pu fuser entre eux, l'héritière Yaxley y restait désespérément accrochée. Sujette au dégoût de sa propre personne pour le pouvoir qu'il exerçait toujours, réduisant à néant les vestiges de sa volonté, elle mourait d'impatience de voir le jour où il quitterait enfin ses songes arriver.

Incapable de soutenir plus longtemps ce regard qui malmenait son cœur, la blonde impétueuse tourna le dos à l'ancien Lei devenu Webster. Dans la situation actuelle, faire face à l'échec d'une des rares relations saines de son passé n'était pas particulièrement sa priorité. Le cataplasme de plantes que renfermaient ses doigts devait être appliqué au plus vite contre la plaie qui recommençait à se coller au vêtement déjà humide de sang. Les yeux clos, la respiration difficile, elle priait en silence pour qu'il encaisse et passe son chemin sans demander son reste.
 
 
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Calixte M. Webster
LE CLAIR OBSCUR

LE CLAIR OBSCUR
+ SORCIER DEPUIS LE : 08/04/2013
+ PARCHEMINS : 824
+ LOCALISATION : Dans l'enceinte de Poudlard, peut-être dans un coin solitaire à boire pour oublier, ou avec ses amis pour faire bonne figure !

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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeVen 12 Sep - 2:36


I'm a half a heart without you
Calixte Webster feat Zephir Yaxley.

 




Domaine des Yaxley, Newburry
9 juillet 1969

C’était une des fois où j’avais pu venir dans la propriété Yaxley, et rendre visite à Phi. Nos familles étaient amies depuis des générations et contrairement aux évènements mondains où il était facile d’inventer un mensonge pour expliquer mon absence, il était rare que je ne sois pas du voyage lorsqu’on allait les voir. Zephir je la connais depuis quasiment toujours, nous nous sommes rapidement rapprochés, tous les deux un peu à l’écart, nous nous sommes très vites compris sans avoir besoin de trop nous parler. Du moment que nous restions dans le domaine, nos parents n’ont jamais été trop regardant sur la manière dont nous occupions nos journées. Alors d’un regard échangé en arrivant, d’une lueur malicieuse au fond de l’œil, nous avions compris l’un comme l’autre qu’une fois l’usage du bonjour routinier effectué, nous pourrions aller vagabonder dans la forêt longeant le gigantesque parc. C’était notre petit secret, ce qui nous unissait depuis des années déjà. J’aime soigner les animaux, ils ont toujours été d’un réconfort sans bornes, doux et gentil avec moi, m’apportant un semblant d’amour, mais malheureusement chez moi il ne m’était plus possible de m’amuser avec de simples petits lapins, au risque qu’ils finissent dans mon assiette comme la dernière fois. Il n’y avait donc plus qu’avec Zephir que je pouvais m’adonner à ma passion, passion qu’elle semblait partager avec moi un peu plus à chaque fois.

C’est un petit son apeuré et légèrement fébrile qui me fit comprendre que je m’étais certainement beaucoup trop éloigné dans les profondeurs du bois, mon attention focalisé sur cette petite boule de poils. Je n’ai jamais eu très peur de cette immensité, la nature est ma ressource, ce qui me maintient en vie. « Lei ! » Le deuxième son, bien plus clair et distinct que le premier me permit de la retrouver rapidement pour ne pas lui faire peur d’avantage. Sortant de derrière une fougère, faisant craquer plusieurs branches sous mes pieds, je la repère et hèle doucement son prénom pour qu’elle m’aperçoive : «  Phi ! Ici ! ». Ses deux prunelles irisées d’un bleu pur, presque surréel, se posent sur moi. Soulagée de me voir, elle arrive prestement ses yeux fixés aux miens et ne remarque qu’arrivée à mes côtés, le lapin que je tiens dans mes mains. D’un sourire commun, remplis d’excitation, de joie et de connivences mêlés, je pose délicatement le lapin sur un tapis de mousse et comme habitués après des années de pratique, l’un et l’autre nous mettons en position. Elle me seconde, moi je pratique des soins que j’ai pu lire dans les ouvrages de mon père situés dans notre bibliothèque. Je suis concentré et une fois ma tâche terminée, je caresse délicatement l’animal, me repaissant de la sensation de sa douce toison entre mes doigts, du rythme apaisé de son cœur… Confiant, je prends délicatement la main de mon amie pour qu’on s’éloigne de l’animal encore endormi pas la plante que je lui ai fait humer. Cachés dans les fourrés, nous attendons patiemment que le lapin reprenne connaissance. Nous le regardons ensuite s’éloigner après quelques minutes à renifler la petite attelle que j’ai confectionnée avec des brindilles. Et c’est toujours main dans la main que nous rebroussons chemin pour regagner la demeure de mon amie.


Les serres de Poudlard,
De nos jours
Le souvenir s’est affiché comme un flash à mon esprit, une vive réminiscence du passé en voyant ce lapin sortie de son trou et allant au-devant du danger. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas pratiquer sur des animaux blesser, les soucis m’ont éloigné un peu de ma passion première et surtout dans le nom de la forêt interdite, le mot interdit n’est pas juste là pour la décoration. Bon ça ne m’a clairement pas empêché de vadrouiller pas mal aux abords du bois, mais je ne me suis jamais vraiment plongé dans les abymes de cette dense forêt, trop vaste, trop habitée, pour ne pas faire de multiples rencontres pas forcément toujours agréables. Aussi vite que je puisse le percevoir, l’animal détale rapidement attirant mon attention, un bruissement me parvient ensuite prestement et tous mes sens sont aux aguets, il ne manquerait plus que je tombe sur un professeur ou encore pire une des bêtes qui peuplent la forêt. Sans bouger j’observe et je repère rapidement une silhouette fine dotée d’une tête blonde sortir d’une des serres, les mains retenant son blouson et s’engageant résolument vers la forêt. Nul doute, Zephir Yaxley effectue une sortie nocturne.

Sa démarche est incertaine, elle me fait l’effet d’un animal aux abois qui chercherait une planque sure pour passer la nuit. Malgré nos différents depuis quelques années, un profond malaise m’interdit de la laisser seule. J’ai passé beaucoup de temps à traquer des animaux blessés pour les aider, et c’est ce même sentiment qui m’anime en regardant les mouvements saccadés, désordonnés, raides et rapides de celle qui était autrefois une de mes plus grandes sources de réconfort. Je la suis le plus discrètement possible étant donné les racines qui jonchent le sol dans une marée d’obstacle et sachant pertinemment que sa condition lui fera rapidement sentir ma présence. Une longue plainte douloureuse me permet de m’approcher dans sa direction et c’est assise sous un gros chêne que je la retrouve. Toutefois, avant qu’elle semble prendre note du détail de ma présence, j’arrive à la surprendre en train de déballer son larcin et tirer sur le pan de son blouson dévoilant une tâche sur son T-shirt qui ne laissait pas de place au doute quant à la nature de cette couleur.

Sans regarder dans ma direction, sa voix se fait tranchante dans la nuit noire : « Qu'est-ce que tu fous là Webster ?! » Sortant agilement de ma cachette, sachant pertinemment qu’il était inutile de feindre l’ignorance, je m’approche un peu la regardant se débattre pour se remettre debout et se mettre face à moi, m’adosse à un arbre non loin du sien et répond caustiquement : « Je pourrais te retourner la question Yaxley ? Que fait une sang-pur loin du cachot des serpentard ? On joue aux dures et on essaie de se faire une petite frayeur avant de se coucher ? Ou c’est plus sympa de jouer à la dinette en pleine nature ? » J’analyse rapidement ce que je vois, son teint blafard, ses traits tirés, sa façon de se mouvoir et malgré son aplomb que je pourrais louer, je remarque sa respiration saccadée qu’elle tente de cacher. Il lui faudrait beaucoup de mensonges pour me faire croire qu’elle n’est pas blessée et je la connais depuis assez longtemps pour me souvenir de ses inclinaisons quand elle souffre. Fidèle à la nouvelle relation qui nous li, c’est en digne représentante de sa maison qu’elle me siffle une nouvelle tocade : « T'as pas mieux à faire que de traîner dans les bois ? Je suis sûre qu'une de ces cruches qui te collent au cul rêverait que tu viennes te vautrer dans son plumard, pas vrai ? » Un pincement au cœur, une énième réplique cinglante, voilà ce qui était devenu notre lot quotidien. Je ne peux que regretter sincèrement notre amitié complice de jadis et pourtant je ne peux que me blâmer d’avoir fortement participé à cet éloignement. Elle a certes également ses torts, quoi que je ne comprenne toujours pas pourquoi elle a voulu m’éloigner à cause de ça, mais mon changement de personnalité n’a pas forcément joué en ma faveur. La voir comme l’un de ces petits lapins blessés, inoffensifs, que nous soignons étant gosses, me pousse à rester, pour elle… Alors c’est dans ce qui est devenu notre façon de communiquer que je réponds à sa pic : « La mesquinerie ne t’a jamais été au teint Yaxley et le sarcasme encore moins, on dirait que tu verdis à vue d’œil. » Yaxley… Nous sommes bien loin des Phi et Lei de notre enfance… « Et je pense que j’ai beaucoup plus d’expérience et de légitimité à fouler ces bois que toi. » ça fait longtemps que j’ai envie d’aborder ce sujet avec elle, qu’elle me parle de sa lycanthropie, qu’elle m’avoue enfin pourquoi elle m’a tenu à l’écart quand je suis arrivé en première année et qu’elle m’a laissé me dépatouiller seul. J’aurais aimé qu’elle me parle au lieu de me juger, je pensais qu’elle comprendrait mieux que quiconque que ce n’était pas moi, que ce n’était qu’une image que je renvoyais pour me protéger, pour les faire réagir… Elle seule pouvait comprendre, elle a été la personne la plus proche de moi, celle qui connaissait ma famille, mes soucis, mes angoisses et mes attentes… Et pourtant elle m’a rejeté… « Tu parais toute dégueulasse, j’espère que tu n’as pas été t’acoquiner avec un troll, ça pourrait être compliqué de voir sortir un de ces monstres de ton ventre.» ça fait tellement longtemps que nous n’avons pas eu de conversation civilisée que c’est la première horreur débitée qui est sortie de ma bouche. La regardant se retourner, je perçois de nouveau sa respiration difficile quand elle entame le mouvement. Au vu de la grande tâche de sang qui maculait son T-shirt, je ne peux qu’imaginer la douleur qui lui vrille les entrailles à cet instant, connaissant que trop bien l’effet que ça procure, le moindre mouvement, l’imperceptible tressaillement devenant insupportable. Un instant passe, je ne bouge pas, elle non plus. Je crois que chacun attends de savoir ce qu’il va se passer ensuite. Je n’arrive même pas à me rappeler la dernière fois que nous sommes restés ensemble si longtemps. Peut-être qu’ainsi affaibli j’arriverais à … « Tu me laisses t’aider avec cette plaie ou on fait comme si je ne savais pas et que je n’étais pas en mesure de t’aider… » Je laisse passer un instant, retenant presque ma respiration. Et je finis par murmurer un vague « En mémoire de nos jeunes années… » Sachant que son ouïe est assez développer pour m’entendre.

@destiny.

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“I just wanna shelter you ♢ Yaxter Ztfmeha

I'm half a heart without you

Being here without you It's like I'm waking up to Only half a blue sky I'm half the man, at best I miss everything we do I'm half a heart without you©️ signature by anaëlle.


Dernière édition par Calixte M. Webster le Lun 15 Sep - 21:42, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeSam 13 Sep - 20:55


 
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Calixte & Zephir

 

Parmi tous ceux qu'elle pouvait croiser ; humains, créatures magiques comme animaux ; pas une seule seconde Zephir avait imaginé que Calixte s'aventurerait dans la forêt interdite. Il était presque devenu de notoriété publique que le lieu lui revenait de droit. Un accord tacite alors que sa nature lupine n'avait pas encore été révélée au grand jour. Bien évidemment, quelques indices demeuraient pour les plus curieux. Ses absences dans la grande salle les nuits de pleine lune, son corps bien souvent marqué par les stigmates d'une escapade agitée, son agressivité devenue presque incontrôlable, ses sens hyper développés qu'elle tentait de dissimuler ou bien encore les réactions que certains qualifiaient de « bestiales ». Les éléments étaient là, offerts au plus observateur au risque de s'attirer ses foudres. Car si Zephir s'amusait à ne pas nier les rumeurs, elle n'était pas pour autant prête à l'admettre ouvertement. Ainsi, croiser Calixte qui ne devait pas simplement se promener ici, représentait une gêne conséquente. Il lui fallait feindre l'indifférence, le mépris, la santé mentale et physique quand elle avait la sensation que chaque parcelle de sa vie venait à s'écrouler inexorablement sous ses pieds.

Maladroitement plantée sur ses jambes tremblantes, l'héritière Yaxley tente de garder son sang froid, d'affronter l'intrus. Cependant, encaisser ses remarques est un exercice bien plus dur que d'ordinaire. « Je pourrais te retourner la question Yaxley ? Que fait une sang-pur loin du cachot des serpentard ? On joue aux dures et on essaie de se faire une petite frayeur avant de se coucher ? Ou c’est plus sympa de jouer à la dinette en pleine nature ? » À peine lui assène-t-il cette tocade qu'elle sent ses forces l'abandonner. Impossible de lâcher, d'abandonner, de paraître faible face à lui. Zephir ne peut décemment pas lui faire ce cadeau. Dans ses derniers retranchements, accompagnée d'un œil méprisant, elle lui siffle une réplique qu'elle espère cinglante, clôturant leur entrevue fortuite. Un espoir grotesque, presque irréel. Comment pourrait-elle espérer s'en débarrasser si facilement ? Lui qui n'avait pas passé son chemin, qui se sentait comme obligé de systématiquement réagir à sa présence. À croire que chacune des insultes qu'ils se jetaient à la figure n'était qu'un appel désespéré à la trêve. Une promesse qui semble si belle, rayonnant d'une paix utopique. Malheureusement la réalité les rattrape et voilà une nouvelle pique l'atteignant en plein cœur.

« La mesquinerie ne t’a jamais été au teint Yaxley et le sarcasme encore moins, on dirait que tu verdis à vue d’œil. Et je pense que j’ai beaucoup plus d’expérience et de légitimité à fouler ces bois que toi. » Presque instantanément elle sent la bête blessée s'agiter avec plus de ferveur. Instinct de survie grotesque, aveugle aux sentiments qui l'assaillent, Zephir tente de contenir comme elle le peut les grondements de rage perlant jusqu'à sa lippe tremblante. Partagée entre douleur physique comme morale et mépris, la jeune femme se laisse finalement submergée. Cette nuit le loup a gagné. Dans un grognement à la noirceur surnaturelle, elle tranche l'air d'un sombre « Ne me fais pas rire. ». Menace à peine dissimulée tandis que le déchirement qui lui vrille les entrailles revient à la charge. Rappel lancinant de sa condition, la contraignant à une trêve inavouable. C'est avec ces dernières paroles qu'elle relève à peine mais qui lui font l'impact d'une bombe que Zephir tente de couper court à l'escalade. Sans vraiment le vouloir, tel un appel à l'aide, la louve lui jette un dernier regard avant de tourner le dos à sa présence. Ses iris emprunt de la peine qu'avait éveillé la dernière remarque du lion, elle tente de se rassembler. Faire face à un Calixte toujours plus virulent à chacune de leurs rencontres l'affecte plus qu'elle ne veut bien l'admettre. Cependant cette fois-ci est différente, avec cette insulte il a franchi la ligne.

Bien trop affaiblie pour dissimuler plus longtemps sa condition physique, elle abat son bouclier, laissant les tremblements secouer sa frêle carcasse dans un rythme croissant. « Tu me laisses t’aider avec cette plaie ou on fait comme si je ne savais pas et que je n’étais pas en mesure de t’aider… En mémoire de nos jeunes années… » Pour seule réaction, Zephir baissa la tête, s'accompagnant d'un bref soupir. Par la barbe de Merlin, à quoi jouait-il ? Sans lui répondre immédiatement, elle retourna d'un pas peu assuré au près de l'arbre qui l'avait abrité. Appuyée contre son tronc dont l'écorce laissait sa marque sur la peau tendre de ses bras dénudés, l'aînée Yaxley tourna enfin ses pâles iris en direction du fils Webster. Un triste sourire étira sa lippe, acte inédit depuis qu'ils s'étaient éloignés. Capitulant, elle l'accompagna d'un faible « Te moque pas de moi... Pas aujourd'hui, pas maintenant. ». La force de se battre, lui résister et rendre la pareille à ses provocations l'avait abandonnée. Au diable l'honneur que son père lui avait inculqué, cette nuit Zeph' préférait mettre fin à leur rivalité par la plus douloureuse des conclusions : l'ignorance mutuelle. Quand elle déporta son regard sur le sol noueux, l'organe palpitant contre ses côtes avec une vigueur terrible, le courage la transporta. « Rien ne t'oblige à m'aider, et certainement pas la « mémoire de nos jeunes années », comme tu dis. Tu n'as pas besoin de feindre un quelconque intérêt pour moi. » Le souvenir de leurs années passées était devenu bien trop douloureux pour Zephir, préférant nier jusqu'à l'existence de ces moments partagés pour continuer son chemin dans un grotesque simulacre de paix. Il suffisait qu'elle prenne en compte l'impact qu'avait ses propres paroles. Même le loup, étranger de ces instants de complicité percevait avec une exactitude affolante qu'il ne la laissait pas de marbre. Le cœur déchiré par l'énormité qu'elle s'apprêtait à prononcer, il lui fallut prendre sur elle pour finalement lâcher. « J'ai pas besoin de toi. »

Les paroles qu'avaient prononcé son père à quelques jours de sa rentrée à Poudlard lui revinrent alors en tête. Une façon comme une autre de se convaincre qu'elle faisait le bon choix. Elle le protégeait, elle avait fait tout ceci pour l'éloigner de la bête grondant en son sein. Comment lui, un Webster, un sang-pur pourrait accepter sa nature ? Imprégnée par ce que lui avait sifflé le patriarche Yaxley, Zephir n'envisageait plus la situation autrement. Calixte était déjà peut-être au courant. Cela pourrait même expliquer son changement radical d'attitude et son comportement à son égard. Les tords étaient partagés mais l'esprit corrompu, la vipère restait convaincue qu'il n'y avait pas eu d'autre solution.
Ses doigts s'ouvrirent alors sur les feuilles froissées dans sa paume. D'un geste lent, elle fit glisser la pulpe de son index sur ces dernières, attendant patiemment qu'il s'éloigne, réalisant la logique implacable de ses paroles. Ou du moins de ce qu'elle pensait être une vérité indéniable.

Manoir des Yaxley, Newbury
23 août 1973

« Calixte ? Voyons, ne te fais pas plus stupide que tu l'es déjà ! Tu as vu ce que tu es devenue ? Une créature hideuse, répugnante, monstrueuse. Qu'est-ce que tu crois ? Que tout sera comme avant ? Tu as peut-être oublié que c'est par ta faute qu'Oscar est mort, c'est en voulant sauver ta misérable existence qu'il a péri. Cet imbécile... » Il marqua une pause. Quoi qu'il en dise, en dépit de tous les artifices qu'il s'efforçait de revêtir, Rory Yaxley était affecté par la mort de son jeune frère. Cependant, quand il reposa les fenêtres glaciales de son âme sur son aînée, la tristesse s'effaça au profit d'un dégoût affiché. « Ton amitié avec lui est finie, morte. Elle aurait du périr avec toi mais puisque tu me fais l'affront d'encore respirer le même air que moi, je peux t'assurer que tu vas en baver. Comment tu crois qu'il va réagir en apprenant la nouvelle, hein ?! C'est un sang-pur, alors que toi... Toi tu n'es plus qu'un monstre. Une insulte à ton sang. Alors si je dois te donner un conseil Zephir, fuis-le comme la peste car le jour où il l'apprendra tu peux être certaine qu'il va te haïr avec une telle hargne que tu regretteras de ne pas avoir lâché ton dernier souffle cette nuit-là. » C'est sur ces paroles que son géniteur, satisfait par l'impact qu'avait eu son discours sur sa fille, quitta la pièce. La jeune adolescente était restée interdite, le regard perdu dans le vague avant de se troubler dangereusement. Les larmes furent silencieuse, contrastant avec le déchirement qu'elle contenait. Lei devait appartenir au passé. Elle devrait se protéger, le protéger de ce monstre qui la définissait à présent.
 
 
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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeLun 15 Sep - 23:44


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Calixte Webster feat Zephir Yaxley.

 






Je crois savoir que d’une certaine façon la forêt interdite est le terrain de prédilection de Zephir, si elle avait fait son coming out, je ne dis pas que tout le monde éviterait la forêt de peur de tomber sur une louve déjà bien trop violente et virulente sous sa nature humaine et qui ne doit pas être beaucoup plus sympathique en petite lupine, mais étant donné qu’il n’y a que des rumeurs à circuler, je ne vois pas en quoi ces bois seraient sa propriété. Bien sûr, il y a quelques mois, je ne m’étais jamais posé cette question, à dire vrai je m’en fichais pas mal, avec Zephir nous sommes en conflit depuis Poudlard, donc ce qu’elle fait ne me regarde plus… Mais depuis la mort d’Alexius et essayant de retrouver un semblant de liberté, j’ai développé un nouveau comportement : soit je bois en cachette pour oublier, malheureusement l’effet ne dure qu’un temps et les lendemains sont généralement bien difficiles à supporter pour ma tête, soit j’erre prêt des serres, ou de la loge de notre professeur de soins aux créatures magiques… Petit retour aux sources, envie de me retrouver et de me libérer un peu… J’ai toujours plus ou moins été en contact avec des animaux ou créatures magiques, mais mes expéditions se font bien plus fréquentes ces derniers temps… Ce qui peut certainement expliquer que je sois tombé sur elle aujourd’hui… Inévitablement, il était certain que je finirais par la croiser.

Assez rapidement, elle a remarqué ma présence. Si je n’avais pas cru mon père quant aux transformations mensuelles de mon ancienne amie, rien que son comportement à cet instant m’aurait convaincu. Sans se retourner, elle a immédiatement senti ma présence, une ouïe et un odorat bien plus affinés que pour le plus doué des humains. Malgré cela, malgré le fait que je connaisse sa véritable nature et au lieu de fuir comme une mauviette apeurée, je réplique entamant avec elle la danse verbale de notre relation actuelle. Elle se fait sanguine, incisive, l’œil méprisant et la bouche acérée, et moi je la taquine méchamment, poussant toujours plus loin nos joutes verbales. N’importe qui pourrait dire que nous nous haïssons, que notre relation est finie…. J’ai lu un jour qu’entre l’amour et la haine il n’y a qu’un pas… D’expérience je sais aussi que lorsque quelqu’un nous indiffère, on ne se soucie guère de ses sentiments… Se disputer c’est apporter de l’importance à quelqu’un, c’est avoir de la considération pour ce que pense l’autre… J’en viens donc à me dire que derrière toute son attitude mauvaise avec moi, il y a peut-être encore l’infime espoir que Zephir m’estime d’une quelconque façon. Pour ma part, elle restera à jamais la petite Phi, la petite fille que je regrette tant, l’amie qui devrait encore m’apporter du réconfort à l’heure actuelle. Finalement, peut-être que notre rencontre aujourd’hui ne sera pas vaine ?  

Je m’amuse donc à la pousser dans ses retranchements, comme à chaque fois, l’un comme l’autre  on rivalise d’inventivité pour s’envoyer les pires horreurs à la figure. Je crache ma rancœur, je lui assène de mes mots habiles la douleur qu’a produite son éloignement, ma mise à l’écart, une fois de plus je suis devenu le vilain petit canard, celui qu’on ne veut plus voir, mais jamais je ne lui ai dit toutes ces choses, jamais je lui ai avoué que je n’avais jamais digéré le fait qu’elle me prive de son amitié, qu’elle m’a menti, qu’elle ne m’a pas cru capable de comprendre que malgré son indéniable statut de loup-garou elle restera à jamais Phi, mon amie… Seulement, contrairement à d’habitude et comme je l’avais remarqué en la voyant tituber en sortant de la serre, je sens qu’elle est blessée. Toute son attitude crie la douleur, je sais ce que c’est, je sais remarquer les traces de la souffrance et pourtant je la vois se dresser vaillamment contre moi, luttant contre elle-même pour ne pas perdre la face. On a toujours été semblable, et cette constatation ne fait que me vriller un peu plus les entrailles. Sa faiblesse me frappe de plein fouet, sa façon de me tourner le dos comme pour oublier ma présence, son dernier regard me suppliant presque de disparaitre, ses tremblements qui menacent un peu plus à chaque mouvement de la faire chanceler… « Tu me laisses t’aider avec cette plaie ou on fait comme si je ne savais pas et que je n’étais pas en mesure de t’aider… En mémoire de nos jeunes années… » Ma phrase sort de ma bouche avec l’allure d’une délivrance, mais ça aurait été bien trop facile qu’elle accepte gentiment et que tout redevienne comme avant. C’est appuyé contre le gros chêne qui lui sert indubitablement de béquille, la mine triste, les yeux vrillés aux miens et dans un acte de reddition qu’elle répond à ma question : « Te moque pas de moi... Pas aujourd'hui, pas maintenant. » Le ton employé n’a plus rien à voir avec sa hargne habituelle, avec sa virulence accoutumée et surtout avec le comportement qu’elle avait un peu plus tôt. Sa faiblesse visible était loin du caractère flamboyant qu’elle arborait dans les couloirs du château depuis son arrivée à Poudlard, elle ressemblait un peu plus à la petite fille que je connaissais si bien, que je croyais connaitre… « Et pourquoi pas justement ici et maintenant ? » C’est dans un second murmure qu’elle essaie de maintenir un semblant de distance entre nous : « Rien ne t'oblige à m'aider, et certainement pas la « mémoire de nos jeunes années », comme tu dis. Tu n'as pas besoin de feindre un quelconque intérêt pour moi. » Sa faiblesse évidente et les mots durs qu’elle emploi pour tenter de me maintenir loin d’elle me renvoi à la petite fille que j’aimais tant et qui me manque tant…


Domaine des Webster
15 avril 1970



« Je t’en fais la promesse Phi ! » Ma voix de petit garçon retenti dans l’air environnent. Le soleil est haut dans le ciel pour un mois d’avril, une douce chaleur se fait sentir, livrant une belle promesse de l’été à venir. Les fleurs sauvages peuplent déjà le vert tapis d’herbe qui coule sous mes doigts. Une fine brise, empêchant au soleil de se faire trop chaleureux, s’insinue dans mes cheveux, traçant un chemin comme une douce caresse. Et comme pour répondre à l’appel de ce cadre idyllique, faisant écho à la bonne humeur qui m’a cueilli depuis l’arrivée de ma meilleure amie, je m’adonne à un jeu vieux comme le monde : la promesse d’un preux chevalier. « Je proclame haut et fort, ici et maintenant, dès aujourd’hui et pour toute la vie, que je resterais à jamais ton meilleur ami, quoi qu’il arrive, rien ne pourra nous séparer ! » Un poing brandi vers le ciel, l’autre emprisonnant la main de Phi, mon sourire illuminant mon visage, son rire se mêlant au mien, nos cœurs battant à l’unissant, l’insouciance qui confère à l’enfance cette petite dose d’exaltation mêlé à une croyance sans borne en ce qui est bon…


Les serres de Poudlard,
Retour au présent


Je croyais fortement à cette phrase, je voulais y croire, je croyais pouvoir tout traverser avec elle et j’aimerais encore pouvoir y croire aujourd’hui. Mais c’est la voix incisive d’un des personnes qui a le plus marqué ma vie, qui me ramène à cet instant, ses mots cinglants déchirant la nuit noire : « J'ai pas besoin de toi. » Un coup de poignard bien enfoncé en plein cœur, un sort lancé pour faire du mal, n’importe quels sévices que mon père m’infligent depuis mes six ans ne m’a déjà fait l’effet que ces quelques mots ont eu sur moi : la douloureuse et insupportable impression que mon cœur vient d’être piétiné par un troupeau de Mammouth, avant de devenir le jouet d’une horde de dragon. « Je ne connais pas tous les tords que tu me reproches, je sais qu’on s’est oublié en chemin  mais… » La douleur délie mes lèvres, dénoues beaucoup de choses en moi, espérant secrètement pouvoir faire avancer les choses entre nous, mais elle ne semble plus m’écouter. Je m’approche doucement de l’arbre où elle semble avoir trouvé refuge, semblant perdue dans ses pensées, bien loin de moi et de maintenant. J’essaie de faire le moins de bruit possible pour ne pas lui faire peur ou la brusquer. Le moindre de mes mouvements devraient l’alerter au vu de sa condition et pourtant elle ne réagit pas, ce qui ne fait qu’appuyé le fait que ses pensées l’éloignent du moment présent. « Phi ? » Petit murmure du surnom que j’affectionnais tant à une époque et qui coule comme une douce caresse sur ma langue. « Phi ? » Savourant la douceur sucrée de la prononciation de son nom, je me trouve maintenant si près d’elle que je peux poser ma main délicatement sur son avant-bras tout en continuant « Laisses-moi t’aider avec cette pommade, tu n’as jamais été très douée pour soigner… ». Sa réaction se fait aussi rapide que son retour au moment présent, m’obligeant à lâcher prestement son bras et à jurer nerveusement, retrouvant un peu trop rapidement la virulente accoutumée de ces dernières années : « Pas la peine de me griffer, Yaxley, pas besoin de jouer aux grands méchants loups avec moi ! ».

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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeMar 16 Sep - 18:40


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Calixte & Zephir


Domaine des Yaxley
14 décembre 1965

Comme à chaque fois qu'ils recevaient de la visite, les Yaxley mettaient les petits plats dans les grands. Une effusion de faste avec laquelle Zephir n'était jamais à l'aise. Cependant, cette fois-ci les choses semblaient différentes. Son père n'avait pas jugé nécessaire de consacrer une après-midi entière à sa leçon de bienséance. Les multiples recommandations et interdictions étaient rangées au placard, oubliées pour laisser place à une légèreté inhabituelle. Dressée sur la dernière marche de l'imposant escalier en marbre, elle observait son père mettre de l'ordre dans sa collection d'ouvrages médicinaux. Il semblait comme transporté par une émotion qu'elle ne lui avait jamais connu. Une sorte de transe frénétique étirant sa lippe en une étrangère grimace. Ce fut son oncle qui, amusé par la fascination de sa nièce, expliqua cette attitude des plus singulière. « Il est heureux. » Heureux. Son agitation combinée à cette drôle de mimique c'était ça être « heureux ». Face au regard troublé de la jeune enfant, Oscar prit soin de développer ses propos. « Tu sais, quand je rentre de Roumanie avec des cadeaux pleins les poches ? Tu viens toujours te jeter dans mes bras car tu attendais avec impatience mon retour ? » À cette simple pensée, ce sentiment la transportant à la vue de son oncle, la jeune enfant hoche de la tête, un large sourire étirant ses lèvres rosées. « C'est ça être heureux. Tu es heureuse de me revoir. Hé bien ton père est heureux car il va voir un de ses grands amis. » Encore un mot qu'elle ne comprenait pas. Cependant, au lieu de continuer à embêter le jeune homme, Zephir lui accorda un doux sourire en guise de remerciement.

« Zephir, voici Alceste Gavrick Webster et ses deux fils : Alexius et Calixte. » Ses iris à la pâleur enchanteresse se posèrent tour à tour sur les hommes présentés par son père. Les deux premiers éveillaient en elle la même crainte qu'elle éprouvait en croisant le regard du patriarche Yaxley. Cependant, à la vue du dernier, une sensation nouvelle la transporta. La douceur qu'elle pouvait lire dans ses prunelles ambrées et qui irradiait de tout son être fascina Zephir. Sa contemplation silencieuse du jeune Calixte fut toutefois interrompue par la voix dure de son grand frère, annonçant qu'il préférait rejoindre leur pères plutôt que de traîner avec une fille. Blessée dans son égo, le geste fut machinal. Le regard vissé au sol, la tête basse, elle devait attendre que le temps passe et continuer à ne prononcer mot sous peine de représailles. En dépit de tous les efforts entrepris par Rory Yaxley, il était impossible de camoufler le sexe de son enfant aîné. Ce visage fin aux traits séraphins, ses lèvres pulpeuses d'un rose tendre, la délicatesse transpirant à travers chacun de ses pores et ces grands yeux pâles si expressifs ne laissaient pas la place au doute. Oscar lui même se réjouissait de la beauté qu'allait devenir sa nièce. Ce fut d'ailleurs ce dernier qui fut l'instigateur de leur amitié. Accroupit aux côtés de Calixte, il murmura, un air complice à peine dissimulé. « Salut bonhomme ! Tu t'ennuies pas trop ? Pourquoi t'irais pas voir Zephir ? Elle est pas méchante tu sais... Juste un peu timide mais je suis sûr qu'un gentil petit gars comme toi sauras la mettre à l'aise. En plus, je lui ai montré pleins d'endroits supers dans la forêt. Allez, va la voir ! » Une petite tape dans le dos et voici le jeune garçon lancé. C'est avec ce premier pas vers l'autre que tout avait commencé.


Les serres de Poudlard
Retour au présent

Après chacune de ces rencontres douloureuses, de façon quasi systématique, Zephir rappelait cette après-midi à sa mémoire. La première fois où ses yeux s'étaient plongés dans ceux de Calixte. La douceur, la bonté et la sensibilité qu'elle y avait lues étaient à mille lieux de ce qu'il était devenu. Un jeune homme à la dureté et à l'agressivité corrosives. Que s'était-il passé pour qu'ils en arrivent à ce point à se haïr. La réflexion et les regrets n'émergeaient que trop tard, quand la bataille était finie et qu'elle ne pouvait plus que constater les dégâts avec une résignation usante. Une seule chose parvenait à la réconforter : ces joutes verbales auxquelles ils se livraient à chaque fois qu'ils se croisaient ne pouvaient être que les témoins silencieux qu'ils n'étaient pas étrangers l'un à l'autre. Il y avait encore sûrement un peu d'espoir. Aussi infime soit-il. C'était à ce dernier que Zeph' s'agrippait, quitte à y perdre des plumes. Cette obstination avait gagné en intensité quand elle apprit la mort d'Alexius. Bien qu'elle n'ait jamais vraiment apprécié l'aîné Webster, elle constatait avec désolation l'impact de sa disparition sur le mental de Calixte. Impuissante, elle humait les résidus d'alcool dont il était encore imbibé au matin, se contentant d'une simple répartie cinglante sans chercher à déclencher une de leurs nouvelles altercations. Si par souvenir de leur amitié passée Zephir préférait le ménager, le lion ne semblait pas partager cette attention.

Une fois encore les insultes avaient fusées, touchant la jeune femme en plein cœur. Cependant, cette fois-ci la donne était différente. Physiquement lésée, les horreurs que lui assenaient Calixte atteignaient leur cible avec une force décuplée. Incapable de continuer ce petit manège plus longtemps, l'héritière Yaxley déposait les armes en douceur, espérant que cette faiblesse le ferait fuir. Malheureusement pour elle, ce fantôme, cette pâle vision de son meilleur ami qu'elle percevait par instants en lui ne semblait pas décidé à vouloir lui accorder la paix qu'elle réclamait avec ardeur. « Et pourquoi pas justement ici et maintenant ? » Il allait falloir frapper plus fort, là où elle ferait mal. Une torture que Zephir s'auto-infligeait pour le bien de Lei. À choisir entre le voir courir de filles en filles, cherchant désespérément cette affection dont il avait tant manqué dans sa famille et qu'il la fréquente elle, la louve impétueuse, possible meurtrière, l'hésitation ne pouvait exister. C'est donc le cœur lourd que la vipère souffla « Rien ne t'oblige à m'aider, et certainement pas la « mémoire de nos jeunes années », comme tu dis. Tu n'as pas besoin de feindre un quelconque intérêt pour moi. ». Ce n'était pourtant pas assez, pas pour l'éloigner, pas pour l'atteindre à coup sûr. Qu'importe si cela lui en cuirait, elle ajouta, la gorge nouée par ce mensonge. « J'ai pas besoin de toi. » Vulgaire tissu d'inepties. Calixte avait toujours été son meilleur ami. Même à son entrée à Poudlard quand sa transformation et le changement du jeune homme les avaient éloignés, Zephir n'avait pas voulu prendre de remplaçant. Personne ne pouvait égaler Lei, personne ne pouvait espérer lui arriver à la cheville. Aujourd'hui encore, la blonde impétueuse se replongeait dans les souvenirs qu'ils avaient en commun, se laissant envahir par la douceur de ces instants innocents les ayant unis. Si elle avait besoin de quelqu'un ça ne pouvait être que de lui.

C'est rattrapée par ses souvenirs, éludant ainsi d'hypothétiques insultes de la part du lion, que Zephir se laissa envahir par la douce enveloppe de leur passé commun. Tel un songe enchanteur, elle revivait leurs escapades secrètes dans les bois, les sauvetages de petites créatures fragiles, la première fois où Calixte avait pris sa main et la douce sensation encore indescriptible qu'il avait fait naître. Ses émotions se confondaient. Passé et présent se mêlaient pour former un funeste amalgame où leur relation avait été réduite en cendres par le brasier d'une haine inexplicable. Comment avait-il pu la laisser faire ? Lui qui s'était toujours montré plus fort qu'elle, plus persévérant et patient à son égard. Pourquoi l'avait-il abandonnée ? Une fois encore les mêmes pensées dévastatrices s'abattaient sur sa carcasse, la submergeant d'idées qui n'étaient pas les siennes. Habillement déguisée sous une accusation à l'encontre de Calixte, on pouvait deviner l'influence malsaine du patriarche Yaxley. Même aujourd'hui, en dépit de tous les efforts qu'elle avait pu faire, toute la force avec laquelle elle s'était battue, il la parasitait.

« Phi ? » Douce mélodie provenant d'un passé bien trop lointain. Appel presque désespéré à une trêve. Abattre les armes juste pour le retrouver. Sa délicatesse, son sourire, ses bras ou encore son odeur qui étaient presque évidents, ne représentaient plus à présent que des trésors perdus dont le souvenir laissait un goût amer dans la gueule de la louve. Bercée par ce surnom qu'il lui avait attribué, elle continuait de laisser courir ses doigts sur les feuilles. Ce fut quand elle sentit quelque chose se poser sur son avant-bras que Zephir reprit conscience de la situation. Le choc provoqué par le rapprochement qui avait eu lieu entre eux appela une réaction presque incontrôlée. Devenue bien plus sauvage avec les années et notamment depuis sa dernière relation « amoureuse » qui avait mal finie, la Yaxley ne supportait plus grand contact physique. La bête, prédateur aveugle, défendant gueule et griffes son hôte blessée n'hésita pas à faire rouler un sombre grognement en entaillant à peine la peau tendre de l'imprudent. « Pas la peine de me griffer, Yaxley, pas besoin de jouer aux grands méchants loups avec moi ! » Violent rappel à l'ordre, Zephir posa ses prunelles agitées sur l'avant bras du lion, constatant l'emportement dont elle avait fait preuve à ce contact. Calixte était à présent assez prêt d'elle pour lire les remords mêlés d'inquiétude qui l'assaillaient. Ce qu'elle craignait le plus se produisait : elle l'avait blessé physiquement. Bien entendu, de simples traces de griffures disparaitraient mais comment pouvait-elle s'assurer que ça n'était qu'un début. Les objets de cette agression instinctive se replièrent sur eux-mêmes avant de venir faire pression contre sa hanche lacérée.

Le regard fuyant, la mine décomposée, elle souffla dans un murmure à peine audible un faible « Pardon. » Acte inédit, presque irréel venant de sa part. Il suffisait de la voir agir pour comprendre que la Yaxley n'était pas du genre à s'excuser ou être reconnaissante. Pourtant, avec lui ce n'était pas pareil. En dépit des différents qui les tiraillaient, Zephir ne pouvait décemment pas oublier celle qu'il avait révélée par sa douceur et sa gentillesse. Même son oncle s'accordait à dire que Calixte avait une bonne influence, qu'il la changeait en bien. La jeune femme ne lui laissa cependant pas le temps de s'extasier sur cette excuse et enchaîna bien vite. « Tu es un des rares à ne pas être assez bête pour croire à ces rumeurs infondées... Ça prouve que tu n'es pas devenu si stupide que ça. » Un nouveau mensonge teinté de flatteries. Sa façon à elle de dissimuler une fois de plus la triste vérité, celle qui la rongeait et la tenait éveillée. Il ne devait pas savoir, il ne devait pas découvrir sa nouvelle nature.

La raison de cette situation inédite entre eux se rappela douloureusement à sa mémoire quand, pressant avec un peu trop de fermeté sur sa plaie, un éclair déchirant vrilla ses entrailles. Incapable de contenir la douleur qu'il réveilla, ses paupières vinrent abattre leur voile sur le regard troublé de la louve. Subissant les conséquences de sa situation, Zephir dut rejoindre la mer de racines dans un grognement sourd. Assise à même le sol, sa fierté gisant à ses côtés, elle désigna les sachets d'un bref signe de la tête et articula difficilement. « Si tu veux vraiment m'aider, montre moi comment faire cette pommade. » Dans une dernière tentative désespérée visant uniquement à protéger son honneur, la serpentard leva ses iris perçants vers Calixte et siffla, un sourire naissant à peine visible au coin de sa lippe. « Et fais pas cette tête là ! Je sais que ça te ferait plaisir mais je suis pas encore à l'article de la mort. » Sombre plaisanterie pour lui donner un peu de vigueur dans son entreprise.

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Calixte M. Webster
LE CLAIR OBSCUR

LE CLAIR OBSCUR
+ SORCIER DEPUIS LE : 08/04/2013
+ PARCHEMINS : 824
+ LOCALISATION : Dans l'enceinte de Poudlard, peut-être dans un coin solitaire à boire pour oublier, ou avec ses amis pour faire bonne figure !

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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeLun 29 Sep - 18:37


I'm a half a heart without you
Calixte Webster feat Zephir Yaxley.

 






« P as la peine de me griffer, Yaxley, pas besoin de jouer aux grands méchants loups avec moi ! ». Ma phrase avait fendu l’air comme un coup de hache bien placé, tombant comme une sentence au-dessus de nos têtes pour nous rappeler la dure réalité de notre relation actuelle. Sa faiblesse, sa douleur transparaissant dans le moindre de ses gestes ou dans la plus petite intonation de sa voix m’a quelque peu fait flancher, en souvenir de nos jeunes années, je me suis laissé emporter par l’amour que je lui portais enfant et qui reste malgré moi enfoui dans une partie de ma tête. Inévitablement et avec le fol espoir que tout redevienne comme avant « l’accident », j’ai envie de l’aider, j’ai envie de m’approcher d’elle. Le Nous qui nous unissait fonctionnait comme ça, nous n’avions pas besoin de parler pour nous comprendre, nous étions irrévocablement attirés l’un vers l’autre, nous étions en symbiose parfaite, rien n’aurait dû nous séparer et pourtant il est clair que nous avions perdu une part de nous-même dans cette guerre que nous nous livrons, corps et âmes, depuis six ans. Et malgré le fait que je regrette amèrement notre amitié, l’instinct de protection, celui qui nous fait réagir sans vraiment anticiper et qui nous renvoie à nos travers et à nos habitudes, revient comme un boomerang. La bombe était lancée, du Phi mélodieux et sentimental de notre enfance, le froid, distant et incisif Yaxley actuel était de retour, comme pour me claquer à la figure, qu’elle avait décidé de m’éloigner de sa vie, du jour au lendemain, sans explications. Et pourtant c’est comme si c’était hier que je revois ses yeux larmoyants, que je ressens encore mon cœur se déchirer, impuissant face à la réalité du temps, notre différence d’âge nous séparant. Ce que je ne savais pas, c’est que ce moment serait le dernier que nous partagerions, en bon terme, main dans la main.


Domaine des Webster
15 aout 1973

C’est un jour d’été tout ce qu’il y a de plus banal, un soleil haut dans le ciel, le jour idéal pour s’amuser dans toute l’étendue du domaine, et surtout un de ces jours de liberté car étant un jour de visite, je sais que mes parents seront bien trop occupés à parader et recevoir pour trouver un moyen de me faire un peu plus de mal. Mais la banalité de cette journée n’est qu’une apparence uniquement. Les Yaxley étaient arrivés un peu avant midi, le repas c’était passé dans la plus grande dignité, chacun à sa place. Phi et moi, passions notre temps à nous lancer des regards de connivences et des sourires entendus, à travers la table, attendant avec une impatience commune la fin du dessert pour enfin pouvoir s’éclipser et ne plus endosser le rôle que nos parents respectifs voulaient de nous. Le moment tant attendu, nous nous sommes élancés directement au dehors, voulant profiter de la si belle journée qui nous attendait. Après avoir longuement couru sur l’étendu d’herbe pour se défouler après ces longues heures à attendre sans rien dire, je me suis jeté sur elle pour la faire tomber et dans un grand éclat de rire, nous avons roulé un moment sur la petite pente douce qu’il y avait dans mon terrain. Du haut de mes treize ans, je sais que de nombreuses personnes auraient pu s’amuser à nous voir ensemble, comme un futur couple, nos parents se voyant si régulièrement qu’un mariage arrangé aurait pu pendre au bout de notre nez ou même être déjà arrangé depuis des années, mais étant tous les deux le vilain petit canard de notre famille respective, il était évident qu’il en était tout autre. Mes parents s’arrangeaient le plus souvent possible pour me laisser enfermer à la maison lors des soirées mondaines, de ce fait rares étaient ceux qui auraient pu nous voir Zephir et moi, savoir que nous étions amis. Et n’étant pas franchement un choix sur lequel mes parents pariaient, il était improbable que mes parents veulent celer ma vie avec l’ainé des Yaxley et c’est sans doute un peu pour ça qu’il me laissait en sa compagnie. Tout ça pour dire, que malgré mon entrée dans l’adolescence, je n’avais jamais eu les hormones en fusion au contact de Phi. Elle est ma meilleure amie, la sœur que j’aurais aimé avoir, c’est la personne qui me connait le mieux et qui connait tout de moi, je l’aime, mais pas comme un homme pourrait aimer une femme. J’y ai longuement songé, dans mes grandes périodes solitaires, la complicité est là, le plaisir de la voir existant, mais l’attirance charnelle n’a jamais pris place dans mes pensées. Je reste un instant à penser à toutes ces choses à l’ombre d’un grand platane, serrant mon amie dans mes bras, sa tête reposant sur ma poitrine. Et c’est une petite sensation de froid se propageant sur mon t-shirt et se collant à mon torse encore bien frêle qui me fait revenir au moment présent, me sortant de mes pensées. Un reniflement évocateur provenant de ma voisine me fait rapidement réaliser, je braque alors mon regard sur elle, remarquant ses joues baignées de larmes, s’écrasant à intervalle régulier sur moi. Elle relève la tête pour me regarder et trouvant au fond de mes yeux une question muette, elle se met à m’expliquer l’angoisse grandissante qu’elle a à l’approche de sa première rentrée à Poudlard, l’école de sorcellerie qui nous apprendrait bientôt beaucoup de choses en magie. Je n’y avais jamais réellement songé avant, ne réalisant pas que nous allions être séparés… « Tu sais Phi, ce n’est pas comme si on ne se reverrait pas. On se verra forcément pour les fêtes de fin d’années comme d’habitude, on pourra s’écrire tous les jours si tu veux et puis ce n’est que pour un an, l’année prochaine on sera à nouveau réuni ! Je ne me fais pas de soucis, notre amitié traversera forcément tout ce qui se mettra sur notre route. »


Les serres de Poudlard,
Retour au présent

Cette phrase formulée un peu comme une promesse me parait très loin maintenant et pourtant je pensais chaque mot, mon cœur avait parlé à ma place à ce moment-là et j’aurais aimé qu’elle m’attende, pour toujours. Loin des larmes qui embuaient ses yeux à cette époque, la haine les inonde maintenant presque quotidiennement à mon contact. Et la violence de sa réaction en sentant ma main sur elle m’a tellement choqué que ma violence verbale est ressortie, rattrapant au passage mon bras. Regardant les lambeaux de ma manche qui laissait apparaître les trois griffures qui zébraient à présent mon bras droit, je l’entends toutefois s’excuser. Ce qui doit bien lui écorcher la bouche et pourtant elle reprend rapidement, comme pour noyer un peu ses propos. « Tu es un des rares à ne pas être assez bête pour croire à ces rumeurs infondées... Ça prouve que tu n'es pas devenu si stupide que ça. »  Je ne réplique même pas, je sens juste mon cœur se serré un peu plus. Elle continue à me mentir, quasiment les yeux dans les yeux, elle me ment sans même ressentir à la moindre gêne. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’est devenue ma meilleure amie, la petite fille fragile, adorable et douce de mon enfance… Laissant mon bras droit retomber le long de mon corps, je la regarde fermer les yeux et dans une attitude douloureuse, se laisser glisser au sol. Et c’est quand je la vois si vulnérable que je m’accroche à l’infime espoir que quelque part, existe encore ma meilleure amie. « Si tu veux vraiment m’aider, montre-moi comment faire cette pommade. » Et comme pour contredire un peu son attitude de reddition actuelle, elle relève le visage vers moi, me lance un regard perçant avant de me siffler une nouvelle phrase : « Et fais pas cette tête-là ! Je sais que ça te ferait plaisir mais je suis pas encore à l’article de la mort. » Je ne lui réponds pas tout de suite, je m’accroupi à ses côtés, pas trop loin afin de pouvoir mettre la main sur ses ingrédients, mais pas assez proche pour qu’elle me lance un nouveau coup de griffe. J’attrape rapidement les trois sachets et les regarde attentivement : Alchémille, Plantain et Mille-feuille. « Avec ça tu peux arrêter les saignements et débuter un semblant de cicatrisation, la Calendula aurait été plus efficace pour la cicatrisation et surtout pour éviter toute inflammation, ou même la Lavande que tu trouves plus facilement dans la nature que de devoir voler un professeur. Et je te conseille de la Belladone pour la douleur… Accio Miel ! » Le miel me permettra de faire un baume, ce qui est une forme beaucoup plus facile à appliquer et à transporter. J’ai toujours une réserve de ce produit dans ma valise, il ne me reste plus qu’à attendre. Gardant ma baguette en main, je lance un autre sort pour chauffer l’une des plantes qui est plus libère plus d’action sous cette forme. J’attends ensuite que mon petit pot de miel arrive. Je relève alors le regard sur mon ancienne amie et lâche enfin la question qui se bouscule dans ma tête et me ronge depuis des années. « Ce qui me ferait plaisir, c’est que tu m’expliques pourquoi tu m’as rejeté ? Pourquoi tu ne m’as jamais dit pour ta lycanthropie ? »


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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeDim 12 Oct - 15:40


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Calixte & Zephir


La bête abdiquait. Reddition douloureuse après un siège interminable sur le mental affaibli de la jeune Yaxley. Ces instants où elle retrouvait son indépendance se faisaient rare. Finalement, Zephir avait quitté un bourreau pour s'en trouver un autre. Cet ersatz de liberté qu'elle chérissait tant dissimulait le règne despotique d'une créature assoiffée par la vengeance et le pouvoir. Nourrie par les peurs et la fragilité d'esprit de son hôte, elle était allée jusqu'à lui faire croire à un grotesque contrôle de son influence. Cette force nouvelle que la jeune héritière possédait, qui enflammait son esprit, brûlait sa chair jusqu'aux os, corrodant jusqu'à la moindre parcelle de douceur l'avait faite fusionner avec la bête en son sein. Zephir en constatait avec bien plus de lucidité les dégâts. Qu'ils soient physiques, moraux ou pire encore, collatéraux. Impuissante, elle ne reprenait conscience qu'une fois que le mal était fait. Quand il était trop tard pour sauver les meubles, que le plus gros des méfaits avait été perpétré. Ainsi, telle une gifle, la jeune femme avait, une fois de plus, encaissé la virulence de son défunt meilleur ami, constatant avec effroi la gravité de son geste. Certains n'y verraient que de banales traces de griffures mais pour Zephir elles étaient empruntes d'une signification bien plus sinistre. Elle même en portait la marque douloureuse sur ses hanches, rappelant au monde sa nature monstrueuse. Sans oublier que ces mêmes griffes avaient lacéré la chair tendre de son oncle jusqu'à lui extirper son dernier souffle de vie. Elle y voyait donc un avertissement. Lugubre épée de Damoclès prête à abattre sa sentence fatale.

Incisive, elle avait préféré, une dernière fois encore avant de s'abandonner à une faiblesse passée, jouer la carte défensive. Tactique grotesque qui ne tromperait pas celui avec qui elle avait tant partagé, celui là même qui pouvait la comprendre par un simple regard. Du moins, tout ceci remontait à six ans. Six longues années durant lesquelles Calixte avait sûrement dû partir en quête d'une autre jeune femme pour prendre la place devenue vacante. Jalousement elle les avait observées, toutes ces créatures qui avaient peuplées l'existence du fils Webster. Activité malsaine dans laquelle Zephir se perdait, confondant passé et présent, projetant même cette image idéalisée qu'elle avait gardé de l'été de ses treize ans, juste avant l'accident. Mettre fin à cette relation avait donc été la chose la plus dure qu'il lui fut donnée de faire.

18 novembre 1973
La grande salle de Poudlard

Ce matin, aucun cri d'hiboux n'avait encore percé l'air chargé des conversations estudiantines. Attablés autour d'imposants plats automnaux, la gaieté semblait s'insuffler dans chaque petite tête blonde à l'exception d'une seule. L'héritière Yaxley, comme tous les matins depuis sa rentrée à Poudlard, fixait d'un œil vitreux la pile de pancakes dégoulinants de sirop d'érable sans bouger d'un cil. Pas une seule fois ses camarades l'avaient vu ingurgiter ne serais-ce qu'une boulette de pain au petit-déjeuner. Son teint pâle s'additionnait bien souvent à des cernes entachant son beau visage quand il ne s'agissait pas de griffures et autres blessures des plus suspectes. Les rumeurs allaient déjà bon train à son sujet. Si celle la cataloguant de loup-garou n'était pas encore d'actualité, elle prenait doucement forme dans les esprits. Entre détracteurs et protecteurs auto-proclamés, Zephir n'avait plus guère le temps de se préoccuper des incessantes lettres de son paternel. En revanche, une chose la maintenait éveillée, l'empêchait de savourer un repas décent ou encore de profiter de sa prétendue liberté : Lei. Depuis son entrée à Poudlard, elle accumulait dans le coffre au pied de son lit les nombreuses missives qu'il lui avait faites parvenir. Toutes étaient restées sans réponse de sa part. La jeune femme en devenir ne trouvait pas la force de lui écrire. À peine ses doigts oblongs effleuraient sa plume ou son parchemin que de violents spasmes la parcouraient. Ces murmures suintants de mépris envahissaient son esprit, gangrénant jusqu'à la moindre de ses pensées. Elle était ce monstre, cette chose. Une horreur de la nature, un déshonneur qui ne méritait pas sa place ici-bas. Non comptant de voler la vie de son très cher oncle, elle salissait le nom des Yaxley. Un affront qu'elle devait lourdement payer et dont elle subissait dès à présent les conséquences.

Sur les conseils de son père, Zephir avait pris la lourde décision d'oublier son meilleur ami. Celui qui faisait un peu trop battre son cœur à sa simple pensée. Le jeune homme qu'elle aimait avec passion sans même en avoir conscience. Cet amour pur, inspiré par le caractère si délicat de Lei. Elle ne s'encombrait guère de considérations comme le physique de son meilleur ami ou encore l'envie d'obtenir plus qu'un simple câlin de sa part. Bien trop fragile de corps et d'esprit, Zephir craignait bien trop le rejet pour oser espérer l'aimer consciemment. Si dans les premières semaines elle avait eut la mauvaise idée de lire ses lettres, c'était une torture qu'elle ne s'imposait plus. Le cœur lourd, ces enveloppes au papier jaunit échouaient systématiquement dans l'imposant meuble, sous une pile de vêtements, à l'abris des regards. Ainsi, chaque matin elle priait silencieusement pour qu'aucun nouveau message ne vienne s'additionner à la somme de sa trahison. Lorsque le premier cri retentit contre les voûtes de l'imposante salle, Zephir sentit son cœur manquer un battement. Ses paupières fragiles abaissées sur ses iris bleutés, elle attendait anxieusement que le balais des oiseaux nocturnes s'achève pour reprendre son souffle. Rien. Trois semaines déjà et plus rien. Plus une seule lettre, plus un seul petit message de la part du jeune Webster. Silence radio. Aussi impensable que cela pouvait lui paraître, elle avait réussi son entreprise. Phi avait fait sortir Lei de sa vie. Du moins elle le pensait.

Les serres de Poudlard
Retour au présent

Assise à même le sol glacial de la forêt, Zephir avait remis son sort entre les mains du fils Webster. Si avec ce dernier les hostilités étaient monnaie courante, ils semblaient avoir oublié un instant leur animosité pour laisser place à une certaine entraide en souvenir du passé. Tout compte fait, cette rencontre inattendue aurait pu être pire. À choisir un jeune vagabond défiant le couvre feu, Calixte était celui qui convenait le mieux à la situation. Ses compétences en soin allaient lui être d'un grand secourt. Ce fut donc dans le plus grand silence qu'elle écouta ses conseils, sa main toujours pressée contre sa hanche lésée dont la moiteur faisait naître de désagréables frissons le long de sa colonne vertébrale. Tandis que le lion faisait chauffer les herbes, la jeune vipère s'accorda un instant pour souffler, son visage en partie dissimulé par ses volutes blondes. Afficher une telle faiblesse la ramenait des années en arrière quand, envahie par la peur et la douleur, elle se blottissait contre le torse réconfortant de son meilleur ami, baignée par sa chaleur et son odeur.

Ce fut ses dernières paroles qui réussirent à la tirer de cette torpeur qui s'était installée. Dans d'autres circonstances, une telle question aurait pu réveiller la bête mais ce soir elle pouvait prétendre à quelques heures de répit. Épouvantée par cette découverte, ses iris pâles vinrent accrocher les perles ambrées de Calixte, y cherchant avec désespoir le signe que tout ceci n'était que bluff. Malheureusement pour l'héritière, elle le connaissait assez bien pour déceler sa détermination. Toutes ces années passées à le rejeter, cette petite mort qu'elle s'était auto-infligée pour le protéger partaient en fumée à cette révélation. Comment diable pouvait-il être au courant ? Qui avait vendu la mèche ? Son père ou bien alors le médicomage Webster qui avait sauvé sa misérable existence ? Et dans quel but si ce n'est celui d'un peu plus les éloigner. Envahie par toutes ces interrogations, Zephir restait sans voix, le regard brillant d'anxiété elle ne savait par où commencer ni même quelle réaction adopter vis-à-vis de cette situation qu'elle estimait dangereuse, surtout pour lui. Nier n'était plus une option, elle ne ferait qu'attiser la colère de Calixte. Un bref soupir quitta ses lèvres tandis qu'elle détourna le regard, incapable de supporter plus longtemps ses iris accusateurs. « Je voulais te protéger... » Cette « excuse » pouvait paraître grotesque mais il s'agissait bien d'une des principales raisons qui avaient motivé son geste. Sans lui laisser le temps de s'exprimer, elle continua dans un souffle. « Regarde ce que je t'ai fait simplement car tu m'avais surpris. Dit elle en désignant d'un bref geste de la tête les griffures habitant son avant bras. Maintenant imagine ce que ça pourrait être quand je m'emporte ou quand il prend trop le dessus. J'ai fait assez de mal comme ça autour de moi pour en plus te perdre. » Zephir mentionnait à peine le triste sort qu'avait subi son oncle en voulant la sauver et préférait avouer à demis mots la tragédie que serait la perte de Lei dans sa vie. Cette simple pensée réussissait à lui donner des cauchemars. Un nouveau soupir agita sa frêle carcasse avant qu'elle n'ose reposer son regard sur la silhouette du rouge. « Te rayer de ma vie était donc la seule solution... Avant que tu ne découvres toi même le monstre que j'étais devenue et ne me rejette. »

Par cet aveux, Zephir remettait en cause leur amitié, une chose qui aurait très probablement le don d'énerver Calixte. Ainsi, afin de prévoir une quelconque remarque cinglante, elle jugea bon de lui préciser, sachant pertinemment que cela ne l'aiderait probablement pas à oublier cette « insulte ». « Il ne s'est jamais passé un jour sans que j'ai nourri l'envie de venir te voir, partager avec toi cet enfer mais... » Le simple souvenir des propos qu'avait tenus son père ravivait ses craintes les plus primaires. La jeune louve ferma les yeux l'espace d'un instant, faisant appel aux dernières once de force qui lui restaient pour terminer sa phrase. « Ton changement d'attitude, ajouté aux discours haineux de mon père... Je me suis plus ou moins convaincue que j'avais pris la bonne décision même si je le regrette amèrement chaque jour. »  


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Calixte M. Webster
LE CLAIR OBSCUR

LE CLAIR OBSCUR
+ SORCIER DEPUIS LE : 08/04/2013
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+ LOCALISATION : Dans l'enceinte de Poudlard, peut-être dans un coin solitaire à boire pour oublier, ou avec ses amis pour faire bonne figure !

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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeLun 20 Oct - 22:19


I'm a half a heart without you
Calixte Webster feat Zephir Yaxley.

 






Je ramasse les ingrédients qu’elle a laissés au sol dans un geste de reddition. La douleur doit commencer à se faire tellement intense qu’il doit lui être presque insoutenable de rester dans ce semblant de position demi-assise. Ce qui lui faudrait c’est un bon lit où elle pourrait détendre tous ses muscles et se laisser aller, car le moindre mouvement qu’elle fournit actuellement, la moindre parole, la moindre respiration, le moindre petit déplacement du plus infime muscle, fait bouger tout le montage et envoie inévitablement une piqûre de rappel à la plaie présente à son flan. Drôle de machine que le corps humain, conçu pour supporter beaucoup, mais également pour faire souffrir énormément, petite lumière rouge clignotante qui ne s’évanouira qu’en même temps que la douleur. Zephir a depuis bien longtemps laissé derrière elle la petite fille de mon enfance qui aimait avoir de l’aide, qui suppliait ma présence quand nous nous enfoncions dans le bois du domaine de mes parents. Elle doit être vraiment mal en point pour aller au-delà de son orgueil pour oser quémander mon aide. Bien sûr, on est loin de la gentillesse incarnée, mais rien que de l’entendre me faire sa demande me prouve que finalement tout n’est peut-être pas perdu. Je commence donc à manipuler les feuillages pour réaliser ce que je souhaite, tout en attendant l’arrivée du miel qui me permettra de faire un baume cicatrisant bien plus efficace qu’une vulgaire potion liquide peu commode. Depuis le temps que je me prépare mes lotions pour panser mes propres plaies, je suis devenu à la longue un véritable expert de la survie, avec peu de choses je sais réaliser beaucoup. Ma connaissance me permet également de ne pas avoir besoin de concentration, allez réfléchir longuement lorsqu’une douleur vous empêche de penser correctement. Je peux ainsi, tout en étant occupé, lancer l’attaque pour essayer de dénouer peut-être un minuscule nœud du problème relationnel avec Zephir. Et c’est en relavant mon regard, le plantant dans ses iris azur que je lâche ce qui me ronge depuis six ans maintenant, depuis qu’elle m’a écarté de sa vie : « Ce qui me ferait plaisir, c’est que tu m’expliques pourquoi tu m’as rejeté ? Pourquoi tu ne m’as jamais dit pour ta lycanthropie ? » La bombe est lancée, le sujet sensible est mis sur le tapis, elle qui sous-entend depuis des années que je ne sais pas, que les rumeurs sont fausses, qu’il ne faut pas s’y fier, que je suis un malin de ne pas me laisser avoir. Je peux maintenant observer à loisir sa réaction et voir si elle va réussir à changer de sujet comme elle le fait si bien depuis des années, pour m’écarter toujours un peu plus ou si elle va enfin arrêter de me mentir. Son regard se fait perçant, essayant de sonder aux fonds de mes propres iris si je me joue d’elle ou pas. Mais elle me connait suffisamment pour y lire toute ma sincérité. Elle semble soucieuse, puis anxieuse, ses yeux lancent une multitude d’interrogation. Il est évident qu’elle ne s’attendait pas à ce que je sache et elle ne semble pas forcément ravie. Mais elle finit par laisser échapper un faible soupir qui me pousse à espérer qu’elle va enfin m’expliquer. Elle détourne le regard, me cachant son visage et lance dans un murmure « Je voulais te protéger… » Je reste abasourdie une demie seconde avant de me ressaisir, je n’arrive pas à voir son visage pour savoir si c’est un énième mensonge ou si elle me dit la vérité. Cette vérité qui serait douloureuse à entendre. « Regarde ce que je t’ai fait simplement car tu m’avais surpris. » Elle fait un vague signe de tête vers mon bras pour appuyer sa phrase. Et tout en continuant à m’appliquer avec ses ingrédients je lui réponds sarcastique : « Je n’ai jamais été en patacitrouille Phi ! Je pensais qu’on avait dépassé ce stade depuis longtemps ! Et tu sais très bien que j’ai vu bien pire ! » « Maintenant imagine ce que ça pourrait être quand je m’emporte ou quand il prend trop le dessus. J’ai fait assez de mal comme ça autour de moi pour en plus te perdre. » Je sais qu’elle insinue la tragédie qui est arrivé à son oncle la nuit où elle a été mordu, où sa vie a été à jamais celé. Je devrais plus me formaliser sur le fait qu’elle parle du lycan en elle à la troisième personne et ne s’associe pas à cette bête qui la ronge depuis des années et un peu plus à chaque pleine lune, pourtant je ne retiens que la fin de sa phrase. « Me perdre ? Tu m’as déjà perdu il y a des années Phi ! Le jour où tu as choisi de ne rien me dire ! » Elle reste obstinément renfermée sur elle-même, ne me regardant plus. Et moi j’ai tellement envie d’en savoir plus, de comprendre pourquoi, de tout lui dire ! « On était amis, on devait tout se dire. Se protéger mutuellement, pas s’envoyer des horreurs à la figure et s’ignorer comme de parfait inconnu. » Elle finit par laisser échapper un nouveau soupir, faible mouvement qui fait pourtant bouger tout son corps. Elle relève alors la tête, reposant son regard sur moi. « Te rayer de ma vie était donc la seule solution… Avant que tu ne découvres toi-même le monstre que j’étais devenue et ne me rejette. » Mon sang ne fit pas un tour entier que déjà ma bouche lâchait les prémices de ma rancœur à son égard, mes mains broyant les quelques feuilles que je n’ai pas utilisé pour la préparation : « La seule solution ? Tu vas vraiment essayer de me faire croire cette connerie ? J’aurais pu t’aider ! Au lieu de ça tu as préféré m’abandonner !  » Elle trouve sans doute bon d’en rajouter une couche. « Il ne s’est jamais passé un jour sans que j’ai nourri l’envie de venir te voir, partager avec toi cet enfer mais… » Je la vois fermer les yeux, croyant qu’elle a terminé je lui hurle presque au visage pour la faire réagir un peu plus, pour avoir un peu plus d’expliquer que « Je suis désolée, je voulais te protéger, je suis un monstre. » « Alors pourquoi tu ne l’as pas fait ? Pourquoi pas une seule fois pendant six ans, tu n’es pas venue me voir autrement que pour m’insulter ? » Et sa dernière phrase me fait l’effet d’un bel Endoloris bien senti. « Ton changement d’attitude, ajouté aux discours haineux de mon père… Je me suis plus ou moins convaincue que j’avais pris la bonne décision même si je le regrette amèrement chaque jour. » « Parce que c’est vrai que ton changement d’attitude à toi était plus louable et irréprochable ! J’ai voulu t’expliquer mon changement d’attitude mais tu n’es jamais venu au rendez-vous que je t’avais demandé ! » Je sers un peu plus mes poings, fronce les sourcils et tente de me canaliser. Je ferme un instant les yeux pour me reprendre, et prendre une grande inspiration. Un courant d’air frais s’insinue dans les branches autour de nous et un petit craquement se fait entendre un peu plus loin comme en réaction direct avec mes émotions. Et dans un flot incertain et légèrement confus je lui balance tout à la figure. Ma colère : « Tous les jours pendant ta première année à Poudlard je t’ai envoyé une lettre, pas une seule fois tu ne m’as répondu ! Ne serait-ce que pour me dire que tu ne voulais plus de moi ! Rien ! » Ma tristesse :  « Je n’ai pas compris ton silence, je me suis retrouvé tout seul avec mes démons, l’année a été épouvantable. Quand je suis arrivé à Poudlard, je pensais que tout changerait, et tu m’as ignoré. Je n’étais plus assez bien pour être ton ami. » Ma rancœur : « Je suis rentré dans ton jeu, car t’avoir en ennemi c’était mieux que de ne pas t’avoir du tout ! Tu étais la seule qui savait pour mes parents, pour les blessures, tu étais celle qui me permettait de voir la lumière au bout du tunnel et tu m’as laissé m’enfoncer tout seul dans les ténèbres. » Mes angoisses : « Les sévices ne se sont pas arrêtés à ton départ, j’ai subis encore et toujours, et je n’avais plus personne pour me soutenir. Je t’en veux pour tout ça ! Je t’en veux de ne pas m’avoir cru capable de pouvoir t’épauler comme tu le faisais pour moi ! »


Domaine des Webster
26 décembre 1979


Je sors de ma chambre au beau milieu de la nuit. Noël n’a pas conquis et attendrit le cœur de mon père, il a remis ça cet après-midi. La douleur est lancinante mais supportable, bien loin des blessures qu’il m’inflige à la fin des vacances pour que je m’en souvienne quelques semaines. Non, là il me veut tout de même présentable pour les fêtes de fin d’année entre nobles familles sang-pur. Toutefois, il me faut de quoi favoriser la cicatrisation et empêcher toute infection. Je descends doucement les marches pour ne pas faire de bruit, j’échappe la troisième en partant du bas qui grince à chaque fois qu’on fait un mouvement dessus et j’arrive assez rapidement dans le couloir qui mène à la pièce qui sert de réserve à mon père. En me dirigeant vers elle, je passe devant la bibliothèque où des voix me parviennent. Je me tapis dans l’ombre, derrière la porte, écoutant pour essayer de savoir ce qui les retiens éveillés si tard. « Tu en es sur ? » Ma mère. « Il faut bien que quelqu’un l’aide. Elle lui a déjà pris sa femme et son frère. Oscar est mort pour elle ! Que fera-t-elle ensuite ? Rory a besoin de mes compétences. » Mon père. Rory ? Mr Yaxley ? De qui parlent-ils… « C’est dangereux, tu penses y arriver ? » « Pas plus dangereux que le lycan qui est en elle. Soit j’arriverais à la canaliser, soit elle mourra. » La sentence retentit dans l’air et me glaça sur place instantanément. Comme un automate, je rebrousse chemin, regagnant au petit trot ma chambre, faisant grincer la marche défaillante, oubliant ma douleur et la plaie à panser et surtout reliant tous les indices entre eux : son comportement, sa haine soudaine à mon égard, sa solitude, ses fuites constantes dans la forêt interdite… Zephir est un loup-garou.


Les serres de Poudlard,
Retour au présent


Le petit pot de miel me sort de mes pensées en me retombant sur les doigts. Je dessers alors mes points pour le saisir et me remettre machinalement à l’ouvrage. Plus calmement, je reprends où mes pensées m’avaient arrêté. « Quand j’ai appris l’année dernière en surprenant une conversation entre mes parents, j’ai compris ton comportement, mais je n’admettrais jamais que tu m’ais écarté de ta vie délibérément. Tu ne peux pas me mettre tout sur le dos ! C’est vrai j’ai changé, c’est vrai que ton père est ignoble, mais le mien n’est pas mieux et je pense que j’ai mon lot de désagrément. Tu as fait le choix pour moi, entre amis on devrait choisir ensemble, main dans la main, et toi tu as choisi pour nous deux. Tu as fait le choix de me mettre de côté, tu m’as imposé ta volonté, tu m’as fait souffrir injustement comme si j’étais puni de tes souffrances. » Je termine ce que j’étais en train de faire, satisfait de la consistance obtenue et certain du résultat. Je relève alors la tête pour la regarder de nouveau et comme pour apaiser un peu l’atmosphère si tendue, je tente une petite blague. « Soulèves ton t-shirt Phi… Si tu me laisses te soigner, je promets de ne crier pas si tu me mordre avant de t’enfuir. »

@destiny.

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Being here without you It's like I'm waking up to Only half a blue sky I'm half the man, at best I miss everything we do I'm half a heart without you©️ signature by anaëlle.
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Message Sujet: Re: “I just wanna shelter you ♢ Yaxter   “I just wanna shelter you ♢ Yaxter Icon_minitimeSam 25 Oct - 22:07


This is my kingdom come

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Calixte & Zephir


1er septembre 1974
Poudlard

Le grand jour était enfin arrivé : l'entrée de Lei à Poudlard. Partagée entre excitation et appréhension, Zephir avait comme oublié qu'ils ne s'étaient pas vu depuis un peu plus d'un an à présent. Toute communication entre eux avait été rompue. Une initiative dont elle ne se vantait pas, loin de là, regrettant chaque jour cette douloureuse décision. Cependant, compte tenu de sa maîtrise plus ou moins efficace du loup en elle, la jeune femme en devenir semblait décidée à se rattraper. Dans le Poudlard Express, isolée, bien loin de l'agitation ambiante, elle répétait encore et encore le discours qu'elle lui avait préparé. Celui où elle allait tout lui avouer, lui expliquer combien elle était dévastée par leur éloignement et qu'elle souhaitait que tout redevienne normal entre eux. Une promesse. Le vœux que plus rien ne change entre eux. Oui, Zephir était déterminée. Finalement, ce « monstre » qui répugnait tant son père n'avait rien de bien méchant. Pourquoi Calixte ne l'accepterait pas ? Lui qui était sûrement la personne la plus tolérante qu'elle connaisse.

Quand le train approcha de la gare de Pré-au-lard, ils eurent à revêtir leurs robes de sorciers. Ce fut à ce moment précis que la maigre confiance dans laquelle Zephir avait baigné jusque là se retira avec une rapidité déconcertante. Laissée à l'agonie sur les berges de son amitié perdue, la jeune louve, le regard accroché à son reflet fantomatique, subissait les douleurs flashbacks de son attaque encore trop récente dans son esprit fragilisé. Il fallut la menace d'un son pour qu'elle rabatte les pans de sa chemise sur ses hanches marquées de l'horreur et détourne enfin son regard devenu vide de tout espoir. Les heures qui suivirent ne sont, encore aujourd'hui, qu'un vaste souvenir où seul la douleur domine. Cuisante. Marquée au fer rouge, la jeune Yaxley ne se souvient que des sanglots qui avaient secoués sa frêle carcasse, cachée dans un des recoins les plus sombres du château qu'elle avait pu trouver. Incapable de soutenir plus de cinq secondes les pupilles ambrées, débordante d'espoir et d'amour d'un Lei nouvellement devenu lion. Ces six années à venir allaient être un véritable cauchemar.

Retour au temps présent
Les serres de Poudlard

Si six années plus tôt Zephir n'avait pas eu le cran de s'expliquer avec Calixte quand il en était encore temps, cette fois-ci, elle ne comptait pas laisser passer ce qui pouvait être sa dernière chance. Toutefois, contrairement à sa précédente tentative tuée dans l'oeuf par ses propres démons, cette fois-ci l'initiative ne lui revenait pas. Une nouveauté aussi surprenante que rassurante pour l'héritière Yaxley qui touchait les bas fonds de son âme torturée. Elle y voyait le signe que tout n'était peut-être pas perdu, que Lei existait toujours et qu'il se souciait encore de son sort. Raccrochée à cette maigre lueur d'espoir qu'il faisait naître dans les ténèbres l'environnant, l'appréhension des grandes révélations planait tout de même. Ombre menaçante dominant les restes d'une amitié qui pourrait renaître de ses cendres. Ce fut, accompagnée par ses craintes les plus primaires, que Zephir se lança dans de pénibles aveux. Cependant, à peine avait-elle commencé que Calixte intervint, rendant ces débuts plus difficiles que nécessaire. « Je n’ai jamais été en patacitrouille Phi ! Je pensais qu’on avait dépassé ce stade depuis longtemps ! Et tu sais très bien que j’ai vu bien pire ! » Pour simple réponse, un faible soupir s'extirpa de sa lippe tremblante, ravivant toujours plus la douleur lancinante déchirant sa hanche. Il ne comprenait donc pas. Le lion semblait hermétique à ses inquiétudes. Si le corps du jeune héritier était couvert de multiples cicatrices, Zephir refusait la perspective que certaines d'entre elles deviennent les siennes dans un de ces moment où la bête reprenait le dessus. Toutefois, il était loin de pouvoir se mettre à la place de la louve, de comprendre le dilemme qui s'était installé en elle depuis toutes ces années. Elle décida donc de continuer. « Maintenant imagine ce que ça pourrait être quand je m’emporte ou quand il prend trop le dessus. J’ai fait assez de mal comme ça autour de moi pour en plus te perdre. » Avec de tels propos, il fallait s'attendre à ce que le fils Webster ne reste pas de glace. Démontrant d'une certaine virulence à son égard, le coup qu'il lui assena fut douloureux et plutôt mesquin. « Me perdre ? Tu m’as déjà perdu il y a des années Phi ! Le jour où tu as choisi de ne rien me dire ! On était amis, on devait tout se dire. Se protéger mutuellement, pas s’envoyer des horreurs à la figure et s’ignorer comme de parfait inconnu. » Il ne comprenait pas. Comment pouvait-il ? Après tout c'était elle qui l'avait repoussé, fait sortir brutalement de sa vie sans aucune explication. Toutefois, ne pouvait-il pas inférer que le verbe « perdre » était ici employé au sens définitif du terme. Tout comme elle avait perdu Oscar, Zephir craignait de le voir partir par sa faute. Ainsi, avec ces paroles, Calixte ne faisait que remuer le couteau dans la plaie, lui rappeler l'horreur de ses actes et l'insoutenable situation. C'est ainsi qu'elle tenta en vain de s' expliquer, lui faire comprendre mais le lion ne l'écoutait déjà plus. Sa rancoeur légitime fit l'effet d'un poison dans l'organisme déjà affaibli de la vipère. Encaissant difficilement son ressentiment, elle tenta de finir, abdiquant finalement, physiquement et mentalement exténuée.

« Ton changement d’attitude, ajouté aux discours haineux de mon père… Je me suis plus ou moins convaincue que j’avais pris la bonne décision même si je le regrette amèrement chaque jour. » La réponse de Lei ne sut tarder. « Parce que c’est vrai que ton changement d’attitude à toi était plus louable et irréprochable ! J’ai voulu t’expliquer mon changement d’attitude mais tu n’es jamais venu au rendez-vous que je t’avais demandé ! » Tranchante. Bien plus désagréable que la plaie lui déchirant le flanc. À croire qu'avec les années Calixte avait appris à frapper là où ça faisait vraiment mal, là où il pouvait s'assurer qu'il ferait le plus de dégâts sur l'esprit fragile de la vipère. Si au début ce changement de comportement avait été accueilli comme une libération par Zephir, à présent elle constatait chaque jour les méfaits qui pouvaient lui être liés. Elle avait conquis une certaine indépendance mais à quel prix. Contemplant avec désolation l'effet que cette situation avait pu avoir sur son meilleur ami, elle encaissa silencieusement le flux confus de ses sentiments. « Tous les jours pendant ta première année à Poudlard je t’ai envoyé une lettre, pas une seule fois tu ne m’as répondu ! Ne serait-ce que pour me dire que tu ne voulais plus de moi ! Rien ! » Quelque chose clochait. Comment pouvait-il lui dire avoir envoyé des lettres tous les jours durant sa première année quand elle n'en avait reçu que jusqu'au mois de novembre ? Toutefois, incapable de l'interrompre, elle resta silencieuse, respectueuse des reproches qu'il pouvait lui faire. « Je n’ai pas compris ton silence, je me suis retrouvé tout seul avec mes démons, l’année a été épouvantable. Quand je suis arrivé à Poudlard, je pensais que tout changerait, et tu m’as ignoré. Je n’étais plus assez bien pour être ton ami. » Cette simple phrase. Cette croyance qui avait dû s'insinuer en lui progressivement, gangrénant chacune de ses pensées la poignarda en plein cœur. Interdite face à cette affirmation, Zephir sentit une étrange brûlure naître dans sa gorge contaminant jusqu'à ses yeux et comprimant douloureusement sa cage thoracique. Qu'il puisse en arriver à cette conclusion était la pire chose qui puisse lui arriver. C'était là le signe qu'elle avait véritablement échoué.  « Je suis rentré dans ton jeu, car t’avoir en ennemi c’était mieux que de ne pas t’avoir du tout ! Tu étais la seule qui savait pour mes parents, pour les blessures, tu étais celle qui me permettait de voir la lumière au bout du tunnel et tu m’as laissé m’enfoncer tout seul dans les ténèbres. Les sévices ne se sont pas arrêtés à ton départ, j’ai subis encore et toujours, et je n’avais plus personne pour me soutenir. Je t’en veux pour tout ça ! Je t’en veux de ne pas m’avoir cru capable de pouvoir t’épauler comme tu le faisais pour moi ! » C'en était trop pour le mental agonisant de l'héritière Yaxley. Prostrée, la douleur physique n'avait plus guère d'importance, rattrapée par celle que les aveux de Calixte avait réveillée. Si le loup pouvait se venter d'avoir apporté une certaine force à son hôte, en compagnie du lion, Zephir redevenait la petite fille fragile dont seuls les bras de son meilleur ami pouvaient lui apporter le réconfort dont elle avait besoin. Ainsi découvrir que pendant toutes ces années, sa veine tentative de le protéger n'avait réussie qu'à le blesser, ça lui était tout simplement insupportable. Les yeux clos, la gorge de plus en plus serrée, elle se surprit dans un vieux rituel. Celui-là même qu'elle exécutait chaque soir durant son enfance, demandant à ce que tout ce qu'elle vivait ne soit qu'un mauvais rêve. Voilà ce qu'elle demandait actuellement : que toute cette souffrance qu'elle avait faire subir à Lei, son Lei n'était qu'un mauvais songe, une histoire inventée de toute pièce. Cependant, la peine était bien là. Se rappelant à son souvenir par un palpitant malmené, comme s'il subissait une multitude de lacérations, la réalité était juste là, à portée de main.

Calixte lui porta le coup de grâce quand, visiblement plus calme, il lui expliqua à nouveau ses sentiments dans une tirade inondant les yeux océans de la louve. « Quand j’ai appris l’année dernière en surprenant une conversation entre mes parents, j’ai compris ton comportement, mais je n’admettrais jamais que tu m’ais écarté de ta vie délibérément. Tu ne peux pas me mettre tout sur le dos ! C’est vrai j’ai changé, c’est vrai que ton père est ignoble, mais le mien n’est pas mieux et je pense que j’ai mon lot de désagrément. Tu as fait le choix pour moi, entre amis on devrait choisir ensemble, main dans la main, et toi tu as choisi pour nous deux. Tu as fait le choix de me mettre de côté, tu m’as imposé ta volonté, tu m’as fait souffrir injustement comme si j’étais puni de tes souffrances. » La culpabilité était bien là. Autrefois tapie dans l'ombre, discrète mais incisive, elle explosa au grand jour, laissant douloureusement sa marque. Face à cet échec, aux sentiments bien concrets de Lei, un faible gémissement avant coureur de la tornade qui se préparait vint mourir derrière ses lèvres closes. Un faible reniflement se fit entendre avant qu'il ne tente vainement de détendre l'atmosphère. « Soulèves ton t-shirt Phi… Si tu me laisses te soigner, je promets de ne crier pas si tu me mordre avant de t’enfuir. » Pour toute réponse, il eut droit à un timide geste de la tête bien vague. Le naufrage avait commencé et avec lui s'écroulait les derniers remparts que s'imposait Zephir pour essayer de faire toujours bonne figure face à cet homme qu'elle idolâtrait. Tandis qu'elle réprimait la vague de sanglots s'écrasant contre les débris de leur amitié, la blonde releva la tête pour planter son regard marin prêt à déborder dans celui ambré du lion. D'une voix tremblante, menaçant de se briser à chaque seconde, elle exprima enfin ses sentiments avec plus de clarté. Un exploit pour la jeune femme qui, depuis son plus jeune âge, avait toujours eut beaucoup de difficulté dans cette entreprise. « Tu crois peut-être que c'était facile pour moi ? Que te rayer comme ça de mon existence m'a fait ni chaud ni froid ? Que je ne me sens pas coupable et ignoble d'en être arrivée à cet ersatz de solution ? Franchement Lei... Comme si j'avais eu le choix. À peine je retrouvais un peu de force que mon père m'a clairement fait comprendre que plus jamais je ne pourrai te voir après ce que j'étais devenue. Oscar est mort par MA faute et j'allais devoir perdre la seule et unique personne restante qui donnait une signification à ma vie ? Comment tu crois que je me suis sentie, hein ?! D'imaginer qu'aux yeux de mon meilleur ami, du seul qui m'acceptait telle que j'étais et qui aimait passer du temps avec moi, j'étais devenue un monstre répugnant... Ça... » Pendant une fraction de seconde elle marqua une pause, la gorge serrée, emplie de ces sanglots dévastateurs. Ces paroles libératrices avaient été noyées sous des larmes continues, marquant ses joues de porcelaine rosies par le froid et l'émotion. Elle reprit alors difficilement ses explications. « J'ai pas pu le supporter. C'est aussi simple que ça. Alors oui, peut-être que j'aurai pas dû écouter mon père mais tu sais mieux que personne qu'à l'époque j'étais encore naïve et faible face à lui. Mon monde venait à peine de s'écrouler qu'il aurait fallu que je me rebelle, que je prenne conscience que tout ce qu'il me disait était uniquement dans le but de me blesser, de me rabaisser ?! Soyons sérieux. J'ai préféré le croire plutôt que d'affronter un éventuel rejet de ta part. »

Avouer ses faiblesses n'était jamais facile, et ce pour personne. Cependant, venant de Zephir et de cette nouvelle fierté qu'elle voulait afficher, c'était une entreprise hasardeuse. Les mots et les phrases s'enchainaient sans vraiment qu'elle ne sache où ce flot libérateur, bien que très éprouvant, l'entraînait. Pourtant, plus rien n'importait à la louve blanche. La seule chose qui avait encore de l'importance c'était Lei. Ce qu'il avait pu ressentir face au rejet qu'elle lui avait imposé. Quand elle déporta son regard un bref instant sur le sol noueux de la forêt, une des phrases du fils Webster lui revint en tête. Afin de tirer tout cela au clair, elle reprit alors la parole. Les larmes n'avaient cessées de couler. Libératrices bien que très embarrassantes, elles s'accompagnaient inexorablement d'une douleur physique profonde et incurable. « Je comprends que tu sois en colère contre moi, que tu puisses même vraiment me détester et tu en as parfaitement le droit. Mais s'il y a une chose que je ne tolèrerai pas c'est que tu me mentes ! Pas ce soir. À quoi ça te sert de prétendre m'avoir envoyé des lettres pendant toute ma première année quand j'ai un coffre au pied de mon lit qui prouve le contraire. Tu me reproches d'avoir décidé toute seule mais quand, dès mi-novembre, tu as arrêté de m'écrire ça m'a fait comprendre que toi aussi tu abandonnais. Alors ne me parle pas de choix mutuel car toi aussi tu l'as prise cette décision, celle de laisser tomber, de m'oublier et passer à autre chose. » Si ses paroles témoignaient d'une certaine colère vis-à-vis de ce qu'elle pensait un mensonge seule la tristesse de cette constatation avait sa place dans le ton et sur les traits fins de la jeune vipère. Il lui fallu un profond soupir, réveillant la douleur lancinante cisaillant son flanc, pour reprendre. Zephir devait lui expliquer la raison de son nouveau comportement, ce qui motivait ses gestes et son attitude à des lieux de celle qui la caractérisait durant sa jeunesse. « Regarde comment tu es devenu... Et toi tu n'as pas un loup avec qui tu dois lutter pour avoir le pouvoir sur ton propre corps ! Tu penses que c'est une partie de plaisir ? Que je suis devenue cette... Bête de mon plein gré ? Tu peux pas imaginer ce que c'est au quotidien de se battre contre lui, contre sa rage, sa soif de liberté et de vengeance quand à l'intérieur il n'y a plus une once de courage et de volonté. En te faisant sortir de ma vie j'ai délibérément abandonné l'idée que je pourrais m'en sortir et continuer d'avancer. T'étais tout pour moi. Le centre absolu. Celui-là même autour duquel tout mon univers gravitait. Alors ne vient pas me dire que tu n'étais pas assez bien pour moi ! N'ose même pas y penser ou je te jure que je vais te le faire regretter ! » Parler de sa lycanthropie était une première pour la Yaxley. Une nouveauté libératrice qui, malgré la situation dans laquelle cela se produisait, permettait de lui retirer un poids conséquent des épaules. Toutefois, en dépit de ce qui était vécu comme un véritable plaisir, cela réveillait le malêtre lié à sa nature. Il suffisait d'entendre les trémolos qu'avait subis sa voix sans parler des larmes sillonnant ses joues pour constater l'impact que pouvait avoir la bête sur son mental. Afin d'en finir et de lui laisser entrevoir ce que signifiait pour elle être une Yaxley doublé d'un loup-garou, elle finit par ce dernier élément passé sous silence. « Et puisqu'on en est toujours aux aveux, ça fait six ans que j'ai compris pour ton père. Que je sais quel homme il est et jusqu'où il est prêt à aller. Comment tu crois qu'il est au courant pour ma lycanthropie ? C'est lui-même qui m'a soigné la nuit où je me suis faite attaquée. Mais ça s'est pas arrêté là... Mon père et le tien se sont mis en tête qu'ils allaient trouver la potion tue-loup idéale pour me transformer à nouveau en parfait petit jouet inoffensif. Pas plus tard que ce Noël, ils ont eu la brillante idée de diluer un puissant paralysant dans mon verre lors du repas pour pouvoir m'injecter tranquillement leur dernière préparation et me regarder tranquillement me transformer. La douleur est déjà assez insoutenable comme ça alors être incapable de ne serrais-ce que grogner... Cependant, la potion n'a pas été assez concluante à leur goût. Selon eux, j'étais encore trop « réactive » pour qu'ils en soient satisfaits. Je ne veux même pas penser au prochain stratagème qu'ils échafauderont pour me faire ingurgiter la nouvelle potion. Peut-être qu'ils auront enfin la décence de m'achever, qui sait. »

Épuisée par tout ce qu'avait réveillé ces aveux, la douleur se rappela une fois de plus à son souvenir quand son regard quitta enfin celui de Calixte, ne le supportant plus. Affichant clairement sa vulnérabilité et le calvaire que pouvait être son quotidien, Zephir laissa un maigre soupir secoué de sanglots à peine voilés animer sa carcasse lésée. Ultime acte d’abandon, elle souleva dans une pénible grimace le pan gauche de son tee-shirt pour dévoiler la plaie sanguinolente qui la faisait tant souffrir. Lei pouvait alors observer avec horreur la profondeur et l'aspect peu engageant de sa blessure. Les grossiers lambeaux de chair laissaient deviner de la violence de ce qu'on pouvait supposer avoir été une attaque. Avec un peu d'attention, on remarquait les imposantes traces de griffes plantées dans sa hanche, témoins silencieux de sa nouvelle nature. Cette nouvelle lacération marquant sa chair n'était rien de plus que le résultat d'un acte délibéré, transpirant du désespoir qui l'animait dans ces instants de total lâché prise. Plus vulnérable que jamais, Zephir lâcha dans une ultime tentative de rédemption. « Je voulais que tu me détestes, que tu me haïsses. Ma simple présence aurait dû devenir tout simplement insupportable pour toi comme ça j'aurai pu espérer oublier le vide que tu avais laissé dans ma vie. J'aurai pu prétendre que tout ceci n'était jamais arrivé, que je ne t'avais pas lâchement abandonné dans l'espoir un peu fou de te protéger. Faut croire que j'ai échoué. Il n'y a qu'à voir quel triste personnage tu es devenu. Si éloigné de ce que tu étais avant mon accident. Ce Lei là me manques. Je n'aime pas te voir noyer ta douleur et ta peine dans l'alcool, revêtir ce grotesque masque du mec fort quand je sais que tu joues la comédie. Savoir que pendant ce temps, moi je suis là, impuissante, à te regarder te détruire, c'est un enfer. » Ce fut sur ce dernier aveux, et ne supportant plus la position de faiblesse dans laquelle cela avait pu la mettre, que Zephir, profitant de la distraction que représentait sa plaie, s'empara du baume confectionné par Calixte pour s'enfuir. Elle le laissa là, en proie à ses paroles.


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