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 La fable du serpent et du lion — Lulla

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CŒUR DE LIONNE

CŒUR DE LIONNE
+ SORCIER DEPUIS LE : 23/08/2012
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Message Sujet: La fable du serpent et du lion — Lulla   Sam 17 Déc - 17:22





La fable du serpent et du lion


« Je compte sur vous pour décrocher les meilleures notes possibles aux BUSE... » Les lèvres de Lumen se tordirent en un rictus désabusé lorsque son regard croisa celui de son professeur de botanique. Cette remarque s'adressait tout particulièrement à elle, le danger ambulant. Elle ne différenciait pas les plantes entre elles et ne connaissait ni leurs bienfaits, ni leurs dangers. Un véritable miracle qu'elle soit encore vivante après tant d'année à s'attiser les foudres de l'enseignant et des examinateurs. Elle les désespérait tous autant qu'ils étaient. « Pour cela, étudiez, ouvrez et lisez vos manuels et posez moi toutes vos questions la semaine prochaine. Les dernières séances serviront de révisions. » Qu'il poursuivait en cherchant l'attention de chacun de ses étudiants. La gryffondor ne ferait pas le moindre effort dans cette matière la jugeant superflue et écœurante. Passer ses journées les mains dans la terre, à essayer d'expliquer par A+B que cela s'avérait nécessaire pour l'avenir... Pff... ! Tu parles d'un boulot ! Cependant elle lui tirait son chapeau. Quelle patience, pensait-elle en l'écoutant déblatérer sur l'utilité de s'instruire. Elle estimait que chacun méritait d'éclore dans son domaine de prédilection, de compétences. Et de toute évidence, la botanique resterait à tout jamais une notion bien obscure pour elle. Tout comme l'astronomie ou les potions. Elle retourna sa montre à gousset un peu cabossée dans sa main et jeta un coup d’œil discret au cadran et aux aiguilles qui tournaient trop lentement à son goût. Heureusement, la fin du cours approchait à grand et le bout de cette journée interminable avec. Quand dix sept heures sonnèrent à la grand horloge, Lumen en fut soulagée. Elle ferma les yeux une demi-seconde et laissa échapper un long soupir. Elle prit son sac par la main gauche et sortit de la serre numéro 4 afin d'échapper à ce lieu nauséabond une bonne fois pour toute. Ce qui l'importait à présent était le lieu où se trouvait sa chouette. Elle devait lui ramener une lettre de la plus haute importance et cela faisait déjà une semaine, peut-être même plus que Lumen attendait. Elle s'en inquiétait beaucoup. Lilith volait vite et ne restait pas éloignée d'elle trop longtemps. Elle ne se trouvait jamais - sauf cas exceptionnel - de destinataire et connaissait le chemin de Londres par cœur. Bref, un oiseau de compétition. Cela ne lui ressemblait donc pas de traîner autant. Mettez cela sur le compte de l'impatience si vous le souhaitez, mais Lumen soupçonnait quelque chose d'inquiétant. Quelqu'un s'amusait à ouvrir ses lettres et à mettre des bâtons dans les roues de la pauvre Lilith. Encore la semaine précédente, elle avait découvert une enveloppe mal collée à la patte de sa chouette. Lumen paranoïaque ? Vous soulevez ici une très bonne question. Mais son instinct lui assurait que toute cette histoire cachait quelque chose et jusque là, il ne s'était jamais trompé. On violait sa vie privée, son intimité et celui qui portait atteinte à l'un de ses droits les plus fondamentaux le paierait très cher. Elle ne laisserait assurément pas cet affront impuni. Elle songea aux lettres de menace de sa mère, aux tentatives ratées d'obtenir des informations sur sa tante auprès du ministère, aux nouvelles de l'avancée du rétablissement d'Alexia ou aux confidences de Belize. Toute sa vie ou presque dévoilée sur du parchemin. On l'avait prévenue pourtant de porter plus d'attention à ce qu'elle couchait sur papier. Elle redoublerait de vigilance à l'avenir et trouverait des moyens plus sûrs pour communiquer. Elle nota dans un coin de sa tête de se rendre sur le chemin de traverse dès son retour à Londres en juillet.

Elle traversa un couloir et déboucha dans la cour pavée. Les rayons du soleil chatoyant caressaient sa peau de porcelaine. Ça sentait bon l'été et ça avait quelque chose de revigorant. Elle contempla le bout de ciel bleu que la belle saison leur offrait et se rendit compte à quel point elle désirait partir d'ici, découvrir d'autres endroits, s'envoler le plus haut dans le ciel. Cette douce chaleur lui donnait des envies de liberté et d'aventure, comme chaque année peut-être. Elle voulait croire que tout ceci annonçait une page tournée, mais ça n'était à ses yeux qu'une petite récréation dans la guerre à venir. Pire que la dévastation et la terreur des derniers événements les attendait. Et cette simple pensée la ramena indubitablement sur terre. L'attaque de gringotts, les mannequins pendus recouverts d'avertissements, la disparition de sa tante, le discours du ministère, la cruauté des mangemorts lors du marché nocturne, tant de choses qui palabraient sa route vers un futur incertain Et si au bout du compte, elle finissait derrière un bureau, définitivement enchaînée à sa famille par crainte de ces terroristes tous plus illuminés les uns que les autres ? Et si on la privait  de son libre arbitre et du peu de choses qui lui restait ? Lumen survivait, mais certaines choses parvenaient encore à trouver grâce à ses yeux. Tout cela, peut-être qu'on le lui prendrait. Quelle triste destinée, quels sombres rêves diraient certains. On la traiterait sans doute de fille alarmiste et cynique. Elle l'était quelque part. Elle roula des yeux et se dirigea à petite trotte vers le château. Elle allait faire une vérification à la volière. En toute logique, n'importe quel hibou se rendrait là-bas en l'absence de son maître.  Elle espérait que ce raisonnement s'appliquerait également à Lilith. Jusque là, elle n'avait jamais eu à gravir toutes ces marches pour la dénicher, la prendre en flagrant délit de paresse. Cependant, elle savait que si quelque chose perturbait sa chouette, elle le constaterait presque immédiatement. Elle s'agitait en tout sens et hululait à en crever les tympans alentour quand un incident perturbait son quotidien. Les bruits de pas, les discussions animées de ses camarades et les cris des tableaux s'effaçaient dans son esprit. Elle ne voyait plus que les escaliers les menant à destination. Rien ne semblait en mesure de l'interrompre dans  sa course folle. Endurante, elle ne s'arrêta qu'une fois ou deux pour récupérer son souffle et arriva enfin devant la lourde porte en bois de la volière. Elle était légèrement entrouverte et on entendait une voix qui parlait à l'un des volatiles. Lumen se figea et s'entama alors en elle un long débat. Tout en réfléchissant, elle approcha sa main de ses lèvres et s'arracha nerveusement un bout de peau. Elle essayait de capter des brides de la conversation à sens unique. Ça ressemblait plutôt à des jurons lâchés à force d'agacement, mais elle ne saurait dire ce que c'était précisément. Elle avança doucement pour regarder la scène à travers l'interstice. Une chevelure brune se dessina, elle aperçut également une cravate aux couleurs de serpentard, mais rien de très concluant. Elle ne pouvait pas se baser sur ces deux pauvres éléments pour déterminer une liste de jeunes filles. Toutefois, elle élimina de suite Dawn des possibilités. Et comme de par hasard, la chouette à laquelle s'adressait cette idiote était... évidement la sienne.  

Elle prit alors la décision la plus instinctive. Elle allait en découdre avec cette peste. Elle se glissa le plus furtivement possible à l'intérieur de cette pièce dégueulassée par d’innombrables crottes de piaf. La salle circulaire donnait de nombreuses échappatoires à sa chouette. Mais lorsque Lilith avait décidé quelque chose, elle s'entêtait. Lumen croisa ses bras sous sa poitrine et s'adossa à un mur. « Tu devrais peut-être t'y prendre autrement. Ramène lui un bout de gâteau sec la prochaine fois, ça fonctionnera sûrement mieux.   » Dit-elle avec sarcasmes, espérant la surprendre et provoquer en elle un sursaut, un sentiment d'angoisse aussi peut-être. Elle n'en savait trop rien. Elle leva sa main droite et se gratta le menton décidant de poursuivre sur la même lancée teintée de dédain et d'ironie. « Je me présente, Lumen Macmillan. Mais tu le sais déjà ça.  A qui ais-je l'honneur ? A une fouineuse assez médiocre à ce que je vois. Mais ton nom, c'est... ?  » Elle soupira et l'observa avec beaucoup d'attention. Elle essaya de mettre un nom sur ce visage. Elle évaluait l'âge de cette illustre inconnue à 20 ou 21 ans. Elle avait certainement entendu parler d'elle d'une manière ou d'une autre sans y prêter attention. Ce qu'elle ignorait à l'heure actuelle, c'est qu'elle se trouvait en face de l'héritière des Silverwind, la famille dont sa tante lui avait brièvement parlé durant les vacances de noël après avoir découvert une bourse assez conséquente de gallions. Elle se demandait si elle pouvait se fier à eux ou pas. C'était encore assez flou. Elle se renseignerait auprès d'Alexia dès le mois de Juillet. « On m'a vanté la ruse du serpent, mais je vais me résoudre à l'évidence. Il ne s'agit que d'une légende. Pas très glorieux de se faire pincer par une fille comme moi, n'est ce pas ? » Continua t-elle en haussant le sourcil droit. Elle se redressa et fit quelques pas en direction de Pietru. A vrai dire, elle n'avait qu'une envie lui écraser son poing sur le coin de la gueule et lui refaire le portrait. Lui faire passer l'envie de s'immiscer dans sa vie, dans ses lettres et dans ses correspondances. Mais elle se retint à temps. Elle plongea rageusement ses mains dans le fond de ses poches. « Bon allez, raconte moi une histoire épique qui ne soit pas d'une platitude sans nom. Je saurais me montrer clémente. Mais n'essaie pas de me faire gober que tu aimes la délicatesse de ma plume. » Les mots étaient ses armes favorites, cependant, on connaissait tous sa violence. Elle pouvait très bien attraper une batte et vous dégommer avec la minute suivante. Pour preuve, les différents entraînements musclés qu'elle faisait subir à Cassie ou Benedict.


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Dernière édition par Lumen Macmillan le Sam 21 Jan - 23:43, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La fable du serpent et du lion — Lulla   Sam 31 Déc - 11:24

Mi-juin 1981


"Lâche-moi, Bestiole !" fais-je en agitant la main pour faire fuir cette satanée boule de  plume. Le hibou ne l'entend bien évidemment pas de cette oreille. En représailles, il me pince la pulpe de l'index avant de voler vers l'horizon. Borné et rancunier ! Tssssk. Cette créature détestable m'a ramené une missive tout aussi détestable que je n'ai pas daigné soustraire suffisamment vite à son affreuse patte griffue ! Je détache paresseusement le cachet familial qui ferme l'enveloppe. Je n'ai vraiment pas la tête à lire les réprimandes de mon grand-père ces derniers temps. Je me fais néanmoins violence pour libérer le message d'un coup de baguette. Le papier se déplie sous mes yeux. L'encre dévoile rapidement ses mots, me demandant une certaine rapidité de lecture.  Lorsque s'affiche finalement la signature d'Augustus, la lettre se replie d'elle-même avant se consumer. Les mots ne sont plus que cendres à mes pieds.
Une fois de plus.
Je ferme les yeux, les poings serrés. Derrière mes paupières closes dansent les mots "incapable", "déception", "cousin", "dernière chance". Augustus a l'art et la manière de me rappeler que la liberté dont je m'imagine jouir est toute relative. Poudlard ne me protègera plus très longtemps de ses colères ni de ses exigences. Si je veux espérer avoir ma place au sein de cette famille, je vais devoir me plier à certaines de ses demandes. C'est ma seule option pour avoir une marge de manœuvre dans les mois à venir.

Bien. L'idée d'aller fouiner dans les affaires de Dawn me traverse l'esprit. Il me suffirait de rejoindre les dortoirs des filles. Peut-être même pourrai-je obtenir le soutien de Gale ou de Morgane si je m'y prends bien. Mais non... J'ai beau avoir conscience qu'apporter le secret des Blackwood sur un plateau me mettrait en odeur de sainteté auprès de mon grand-père, je n'arrive pas à m'y résoudre. Je ne suis toujours pas sûre d'avoir envie de connaître ce que la jolie Serpentard cache. J'inspire profondément. Il me reste toujours le cas Macmillan, me susurre la vipère au fond de mon esprit. J'admets l'avoir un peu délaissé ces trois dernières semaines. Un sourire idiot fait frémir mes lèvres quand je penses aux raisons de mon manque d'investissement. Concentration, Lulla ! Ce n'est vraiment pas le moment de laisser mes émotions décider à la place de ma tête. Direction : la volière.

Voilà comment je me suis retrouvée dans cette position des plus inconfortables, à peine quelques heures plus tard ! "Stupide oiseau ! Stupide Macmillan ! Stupide famille ! Mais tu vas la reprendre cette fichue lettre, oui ? " Un râle de frustration s'échappe de ma gorge, filtrant entre mes dents serrés. Je tiens entre les doigts la dernière missive reçue par la propriétaire de "la plus chétive, trouillarde et insupportable chouette de toute la volière !" Je l'ai lue. Entièrement. C'était d'ailleurs d'un ennui mortel ! En conséquence, j'ai la désagréable impression d'avoir perdu de précieuses minutes de vie. Et, en prime, je n'ai rien appris de plus que ce que je ne savais déjà. Mer-vei-lleux ! L'oiseau n'arrête pas de me faire tourner en bourrique ! Si j'ai assez facilement réussi à lui subtiliser la lettre, il semble avoir compris ma manœuvre et refuse catégoriquement que je m'approche. Il s'envoler systématique du coté opposé à celui où je me rends. "Ecoute moi, pigeon bas de gamme, j'ai autre chose à faire que de te courir après ! Je ne vais pas te faire de mal, je veux juste rattacher ce truc à ta patte ! Alors ramène tes plumes ici !" Surprise ! Le volatile décide évidemment de s'envoler de l'autre côté quand je tends la main vers elle. Peut-être que j'aurais dû employer un ton moins menaçant.
Là, je me sens seule. Vraiment, très seule.
Dire que j'avais des projets bien plus intéressants pour ce bel après-midi.
"Je te déteste."  fais-je en regardant l'oiseau. Ma voix ne doit son calme qu'à mon immense et soudaine lassitude. "Tu es un affreux petit piaf." à la solde d'une affreuse petite famille. Mais ça, je n'ai pas le temps de le rajouter puisqu'une intrusion fâcheuse vient troubler ma piètre tentative de négociation.

Je sursaute sous l'effet de la surprise. Mon corps se tends tandis que je lève les yeux au ciel en jurant mentalement. Je plaque une fausse tranquillité sur mon visage avant de me retourner. Je n'ai encore rien prévu de ce que je vais bien pouvoir dire ou faire. Heureusement que je suis habituée à mentir avec beaucoup d'aplomb. Je me retourne pour saluer l'intruse "Merci pour le conseil. J'y penserai."  Apparemment, mon sourire innocent ne suffit pas à calmer la colère de la Gryffondor. Ses mots claquent dans l'air comme des coups de fouets. Elle les aligne comme d'autre les ingrédients d'une potion d'agression. Son mélange est bien pensé, je me dois de l'admettre. Cependant... Ce ne sont toujours que des mots. Ils ne peuvent pas réellement m'atteindre si je ne les y autorise pas. J'entends bien les syllabes. J'assemble les sons. Mais, je ne garde en mémoire que ce que je trouve intéressant. Autant dire que les insinuations et les insultes dissimulées n'en font pas partie. Tout ce qu'on pourrait dire de moi ne me touchent plus depuis longtemps. L'habitude y est probablement pour beaucoup. Tiens, voilà qu'elle s'essaie à érafler mon orgueil. Elle ne manque pas de talent. Le problème est seulement que j'ai été élevé par un maître en la matière.

J'attends d'être sûre que Macmillan ait terminé son discours de tragédienne. Par certains côtés, elle me fait penser à Clarence. À croire que la rigidité est un trait inhérent à leur sang. En tout cas, ce n'est pas comme ça qu'elle va réussir à susciter mon empathie. Il est évident que de m'être fait pincée par un godiche ne me fait pas plaisir pourtant, je n'en montre rien. Je considère Lumen comme une ennemie. Je n'ai donc pas la moindre intention de lui fournir les clés de mon comportement.

"Tu as terminé, Lumen ?" fais-je finalement. Lentement, je transforme mon sourire innocent en une moue insolente. Je joue le rôle de la garce puisqu'on me l'a confié. Puisque c'est ce que l'on attends de moi. Je pousse le vice jusqu'à croiser mes mains dans mon dos. "Je pourrais te mentir, c'est vrai. Je pourrais t'inventer un bobard étincelant et le faire suinter de sincérité. Sauf que tu n'y croirais pas." Je marque une pause dans mon discours. J'ajoute, un fond de moquerie dans la gorge : " Même si c'était vrai."  Cette fille est beaucoup trop en colère. Rien de ce que je pourrai dire ou faire ne saurait apaiser son agressivité. Je lui tends l'enveloppe mal recollée qui lui était initialement adressées. Mon regard se plante sans hésitation dans le sien, comme si je n'avais rien à cacher. "C'est facile d'accuser sans savoir. Parce que je porte les couleurs de Serpentard, je serai forcément fourbe et sournoise ? Intéressant comme raisonnement. Je suppose que le rouge et or fait de toi une brave héroïne moralisatrice ! " Distingue-t-elle l'ironie de mes propos ? Je secoue la tête. " Je me fiche de ce que tu peux penser. Et toi, tu ne croiras pas un mot de ce que je pourrais dire. Il te faut juste quelqu'un à blâmer. Alors, il me semble qu'on soit dans une impasse." Mélange d'orgueil et de simplicité. On pourrait presque croire que je déplore la situation. Est-ce vraiment le cas ? Je ne saurais le dire.

Que pouvait-elle bien me faire ? Me gifler ? J'en ai vu d'autre. Chercher à m'humilier ? Allons donc. Balancer mon crime à Père Noël ? Je me murerais dans un juste silence. Je lui laisse le temps d'intégrer ce que je viens de dire autant que ce ça peut vouloir signifier. De mon côté, je réfléchis. Je pèse le pour et le contre. Cette fille a l'air d'avoir le cœur un peu trop pur pour son propre bien. "Ta tante a de gros ennuis. Mais peut-être que ce n'est pas un secret pour toi ? Peut-être même que tu as quelque chose à voir avec sa soudaine disparition. " l'interrogé-je avant de m'astreindre au silence. Ce que je dis n'a rien d'une menace. Je fais simplement une constatation. Je veux connaître sa réaction qu'il me faudra jauger et analyser pour m'adapter. Pour l'instant, je ne cherche qu'à me tirer de ce mauvais pas. Je fronce légèrement les sourcils. Peu importe le côté que Macmillan choisira, je m'y rangerai. J'ai la sensation qu'il vaut mieux que je m'en fasse une alliée pour le moment. L'attaquer de front ne me mènera nul part.

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Message Sujet: Re: La fable du serpent et du lion — Lulla   Dim 8 Jan - 12:11





La fable du serpent et du lion


Le sourire que Lulla arborait avait quelque chose de particulièrement insolent à son goût. Elle éprouvait le besoin de lui asséner un coup de poing pour lui faire passer l'envie d'intercepter ses hiboux. Mais pour le moment, elle devait calmer sa rage, éteindre les flammes de sa colère avant qu'elles ne deviennent un brasier. Elle pourrait très certainement saisir son sac par la main et s'en servir comme matraque. Les manuels de métamorphose et potions en étourdiraient plus d'un. Sans autre solution à sa disposition, il fallait faire preuve d'originalité n'est-ce pas ? Elle pinça donc les lèvres, serra les poings et se remémora toutes les "valeurs" inculquées par ses parents. Toute une partie de son éducation avait tourné autour de l'attitude à prendre devant les indésirables... Impassible... Imperturbable. Il lui semblait entendre la voix sévère de sa mère rabâcher ces quelques mots. D'ordinaire, elle maîtrisait parfaitement ce jeu. Mais là, elle se retrouvait confrontée à un cas assez épineux. Son prénom dans la bouche de cette inconnue claqua à ses oreilles comme une menace. Cela confirmait ses soupçons. Certes, à Poudlard, on connaissait assez facilement l'identité des autres enfants, mais deux années les séparaient, et leurs couleurs de maison les opposaient d'une certaine manière. De plus, elle ne se souvenait pas avoir parlé à cette idiote, une seule fois. Il ne s'agissait certainement pas d'une sang pur, connaissant les noms de toutes les grandes familles par cœur. Elle se rappellerait d'elle si elle l'avait vue à l'une de ces fêtes mondaines qui réunissaient toutes les personnes bien nées... Non, se tenait face à elle une énigme qu'elle parviendrait à percer à un moment ou un autre, avec le concours de cette gourde ou non. Un mensonge étincelant ? Elle ne manquait pas d'air, il fallait lui concéder au moins cela. Lumen avait appris à lire entre les lignes. Elle avait été à bonne école. Les bobards, elle connaissait. Et elle avait déjà donné. Dans son entourage plus ou moins proche, elle comptait un nombre assez conséquent de menteurs... sa mère, son père, sa sœur, sa tante, même Alexia d'une certaine manière. Et honnêtement, Lumen doutait que son interlocutrice ait seulement l'envie de lui dire la vérité. Elle peignit sur son visage un sourire plein de dédain. Il émanait de cette serpentard une telle impertinence que Lumen en eut la nausée. Manifestement, elle préférait éviter la confrontation. Ennuyeux. Elle laissa échapper un soupir désabusé pour ponctuer son silence. Elle n'aimait pas le ton que cette inconnue employait avec elle. Si elle espérait s'en sortir sans éclat, elle allait devoir faire mieux. La sorcière ne se laisserait pas avoir par des pirouettes aussi pathétiques et ridicules pour se sortir de là. Toutefois, elle marquait des points. Elles étaient dans une impasse, aucune des deux ne paraissait prête à lâcher ses positions et courber l'échine devant l'autre. Les mots qui lui venaient en tête pour décrire cette fille n'avaient rien de très gratifiant : insolente, tête de mule, présomptueuse, lâche aussi. Oui, il y avait beaucoup de ça : de la lâcheté. « Tout ce que je vois, moi, c'est que tu te défiles. » Répondit-elle finalement en fronçant les sourcils. C'était sûrement la meilleure constatation à faire. À quoi bon essayer de se défendre quand on peut simplement fuir hein ? Après tout. « Deux solutions s'offraient à toi. La franchise et le mensonge. Tu aurais pu prendre la petite ou la grande porte et t'en sortir sans trop de dommage. Mais toi, tu choisis soit par lâcheté, soit par obligation une troisième alternative, celle de passer par la fenêtre au risque de perdre quelques plumes. » Elle inclina légèrement la tête sur le côté, comprenant parfaitement qu'elle n'obtiendrait absolument rien d'elle de cette façon et surtout par ce jour-là. Tant pis, elle avait de l'énergie et de la détermination à revendre. Maintenant qu'elle l'avait pincé, elle trouverait son identité - suffisait pour cela de demander à un camarade mieux informé qu'elle et prendrait garde. Elle jeta un coup d’œil à la lettre mal recollée comme toutes les autres et la rangea bien précieusement dans une de ses poches. Sa chouette s’apaisait et observait à présent la joute verbale qui se faisait entre sa maîtresse et l'intruse. « C'est ton choix, après tout. Mais ne t'attends pas à obtenir ce que tu veux de cette manière. » Un avertissement. Il existait heureusement d'autres moyens de communication. Elle chargerait toujours Lilith de quelques missions, mais de choses sans importance, comme des échanges ordinaires avec ses parents. Soit, elle se procurerait un miroir à doubles sens, soit elle utiliserait un hibou différent à chaque nouvel envoi. Lulla se fatiguerait très vite de toute façon. Et plus encore, elle connaissait un dicton parfait pour leur situation... La vengeance est un plat qui se mange froid. Lumen le conseillait dans certains cas, comme à Ethan et croyez-moi, elle l'appliquait à elle également.

Elle se décala légèrement comme pour lui signifier qu'elle pouvait s'en aller tout en se préparant à de dernières paroles peu sympathiques. Elle s'attendait à des mots remplis de sarcasme, de dédain et d'ironie. Toutefois, elle saurait y répondre. Pourquoi cette harpie lui parlait-elle de sa tante ? Il ne lui fallut pas longtemps pour tout connecter... La disparition de sa tante... Les lettres décachetées... Cette fille qui essayait à tout prix de lui cacher la vérité sur son forfait. Tout faisait sens. Sa tante avait disparu pour fuir quelque chose et cette étrangère fouillait dans son courrier, sa vie privée, son existence pour acquérir des réponses. Elle semblait croire que Lumen savait quelque chose... Et manifestement, Pietru ne cherchait pas à la retrouver pour lui offrir une peluche et des chocolats. Alors, elles y étaient... Voilà la raison de tout ce cirque. Si quelqu'un en venait à charger une gosse d'enquêter, oui, Nora devait avoir de sérieux ennuis. Mais Lumen n'était pas en mesure de deviner lesquels. À l'heure actuelle, elle ne détenait que de très peu d'éléments pour pouvoir se diriger vers un côté ou un autre. La première idée fut celle de problèmes d'argent, mais cela lui paraissait invraisemblable. Nora exerçait avant sa disparition un métier au ministère suffisamment rémunérateur. Elle chassa cette idée assez rapidement pour se concentrer sur son adversaire. Elle fronça les sourcils et inclina légèrement la tête. « C'est marrant. Je ne pensais pas qu'un fait divers aussi ordinaire puisse intéresser qui que ce soit. Après tout, il y a tellement de choses plus importantes : l'attaque de Gringotts, les examens, la présence des aurors dans l'école, les mangemorts qui infiltrent peu à peu nos rues. Tellement plus important. » Elle marqua une petite pause tout en plantant à son tour son regard dans les prunelles de son interlocutrice. Elle afficha un rictus mauvais, semblable à celui qu'elle avait pu voir sur le visage de Dawn et baissa d'un ton comme si elle allait révéler un secret à Lulla : « Bizarre que tu me parles d'elle précisément quand je te retrouve avec l'une de mes lettres mal recollée... Dans ma vie, j'ai appris à ne pas croire aux coïncidences.   » Elle roula des yeux avant de se reculer un peu comme pour éviter une future baffe invisible. Lulla venait de lui offrir sur un plateau d'argent les raisons de ces erreurs et des pistes viables. Elle profiterait des vacances d'été pour farfouiller dans son bureau, récupérer ses affaires et ensuite se rendre dans son appartement à Londres dont elle était la propriétaire. Lumen trouverait, elle y comptait bien. Elle détailla Lulla des pieds à la tête. Elle voulait graver à tout jamais cette face-là dans sa mémoire et y associer un mot en lettres majuscules "DANGER, DANGER". Cette fille ne méritait sans doute pas qu'on s'y attarde trop longtemps, qu'on lui prête trop d'attention. Lumen ne faisait confiance à personne, juste à sa propre personne et encore. Ça limitait considérablement le nombre des amitiés possibles hein ? Le panel de ses relations relevait du dérisoire à vrai dire. Même une limace devait avoir un cercle social plus étendu qu'elle. La prochaine fois qu'elle croiserait Lulla, elle pourrait mettre un nom sur son visage et ainsi savoir à quel point elle devait se défier. Pour le moment, elle la voyait comme un simple pion. Elle ne l'imaginait pas du tout comme une personne spécifiquement menaçante. La personne qui lui a ordonné (?) de la surveiller oui sans doute. « Je sais reconnaître un pion lorsque j'en vois un. Et tu fais un pion des plus médiocres. Mais qu'importe, ça m'arrange personnellement. » Elle était originaire d'une famille de sang pur qui plaçait sans ménagement ses pièces sur l'échiquier de l'aristocratie sorcière. Sa sœur avait été chargée de devenir amie avec Dawn Blackwood. Son frère servirait à nouer une alliance avec une lignée ancienne et puissante. Et elle, Lumen, elle devrait épouser Perseus... Même si cela avait été particulièrement perturbant au début, elle avait trouvé dans son malheur un allié, un ami. « Allons bon, jouons cartes sur table, qu'est-ce que j'y gagne à te parler d'elle ?   » Pour la première fois depuis le début de leur rencontre, elle était disposée à l'entendre.  

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