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 ébullition et imposture. ( lulla )

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Message Sujet: ébullition et imposture. ( lulla )   Ven 16 Sep - 21:40

ébullition et imposture


1977

« Dîtes moi, monsieur Baggleback, combien de larmes de gargouille avez-vous versé dans l’argile ? » «  Trois monsieur » « Trois. Hm. » Tout comme votre note pour ce devoir, my poor boy. Basil jeta un regard dédaigneux à la masse d’argile informe qui rampait lamentablement sur le pupitre du jeune homme. En règle générale on mélangeait des ingrédients à l’argile ( larme de gargouille pour la consistance, poudre de dent de géant pour la robustesse, etc. ), on pétrissait le tout, on modelait la figure souhaitée et on donnait un coup de baguette pour solidifier le tout. Quelque chose avait merdé. Et bien sévère. Le slime terreux se dirigeait au hasard, telle une bête aveugle. Des bulles se formaient à sa surface, comme si le matériau était bouillant. Quel que soit le personnage que la statue voulait représenter, c’était raté. « Nettoyez-moi ça, Baggleback. » Le jeune poufsouffle hocha la tête, l’air contrit. Basil fit une moue et s’en retourna à l’inspection des travaux. Il se demandait bien ce qui pouvait le pousser à réitérer cette mascarade chaque année. Tous les troisièmes années qui avaient choisis l’option arts et musique magique y avait eu droit à un moment ou un autre du semestre : l’atelier création. L’atelier désastre serait plus juste. Basil mettait pourtant un point d’honneur à s’infliger la chose, en dépit des attentats au bon goût qu’il subissait chaque fois, afin de débusquer, parmi l’océan de médiocrité, les perles rares. Le but de l’exercice était de révéler les prodiges, de susciter l’expression artistique superbe, la créativité magnifique, l’inspiration grandiose. Bah. Au lieu de cela, il avait droit à des imitations ratées de peintures vues et revues, des tentatives grotesques de sculptures, des ébauches lamentables de dessins et des collages odieux. Par Merlin, qu’apprends-t-on à ces enfants avant leur troisième année ?

Il y eu une déflagration de couleur dans les airs, un nuage de poudre jaune. « Miss Treedle, faites attention avec les pigments aérosols, ils ne poussent pas sur les arbres ! » Partout où se portait le regard de Basil il voyait que l’on discutait, que l’on se chamaillait, que l’on prenait tout cela à la rigolade. Il allait être dix-sept heures et le ciel était déjà sombre. Une lourdeur de fin de journée tirait les traits et échauffait les cœurs. C’était l’ultime heure de la journée avant la libération, l’heure où les écoliers redevenaient des enfants. Apparemment l’option était une récréation ? Ils déchanteront bien vite. Évitant les gouttes de peintures, la colle et les papiers qui s’accumulaient au sol, le professeur chemina à travers les îlots que l’on avait formés pour répartir les différentes techniques. Ici il y avait la sculpture, là la peinture et plus loin le dessin, juste à côté du collage. Mais Basil n’aperçus rien qui pouvait fondamentalement troubler les bases de son jugement hautain et psychorigide envers ses élèves.

Il s’approcha du groupe de dessin. Une rumeur euphorique s’étouffa à son approche. On fit mine de se replonger dans son travail et d’être absorbé par les couleurs appliquées sur le papier. Basil cru distinguer un cerf, ou un éléphant, les détails étaient très brouillons. Il y avait ici une danseuse ? Bon bon. Rien de bien catastrophique, il fallait l’avouer, mais rien de foncièrement bon non plus. Il poursuivit sa revue lorsque … ses yeux s’écarquillèrent. Concentrée sur son travail, une serpentard faisait danser ses crayons sur la feuille, un véritable ballet de graphite. Ce que Basil distinguait avait quelque chose d’assez maladroit, mais les formes et les contrastes indiquaient une créativité épatante, une énergie vivace dans le trait, et, somme toute, une conviction artistique bien présente. Son cœur s’emballa. Était-ce là vraiment une révélation ? Il n’arrivait pas à bien voir d’où il était. Peut-être ses yeux l’avaient-ils trompé. Il fit quelque pas précipités pour rejoindre l’autre bout de l’îlot. Il jeta un regard par-dessus l’épaule de l’étudiante et se figea. « Curieux. » lâcha-t-il dans un souffle ( de loin le meilleur ‘compliment’ qu’il avait proféré dans cette salle ) Il osait à peine intervenir, tant il avait peur d’éventer le feu sacré et de briser l’élan créateur. Il resta figé là, penché au-dessus de l’élève, observant la moindre circonvolution de son crayon.
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Message Sujet: Re: ébullition et imposture. ( lulla )   Sam 1 Oct - 18:20

Quand j'ai choisi cette option, je l'ai fait par goût autant que pour me rapprocher de mon grand-père. C'est un peu le seul de mes loisirs qu'il considère comme "acceptable pour une jeune fille de mon sang". Croyez-moi, ceci est ce qui se rapproche le plus d'un compliment dans ses vieilles lèvres ridées. Parfois, je le déteste. Je pensais sincèrement que ce serait un cours amusant et créatif. M. Digglewit l'est très certainement en un sens. Il a l'art de la répartie cinglante et se montre créatif quand il s'agit de nous remettre à notre place. Et, j'ai l'impression qu'il a choisi cet exercice pour me remettre à ma place. Bon, peut-être que je me donne trop d'importance, mais c'est de la torture. J'adore ce qui à trait à l'art. Petite, je me perdais dans les galeries de mon grand-père et y cherchait mon inspiration. Mais, je ne suis pas une artiste. Je me débrouille en chant et en musique. Pour le dessin, la sculpture, la photographie, la peinture, c'est une autre affaire. Je suis une catastrophe ambulante. Je n'arrive même as à reproduire correctement une être humain. Non, je me contente d'assembler des bâtons et des ronds comme une petite fille de 5 ans. Je suis une calamité ! Je vais me faire incendier et humilier publiquement devant ce ramassis d'élèves incompétents et méprisables. À cet instant précis, je les déteste tous. J'entends déjà leurs rires. Je pourrais presque sentir leurs regards hautains et condescendants couler sur moi. Bande de charognards ! On va me mettre sur le bûcher de la médiocrité. Je ne peux pas le tolérer.

Je ferme les yeux et je me calme. Inspirer... Expirer... Inspirer... Expirer... Non, ça ne marche pas. Je jette un regard éperdue vers mon professeur en espérant que mes yeux de biches effarouchées lui feront dire "Miss Pietru, tout va bien ?" Je brûle d'envie qu'on me rassure et qu'on me sorte de ce traquenard insupportable. Soyez mon héros ! Peine perdue.

Bon. Je dois me rendre à l'évidence. J'observe mes camarades pour mesurer l'étendue de mon futur échec. À leurs mines réjouies et enthousiastes, je peux déduire qu'aucun ne se sent sur le point de vivre un lynchage public. Aucun doute, je suis la pire étudiante en arts qui puisse exister. Bien. Audrain va pouvoir se foutre allègrement de moi quand je vais sortir. Je suis certaine qu'il n'y manquera pas. Rien que d'y penser, j'ai un goût nauséabond qui infeste ma  bouche. Réfléchissons rapidement et efficacement. Établissons un bref état des lieux :
1) Je suis mauvaise
2) M. Digglewit va se rendre compte que je suis une imposture et lancera la première pierre
3) Je vais perdre toute crédibilité en tant que garce en devenir.

Parfait ! Comment garder la tête haute dans de telles circonstances ? Qu'est-ce que ferait Audrain ? Un truc complètement fou et incompréhensible probablement. Pourquoi ? Parce qu'il se ficherait de tout ça et qu'il se contenterait d'être lui-même. Libre et indécent. Mes sourcils se froncent sous la concentration. C'est ce que je suis aussi, non ? Pour me rassurer, j'observe la tatouage sur mon poignet. Je souffle dessus et les pétales de pissenlit s'envolent au loin. Je ne suis pas faible. Je suis géniale. Donc, je suis capable d'être géniale dans la médiocrité la plus absolue. Je garderai la tête en me montrant orgueilleuse et fière, détachée, sauvage et libre. Toutes ces choses qui vivent en moi vont me servir. Je vais les exploiter pour rendre quelque chose de dingue qui leur coupera à tous le sifflet !

Pleine d'une nouvelle énergie, j'attrape mon crayon pour entamer mon œuvre. Je le laisse glisser librement en esquissant des formes qui représentent pour moi cette énergie que je ressens. J'ai dans la tête un dessin violent, empli de passion et hors des codes préconçus. Mon élan est tout à coup stoppé. J'ai la tête qui chavire et la main qui tremble. Je n'ose pas me retourner mais je sais que j'ai attiré l'attention de M. Digglewit. Je m'autorise un regard envers mes camardes. Pas de pugilat en vue. J'hausse un sourcil prétentieux et les gratifie d'un demi-sourire crâne. Je me reconcentre. Le crayon glisse sur le papier. J'appuie certaines ombres, renforce le tourbillon de la flamme centrale, adoucit certaines courbes. Même quand je pense avoir terminé, je persiste à corriger des défauts imaginaires. Puis, enfin, je lâche mon crayon, et je prends la mesure de mon travail.

C'est une catastrophe.... Si, dans ma tête, j'avais l'idée d'une vague d'énergie brûlante dans un cadre précis, ma main m'a trahie. Cela ne ressemble en rien à ce que j'avais imaginé. C'est horrible, infâme, sans grâce et dénué de toute passion. Il n'y a rien à comprendre, rien à ressentir de ce torchon. Je pince les lèvres. Le serpent fidèle de la frustration me mord une nouvelle fois. Il s'enroule autour de mon bras, glisse autour jusqu'à mon oreille et persifle des mots mesquins et cruels. Au fond de mon ventre, la colère flamboie. J'ai perdu tout sens des réalités. Je saisis ma baguette et tapote la feuille avec en murmurant des mots "Moratur Igne". Si quelqu'un touche à mon oeuvre , elle ne lui restera que quelques temps en main avant de s'élever et de brûler complètement.... Dans la mesure où je n'ai pas raté mon sortilège bien sûr. Qu'est-ce que je raconte ? Non, je n'ai pas raté ce sortilège.

C'est stupide d'avoir fait ça mais qu'est-ce-que ça soulage ! Au moins, mon humiliation publique ne durera pas très longtemps. Soigneusement, les traits de mon visage adoptent l'air de la parfaite petite élève. Mon sourire est doux et faux dans son humilité. Dissimuler ma rage et ma colère est ma meilleure arme. Personne ne doit savoir combien ça me touche. Il ne faut jamais révéler ses faiblesses...

"M. Digglewit ?" L'homme m'impressionne. Je ressens un élan de culpabilité à le regarder. Il va me ranger dans la catégories "élèves stupides et sans valeurs". Cette idée m'angoisse beaucoup. J'ignore pourquoi j'ai ce besoin incontrôlable qu'il me respecte. Peut-être parce qu'il a l'air de ne respecter personne. "Je pense avoir terminé."

Je n'ai plus qu'à attendre qu'il découvre la supercherie et annonce publiquement que je ne vaux pas mieux que les autres.

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