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 [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow

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LA NÉBULEUSE DES SENTIMENTS

LA NÉBULEUSE DES SENTIMENTS
+ SORCIER DEPUIS LE : 11/01/2016
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Message Sujet: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Jeu 11 Aoû - 23:26

15 mai, 6h du matin, hall de Sainte-Mangouste.

Tout son corps le faisait souffrir, comme si on l’avait roué de coups de longues heures durant. La vérité n’était pas loin. Le mangemort observa la fourmilière incessante du hall de Sainte-Mangouste, les mains au dessus de la tête pour tenter de se protéger de la lumière aveuglante. Les cris et l’odeur de sang emplissaient la salle, apparemment des blessées continuaient à venir de Gringott. À croire qu’ils n’avaient toujours pas fini d’évacuer les décombres. La douleur, lancinante, était ce qui lui permettait de rester alerte. Il s’assit, d’un mouvement lent, sur l’une des banquettes du hall. Il ressentait chacun de ses muscles crier grâce, chaque tiraillement, chaque brûlure. Il en avait dressé un grand tableau mental, méthodiquement, classant ses blessures par degré de douleur et facilité de guérison. Cela l’avait occupé pendant la nuit, où le sommeil l’avait fuit. Malheureusement, à cause de l’épuisement physique et mentale, son corps se remettait mal et il ressentait la douleur bien plus vivement.

Le contact du plastique froid à travers son jean usé lui tira une grimace, qu’il peina à réprimer. Zacharius se mordit l’intérieur de la bouche pour s’obliger à rester de marbre, il ne voulait pas attirer l’attention du personnel de Sainte-Mangouste. Il n’y avait qu’une personne dont il voulait attirer l’attention. Une personne qui devrait théoriquement se trouver ici, à ce moment, car il savait que c’est là où son cœur la guiderait.

Normalement, le mangemort n’aurait pas dû se trouver là. Il ne devait pas attirer l’attention. Il aurait dû attendre quelques jours avant de venir, attendre sa visite mensuelle avec Carlie, la seule en qui il pouvait avoir confiance, capable de le réparer. Zacharius était mal à l’aise à l’idée de provoquer des soucis à sa si pure protégée, il ne la voyait habituellement qu’une fois pas mois– contrainte qu’il s’obligeait à suivre à la lettre. L’expérimentateur aurait dû attendre, mais il avait sous-estimé ses blessures. Une fois retourné chez lui, une fois l’adrénaline retombée, la douleur l’avait assommé. Il était resté plusieurs heures, prostré dans son salon, sans rien pouvoir faire. Et lorsqu’il avait pu faire un geste, son premier réflexe avait été de transplaner à Sainte-Mangouste. Il avait l’étrange impression que la journée du 14 mai – l’attaque de Gringott, la veille– ne s’était toujours pas achevée.

Une sorcière, visiblement épuisée, s’assit lourdement près de lui. Zacharius eut un mouvement de recule, réprimant une nausée naissante, épuisé ainsi le contact des autres lui était insupportable. Inspirant profondément, il se leva et commença à faire les cents pas, d’une démarche incertaine.

Il entendit à travers les gémissements et les plaintes des bruits de voix enjoués. Le mangemort tourna la tête dans leur direction, avec un regard remplit d’espoir, certains qu’il avait voir le petit groupes d’apprentis. Malgré leurs airs graves, ils avaient le torse bombé, caractéristiques de la fierté des nouveaux guérisseurs persuadés de pouvoir sauver le monde. Zacharius ne pu s’empêcher de les dévisager lorsqu’ils passèrent près de lui.

Soudainement, l’homme sentit – plus qu’il ne le vit – un regard hostile posé sur lui. Jetant un coup d’œil, le mangemort réprima un grognement et détourna rapidement le regard. Il était persuadé qu’Alice Carrow avait changé de poste, et ne travaillait plus à Sainte-Mangouste. Elle lui avait envoyé un message, récemment. Il n’avait pas répondu.

Prudemment, Zacharius tenta de s’esquiver. Sa respiration difficile et ses pas lourds rendaient l’opération délicate. Réprimant des grimaces de douleur, il se fraya néanmoins un passage à travers un groupe de sorciers visiblement blessé, puis se glissa dans un couloir moins encombrés. Ses bruits de pas le suivirent, et il ne se faisait pas d’illusion sur l’identité de cette personne.

« Il faudrait vraiment que je prenne des congés, essayer de nouveaux sors ça ne me réussit pas. » Lança Zacharius dans une tentative maladroite d’humeur, cherchant à cacher l’ampleur de sa douleur.

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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Lun 15 Aoû - 18:00

Les journaux ne faisaient qu'en parler. Il n'y avait aucun autre titre dans la gazette du sorcier. Le premier ministre pourrait être mort que ça ne serait qu'une information secondaire. Il n'y avait que l'attaque de Gringotts sur toutes les lèvres. Personnellement, je ne savais pas quoi en penser. Je me doutais de mon frère et mon père avaient certainement dû en prendre part et je ne savais pas où était ma place à ce moment là. J'étais effarée par la violence de l'attaque. Je ne pouvais pas croire qu'on puisse être aussi mauvais. Malgré toutes mes idées idéalistes, force était de constater que j'avais tord : les mangemorts avaient fait des milliers de victimes.

Je reçus une lettre de Nolan durant la nuit du 14 au 15 mai. Je ne m'étais pas attendue à cela mais je n'avais pris le temps de me poser des questions quand j'en lus le contenu. J'allais réveiller le professeur Dumbledor pour le prévenir que Ebony devrait se débrouiller sans moi le lendemain. Le professeur me sourit mais ne tenta pas de me retenir. Après tout, il avait du comprendre que je partirai avec son accord ou non. Sainte Mangouste avait besoin de tout son personnel soignant qu'il soit encore en contrat avec eux ou tout fraîchement parti. Je répondais rapidement à Nolan que j'arrivais avant de me rendre à Pré-au-Lard et de transplaner jusqu'à l'hôpital des sorciers.

C'était tout simplement chaotique. Je n'eus pas le temps de me faire à la vision d'horreur qui était sous mes yeux. Machinalement, je m'attachais les cheveux, mis des gants et je me mettais au travail. La nuit fut longue, éprouvante aussi bien mentalement que physiquement. Je perdis bon nombre de patients et pourtant je ne me pouvais pas m'arrêter de faire mon possible pour les soigner. C'est ce soir là, que je me promis de continuer en parallèle de mon travail à Poudlard mes études de médicomage. Je ne laisserais plus personne mourir devant mes yeux. Jamais.

Le matin arriva enfin et un peu de calme se fit ressentir. J'étais totalement exténuée lorsque je croisais Nolan. Je le regardais droit dans les yeux et je lui souris. J'avais du sang que ma blouse, mes yeux étaient sûrement cernés. Ce n'était l'image la plus glamour de moi-même que je lui renvoyais mais mon ancien ou encore petit ami me sourit. Il avait toujours été présent pour moi dans les pires moments comme les meilleurs. Nous n'eûmes pas le temps de parler parce qu'un nouveau flot de victimes arriva. Je me remis au travail docilement, agissant méthodiquement, ne laissant rien passer.

C'est à ce moment là que je le vis. Il était dans un sale état et l'espace d'une seconde je me dis que je pouvais bien le laisser comme cela. Il ne méritait pas que j'aille l'aider lui qui m'avait fait tant de mal à Poudlard et qui continuait en quelque sorte à me pourrir la vie. Malgré tout, je m'approchais de lui alors qu'il tentait de m'éviter. Tentative totalement inutile surtout vu l'état dans lequel il était.

« Il faudrait vraiment que je prenne des congés, essayer de nouveaux sors ça ne me réussit pas. »

Je souriais un peu et je m'approchais pour voir les dégâts. Il lui fallait des soins et rapidement.

« En effet cela ne semble pas vous réussir. »

Je m'approchais et sans qu'il ne puisse rien y faire, je passais mon bras sous son épaule et je le soutenais. Mon image frêle n'était qu'une façade. J'étais bien plus forte qu'il n'y paraissait. Je le faisais rentrer dans une salle d'examen. L'allongeant sur le lit, je me retournais pour allumer les lumières.

« Ne bougez pas que je vous examine. »

Je commençais par palper délicatement ses côtes à travers son vêtement. Je scrutais son visage cherchant une faille, cherchant une trace encore d'humanité.

« Je vous propose une trêve. Aujourd'hui et seulement aujourd'hui. De toutes les façons vous n'êtes pas en état de vous battre même contre moi. »

Je lui lançais un petit regard entendu mais encore faudrait il que monsieur accepte ses conditions.

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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Dim 21 Aoû - 14:50

L’air surpris, Zacharius se demanda si Alice venait de gober tout cru son mensonge, où si elle se fichait éperdument de la cause de son état. En penchant plutôt pour la deuxième solution, le mangemort s’appuya contre le mur avec sa main droite, réprimant une grimace en se mordant l’intérieur de la joue. Son épaule lui donnait l’impression d’être sur le point de se déchirer.

Un sourire plaquée sur son visage, la jeune infirmière s’approcha de l’Ancien Serdaigle, qui eut d’abord un léger mouvement de recule, puis il se laissa faire, n’étant de toute manière pas en état de protester. La sensation du bras frais d’Alice sous son épaule le fit frissonner désagréable. Le mangemort était encore en état d’alerte, comme si l’attaque ne s’était toujours pas terminée. Et cette jeune femme n’était pas la meilleure personne avec laquelle se laisser aller. Acceptant néanmoins son aide, Zacharius se força à ne pas trop s’appuyer sur elle, par stupide fierté.

La blonde le fit entrer dans une salle d’examen vide. Les yeux du mangemort parcourirent le lieu, réprimant un malaise diffus. Aller voir Carlie l’évitait généralement de devoir passer par ce type d’endroit quand il avait des problèmes. Zacharius détestait l’hôpital Sainte-Mangouste. Il ressentait dans l’atmosphère aseptisée la poisseuse souffrance de tous ceux qui l’avait précédé dans la salle. Malgré lui son cœur s’emballa, et il du se faire violence pour reprendre pied et éviter la crise d’angoisse. Docile, il se laissa allonger sur le lit et fixa un point imaginaire au plafond, essayant de ne regarder ailleurs.

« Ne bougez pas que je vous examine. » Zacharius reporta son regard sur le visage concentré d’Alice. Il n’avait pas conscience en elle, son message n’était pas anodin. Elle savait, pour son allégeance, et il ne voyait pas pourquoi elle ne s’en servirait pas. L’homme s’obligeait à rester de marbre, pour éviter de lui montrer d’autres faiblesses, même si le contact léger des doigts de l’infirmière sur ses côtes lui faisait un mal de chien. Il soutenait son regard. « Je vous propose une trêve. Aujourd'hui et seulement aujourd'hui. De toutes les façons vous n'êtes pas en état de vous battre même contre moi. »

Un sourire ironique apparu sur ses lèvres. « Nous y voilà. » Il détacha son regard d’elle et fixa de nouveau de point imaginaire mystérieux, quelque part sur le plafond. La douleur parasitait ses pensées, l’empêchant de réfléchir convenablement. L’idée de la trêve lui était incongrue, ce n’était pas comme s’il avait le choix, comme s’il avait choisi de se retrouver entre ses mains. Mais la remarque d’Alice restait en suspendue, comme inachevée. Zacharius jeta un coup d’œil à son visage, ses yeux brillaient comme si elle attendait quelque chose de lui.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Avec elle, il savait que rien n’était gratuit. Ce n’était pas dans le caractère de la jeune femme d’agir de façon désintéressée, pas après ce qu’il lui avait fait. Et il était parfaitement conscient que mieux valait pour lui d’écouter tranquillement ses revendication, il connaissait sa colère refoulée pour l’avoir déjà caressé du bout des doigts, pour l’avoir attiser puis étouffé, et ne tenait pas spécialement à la voir se retourner contre lui en ce moment. Un malaise s’empara de lui, il déteste le sentiment d’impuissance qu’il éprouva à ce moment.

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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Mer 24 Aoû - 12:53

Je l'aidais à s'allonger sur la table d'examen et je déboutonnais sa chemise pour regarder son thorax. Il n'avait jamais été mon ami. Il m'avait torturé mentalement à Poudlard et il revenait dans ma vie comme un boomerang. Il était de retour et il avait réveillé en moi une peur que j'avais réussi après des années à enfouir. Cependant il avait aussi développé à nouveau sentiment. Au fond de mon cœur je sentais de la combativité. Je n'avais jamais été comme cela et il était visiblement l'allumette qui venait d'embraser cette haine que je pouvais avoir. Alors que j'enfilais des gants dans le but de commencer mon examen clinique je lui proposais de faire une trêve.

« Nous y voilà. »

Je m'approchais de lui et je déposais mes doigts sur le bas de son abdomen dans le but de déceler une hémorragie interne. Mes doigts étaient agiles et je l'écoutais quand même bien que son ton ne me plut pas du tout.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Je levais un sourcil. Si je lui disais ce que je voulais vraiment il ne serait pas d'accord. Je voulais qu'il sorte de ma vie à tout jamais. Je voulais ne plus jamais le revoir, oublier la peur qu'il m'inspirait, oublier toute la peine qu'il avait pu me faire. Cependant il était mal et je ne pouvais pas faire fit de son état. Je devais le soigner et après on verrait.

« Actuellement juste te soigner. »

mes doigts glissèrent sur ses côtes jusqu'à déclencher une douleur chez mon patient du jour. Je fronçais un peu les sourcils et je recommençais mon examen avec plus de douceur. Le ton que j’employais avec lui était neutre. Il n'y avait pas de haine ou de crainte. Que pouvait-il bien me faire dans cet état de toutes les façons ?

« Pour le reste je veux juste une protection. »

Il n'y avait que cela qui compter à mes yeux. Je ne voulais plus avoir de peur en moi et pour cela il me fallait une protection. Mon regard se plongea dans le sien et je sortis ma baguette de ma poche. Je posais le bout sur ses côtes et je murmurais un sort pour le soulager un peu.

« Je ne vais pas te faire plus de mal détends toi. »

Il était vraiment dans un piteux état, il pourrait presque faire naître en moi un sentiment de compassion à son égard. Je secouais un peu ma tête et je me mordais l'intérieur des joues pour arrêter cela. Je  ne voulais pas avoir de la compassion pour lui. Il n'en avait jamais eu après tout pour moi pourquoi devrais-je lui faire ce plaisir.

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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Mar 22 Nov - 0:37


L’homme dû se faire violence pour réprimer l’inquiétude qui menaçait d’apparaître dans son regard. L’esprit embrumé, il observait sans détourner les yeux le ballet des rétine de l’infirmière. À cet instant, il flattait son égo en s’assurant surveiller ses expressions faciales, prêt à déceler une intension agressive se plaisait-il à croire. L’odeur des potions médicales mêlées à celle de son propre sang lui donnait la nausée. Les battements de son cœur résonnaient bien trop. La douleur lui faisait tourner la tête. Son esprit d’hypersensible qui accentuait la douleur menaçait de le lâcher. Seuls la sensation des doigts de la jeune Carrow  sur son abdomen et les mouvements de ses yeux lui permettait de garder pied avec la réalité.

Une voix calme et neutre arriva jusqu’à ses oreilles. Zacharius pris quelques secondes à rattacher les paroles à Alice Carrow. Juste te soigner. Le mangemort eut un rictus. Il ne pensait pas la jeune femme atteinte du syndrome de Stockholme et avait bien peu confiance en la capacité humaine à pardonner. Détaillant la jeune femme des yeux, il fut surpris par l’assurance qu’elle affichait. Elle semblait avoir bien changé depuis ses années Poudlard, où Alice n’avait face à lui qu’un petit animal blessé. L’ironie de la situation aurait pu lui arracher un sourire s’il n’était pas déjà occuper à grimacer de douleur. Fut-il un temps où c’était lui qui fouillait dans ses blessures pour la refaire saigner. Et voilà qu’elle tentait de le réparer.

« Pour le reste je veux juste une protection. » Étonné par la requête, Zacharius fixa le plafond l’espace d’un instant. Le blanc étincelant l’étourdit et l’oppressa. Il reposa son regard sur le visage de l’infirmière et croisa l’éclat déterminé de ses pupilles. Le mangemort fronça les sourcils malgré la désagréable sensation de tiraillement, cherchant quelle protection pouvait bien requérir la jeune femme. Il ne connaissait pas la suite de son histoire, mais là où il s’était arrêté ses menaces étaient son père et lui-même. La douleur, qui l’empêchait de réfléchir correctement, semblait vaguement s’atténuer. « Merci. » Grommela le mangemort.

À priori, Alice Carrow semblait très bien avoir compris qu’elle ne craignait rien de lui à ce moment précis. Son assurance agaça Zacharius, et était pour lui une preuve de sa propre faiblesse. « Quelle genre de protection ? » Sa voix chevrotante ne fit qu’accroître sa sensation de fragilité. Contre qui pouvait-il bien la protéger ? Contre ton père. Il aurait voulu murmurer ses deux mots, comme un venin, pour le plaisir malsain de voir apparaître une ombre dans le regard de la blonde, s’il n’avait su sa santé tenir entre ses mains.

« Que puis-je t’offrir Alice Carrow ? » Rétorqua Zacharius, une once de fermeté dans la voix. Il tenta de se relever pour récupérer un semblant d’autorité, mais une douleur vive à son abdomen l’en dissuada. Malgré tout, la requête de l’infirmière prouvait qu’il avait encore une influence sur elle. Il savait blesser, alors elle le pensait capable de protéger. Quelle ironie. L’attaque de Gringott venait justement de prouver qu’il n’était pas capable de protéger quoi que ce soit. Alors encore moins qui que ce soit. Il excellait plutôt dans l’art de réduire en poussière. Mais cela, il se gardait bien de le faire remarquer à la jeune femme. Mieux valait qu’elle le pense capable de la protéger. Même s’il ne savait pas contre quoi.

« Suis-je réparable, mademoiselle l’infirmière ? » La parole n’avait été qu’un murmure, mais dans l’étrange silence de la salle d’examen, Alice avait dû parfaitement entendre sa maladroite tentative d’humour. Maladroite manière de lui signifier qu’il ne faisait que de lui demander de l’aide et n’était nullement à sa merci. Comme un animal blessé, il ne pouvait se résoudre à s’abandonner totalement à sa faiblesse.


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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Jeu 24 Nov - 8:48

Je n'avais plus le temps de me cacher. J'avais encore subit les sévices de mon père. Je craignais que ça n'augmente de jour en jour pour en arriver à ma mort pure et simple. Qui se soucierait de la mort d'une Carrow ? Personne et encore moins s'il s'agit de ma mort. Malgré tout, même si ce n'était pas correcte, je profitais de la situation. Zacharius avait été un de mes monstres à l'école. Il m'avait fait beaucoup de mal et pourtant je ne voyais personne d'autre pour me protéger de mon paternel. Le syndrome de Stockholm était le sentiment le plus étrange. Je pourrais me jeter dans ses bras à n'importe quel moment. C'était fou de se rendre compte de cela. Toute personne censée n'aurait pas réagi en le voyant dans un état aussi piteux si elle avait la même histoire que moi avec lui. Certains diront que c'est parce que j'ai un esprit professionnel développé mais au fond de moi je savais que ce n'était pas cela. J'avais quand même une forme d'affection pour lui et même si ça me faisait peur je ne pouvais aller contre. C'était pourquoi j'étais déjà en train de lui prodiguer des soins et que je lui faisais cette demande particulière. Je lui disais également que je ne lui ferais pas de mal. J'en étais purement physiquement mais surtout mentalement dans l'incapcité.

« Merci. »

Je lui souriais avec sincérité alors que je sortais ma baguette afin de commencer mes soins. Il fallait que j'arrête au plus vite les hémorragies internes que j'avais perçu. Rien de bien méchant pour le moment mais ça pourrait le devenir. Je n'avais pas peur de lui à cet instant et je me sentais à l'aise. Au fond de mon être je savais que c'était une erreur qu'il me le ferait payer une autre fois. Je le connaissais par cœur malgré les années qui étaient passées. Il n'avait pas changé. Il était toujours ce gaillard fort et impression. Il était toujours le loup tout comme je resterais à vie l'agneau, frêle et fragile.

« Quelle genre de protection ? »

Je sentis ma main se mettre à trembler. Il savait très bien ce que je voulais. Il était intelligent et il avait trouvé mais il savait aussi que si je le prononçais ça détruirait le peu de confiance que j'avais actuellement. Je restais muette essayant de me concentrer sur l'acte que je faisais.

« Que puis-je t’offrir Alice Carrow ? »

Je me stoppais nette. Il voulait absolument me l'entendre dire et bien je le dirais.

« Protège moi de mon père. »

C'était simple. Il trouverait un moyen. Je me fichais de ce que je devrais faire. Mariage, or, disparition de la circulation. Pour le moment je ne cherchais qu'à me protéger. Je me permettais d'être égoïste pour la première fois de ma vie. Je reprenais en main fermement ma baguette alors que je continuais de le soigner doucement. Je ne pouvais aller trop vite car si je le faisais, je créerais encore plus de dégâts. Déjà je n'étais pas certaine de pouvoir le soigner totalement sans demander de l'aide. Mais je ferais mon possible pour l'aider au maximum sans qu'on sache qu'il soit venu ici.

« Suis-je réparable, mademoiselle l’infirmière ? »

Je lui souriais.

« Oui... Je vais te « réparer » Zacharius et peu importe si tu me donnes ce que je souhaite ou non. Tu sais très bien que je ne pourrais pas te laisser dans cet état. »

J'étais faible mais cette faiblesse était aussi ma force. Car si je le soignais sans qu'il ne paie sa dette il devrait vivre avec cela sur la conscience tout le long de sa vie.

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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Dim 11 Déc - 12:08


Par moment, Zacharius avait l’impression que Alice faisait preuve de… chaleur. C’était totalement absurde. Perdu dans ses sensations, il peinait à analyser la situation. À ce moment précis, le mangemort regrettais sa décision de s’être transplaner à Sainte-Mangouste. Il avait agit dans l’urgence, de la crainte que le Ministère ne découvre rapidement son état déplorable, s’il venait à manquer une réunion, et fasse le lien avec l’attaque de Gringott. Le corps mangemort manquait cruellement de médicomages.

Soumis aux soins de la jeune Carrow, le mangemort ne pouvait qu’espérer qu’elle soit de son côté, cette fois. Qu’elle ai besoin de lui, ce serait bien le comble de l’ironie. À sa question, à sa provocation, il sentit que sa guérisseuse était moins sûre d’elle. L’espace d’un instant, Zacharius sentit le masque d’Alice vaciller.

« Protège moi de mon père. »

Zacharius ne pu réprimer une grimace. Il ne savait si celle-ci était dû à la mains d’Alice appuyé sur ses blessures, ou s’il c’était parce que la jeune femme venait de dire tout haut ce qu’il redoutait. Contrairement à la jeune femme, son père était dans son camp. Il lui devait loyauté, malgré son mépris. Il ne pouvait venir en aide à une dissidente, mais au moins devait-il le lui faire croire. Aussi se contenta t-il de détourner le sujet vers sujet vers son état de santé.

À la réponse de la jeune femme, il lutta pour garder une expression neutre sur le visage. Parasité par la douleur, il n’arrivait pas à la comprendre. Zacharius n’arrivait pas à démêler les fils, incapable de se décidé si Alice était ou non une menace, si elle était ou pas encore sous son contrôle, et si enfin elle n’essayait pas de le manipuler en jouant sur son intégrité, malgré son air ingénu. Le stress lui donnait l’impression d’avoir la poitrine prise dans un étau. Il inspira une longue gorgée d’air, comme un affamé, pour calmer son envie de vomir.

« Tu sais que je suis du côté de ton père. » Le rappeler à la jeune femme était risqué, mais moins que de commencer à l’amadouer avec un mensonge. Sa respiration difficile rendait sa voix rauque. « Si je suis encore en vie, je te promet de chercher une solution. » Cette promesse était au moins sincère, Zacharius détestait les belles paroles vides de sens autant qu’il détestait l’idée de ne pas être fiable. Mais il n’avait pas précisé quel type de solution. Et il s’assurait ainsi qu’Alice le soignerait bien, puisqu’il n’avait toujours pas réussi à se concentrer assez pour se décider si elle était sincère ou pas quant à lui. Il fallait absolument qu’il s’assure avoir du pouvoir sur elle.

Au fur et à mesure que l’infirmière arrivait à calmer sa douleur, le mangemort réussissait à reprendre le fil de sa pensée, à reprendre ses esprits, devenir plus lucide. Au fur et à mesure que ses pensées sortaient du brouillard, son angoisse s’intensifiait. Il détestait Sainte-Mangouste, la seule personne qui pouvait lui permettre la douleur qui avait eu lieu en ces murs était Carlie. Se concentrant pour calmer les battements de son cœur, Zacharius se força à continuer de parler. « C’est un problème épineux, Alice. Je ne suis pas aussi influent que ton paternel. Si tu veux que je t’aide il faudra suivre mes instructions. » Le tremblement de sa voix s’était calmé, et l’homme semblait avoir récupéré un semblant d’assurance. Il bluffait, et n’avait pour le moment aucune idée de commencer aider la jeune femme. Pas plus qu’il n’avait d’idée précise sur sa survie immédiate.

Surestimant la guérison de ses hémorragies internes, Zacharius tenta de se relever sur ses coudes pour faire face à Alice. Une douleur brutale et sourde le cloua de nouveau sur le métal froid. Haletant, le front poisseux de transpiration, l’ancien Serdaigle se força au calme. Il leva son bras droits – le moins douloureux – et attrapa la main de l’infirmière. « Me fais-tu confiance, Alice Carrow ? » Ce n’avait été qu’un murmure.


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Message Sujet: Re: [15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow   Mar 20 Déc - 23:53

Je lui avais avoué ce que je voulais. Je voulais qu'il me protège. J'avais besoin de cela. Je savais aussi qu'il était du même côté que mon père mais j'avais quand même le petit espoir qu'il m'aide, qu'il ait pitié de moi.

« Tu sais que je suis du côté de ton père. »

Je soupirais. Oui je le savais et même mieux que personne cependant j'avais un espoir que même du côté de mon père il pourrait m'en protéger.

« Oui je le sais. »

Il n'y avait pas de moyen pour le moment. Je n'avais que lui pour m'aider ce qui me pousser à attendre une réponse plus concrète de sa part. Je le poussais inconsciemment à me faire cette promesse, à me faire m'accrocher à l'espoir qu'il y avait une issue à mon enfermement.

« Si je suis encore en vie, je te promet de chercher une solution. »

Je soupirais heureuse d'entendre cela de sa bouche. Cela me soulager d'un poids sur mes épaules. J'avais vraiment besoin d'entendre cela à cet instant ce qui me donna de la conviction pour ma réponse :

« Tu vivras. »

C'était une certitude. Je ne le laisserais pas mourir hors de question. Zaccharius m'avait fait certes du mal mais je tenais énormément à lui, beaucoup trop pour le laisser mourir.

Je savais que je lui en demandais trop mais je n'avais pas pu m'en empêcher. Il était le plus à même de m'aider.

« C’est un problème épineux, Alice. Je ne suis pas aussi influent que ton paternel. Si tu veux que je t’aide il faudra suivre mes instructions. »

Je comprenais très bien ce qu'il était en train de me dire. Je l'écouterais et je boirais ses paroles comme si c'était de l'eau. J'étais tellement au bout du rouleau avec mon père et je n'avais personne pour m'aider. La seule personne qui aurait pu m'aider m'avait abandonné par la force des choses depuis des années maintenant. Penser à lui fit grimacer mon visage de douleur avant de reprendre une contenance que j'avais mis des années à acquérir. Je plantais mes yeux dans les siens.

« Je ferais tout ce que tu me demanderas. »

J'étais sincère dans mes paroles. J'étais prête à tout s'il me donnait l'occasion de sortir de l'emprise de mon père. J'étais prête à passer d'un bourreau à un autre.

« Me fais-tu confiance, Alice Carrow ? »

Mes mains se figèrent un instant. Je ne savais pas quoi répondre sur le coup. Si je lui disais oui directement il verrait qu'il avait encore de l'influence sur moi mais en même temps je ne pouvais pas lui mentir... Je soupirais un peu avant de prendre une décision qui me lierait à lui sûrement à jamais à lui.

« Je t'ai toujours fait confiance. »

Je le regardais droit dans les yeux pour qu'il comprenne que je ne lui mentais pas alors que je lui prodiguais un nouveau sort qui normalement devait lui enlever la douleur tout simplement.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
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[15 Mai 81] Montre moi ta douleur ◊ avec Alice Carrow

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