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 Je pensais bien faire ▬ Ebony

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+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
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Message Sujet: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Lun 25 Juil - 22:18

Cela faisait à peine deux jours que j'étais de retour à Poudlard et pourtant il m'étais déjà arrivé beaucoup de choses. Tout d'abord j'avais passé une première fois assez particulière. J'avais dû prendre mes marques en peu de temps dans ma petite chambre. J'avais essayé de décorer un peu à mon goût. J'avais mis des livres sur les étagères – pour la plupart sur la médecine donné par Nolan. J'avais également disposé sur mon lit les trois peluches que je possédais. Oui je suis une grande enfant et je l'assume totalement. Une fois cela fait, je m'étais allongée dans mon lit et j'avais dormi un long moment avant de me réveiller en sursaut comme bien souvent durant les nuits que je passais seule. Le lendemain de mon arrivée j'avais été voir mon professeur préféré et j'avais bu une tasse de thé avec lui. Je ne m'étais pas sentie vraiment à l'aise lors de cette entrevue mais je ne l'aurai manqué pour rien au monde. Maintenant que j'étais de retour à Poudlard j'essayais d'appliquer la philosophie de mon ancien petit ami : vivre pour moi. Je ne devais plus avoir peur de mon père, il ne pourrait jamais m'atteindre ici. De plus, je savais que le professeur Dumbledore pourrait me protéger alors il était ridicule que je me fasse du soucis pour si peu. D'ailleurs, je me devais d'arrêter d'avoir peur de Ebony. Elle ne devait pas être une mauvaise personne et je me devais de lui faire apprécier ma présence. Le second soir de mon retour à Poudlard en fumant ma cigarette, je me demandais ce que je pourrai faire pour aider Ebony, pour lui prouver que je n'étais pas une mauvaise personne et que je ne lui voulais pas de mal bien au contraire. Je trouvais l'idée du siècle d'après moi et j'allais me coucher toute contente. Demain était un autre jour et j'allais marquer des points demain.

Je m'étais levée très tôt pour être certaine qu'elle ne me verrait pas. Je savais qu'on pouvait mal prendre le fait de toucher aux affaires des autres mais nous étions toutes les deux les infirmières de Poudlard et il faudrait qu'elle partage ses affaires sinon je ne pourrai pas exercer mon métier comme je l'entendais et à ce moment là il ne servait à rien que je reste dans l'école. Je rentrais dans l'infirmerie et l'odeur des médicaments me monta au nez. Si pour certain c'était une torture me concernant c'était plus une odeur agréable qu'autre chose. Je me sentais vraiment à l'aise dans cet endroit et je ferai de mon mieux pour garder ma place. Nous avions reçu en fin de journée une caisse de nouveaux remèdes que je me devais de ranger. J'avais repéré une étagère vide plus au fond du service et du coup je me disais que je pourrai y installer mes petites affaires. Je me plantais devant la vitre et je me rendis vite compte qu'elle pouvait contenir plus d'une centaine de fiole. Je souriais et je me penchais pour en attraper deux ou trois fioles. Je les déposais sur une des planches avant de passer mes mains dans mes cheveux pour les attacher en une queue de cheval et de me mettre au travail. Je faisais bien attention à ne rien faire tomber et à tout faire parfaitement pour qu'elle n'ait rien à me dire. Au bout de trois heures de travail et de perfectionnisme, j'étais assez fière de moi. Quand j'entendis la porte de l'infirmerie, je me mis à sourire et j'allais à la rencontre de Ebony.

« Hey Ebony ! Je viens de ranger la caisse qu'on a reçu de remède hier dans mon étagère au fond de l'infimerie... »

Hum je pensais tout à coup avoir fait une grossière erreur. Elle ne semblait pas contente du tout. J'avais du faire une bêtise mais je ne voyais pas laquelle. Alors comme à mon habitude, je joignais les mains devant moi et je baissais la tête comme si on allait me gronder très fortement.

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+ SORCIER DEPUIS LE : 05/10/2014
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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Dim 31 Juil - 15:26





J'avais envie : de cette quotidienneté triomphant des obstacles qui jalonnent notre existence.
 


« Où que tu ailles, quoi que tu fasses, tu ne seras jamais libre de travailler comme tu l'entends. Il te faudrait pour cela te mettre à ton propre compte. » Bony n'avait pas voulu écouter son père ce jour-là, croyant que Dumbledore serait différent, qu'il la laisserait tranquille tant que son travail s'avérerait bon. Elle avait toujours été une très bonne infirmière. Le saint Graal de la médicomagie obtenu, la formation pour laquelle elle avait tant travaillé, elle avait sauté sur l'occasion dès qu'elle le put. Elle avait vu Poudlard comme un havre de paix où l’encombrement d'un collègue s'effacerait. Depuis presque deux ans, elle fonctionnait à sa façon, donnait les soins comme bon lui semblait et effectuait avec beaucoup de sérieux les potions. Elle se montrait patiente et réceptive. Tout le monde pouvait en témoigner. Confiante, la gentille Bony avait cru bon de partager à son directeur l'un de ses soucis, un héritage qui lui tombait dessus, et les projets que ça pouvait découler. L'idée était de monter un centre pour adolescents rejetés par sa famille, un endroit où tous les jeunes sorciers comme son petit chaperon rouge trouveraient une place et vivraient en sécurité, loin de la violence. Alors qu'il n'était qu'un projet à l'état d'embryon, Dumbledore avait vu là une faille. Du moins, Ebony la concevait de cette manière lorsqu'elle se mettait à la place du vieil homme. Et il avait la fantaisie d'engager une autre infirmière, en croyant peut-être avoir l'accord tacite de la première. Bony vivait cela presque comme une trahison. Elle n'avait pas eu son mot à dire et ne comptait pas laisser les choses comme cela. Si elle ne parvenait pas tout à fait à se résoudre d'avoir quelqu'un dans les pâtes, elle avait imaginé lui laisser une chance. Encore aurait-il fallu que cette nouvelle n'en fasse pas qu'à sa tête. Le premier jour, elle s'était octroyée une pause parce que les chose étaient devenues difficiles. Le deuxième, ça n'avait été guère mieux. Et le troisième ? Eh bien, Ebony allait très vite le savoir, puisqu'elle prenait la direction de son infirmerie. Dans ses mains, tenait un une petite assiette de ses fameux cookies, recouvert par un film protecteur. Elle voulait lui en offrir un ou deux si le cœur lui en disait et surtout pour lui montrer sa bonne foi. Elle avait pris une bonne résolution la vieille : essayer de faire bien les choses. l'un des professeurs avait eu une parole sage au banquet. Laisse lui une chance , ces quatre petits mots résonnaient encore avec ferveur dans sa tête. Alors pourquoi pas ? Il allait falloir lui expliquer certaines choses (comme ne pas toucher aux traitements, pas de suite en tout cas) et imposer quelques règles afin d'installer une entente professionnelle à défaut d'être cordiale ou sincère. Si le problème persistait, quelqu'un devrait partir. Et Bony craignait pour sa place. Si Dumbledore doutait de ses capacités, qu'est-ce qui le retiendrait de la virer d'être envoyée au bureau des centaures comme le diraient des gens du ministère ? Il ne lui faisait plus confiance, pas comme avant. C'est ce qu'elle pensait au plus profond d'elle et ça la blessait énormément. Qu'avait-elle bien pu faire de mal ? Une profond changement se produisait en elle depuis quelques mois. Mais comment aurait-il pu le remarquer ? Elle avait certes bravé le danger et mis sa vie en jeu au marché nocturne et lors de l'attaque de Gringgotts, mais n'était-ce pas ce qu'on attendait d'elle, d'une  personne bien faite mentalement et un tant soi peu saine d'esprit ? Peut-être la croyait-il incapable de continuer ainsi... Mais qu'importe. Les questions que Dumbledore devait se poser à son propos n'étaient sûrement pas causées par cette Alice Carrow. A moins qu'elle ne soit douée d'un talent inné de la manipulation, elle n'avait absolument rien à avoir avec cette histoire. Alors, elle essaierait de ne pas trop lui montrer sa frustration et d'être euh... gentille. Elle devait bien pouvoir faire ça après tout. Elle le faisait tous les jours avec chaque élève qui franchissait le seuil de l'infirmerie.

En arrivant à quelques mètres de la grande porte, elle s’aperçut que cette dernière était légèrement entrouverte. Quelqu'un devait déjà y être. Elle regarda sa montre qui pendait à son poignet. Étrange, il restait  une bonne demi-heure avant le lever de la majorité des étudiants. Un bruit lui parvint ensuite aux oreilles. Elle crut au départ qu'il s'agissait peut-être d'un chat errant, mais revint rapidement à la raison. Ce devait être Alice tout simplement, arrivée en avance également. Tant mieux. Cela leur laissait assez de temps pour vérifier que les draps, matériel et sol étaient propres. Tous les matins, Bony s'assurait qu'aucune poussière ne se trouvait dans les parages et que les lits étaient bien faits. Souvent, elle activait sa baguette pour ranger le tout au millimètre près. « Alice, tu es là ?   »  Demanda t-elle en se faufilant à l'intérieur avec lenteur afin de ne pas faire tomber l'un de ses cookies. Voir sa cuisine s’écraser au sol l'agacerait au plus haut point et la perturberait à coup sûr pour la journée. Et si cela venait à arriver, elle aurait bien trop honte d'en donner un à qui que ce soit. Sa première fournée de gâteaux était toujours réussie et tout le monde en raffolait. Alors, elle tenait à faire les choses bien. Le visage illuminé d'un sourire d'Alice ne tarda pas à faire son apparition. Elle semblait satisfaite et fière de quelque chose. Oh non ! Mais quelle sotte ! Ebony inspira profondément en entendant ce qui rendait si contente sa nouvelle collègue. La caisse de fioles... Elle ne l'avait bien entendu pas oublier. Comment le pouvait-elle ? Mais elle avait déposé cette caisse dans un coin bien précis afin de le ranger correctement le jour suivant et surtout de séparer les potions à destination d'un traitement du reste. Elle déposa l'assiette sur un table de chevet et porta sur Alice un regard inquisiteur. « Nom d'une pipe, Alice ! Dis moi que c'est une blague ? Il y a des potions pour des traitements spécifiques là-dedans. Qu'est-ce que je fais moi si tu les as mélangées avec le reste dans TON étagère qui n'est à l'origine pas la tienne ? J'en recommande d'autres, c'est ça ? Si tu veux en faire qu'à ta tête, préviens moi tout de suite. Ça m'évitera de me prendre le chou avec toi. »  Elle entra dans la réserve où se trouvaient toutes les étagères. Elle n'avait pas vidé celle-ci par pure bonté d'âme. Oh non loin de là. Elle la gardait en réserve pour contenir les potions en trop ou même les futurs traitements. Là, il y avait largement assez de place dans l'autre pour toutes les y mettre. « Quand tu ne sais pas ou que tu te poses des questions, demande. Je ne suis pas légilimens. Je ne peux pas deviner ce qui se passe là-dedans. » Dit-elle en montrant le sommet de son crane. Elle récupéra les anti douleurs d'Ezra sans trop de difficulté. Ah non, il était hors de question qu'Alice s'occupe de lui. Si elle l'empoisonnait... Non mais quelle horreur. Elle la tuerait sûrement. De chagrin, mais elle la tuerait. Pareil pour Cameron d'ailleurs. Mais merde quoi. D'où sortait-elle bon sang ? Son formateur ne lui avait pas appris qu'il fallait communiquer avec les autres pour travailler correctement ? « Il est temps qu'on parle Alice. Tu ne m'interroge pas sur le fonctionnement de l'infirmerie. Tu fais tout de travers justement parce que tu n'as pas la curiosité ni la jugeote de me poser des questions. C'est dingue quand même. Même un enfant de 10 ans y aurait pensé. Si tu as été embauchée en tant qu'infirmière, ça a été sans mon accord et surtout contre ma volonté. Alors s'il te plait, arrête de rendre les choses si difficiles.  » C'était évident depuis le début que Bony ne voulait pas de sa présence ici, mais peut-être que Alice n'en discernait pas les raisons. Alors oui, c'était dur, mais c'était pourtant la stricte vérité. « On rangera le reste plus tard, pour le moment, allons nous asseoir au bureau. Il faut vraiment qu'on mette certaines choses au clair.  »

 

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Sam 6 Aoû - 23:07

Je n'aurai jamais pensé que je n'avais pas bien fait en rangeant ses potions. Je n'avais fait qu'une chose naturelle. J'avais vidé une caisse sur une étagère et j'avais fait cela dans un classement irréprochable. Je suivais de simples règles. On ne pouvait pas laisser traîner des fioles dans une caisse comme cela au milieu d'une infirmerie quand elle peut recevoir à n'importe quel moment des enfants.

« Nom d'une pipe, Alice ! Dis moi que c'est une blague ? Il y a des potions pour des traitements spécifiques là-dedans. Qu'est-ce que je fais moi si tu les as mélangées avec le reste dans TON étagère qui n'est à l'origine pas la tienne ? J'en recommande d'autres, c'est ça ? Si tu veux en faire qu'à ta tête, préviens moi tout de suite. Ça m'évitera de me prendre le chou avec toi. »

Comme si je ne m'en étais pas doutée. J'avais mis les fioles avec des noms de côté pour qu'on ne les mélange pas. Je ne suis pas stupide contrairement à ce qu'elle pouvait penser de moi. Cependant je me contentais de baisser la tête et de faire le dos rond comme ça chaque fois que je me faisais réprimander. J'avais pour habitude de m'en prendre plein la figure sans aucune raison et visiblement elle ne dérogeait pas à la règle.

« Quand tu ne sais pas ou que tu te poses des questions, demande. Je ne suis pas légilimens. Je ne peux pas deviner ce qui se passe là-dedans. »

Je levais les yeux au ciel sans qu'elle ne puisse le voir du fait que j'avais la tête baissée. Il était trop facile de me réprimander alors qu'elle n'avait rien fait pour m'expliquer depuis hier. Elle m'avait simplement mise dans un coin comme si j'étais une merde.

« Si tu m'avais expliqué hier à mon arrivée au lieu de m'ignorer peut être que je ne me serais pas trompée. »

J'avais relevé mes yeux vers elle pour soutenir son regard. Ce n'était pas signe de défiance c'était juste la réalité. Au lieu de me prendre pour son ennemie elle n'avait qu'à m'expliquer et je ne l'embêterais plus jamais.

« Il est temps qu'on parle Alice. Tu ne m'interroge pas sur le fonctionnement de l'infirmerie. Tu fais tout de travers justement parce que tu n'as pas la curiosité ni la jugeote de me poser des questions. C'est dingue quand même. Même un enfant de 10 ans y aurait pensé. Si tu as été embauchée en tant qu'infirmière, ça a été sans mon accord et surtout contre ma volonté. Alors s'il te plait, arrête de rendre les choses si difficiles.  »

Je me mis à rire. Elle se fichait de moi là.

« Mais j'ai essayé hier ! Je t'ai demandé plusieurs fois des choses et à chaque fois tu m'as dit que tu étais occupée. »

Je me souvenais très bien de l'accueil qu'elle m'avait réservé et je mettrais un certain temps avant d'arriver à lui pardonner cela.

« On rangera le reste plus tard, pour le moment, allons nous asseoir au bureau. Il faut vraiment qu'on mette certaines choses au clair.  »
« Non. »

C'était sorti plus vite que mon ombre. J'avais baissé les yeux alors que je me rendais compte que je venais clairement de la défier.

« Non. Je ne suis pas là pour me faire descendre. Tu ne veux pas de moi dans TON infirmerie et bien demande mon renvoi. Je suis certaine que tu trouveras un moyen de me faire partir. Je ne voulais que bien faire et toi tu... »

Je sentais les sanglots monter et ma voix se brisa sans que je n'arrive à la contrôler mieux. Elle me rendait faible et au final je doutais de mes compétences alors que je n'avais aucune raison d'en douter. J'étais sortie majore de ma promotion et Nolan m'expliquait même parfois les cours de médecine qu'il suivait. Non je n'avais rien à lui envier et pourtant je me sentais tellement en dessous d'elle.

« C'est mon rêve de travailler à Poudlard et je me réjouissais de pouvoir travailler à deux mais tu gâches tout. »

Je serrais les dents sans plus rien dire ne voulant pas plus me dévaloriser devant elle.

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Mar 16 Aoû - 0:03





J'avais envie : de cette quotidienneté triomphant des obstacles qui jalonnent notre existence.
 

Trop concentrée sur le triste spectacle qui se déroulait sous ses yeux - ah oui, voir ses affaires en désordre, c'était l'apocalypse - et par ses propres réflexions, Ebony n'entendit que d'une oreille les affirmations d'Alice. Elle ne voulait pas de conversation avec elle, du moins pas pour le moment. En fait, elle souhaitait juste la réprimander et passer ses nerfs sur elle. Et Alice venait tout juste de lui donner une bonne raison de le faire. Ebony en oubliait ses gâteaux, l'heure, la date et même ce parasite afin de se focaliser sur les traitements à séparer du reste. Elle devait à tout prix mettre de côté les anti douleurs d'Ezra et de Cameron loin de l’incompétence de sa collègue. Quand ce fut fait, elle décida d'enfin de commencer la mise au point. Elle s'immobilisa en voyant la tête que tirait la brave Alice et son cerveau tiqua lui-aussi quand les paroles de cette dernière lui parvint... Comment ça non ? D'où elle était en position de d'opposer une résistance ? Elle avait fait une erreur, elle assumait point barre. C'était aussi simple que ça non ? « Non ? » Répéta t-elle en arquant un sourcil interrogateur. Elle croisa les bras sous sa poitrine agacée par ce simple mot. Ebony ne savait pas encore quoi penser de cette semi-révolte, mais ça ne sentait pas bon. Alice allait la rendre chèvre, et bien plus vite qu'il n'en faut pour dire Poudlard. Jamais personne avant elle n'avait autant entamé la patience de l'infirmière, sauf Zacharius peut-être et encore. Si elle voyait son ancien camarade de maison comme un souvenir du passé relativement douloureux, sa nouvelle collègue était un indésirable dans sa vie, presque une intruse. Elle ressentait sa présence comme une trahison. On lui spoliait une partie de son travail en faisant ça. Dumbledore la mettait littéralement à terre et elle peinait à se relever et à garder la tête haute. En fait, affronter les mangemorts s'avérait bien plus facile que ça. Les paroles d'Alice la désespérèrent. Bien sûr que c'était son infirmerie. Elle y évoluait depuis plus deux ans, l'avait aménagée à son image, proprement. L'ambiance qui y régnait, c'était le fruit de tous ses efforts pour mettre en confiance tous les élèves, tous les collègues et aussi pour être acceptée. Non, non, Alice n'avait pas le droit de débarquer comme un cheveu sur la soupe et espérer s'y installer sans le moindre soucis. Ebony roula des yeux et tordit ses lèvres en une grimace irritée. « J'ai déjà protesté contre ta nomination. Qu'est-ce que tu crois ? » Le ton était neutre et la sorcière d'un calme étrangement olympien. Bony n'était pas méchante ou de mauvaise foi comme Alice semblait le penser. A vrai dire, il n'y avait pas plus avenante et adorable qu'elle dans ce monde de brutes. Elle était prête à donner sa chemise à n'importe qui si cela pouvait aider la terre à tourner rond. Sensible aux autres, elle se penchait sur le cas de chacun des élèves avec beaucoup de minutie, de douceur, et cela non pas seulement par envie de bien faire, mais par bonté, par affection pour toutes ces personnes. Mais qui a dit que la perfection existait ? Qui pouvait prétendre se comporter de la meilleure façon qu'il soit devant toutes les difficultés ? Pas Bony.

La suite ne l'étonna pas davantage. Alice la rendait coupable de la situation - bien évidemment ! - et l'accusait même de briser quelque chose. Bony se mordit la lèvre inférieure soudainement prise de quelques remords. Était-elle allée un peu loin ? Ou perdait-elle réellement le contrôle d'elle-même ? Elle n'en savait trop rien. Mais le regard que lui lança sa collègue lui rappela bizarrement la détresse de Cassie. Il y avait un je ne sais quoi, un détail, une petite ressemblance. Mais cette pensée douceâtre se teinta rapidement de son précédent sentiment, de la frustration. Elle garda le silence plusieurs secondes, laissant planer le doute sur sa réaction. « Si je gâche tes illusions, tu gâches aussi les miennes, crois moi.  » Répondit-elle finalement sans détour. Elle tourna les talons et reporta son attention sur l'étagère à vider. Son plus grand désir actuellement, c'était de ranger correctement ces fioles selon son organisation et non celle de cette harpie. « Je vais te poser une question. Une très simple, tu verras. Quelles sont les raisons qui ont poussé le directeur de Poudlard à engager une deuxième infirmière ? Mais avant d'y répondre, je voudrais te donner quelques informations qui t'éclairciront sur ce mystère.  » Elle marqua une pause et activa sa baguette. Certaines fioles se mirent alors à voler tout doucement se vinrent se ranger derrière d'autres juste dans l'autre étagère juste à côté. « A Poudlard, il y a déjà une infirmière, formée en médicomagie et qui pourrait dès demain travailler dans n'importe quel hôpital magique. Cette infirmière fait le travail depuis près de deux ans. La quasi totalité des élèves te le dira, elle le fait bien. Depuis l'attaque de la petite Bluenn, il y a bien sûr une hausse de la violence. Mais cela remonte à plusieurs mois désormais, alors ce n'est probablement pas à cause de ça. Le seul moment où la petite infirmière s'est sentie, c'était la nuit du marché nocturne. Mais elle a été aidée par les médicomages de Saint Mangouste. Depuis, elle n'a pas eu de difficulté. Elle gère tout aussi bien qu'avant. Elle s'est adaptée aux demandes, aux besoins des élèves. Il n'y a pas un reproche à faire à cette jeune femme. Alors, Alice, dis-moi pourquoi tu es là ?  » Ebony avait durant sa tirade tout remis en place, là où il le fallait, dans la première étagère. Satisfaite par le résultat, elle rangea sa baguette et se gratta le front plus par réflexe que par besoin. Elle fit de nouveau face à la jeune femme et chercha son regard. Elle se remémora le nombre de fois où elle avait pu voir ses yeux sans rencontrer la moindre résistance. Étonnamment, le nombre se comptait sur les doigts d'une main. Finalement, la comparaison avec Cassie n'était pas si bancale que ça. Mais elle ne s'attarda pas plus sur la question, ne désirant pas se creuser les méninges dès maintenant ou se rendre à une évidence qui lui ferait tomber de suite toutes ses convictions. « Donne moi une bonne raison de tolérer ta présence ici. Et ne te cache pas derrière les prétextes que n'importe qui me sortirait. Je me fiche bien de savoir que tu as été la meilleure de ta promotion ou que Dumbledore t'a choisi. Non, non, ce que je veux voir, ce sont des convictions, de la passion, une rage de vaincre. J'ai horreur de travailler avec une personne terne. Oh et puis arrête de me regarder avec cet air de chien battu. Je ne serais pas là si j'étais susceptible de me montrer violente.» Elle fit un grand geste de la main comme pour attirer définitivement son attention. Elle laissa échapper un rire un tantinet amusé. Elle ne cherchait pas tellement à détendre l'atmosphère, mais le timbre de sa voix n'était plus agressif, en fait, on ressentirait presque de la sympathie si on ne connaissait pas la véritable nature d'Ebony. « Oh et puis, t'étonne pas si je t'appelle Boucle d'or ou Clochette, je nomme rarement quelqu'un par son prénom. » Ce qui était assez révélateur de leur relation pour ainsi dire. Si elle s'adressait à elle par Alice, c'est qu'elle ne l'appréciait pas et pire encore qu'elle l'avait dans son collimateur.

 

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Lun 22 Aoû - 22:08

Je ne savais pas à quoi je m'étais réellement attendu en venant à Poudlard mais certainement pas à une réaction aussi violente de sa part. Je ne voulais pas qu'on soit ennemie loin de là. Je voulais qu'on s'entende pour qu'on puisse travailler ensemble et que les élèves ne pâtissent jamais de notre mésentente. Cependant j'avais peur qu'elle ne veuille pas du tout cela. Du coup je l'écoutais attentivement essayant de la comprendre dans y arriver.

« Je vais te poser une question. Une très simple, tu verras. Quelles sont les raisons qui ont poussé le directeur de Poudlard à engager une deuxième infirmière ? Mais avant d'y répondre, je voudrais te donner quelques informations qui t'éclairciront sur ce mystère.  »

J'avais toujours la tête baissée comme une enfant qu'on était en train de réprimander. Je me sentais idiote de réagir de la sorte mais je ne savais pas comment réagir autrement à vrai dire. Elle m'impressionnait même si elle n'était pas bien grande.

« A Poudlard, il y a déjà une infirmière, formée en médicomagie et qui pourrait dès demain travailler dans n'importe quel hôpital magique. Cette infirmière fait le travail depuis près de deux ans. La quasi totalité des élèves te le dira, elle le fait bien. Depuis l'attaque de la petite Bluenn, il y a bien sûr une hausse de la violence. Mais cela remonte à plusieurs mois désormais, alors ce n'est probablement pas à cause de ça. Le seul moment où la petite infirmière s'est sentie, c'était la nuit du marché nocturne. Mais elle a été aidée par les médicomages de Saint Mangouste. Depuis, elle n'a pas eu de difficulté. Elle gère tout aussi bien qu'avant. Elle s'est adaptée aux demandes, aux besoins des élèves. Il n'y a pas un reproche à faire à cette jeune femme. Alors, Alice, dis-moi pourquoi tu es là ? »

Les idées fusaient. Il fallait que je lui réponde et rapidement. Elle me donnait l'occasion de lui prouver que j'avais envie d'être là et que je ferai tout mon nécessaire pour l'aider. Alors pesant mes mots je parlais tout d'abord doucement avant de m'éclaircir la gorge et de reprendre plus fortement.

« Parce que si je suis là tu n'auras plus besoin d'appeler Sainte Mangouste pour t'aider en cas de grave problème. Parce que si je suis là je pourrai apporter mes connaissances en matière de médecine moi aussi et te soulager d'une partie du travail. Parce que si je suis là nous serons encore plus productive. »

Cela tombait sous le sens pour moi. C'était logique que je pouvais apporter ma pierre à l'édifice mais il fallait qu'elle me fasse

« Donne moi une bonne raison de tolérer ta présence ici. Et ne te cache pas derrière les prétextes que n'importe qui me sortirait. Je me fiche bien de savoir que tu as été la meilleure de ta promotion ou que Dumbledore t'a choisi. Non, non, ce que je veux voir, ce sont des convictions, de la passion, une rage de vaincre. J'ai horreur de travailler avec une personne terne. Oh et puis arrête de me regarder avec cet air de chien battu. Je ne serais pas là si j'étais susceptible de me montrer violente. »

Mon esprit se mit à réfléchir très vite. Je devais lui donner une raison et je devais en trouver une rapidement. Les idées fusées toutes plus inutiles les unes que les autres mais une seule resta bien ancrée dans mon esprit. J'étais une bonne infirmière. Il n'y avait pas de doute là-dessus. Je n'avais plutôt plus aucun doute.

« Je suis une bonne infirmière. Non je ne suis pas bonne je suis une excellente infirmière. Je vis pour soigner et ce n'est pas toi qui va m'en empêcher. J'ai tout abandonné pour sauver des vies, j'ai tout lu tout appris par cœur. Je suis une excellente infirmière voilà pourquoi je vais travailler avec toi que tu sois heureuse ou non de ma présence. Je resterai parce que c'est mon métier mais avant tout c'est ma passion et tu ne me feras pas partir parce que je suis douée peut être pas autant que toi mais je ne demande qu'à apprendre. »

J'avais un regard déterminé ce qui ne m'arrivait pas souvent. À vrai dire je n'avais jamais eu de soutiens de ma famille mais pour une fois je voulais croire en moi. Il fallait que j'aille de l'avant et elle me forçait à la défier. Plus je regardais la jeune femme en face de moi et plus je me disais qu'elle ne pourrait rien me faire. Au pire, elle pouvait me jeter des sorts mais j'étais rapide et douée.

« Oh et puis, t'étonne pas si je t'appelle Boucle d'or ou Clochette, je nomme rarement quelqu'un par son prénom »

Je ne savais pas comment prendre cela en fait. J'étais assez stupéfaite. Je souriais un peu comme une enfant à qui on aurait enfin fait un compliment. Je baissais un peu la tête pour tenter de cacher au mieux mon sourire qui se faisait toujours plus grand. Alors j'osais quelque chose que je n'aurai jamais cru possible.

« D'accord... Et tu voudrais bien m'expliquer ton système de rangement ? »

Quand elle me regarda je baissais à nouveau le regard. Parfois j'avais l'impression d'être un elfe de maison quand je me comportais ainsi mais je voulais essayer de repartir sur de bonnes bases avec elle, enfin essayer du moins.

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Mer 14 Sep - 18:52





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Plus que tout au monde, Ebony détestait les conflits. Mais Dumbledore et sa décision d'embaucher une seconde infirmière la mettaient dans une posture désagréable. Elle se sentait un peu piégée par cette nouvelle venue dans sa vie professionnelle, mais aussi blessée et déçue. Blessée, parce qu'elle avait l'impression qu'on doutait de son travail. Et déçue, parce qu'on lui enlevait la seule condition qui lui permettait de faire son travail comme elle l'entendait. Poudlard offrait une certaine liberté et une tranquillité qui n'existaient pas à Saint Mangouste. Elle avait aussi choisi l'école pour le contact avec les élèves et le bonheur de ne pas les traiter à la chaîne. Elle se rappelait très bien de ses années à Saint Mangouste où elle avait dû passer d'un patient à l'autre sans s'attarder. Mais c'était rarement comme ça ici, c'était moins stressant et plus humain à la condition d'y mettre du sien. Les paroles d'Alice la ramenèrent durement à la réalité. Inutile de rêver, elle serait toujours là, quoiqu'elle fait. Elle se mordit la lèvre inférieure, ennuyée par l'idée de supporter ça au quotidien. Elle soupira en entendant la fin de ses propos. Elle ne pouvait pas la contredire concernant les temps de crise. Elle ne serait pas inutile, même si Ebony se demandait encore pourquoi elle était là à plein temps. Mais dire qu'elle avait besoin d'être soulagée d'une partie de son travail... Rha, mais c'est quoi encore cette ânerie ? Elle se trouvait rarement submergée et était toujours aussi compétente qu'avant. Elle n'était ni enceinte, ni mal en point, ni vraiment occupée par d'autres projets. Rien qui expliquait qu'elle ait besoin de s'appuyer sur quelqu'un d'autre. « Pro-duc-ti-ve ? Ça veut dire que je ne vais pas assez vite et que je ne fais pas assez bien les choses ? » Elle ne trouvait pas le mot très approprié dans le cadre médical. Le but d'un médicomage était de soigner, d'apaiser les douleurs, de soulager les malades et non d'être rentable ou de fournir quelque chose en quantité. Non, non, elle ne saisissait pas du tout l'intérêt de ces termes dans ce contexte. Alors, soit Alice était très maladroite, soit elle cherchait à mettre ses nerfs à vif. « Nom d'une chouette, ce sont des élèves pas du bétail. Nous nous trouvons dans une école, pas dans une usine. » Elle souhaitait surtout qu'Alice se corrige et rapidement. Ce serait sûrement plus clair après. Et elle espérait qu'elle trouve des mots moins vexants. Elle ferma les yeux quelques secondes pour ne plus voir le visage de sa cadette. Elle se mordit le coin de la joue, en essayant de ne surtout pas montrer son agacement. « Et me soulager d'une partie de mon travail ? Tu t'entends quand tu parles ? Il y a à peine 300 élèves dans cette école, je me retrouve que très rarement sous une montagne de travail. » Bien entendu, les élèves se retrouvaient parfois avec une tentacule au milieu de la figure, avec une queue-de-cochon sur les fesses, ou des dents trois fois trop longues. Mais ces petits problèmes étaient plutôt anodins. Lors des matchs de quidditch, elle gérait sans trop de problème les bras cassés, les bosses sur le front, et même les hémorragies. Elle n'avait jamais eu à se plaindre. En fait, elle aimait beaucoup trop son travail pour avoir envie de s'en décharger même en partie. Et même temps, elle culpabiliserait sûrement de travailler moins, se sentirait probablement très mal et aurait l'impression d'abandonner les élèves d'une certaine manière. Car l'arrivée d'Alice, ça voulait aussi dire diviser son travail et ça, elle n'était pas prête à l'accepter. « M'enfin, il faut voir le verre à moitié plein. J'aurais... Enfin, nous aurons le temps de préparer toutes les potions ou presque. Et nous pourrons aussi essayer de faire des découvertes. Sait-on jamais, on sera peut-être à l'origine d'une potion tue loup révolutionnaire. » À vrai dire, elle n'y croyait pas du tout. Elle voulait juste tenter une touche d'humour, pour détendre l'atmosphère et se rendre moins irritable. Elle n'en savait trop rien. Ça la tuait de faire ça quelque part. « Mais attention, ce sera NOTRE découverte, et pas celle de l'une ou de l'autre. » Et elle accompagna à cela un clin d’œil qui se voulait complice, mais pas sûr du résultat.

Les lèvres d'Ebony s'étirèrent en un faible sourire. Elle considéra pour la toute première fois qu'Alice avait quelque chose dans le ventre ou qu'elle était en mesure d'apporter quelque chose. Mais pour elle, ça ne suffisait pas. La blondinette en oubliait l'essentiel : l'humain. C'était bien beau de vouloir soigner, encore fallait-il se montrer vraiment concerné par les patients. Elle ignorait encore ce que sa toute nouvelle collègue valait. Elle ne la connaissait pas du tout, que ce soit de leurs années à Poudlard (et pourtant, elles représentaient toutes les deux serdaigle) ou à Saint Mangouste. En fait, quel âge avait-elle ? La question ne fit que lui traverser l'esprit puisqu'une autre (voire deux en fait) la remplaça rapidement. « Tu veux apprendre la médicomagie ? Tu aurais aimé suivre cette formation ? » A écouter Alice, elle avait l'air de désirer en apprendre plus, découvrir de nouvelles choses, s'améliorer et accroître ses compétences. Alors pourquoi n'avait-elle pas poursuivi dans cette voie ? Une véritable curiosité venait de s'insinuer en Ebony à l'égard de la jeune Alice. « C'est bien que tu saches soigner, tout ça. Mais est-ce que tu as le contact facile avec les gens ? Comme tu le sais, l'adolescence est une période très difficile pour quelqu'un. C'est l'âge auquel on devient lentement, mais sûrement un adulte. Les adolescents ont souvent des problèmes d'ordre familial, scolaire et plus social. Je ne veux pas que tu deviennes leur copine, mais disons une personne de confiance, encline à les écouter, et même leur donner des conseils judicieux. » Cela lui arrivait très souvent d'ailleurs. Elle prenait très à cœur son rôle de grande sœur. Étant fille unique, elle maternait un peu tout le monde, l'âge et la maison important peu selon elle. Les professeurs détenaient une image différente pour les élèves. C'est quand même plus facile de se confier à une infirmière qu'à un enseignant, surtout lorsque ces dites infirmières ne dépassaient pas la trentaine. Dans le cas d'Alice, elle avait un âge très similaire à celui des élèves les plus âgés, seules deux ou trois années les séparaient. « Je pense que c'est tout aussi important que leur apporter des soins. Et si tu aimes le contact avec les gens, crois-moi, tu te plairas plus qu'à Saint Mangouste où il faut courir partout. C'est très enrichissant moralement parlant. » On ne faisait pas infirmière à Poudlard pour sauver des vies, loin de là. Tout en sachant prendre du recul, il fallait être présent moralement et physiquement. Si Ebony avait eu une infirmière froide, distante et sévère, nul doute qu'elle aurait essayé de l'éviter au maximum et se serait sentie mal à l'aise en sa présence. Mais les élèves n'étaient pas là pour ça. L'infirmerie et Poudlard en particulier doivent être des lieux sécurisants, comme un foyer familial. Ainsi, Ebony raisonnait et elle espérait qu'Alice partageait ce point de vue. Sinon ça allait très mal se passer entre elles. Pire que les premières heures de leur collaboration. « Puis-je te poser une question avant ? Es-tu attentive aux détails ? Je suis très maniaque, disons même que c'est maladif. J'ai horreur que ce soit mal rangé, je te préviens. »

 

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Jeu 13 Oct - 11:37

Je lui avais expliqué ce qu'on m'avait dit. Le pourquoi de ma présence ici. J'avais dit les choses sans tournure et j'aurai dû savoir qu'il fallait prendre des formes. J'étais soit trop directe soit je me taisais mais cette fois-ci j'aurai dû prendre des gants et c'est seulement en voyant le visage de Ebony changer. Je venais de faire une bourde une de plus. Visiblement il me faudrait quelques cours de bonne conduite. Je baissais un peu les yeux et je me mordais la lèvre inférieure.

« Pro-duc-ti-ve ? Ça veut dire que je ne vais pas assez vite et que je ne fais pas assez bien les choses ? »

Je ne savais pas quoi répondre. On m'avait juste dit qu'il fallait de l'aide pour l'infirmerie. Je n'en savais pas plus. Après tout, j'avais toujours voulu travailler à Poudlard alors j'avais sauté sur l'occasion et je ne m'étais pas attendue à tant d’embûches. Cependant j'avais l'impression de les passer une à une bien que je me faisais renvoyer boulet encore une fois.

« Nom d'une chouette, ce sont des élèves pas du bétail. Nous nous trouvons dans une école, pas dans une usine. »

Elle avait raison mais il devait y avoir une raison au fait que le Professeur Dumbledore m'ait embauché. Enfin je ne devais plus penser au pourquoi du comment et je devais faire mon travail tout simplement. Il était tant que je fasse mon travail.

« Et me soulager d'une partie de mon travail ? Tu t'entends quand tu parles ? Il y a à peine 300 élèves dans cette école, je me retrouve que très rarement sous une montagne de travail. »
« C'est la raison qu'on m'a donné Ebony. Je n'en sais pas plus. »

Et même si j'en savais plus – ce qui n'était pas le cas – je ne lui dirai rien. Je voulais qu'elle m'apprécie et qu'on puisse travailler en équipe. Je commençais à désespérer et à me dire que je devrais me battre encore quelques temps pour avoir sa confiance. Je fermais un instant les yeux pour calmer mon cœur qui battait trop fort.

« M'enfin, il faut voir le verre à moitié plein. J'aurais... Enfin, nous aurons le temps de préparer toutes les potions ou presque. Et nous pourrons aussi essayer de faire des découvertes. Sait-on jamais, on sera peut-être à l'origine d'une potion tue loup révolutionnaire. »
« Je me débrouillais bien en potion. Je pourrai en faire si tu veux. »

Y avait-il une lumière au bout du tunnel ? Je retrouvais un peu d'espoir mais je me méfiais tout de même. Mon père me faisait souvent espérer avant de me frapper. Je relevais cependant mes yeux vers elle et je lui souriais un peu timidement.

« Mais attention, ce sera NOTRE découverte, et pas celle de l'une ou de l'autre. »

A cet instant j'émis un léger rire. J'étais contente qu'elle dise cela. J'avais l'impression à cet instant que ça irait parfaitement. J'avais de l'espoir. J'acquiesçais et je lui souriais largement. J'étais contente qu'elle pense cela et je voulais vraiment faire le nécessaire pour qu'elle m'apprécie.

Je lui avouais que je voulais apprendre la médicomagie. Si je n'avais pas eu la pression de mes parents j'aurai fait le nécessaire pour devenir un véritable médecin. Je n'avais jamais eu d'encouragement de la part de mes darons et j'en aurai jamais. Mon visage pâle devait reprendre quelques couleurs parce que je commençais à avoir chaud.

« Tu veux apprendre la médicomagie ? Tu aurais aimé suivre cette formation ? »

J'acquiesçais vivement.

« Oui je veux ! Mon ancien petit ami est un médicomage et il m'apprend des choses mais j'aurai vraiment aimé poursuivre la formation. Je me suis dis que Ethan pourrait m'aider à en apprendre plus sur la médicomagie. J'ai acheté aussi beaucoup de livres mais c'est plus difficile quand on n'a pas de professeur. »

Je lui souriais un peu timidement. C'était une demande déguisée. Je voudrais bien qu'elle me forme mais je ne le lui demanderai pas le premier jour. J'attendrais de faire mes preuves avant de lui demander de m'expliquer certains cours que j'avais du mal à comprendre toute seule.

« C'est bien que tu saches soigner, tout ça. Mais est-ce que tu as le contact facile avec les gens ? Comme tu le sais, l'adolescence est une période très difficile pour quelqu'un. C'est l'âge auquel on devient lentement, mais sûrement un adulte. Les adolescents ont souvent des problèmes d'ordre familial, scolaire et plus social. Je ne veux pas que tu deviennes leur copine, mais disons une personne de confiance, encline à les écouter, et même leur donner des conseils judicieux. »
« Je pense que je suis bien placée pour comprendre les problèmes familiaux en ayant eu moi même avec les miens... Je sais écouter. Je sais que j'en ai pas l'air mais je pense que les adolescents ont besoin qu'on les écoute et ça je sais faire. Ne rien dire... Je te prouverai que j'en suis capable tu verras Ebony je ne te décevrais pas. »

Je lui souriais. Je voulais qu'elle me croit quand je lui disais cela. Je voulais vraiment qu'elle me considère comme sa collègue et pas comme une envahisseuse. Je voulais m'émanciper et peut être que Ebony pourrait m'aider à faire.

« Je pense que c'est tout aussi important que leur apporter des soins. Et si tu aimes le contact avec les gens, crois-moi, tu te plairas plus qu'à Saint Mangouste où il faut courir partout. C'est très enrichissant moralement parlant. »
« Je veux soigner les gens mais faire leur suivi aussi. Ne pas soigner juste un numéro comme ça peut être le cas à Sainte Mangouste parfois. »

Je lui souriais. Je prenais du poil de la bête et j'étais très heureuse de cela. Je me sentais de plus en plus à l'aise et j'avais besoin de cela dans ma vie. Au final, Ebony pourrait devenir une personne importante pour moi.

« Puis-je te poser une question avant ? Es-tu attentive aux détails ? Je suis très maniaque, disons même que c'est maladif. J'ai horreur que ce soit mal rangé, je te préviens. »

Je souriais. Je comprenais ce qu'elle faisait. Il était difficile de croire que j'étais moi même maniaque mais c'était le cas. Je ferais des efforts pour que notre entente se passe bien. Je lui souriais peut être pour la première fois avec autant de sincérité.

« J'ai moi aussi un petit côté maniaque alors je peux te comprendre... Et si tu m'expliquais ton système de rangement ? Comme ça je ne ferai plus d'erreur. »

Je lui souriais et je lui tendais la main comme si on scellait un pacte toutes les deux.

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Lun 12 Déc - 18:45





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Ebony ouvrait doucement les yeux, commençant à voir le bon côté de cette collaboration. Cependant, elle garderait une certaine rancœur à l'égard de Dumbledore pendant un petit temps. Finalement, Alice n'était pas aussi bête et empotée qu'elle en avait l'air. Disons que sa frustration avait obscurci son jugement à propos de la jeune Carrow, toutefois, elle n'était pas au point de se mettre à sa place. Le travail à deux, elle n'aimait pas et depuis très longtemps. Elle craignait les particularités des autres ou de traîner un boulet. Elle se montrait toujours indulgente ou patiente avec les autres, mais lorsqu'il s'agissait de travail, c'était une toute autre paire de manche. Il fallait s'adapter à l'autre personne sans forcément la connaître ou même l'apprécier. De manière générale, ça fonctionnait car c'était provisoire ou exceptionnel comme à Saint Mangouste. Elle avait enduré cela là-bas pour la formation de médicomage afin de devenir infirmière. Elle avait pensé qu'une bonne dose de compétences l'aiderait à décrocher le poste presque directement et sa stratégie avait porté ses fruits même si le directeur de Poudlard s'était demandé pourquoi elle s'engageait dans une école. La réponse d'Alice l'amusa. Elle esquissa un sourire et ferma les yeux une demi seconde. « Oh bah j'espère bien mistinguette, sinon, tu n'aurais jamais pu suivre la moindre formation à Saint Mangouste. » En vérité, elle ne doutait pas tellement des aptitudes d'Alice en potions. Il valait mieux soupçonner de la mauvaise foi dans son précédent comportement. Ebony Lancaster, parfaite ? En aucune façon. Aux yeux de certains, elle apparaissait encore comme une gamine, avec une petite dose de puérilité qu'elle cachait tant bien que mal derrière une assez grande intelligence et une logique presque imparable. D'autres s'estimeraient chanceux de la connaître, de pouvoir discuter avec elle et d'apprendre de nouvelles choses. Elle attisait aussi bien le mépris que la sympathie de ses congénères. Comme tout le monde probablement. Sa toute collègue se détendait de seconde en seconde, souriant de plus belle à chacune de ses répliques, et cela poussait la Lancaster à en faire de même. A vrai dire, contrairement à ce que certains pourraient penser, elle n'avait pas fait attention au nom de famille d'Alice, ni à la mauvaise réputation qui entourait cette famille. Carrow. Ce nom faisait froid dans le dos n'est-ce pas ? Mais si Ebony parvenait à s'entendre avec une Greyback, croyez moi le patronyme de Carrow ne l’effraierait sans doute jamais. Les parents de la jeune femme des mangemorts ? Et après ? Alice ne se réveillait pas la nuit pour se couvrir d'un grand capuchon noir et lever sa baguette dans le but de  torturer, tuer, manipuler des innocents. Si quelqu'un remettait en cause l’innocence de la nouvelle infirmière devant elle, elle l'enverrait balader dans la seconde. On ne trompait pas Dumbledore aussi facilement.  

La médicomagie passionnait Ebony depuis toujours, depuis sa troisième année à peu près où elle avait découvert un livre à ce sujet dans la réserve de la bibliothèque. Elle enseignait quelques trucs à Cassie qui désirait exercer cette profession. D'ailleurs, elle ne comprenait pas pourquoi Poudlard n'assurait pas des cours préparatoires de soins. Elle ne pouvait que se réjouir d'entendre l'ambition d'Alice à ce sujet. Apparemment, elle glanait déjà des informations auprès de son ex petit ami. A ce moment, elle croisa les bras sur sa poitrine soudainement curieuse et désireuse d'entendre la suite. Elle crut s’étouffer quand les dernières paroles de sa collègue lui parvinrent aux oreilles. Quoi ? "J'ai acheté aussi beaucoup de livres mais c'est plus difficile quand on n'a pas de professeur." Serait-ce un message subliminal ? En soit, ça ne la dérangeait pas de la former, mais... mais c'était bizarre. Ça allait trop vite. Enfin, elle ne savait pas trop en fait. Elle tombait sur le cul, à coup sûr, mais se sentait flattée aussi quelque part. Elle toussota et bomba le torse avant de répondre avec humour : « Avec moi comme professeur, tu apprendras vite et bien. » Elle laissa échapper un rire franc pour dissiper tout le malaise qui pesait encore sur ses épaules. Elle n'était pas habituée à ce genre de demande... Enfin si, mais elles venaient toutes d'élèves. « Non, soyons sérieuses. J'étais une très bonne apprentie. Mon mentor à saint mangouste m'envoie encore des hiboux pour demander de revenir. Bref. J'essaierai de t'instruire ce que je sais. Puis, je dois avoir encore les notes que je prenais en cours... C'est le genre de choses que je conserve bien précieusement. J'ai retrouvé la semaine dernière mes cours d'histoire de la magie de première année. Donc si tu veux, je pourrais te les prêter si tu me promets d'en prendre soin, bien entendu. » Elle s'essayait à la gentillesse, ce ne devait pas être trop difficile pour elle après tout, cela faisait partie de son ADN, mais il n'en demeurait pas moins qu'il fallait faire pas mal d'efforts pour oublier les tensions de ces dernières minutes. Elle lui expliqua ensuite ce qu'elle attendait d'elle en tant qu'infirmière, une bonne guérisseuse cela va de soit, mais aussi un suivi de santé et plus moral, plus psychologique. Les infirmières de Poudlard, surtout lorsqu'elles étaient jeunes, jouaient souvent les rôles de grande sœur, de conseillère matrimoniale aussi parfois. Le nombre de fois qu'elle avait dû fournir des conseils pour une relation amoureuse. Par la barbe de Merlin, elle ne pourrait même pas les énumérer. Heureusement, son travail ne se limitait pas qu'à ça.  Elle eut une seconde d'hésitation. Que cachait Alice ?

Elle se dit que la comparaison avec Cassie n'était finalement pas si étrange que cela. Mais elle se voyait mal insister là-dessus.  « Très bien, nous verrons ça très vite alors. »  Elle accompagna cette simple phrase d'un hochement de tête. Puis, elles en virent à parler du fameux rangement qui les avait opposé précédemment. Comment lui expliquer sans passer pour une illuminée ? Hm... « Eh bien... » Commença t-elle en roulant un peu des yeux tout en y réfléchissant sérieusement. A l'hôpital, on ne rangeait pas comme elle, on faisait tout de même un peu plus simple, surtout qu'il y avait des services pour les différentes interventions et urgences. « Alors, je classifie mes potions en fonction des besoins des élèves : les fractures, les brûlures, les douleurs "ordinaires" : maux de tête, de ventre, de gorge, les rhumes, les morsures etc. J'ai rassemblé les potions qui combattent les furoncles, l'acné ou les verrues ensemble également. Enfin tu t'y retrouveras rapidement, j'ai mis des étiquettes. Quand les types de potions sont rassemblés entre eux, je les sépare à nouveau en fonction de leur puissance et des effets secondaires. Il arrive qu'on doive faire des potions pour des cas exceptionnels, les ingrédients sont dans l'armoire plus loin.   » Elle indiqua le meuble d'un mouvement de menton ete passa une main dans ses cheveux parfaitement ordonnés. Elle allait passer pour une folle à coup sûr. Que Merlin et Morgane lui viennent en aide pour affronter cette rude épreuve. « Et pour tous ceux qui ont des traitements à long terme, ils ont  une étagère rien que pour eux. Rassure toi, ils sont peu nombreux. Il y a Ezra, le professeur de vol et Cameron, la professeure de défense contre les forces du mal. »  Elle étira ses lèvres en un sourire, en espérant que Alice n'aurait qu'aucun préjugés sur elle à propos de cela.    

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Mar 20 Déc - 23:51

J'avais envie d'apprendre et du coup je lui disais tout simplement ce que je voulais et ça semblait marcher avec elle. Je me demandais si ça marcherait aussi avec German. Enfin là n'était pas la question pour le moment. Je voulais simplement apprendre et être la plus performante possible pour qu'on puisse bien travailler elle et moi ensemble.

« Avec moi comme professeur, tu apprendras vite et bien. »

Je souriais un peu et j'étais contente qu'elle veuille bien m'aider. J'allais lui répondre mais elle était beaucoup plus rapide que je l'aurai cru.

« Non, soyons sérieuses. J'étais une très bonne apprentie. Mon mentor à saint mangouste m'envoie encore des hiboux pour demander de revenir. Bref. J'essaierai de t'instruire ce que je sais. Puis, je dois avoir encore les notes que je prenais en cours... C'est le genre de choses que je conserve bien précieusement. J'ai retrouvé la semaine dernière mes cours d'histoire de la cadeau de première année. Donc si tu veux, je pourrais te les prêter si tu me promets d'en prendre soin, bien entendu. »

Je souriais à pleines dents et je me mis même à sautiller sur place. J'étais contente et je sentais que cette collaboration ne serait pas totalement vaine au final. Je souriais à pleines dents et je lui demandais alors rapidement :

« Tu m'apprendrais vraiment ? »

J'étais contente. J'étais aux anges. Oui j'étais vraiment contente qu'elle m'ait proposé cela.

Je lui promettais alors que je ferais de mon mieux pour l'aider. Je voulais apprendre et elle me donnait ma chance. C'était peut être la première personne qui me donnait ma chance depuis ma naissance et je ne pouvais qu'être reconnaissante.

« Très bien, nous verrons ça très vite alors. »

Je souriais et je la suivais pour qu'elle m'explique. J'avais une mémoire auditive importante alors j'espérais retenir un maximum d'informations pour ne plus commettre d'impairs. Je devais encore faire mes preuves. Je suivais des yeux ce qu'elle me montrait prenant note mentalement de tout ce qu'elle me disait.

« Alors, je classifie mes potions en fonction des besoins des élèves : les fractures, les brûlures, les douleurs "ordinaires" : maux de tête, de ventre, de gorge, les rhumes, les morsures etc. J'ai rassemblé les potions qui combattent les furoncles, l'acné ou les verrues ensemble également. Enfin tu t'y retrouveras rapidement, j'ai mis des étiquettes. Quand les types de potions sont rassemblés entre eux, je les sépare à nouveau en fonction de leur puissance et des effets secondaires. Il arrive qu'on doive faire des potions pour des cas exceptionnels, les ingrédients sont dans l'armoire plus loin. »

Bien bien d'accord ! J'avais retenu peut être quatre vingt pour cent de ce qu'elle venait de me dire. C'était une bonne chose !

« Et pour tous ceux qui ont des traitements à long terme, ils ont  une étagère rien que pour eux. Rassure toi, ils sont peu nombreux. Il y a Ezra, le professeur de vol et Cameron, la professeure de défense contre les forces du mal. »

Je me répétais plusieurs fois les noms des personnes malades. Je devais les retenir pour les aider si Bonnie n'était pas là. J'acquiesçais et je lui répondis :

« D'accord très bien. »

Je souriais et je me mordais la lèvre inférieure tout en essayant de ne pas poser la question mais je ne pus pas m'en empêcher.

« Est-ce que tu ne fais que commander les potions ou tu les fais ? Puisque nous serons deux nous pourrions les faire nous même non ? »

Je trouvais que c'était mieux tout de même de faire nos potions nous même mais je ne voulais pas chambouler toutes les habitudes de ma toute nouvelle collègue.

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Message Sujet: Re: Je pensais bien faire ▬ Ebony   Mer 25 Jan - 12:18





J'avais envie : de cette quotidienneté triomphant des obstacles qui jalonnent notre existence.
 
Si elle avait cru que la situation tournerait aussi bien ? Certainement pas. Quelques minutes auparavant, elle prenait encore sa collègue pour une idiote sur laquelle elle pouvait passer ses nerfs sans le moindre scrupule. Désormais, elle lui proposait son aide, et ses connaissances pour s'élever encore dans le monde de la médicomagie. Étrange tout de même. Comme quoi, il suffisait parfois d'une mise au point, de quelques mots pour inverser quelque chose, de modifier une haine aussi tenace que la sienne. Elle soupira un instant, se rendant compte à quel point elle avait été ridicule et s'était conduite comme une gosse à qui l'on avait privé quelque chose. Une enfant certainement très capricieuse. Mais cela prouvait que chaque être humain possédait ses failles, ses défauts et surtout ses humeurs. Tout le monde, dans Poudlard, vous vantera la gentillesse de l'infirmière ainsi que son amour du travail bien fait. Les qualités d'Ebony vacillaient entre les valeurs de poufsouffle et serdaigle : intelligente, originale, créative, patiente et généreuse. Le choixpeau n'avait pourtant pas hésité lors de sa répartition, peut-être parce qu'à l'époque c'était bien plus évident. Allez savoir. Ebony avait été à très bonne école avec son formateur à Saint Mangouste. En tant qu’érudit et fière de l'être, elle avait pris soin soin de noter ses cours, en faisant régulièrement des schémas quand les circonstances l'exigeaient. Médicomage de formation, elle était même surqualifiée selon les dires de certains. Elle inclina légèrement la tête sur le côté et regarda Alice en biais. La plus jeune se réjouissait clairement des circonstances, si bien qu'elle sautillait presque sur place. Un sourire amusé s'afficha sur le visage d'Ebony. Elle ne se moquait pas le moins du monde. A vrai dire, elle se retrouverait presque en elle. Elle était également enfantine à ses heures, et très expressive quand quelque chose la rendait heureuse. « Eh oui. Vraiment. »  Répondit-elle simplement ayant l'impression de s'adresser à une enfant à qui l'on promettait quelque chose d'exceptionnel. Le comportement d'Alice ne la dérangeait pas. Elle était entourée d'adolescents - certains étaient encore des enfants, par exemple, les premières années - dans cette école. Comment pouvait-elle la blâmer après tout ? « Je pense qu'à force de voir et pratiquer les choses, tu finiras pas apprendre certaines ficelles de la médicomagie. Quand on exerce le métier de sorcière de santé à Saint Mangouste, c'est plutôt dans le but d'assister les médicomages  » Elle marqua une pause, réfléchissant à ce qu'elle allait dire. Elle se frotta le bout du nez et reprit peu assurée que cela soit bien accueilli : « Ici, si tu auras plus de liberté de mouvements et de prise d'initiatives. Ça te semblera différent, mais plus enrichissant.  » Oh bien entendu, il arrivait qu'une sorcière de santé prenne en charge certains cas dans des situations graves et urgentes, comme lors de l'attaque de Gringotts qui avait impliqué beaucoup trop de monde pour l'équipe soignante de l’hôpital. Il fallait parfois se décharger sur les sorcières de  santé.

La manière dont elle gérait l'infirmerie était bien particulière, cela allait du rangement des potions au maintien des lits. Elle faisait en sorte de tout cataloguer pour ne pas perdre de temps, d'avoir des potions en avance également. Il valait mieux en commander trop que pas assez. Bien entendu, elle préparait aussi ses propres potions comme elle le tint à le préciser. Elle lui indiqua même une autre armoire où se trouver divers ingrédients. Alice lui paraissait tout ce qu'il y a de plus attentive. Elle donnait l'impression de bien tout enregistrer, noter et prendre en compte. Cependant, Ebony doutait qu'elle ait pu tout comprendre et entendre. Déjà parce qu'elle venait de la noyer d'informations. Puis aussi parce que c'était toujours difficile de prendre en considération tout ça vu à quelle vitesse elle parlait. Puis vint ensuite les noms de ceux qui possédaient des traitements de longue durée ou à vie. Ezra bien entendu. Très important, peut-être trop même. Du moins, à ses yeux. Puis, enfin elle lui laissa la parole, espérant l'entendre dire "tout va bien, j'ai tout encaissé". Un "très bien" sortit de la bouche de la nouvelle infirmière, et cela la soulagea. Tout était bon alors ? Vraiment bon ?! L'espoir faisait vivre, car Alice posa justement une question à laquelle elle venait de donner précisément la réponse, du moins en partie. Ebony se mordilla la lèvre inférieure, un peu gênée. « J'ai trop parlé, c'est ça ? » Demanda t-elle avant d'ajouter presque aussi tôt : « J'aurais dû mieux synthétiser, je suis désolée. » En voilà une belle, et une première. Ebony venait-elle vraiment de reconnaître ses tords et de s'excuser auprès d'Alice ? German avait certainement germé les graines d'une remise en cause quand il lui avait conseillé de lui donner une chance. Cela ne lui semblait plus insurmontable en tout cas. « Alors, effectivement, je prépare parfois mes potions. J'ai des ingrédients ici dans cette infirmerie. Et je travaille d'ailleurs en colaboration avec le professeur de botanique. Il a parfois des plantes qui me sont nécessaires pour la conception de quelques soins.  » Et c'était bien logique. Ebony se rendait aussi souvent chez l'apothicaire et demandait des conseils à Oliver. Ses conseils s'avéraient précieux et bien utiles. Selon elle, on apprenait beaucoup des autres même lorsqu'on était censé être expert dans son domaine, dans lequel on travaillait depuis des années. Elle lisait également des revues spécialisées dans la découverte de nouvelles plantes et de ce qu'elles apportaient dans certaines potions. « Bah attends, je vais te montrer la réserve. J'ai dû la fermer à clef et la protéger avec quelques sorts. Tiens toi bien, j'ai trouvé une fois une élève en train de voler certaines choses. Comme ça sans gêne.  »  Reconnut-elle en faisant mine d'être offusquée. Elle attrapa le trousseau de clefs qui se trouvait dans l'un des tiroirs du bureau et prit la direction de cette dite réserve.  

The end !

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Je pensais bien faire ▬ Ebony

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