FERMETURE DU FORUM, plus d'informations par ici

Partagez | .
 

 faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 72
+ LOCALISATION : en haut de la tour d'Astronomie ou dans l'infimerie

Message Sujet: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Jeu 21 Juil - 21:25

Je n'étais à Poudlard que depuis la veille et je me sentais déjà revivre. J'avais pris disposition de mes appartements et j'en étais très heureuse. Bien entendu je ne pourrai plus jamais aller dormir dans la selle commune des Serdaigle mais je me disais qu'il fallait bien évoluer. Avec du recul, je ne donnerai rien pour revenir en arrière. J'étais heureuse de ce que j'étais devenue. J'avais fait des études brillantes à Sainte Mangouste. Je me débrouillais toute seule sans mes parents. Je pouvais enfin me dire que j'avais un avenir sans eux et que je pourrai surtout arriver à m'échapper de leur emprise. J'avais pris ma vie en main bien que j'étais terrorisée à l'idée de ne pas y arriver j'essayais de rester positive. Ma psychomage me disait qu'il fallait que j'aille de l'avant quoi qu'il m'en coûte. Alors je voulais réparer une des erreurs que j'avais fait la veille. Je m'étais cachée de German ne voulait pas le voir. Assise à la grande table, je l'avais observé tout le long du repas. Il était encore plus beau que dans mes souvenirs. Je l'avais observé rire et parler avec les autres professeurs. J'étais restée très silencieuse le long du repas. Je ne voulais pas qu'on me remarque sauf qu'à un moment donné il m'avait semblé que German me vit. J'avais alors baissé la tête et je m'étais enfuie vers ma chambre dès que le repas fut fini. J'étais restée cloîtrée n'osant même pas me rendre à la tour d'Astronomie pour observer les étoiles.

Cette nuit j'avais donc mal dormi, ne voulant pas croire à ma stupidité. Je ne pourrai pas me cacher de lui tout le temps. Je décidais dans la nuit de prendre mon courage à deux mains et d'aller le voir dès le lendemain matin. Je finissais donc par m'endormir sur les coups des trois heures du matin. Heureusement pour moi j'avais de l’entraînement quand aux nuits blanches. Je pouvais remercier Charles pour les folles nuits qu'il m'avait fait passé la dernière année. La nuit fut courte mais assez reposante. Je m'étais levée très tôt pour me rendre à l'infirmerie. Je devais prendre mes repères. Je rencontrais alors ma nouvelle collègue et je voulus lui poser des questions mais ça ne s'est pas bien passé entre nous deux. Je comprenais qu'elle m'en veuille de mon arrivée dans son service alors pour lui donner un peu d'air, je lui proposais de lui laisser la matinée de libre et de prendre mon service à quatorze heures. Elle semblait plutôt d'accord et je partais loin de l'infirmerie. Je me sentais un peu acculée et je me mis à en vouloir au professeur Dumbledore de m'avoir proposé ce poste. Je ne voulais pas avoir plus de problèmes que j'en avais maintenant. L'idée d'aller me réfugier dans ma chambre me traversa l'esprit jusqu'à ce que je me rappelle que je devais absolument voir le professeur Fitzgerald. Je m'étais donnée comme objectif de la journée d'aller le saluer et de prendre de ses nouvelles. C'était une attitude très normale après tout que d'aller saluer son ancien professeur préféré.

Je marchais tranquillement dans les couloirs de l'école et je me mangeais les peau de mes doigts. Je stressais énormément. Je ne savais pas comment il allait prendre mon retour à l'école. Il n'a pas à le prendre mal ou bien. Il n'était que ton professeur Alice arrête de fantasmer. Pourtant je n'arrêtais pas de fantasmer. J'avais rêvé de revenir à Poudlard mais aussi de le revoir. D'ailleurs, j'avais même écris plusieurs lettres pour lui que je n'avais jamais osé lui envoyer. Je me rendais donc devant la porte de son bureau et je levais la main pour frapper mais je n'y arrivais pas ou du moins pas encore. Je me posais des milliers de question. En plus il était sûrement à un cours ou il devait être occupé alors j'allais forcément le déranger. Je fermais les yeux une seconde et j'allais enfin frapper la porte – après près de quinze minutes devant – quand elle s'ouvrit d'un coup en grand. Je reculais un peu et je baissais les yeux. Je joignais mes mains devant moi et je me mordais la lèvre inférieur.

« Euh... Bonjour professeur. »

Je relevais les yeux un instant me sentant vraiment mal à l'aise. J'avais vraiment l'impression de ne pas être à ma place ici. J'aurai mieux fait d'aller m'enfermer dans ma chambre. Oui définitivement je devrais y aller.

« Je ne voulais pas vous déranger. Je vais vous laisser, en plus vous devez avoir un cours à donner là. »

Je lui adressais un petit sourire avant d'essayer de m'enfuir, tournant les talons pour effacer le regard surpris que le professeur posait sur moi.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 36

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Dim 24 Juil - 23:43




L'ambiance à Poudlard était étrange depuis quelques mois, et plus encore depuis l'attaque du marché nocturne. Tout le monde se méfiait de tout le monde, et même les élèves les plus turbulents semblaient avoir moins envie de déambuler dans le château à n'importe quelle heure pour planifier Merlin savait quelle nouvelle farce. Tout le monde était suspicieux, et les rumeurs allaient bon train, et pourtant les premières percées du soleil de ce nouveau printemps avaient fait leur petit effet, réchauffant sensiblement les cœurs même les plus attristés. Ce mois de mai avait commencé sous une meilleure lumière, et German comme l'ensemble du corps enseignant espérait que l'année se terminerait sans nouveau trouble. 

Cette météo clémente était une très bonne nouvelle pour le professeur d'Astronomie qui se frottait les mains à l'idée de nuits claires aux étoiles brillantes qui lui permettraient d'avancer en classe et d'illustrer ce qu'ils avaient appris pendant l'hiver souvent nuageux. Ah, c'est certain qu'à Uagadou, perchés au-dessus des nuages, ils avaient une bien meilleure vision de la voûte céleste – mais les étoiles qu'ils voyaient ici avaient un goût familier, et c'était très bien comme cela. German se disait qu'au moins, ses élèves auraient une petite pensée pour lui et pour ses cours pendant leurs nuits d'été passées dehors avec leurs amis. Qui n'a jamais discuté sous les étoiles pendant des heures après avoir un peu trop bu et après avoir dansé jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout ? Enfin, en tout cas il espérait avoir de la chance lors de ses cours nocturnes, qui étaient évidemment les plus intéressants.

La semaine avait pris un tournant des plus intéressants la veille au soir, lors du dîner dans la Grande Salle. L'équipe avait été mise au courant par le directeur qu'une nouvelle infirmière devait arriver dans la soirée, histoire de donner un coup de main à Ebony. German savait que la jeune femme n'était pas complètement ravie à l'idée de partager son emploi, mais il pensait sincèrement que ça n'était pas forcément une mauvaise idée compte tenu des récents événements et de ceux qui les attendaient certainement à l'avenir. Lorsque German commença son repas, il n'avait pas du tout remarqué que la nouvelle infirmière était déjà arrivée, ayant quelque peu oublié cette nomination après une journée passée à étudier un modèle réduit de la galaxie avec les troisième année, et un autre cours à donner après le repas.

Quelle ne fut pas sa surprise alors de croiser le regard familier de la jeune Alice Carrow, son ancienne élève qu'il ne s'attendait pas à revoir de si tôt. German, stupéfait, l'avait dévisagée tandis qu'elle baissait rapidement les yeux, s'employant à couper sa viande avec application. Elle n'avait pas changé, son visage angélique et un peu mystérieux ne trahissant pas les deux ans passés depuis leur dernière entrevue. Il se souvenait bien de cette journée, alors qu'il avait salué les élèves à leur départ, leur souhaitant bonne chance de loin. Ils étaient trop heureux de s'en aller, de poursuivre leur chemin, mais beaucoup de larmes avaient coulé. Alice était venue le voir avant de partir, ses grands yeux si expressifs reflétant sa tristesse de quitter cette école formidable. German avait eu l'impression de tourner une page de sa vie ce jour-là, de dire adieu à cette génération qu'il avait vu grandir. Il ne savait pas s'il reverrait un jour Alice Carrow, ce petit bout de femme avec un grand cœur déjà tellement blessé. Il ne pouvait se l'avouer, mais la voir s'en aller avait été très difficile, plus que pour les autres.

Et pourtant elle était là, deux ans plus tard, et German – passé la surprise – en était plutôt content. C'était comme de retrouver Ebony et Ezra, voir les élèves grandir au sein de l'école était un vrai privilège, mais les revoir plus tard, devenus adultes et ayant commencé à construire leur vie était encore plus gratifiant. Pourtant German n'eut pas le loisir d'aller saluer la demoiselle dès ce soir-là. Pour une raison qu'il ignorait, elle prit congé du reste de l'équipe tout de suite après le repas, sans venir lui adresser la parole – il avait pensé qu'elle devait être fatiguée. Et puis, Alice était comme ça. Elle n'avait jamais été une personne qui allait vers les autres. De toutes façons German avait d'autres préoccupations, les nuages étant revenus et chamboulant son programme pour le cours du soir ; il souhaita le bonsoir à ses collègues et se dirigea bien vite vers la tour d'Astronomie, se disant qu'il irait souhaiter la bienvenue à Alice le lendemain matin.

Il se leva tôt ce jour-là, ayant prévu de corriger quelques copies de bon matin, avant d'aller faire un tour à l'infirmerie vers dix heures. Il n'avait que très rarement des cours le matin, la majorité de ses leçons se passant en fin de journée et le plus souvent en soirée, chose que ses collègues les plus couche-tard lui enviaient beaucoup. German appréciait les grasses matinées de temps à autres mais il n'était pas vraiment une marmotte et aimait se lever tôt pour pouvoir profiter au maximum de la journée. Lire, étudier, faire des recherches ou tout simplement flâner dans le château et discuter avec les gens qu'il croisait faisaient partie de ses activités favorites. Préparer des cours, des activités, corriger les travaux des élèves aussi, évidemment, mais on peut difficilement qualifier cela de hobbies.
Après sa quatrième tasse de thé et une quinzaine de copies corrigées, German se leva, s'étira et se dirigea vers la porte en sifflotant, une main dans la poche de son pantalon, l'autre tenant un gobelet de thé chaud.
Quand il ouvrit la porte, il se retrouva nez à nez avec une Alice Carrow apparemment très surprise de le voir. Le sentiment était partagé, cependant. Avant que le professeur ne puisse réagir, la jeune femme se recula et baissa les yeux, comme une enfant prise la main dans le sac.

« Euh... Bonjour professeur. »

Son malaise était palpable, et German eut un sourire un peu amusé. C'était du Alice tout craché.

« Je ne voulais pas vous déranger. Je vais vous laisser, en plus vous devez avoir un cours à donner là. »

Elle fit mine de tourner les talons, visiblement très gênée, et German se retint d'avoir un petit rire attendri qui n'était pas vraiment conseillé dans ce genre de situation.

« Vous ne me dérangez pas du tout Alice, » lui dit-il aimablement, accompagnant cette affirmation d'un sourire encourageant. « Je n'ai pas de cours ce matin. »

Il l'observa un instant, pouvant mieux la détailler que la veille. Elle semblait être en bonne santé, et ses cheveux avaient poussé. Elle n'avait pas beaucoup changé et pourtant son visage semblait un peu plus mature qu'avant, ce qui n'était pas surprenant. Il fit un pas en avant, souriant toujours à son ancienne élève.

« Pour tout vous dire, j'allais justement me rendre à l'infirmerie, » dit-il d'une voix joyeuse. « Je voulais vous souhaiter la bienvenue, ou plutôt, un bon retour. »

Il leva sa tasse et la porta à ses lèvres, grimaçant lorsqu'il sentit que l'eau était encore trop chaude.

« Je comptais le boire sur le trajet, le temps qu'il refroidisse, » commenta-t-il sans trop y réfléchir, habitué comme il était de se parler tout seul, « mais cela me ferait plaisir de vous offrir le thé, Alice. Entrez, je vous en prie. »

Il lui fit signe de le suivre à l'intérieur, ayant encore du mal à réaliser que Alice Carrow était de retour. Il avait des dizaines de questions, comme toujours, mais pour l'instant était juste content de pouvoir prendre des nouvelles de la jeune femme, qui avait été une de ses élèves favorites.
Elle était déjà entrée dans ce bureau quelques fois, et German se demandait si elle le trouverait changé. Il ne se souvenait pas vraiment de ce à quoi cette pièce pouvait bien ressembler à l'époque, puisqu'il aimait bien changer la disposition des meubles ainsi que la décoration. Des dizaines d'instruments et de maquettes – magiques ou moldues – ornaient les étagères et les commodes, et des cartes stellaires et lunaires décoraient les murs. German travaillait depuis quelques années sur un plafond magique un peu semblable à celui de la Grande Salle, bien que beaucoup moins bien réussi. Il en restait tout de même assez fier, appréciant cette magie fine et très complexe qui, si l'on était assez patient, pouvait se révéler tout à fait remarquable.




_________________

I live for this feeling this everglow
and though you might be gone, and the world may not know
still I see you, celestial (by anaëlle)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 72
+ LOCALISATION : en haut de la tour d'Astronomie ou dans l'infimerie

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Mar 26 Juil - 0:19

J'avais toujours l'étrange impression de déranger tout le monde. En même temps mon père m'avait toujours fait sentir comme la cinquième roue du carrosse mais également comme une moins que rien. Du coup j'avais toujours la désagréable sensation de n'être jamais à ma place. Il n'y avait eu que Nolan qui m'avait fit me sentir à ma place et Poudlard bien évidemment. Le professeur Fitzgerald avait toujours été un soutiens pour moi et je savais très bien que si je lui avais parlé de mes problèmes familiaux il aurait tout fait pour me protéger. Cependant je ne voulais pas être un fardeau et encore moins pour lui. Alors durant toutes ses années je m'étais tue à Poudlard. De plus lorsque j'étais partie de l'école je n'avais pas réussi à lui envoyer une seule des lettres que j'avais commencé. Il n'y en avait pas une que je n'avais pas conservé. Je m'étais promis un jour de les lui donner soit en main propre soit je lui aurai envoyé des dizaines de hiboux. Cependant là j'étais en face de lui et ça me faisait un choc quand même. J'avais baissé la tête et je m'étais mordue la lèvre inférieure.

« Vous ne me dérangez pas du tout Alice. Je n'ai pas de cours ce matin. »

Je relevais mes yeux clairs vers lui et je lui demandais alors tout doucement :

« Vous êtes sûr Professeur ? »

Je ne voulais vraiment pas le déranger. Bien entendu, je voudrai bien passe un petit moment avec lui – en tout bien tout honneur – mais je ne pouvais pas lui imposer ma présence, tout comme je ne pouvais pas l'obliger à se rappeler de moi. Après tout il en avait vu défiler des élèves pendant deux ans et du coup il avait pu m'oublier. Par contre moi je n'avais jamais réussi cet exploit. Je me souvenais de chaque trait de son visage, de l'intonation de sa voix, du son de son rire. Je ne souvenais de tou et il n'avait pas changé. Enfin si il avait pris une ride ou deux mais pour moi ça n'avait pas d'importance. Il avait tellement l'air plus sage qu'il en devenait plus sexy.

« Pour tout vous dire, j'allais justement me rendre à l'infirmerie. Je voulais vous souhaiter la bienvenue, ou plutôt, un bon retour. »

Je levais un sourcil. Pourquoi se rendait-il à l'infirmerie ? Il ne semblait pas être blessé et pourtant il voulait y venir. Bon il me dit qu'il voulait me saluer mais je ne pouvais pas croire qu'il ne venait que pour cela. Il pouvait me croiser n'importe où dans le château.

« Ah bon ? Mais vous être sûr de ne pas vous être fait mal ? Parce que normalement on ne va pas à l'infirmerie comme ça... Vous allez souvent à l'infirmerie ? »

Je ne comprenais pas du tout. Mon esprit cartésien n'arrivait pas à croire qu'une personne étrangère à la médecine puisse aimer autant mon lieu de travail. Enfin après tout cela ne me regardait pas et j'avais été plus qu'impolie en lui demandant cela. Je rougissais un peu mais je ne revenais pas sur mes paroles. Après tout j'étais un peu curieuse donc si je pouvais avoir une réponse. Il porta son gobelet à la main et grimaça. Je fronçais un peu les sourcils.

« Je comptais le boire sur le trajet, le temps qu'il refroidisse mais cela me ferait plaisir de vous offrir le thé, Alice. Entrez, je vous en prie. »

Je ne savais pas trop quoi penser de cela. Il voulait que je rentre dans son bureau. Si avant je n'aurai pas hésité une seconde, là je me demandais si j'arriverai à ne pas gaffer. J'avais pris un peu de confiance avec Nolan mais je savais que ça me desservait aussi par moment. Après un moment d'hésitation je m'avançais et arrivant à sa hauteur je soufflais :

« Vous ne vous êtes pas fait mal au moins ? »

Je tournais légèrement mon regard vers lui avant qu'il ne soit capté par des étoiles que je ne connaissais pas. Je relevais la tête et je vis le plafond magique. Je souriais comme une enfant devant son cadeau d'anniversaire. J'aurai presque pu sautiller sur place si je ne portais pas ses talons qui manquaient de me faire tomber dès que je bougeais d'un centimètre. J'en avais tellement le souffle coupé que je me cassais le cou pour observer ses étoiles.

« Oh... Ce plafond... »

Ce plafond était magique. Je pourrai passer des heures à le contempler. Il était sublime, bien réalisé. Bon il y avait toujours un moyen de l'amélioré mais au final la beauté n'est-elle pas dans l'imperfection des choses ? Je prenais une profonde inspiration avant de dire tranquillement et pour une fois sans honte.

« Vous m'avez manqué professeur... Vous n'imaginez pas combien vous avez pu me manquer. »

J'avais murmuré cela puis je m'étais retournée vers lui. Tout était magnifique dans ce bureau. Il y avait de nouvelles choses mais il y avait aussi des objets que je ne connaissais que trop bien. Je me sentais maintenant à la maison et j'en avais les larmes aux yeux. Je sentais pertinemment les perles salées couler le long de mes joues mais cela ne me gênait pas. Je ne m'étais jamais cachée devant German. Il ne m'en tiendrait pas rigueur et mettrait cela sur le compte de l'émotion. Je les essuyais du bout de mes doigts sur mes joues. Je m'asseyais et je baissais un peu les yeux avant de les relever et de les plonger dans ceux du professeur. J'avais l'impression de revenir des années en arrière.

« Je vous ai écrit... Mais je n'ai jamais eu la force de vous les envoyer. Je ne voulais pas vous embêter. »

J'avais un grave problème de confiance en moi et ça devenait de plus en plus flagrant même pour moi. Je me rendais compte que je n'avais eu qu'un repère à Poudlard – lui – que j'avais perdu pendant quelques années. Alors je m'en étais trouvée un autre – Nolan – mais je l'avais quitté pour revenir ici et je n'étais tout à coup plus sûre du tout de mon choix.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 36

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Lun 1 Aoû - 12:32




Alice, douce et sage Alice, qui n'osait pas faire entendre sa voix et avait toujours peur de déranger. German avait espéré qu'avec le temps elle se sente capable de surpasser sa timidité, mais il semblait évident que ce n'était pas encore tout à fait le cas. C'était tout de même un bon point qu'elle soit venue lui dire bonjour ce matin, cela montrait qu'elle lui faisait confiance. Il l'avait vue grandir et évoluer au sein du château pendant sa scolarité, l'avait vue prendre plus confiance en elle et se sentir à sa place dans l'école. Il ne savait que très peu de choses sur sa vie personnelle, son enfance – que des bruits de couloirs et des bribes qu'elle lui avait un soir confié en haut de la tour d'Astronomie – mais il se doutait qu'elle n'avait pas une vie des plus faciles.

« Vous êtes sûr Professeur ? »

« Absolument. »

Il eut une soudaine envie de poser une main rassurante sur son épaule mais se ravisa. Il ne devait pas se laisser aller à des gestes affectueux. Alice et lui avaient certes été assez proches lors de sa scolarité, mais leur relation était simplement celle d'un professeur bienveillant envers son élève. Elle avait grandi mais restait tout de même une jeune femme qui n'apprécierait certainement pas un geste impoli comme celui-là. Il se contenta de sourire aimablement et de lui exprimer l'intention qu'il avait eu d'aller lui rendre visite. La jeune femme parut quelque peu surprise, une légère ride d'inquiétude apparaissant entre ses deux yeux. Il se souvenait qu'elle fronçait ainsi le nez quand elle était plus jeune et faisait face à une question assez complexe. Il avait toujours trouvé cela adorable – enfin, dans le sens où les jeunes sont parfois attendrissants.

« Ah bon ? Mais vous être sûr de ne pas vous être fait mal ? Parce que normalement on ne va pas à l'infirmerie comme ça... Vous allez souvent à l'infirmerie ? »

Il haussa légèrement les épaules et répondit vaguement, observant sa tasse de thé en s'efforçant d'oublier la maladresse de ses pensées.

« C'est là que je pensais vous trouver, » dit-il simplement avant de porter la tasse à ses lèvres et de se brûler la langue.

Ils finirent par rentrer dans le bureau, et les yeux de German se posèrent immédiatement sur son ciel artificiel, un ciel étoilé de jour comme de nuit. Il regarda ensuite Alice, l'entendit s'inquiéter de nouveau pour sa santé mais ses soucis le concernant s'envolèrent bien vite lorsqu'elle vit elle aussi le plafond magique. Son visage s'illumina et son expression émerveillée réjouit grandement le professeur. Voilà le sourire qu'il avait tant aimé voir sur son visage, toute trace de timidité ou de peur effacée.

« Oh... Ce plafond... »

Il la regarda quelque seconde contempler le plafond magique, se perdre dans les étoiles scintillantes de la voix lactée, puis il avança vers le fond de son bureau où il gardait des tasses et une bouilloire magique. Il lança un Aguamenti et ouvrit d'un coup de baguette sa boîte de sachets de thé qui sélectionnaient la saveur selon le goût et l'humeur des buveurs. L'eau fut vite prête et German déposa les sachets au fond des tasses qu'il recouvrit de l'eau chaude. Il sentit la vapeur d'eau lui chatouiller le menton, et l'arôme doux du thé noir qui se diffusait petit à petit. Il ferma les yeux un instant et pris les deux tasses en main avant de se retourner et de les poser sur la table, une devant lui, et l'autre devant son ancienne élève qui lui tournait encore le dos, détaillant la pièce qui l'entourait.

« Vous m'avez manqué professeur... Vous n'imaginez pas combien vous avez pu me manquer.  »

Il cligna des yeux, sentant son cœur se serrer tout à coup. Sa voix était soudain plus douce, presque plus grave, plus profonde. Chargée d'émotion. Elle avait détourné son attention du plafond magique et le regardait maintenant avec une expression qu'il n'arrivait pas à déchiffrer.
Des larmes coulèrent en silence sur ses joues, qu'elle essuya de ses doigts délicats. German ne s'était pas attendu à ce qu'Alice soit aussi émue de revenir ici, et encore moins qu'elle lui fasse une telle déclaration. Il ne bougea pas, interdit, ne sachant quoi dire. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse, il en était certain. Elle était réellement heureuse d'être revenue. Un peu comme quand on revient chez soi après une longue épreuve chargée d'embûches. Sauf que pour Alice, il n'y avait pas d'autre chez soi que celui-ci, que Poudlard. German en savait quelque chose. Il avait vécu cela lui aussi, attendant avec impatience la rentrée, détestant ce que les autres appelaient leur maison. Il n'y avait qu'ici qu'il s'était senti à sa place, dans son monde. Même ceux qui l'appelaient « sang-de-bourbe » n'avaient pas réussi à lui voler ce bonheur.
Alice s'assit et il l'imita, touillant sa tasse sans vraiment y faire attention, son regard posé sur la jeune femme.

« Je vous ai écrit... Mais je n'ai jamais eu la force de vous les envoyer. Je ne voulais pas vous embêter.  »

Il la dévisagea quelques instants, scrutant ses grands yeux d'un bleu tourmenté, le bleu d'un océan en pleine tempête. Qu'y avait-il dehors qui l'avait tant blessée, que cachait-elle aux yeux du monde avec tant de force qu'elle finissait par se perdre elle-même ? Il fronça légèrement les sourcils, compatissant à son malheur sans en saisir la cause ni même en comprendre les conséquences. Elle lui avait fait confiance, il avait voulu la soutenir mais il n'avait pas été à la hauteur, il s'en rendait compte aujourd'hui.

« Alice... » commença-t-il, mais il n'arriva pas à aller plus loin. Il ne savait pas quoi dire, son esprit tournait et retournait en boucle ses pensées et s'il avait ouvert la bouche à ce moment là il était certain qu'il aurait parlé comme le patois du trou le plus perdu de la création. Il n'avait pas été assez insistant, pas assez avenant. Il avait voulu lui montrer qu'elle n'était pas seule, lui prouver qu'elle pouvait lui faire confiance, mais elle ne l'avait pas fait. Que lui était-il arrivé ? Peut-être avait-elle eu besoin de lui. Tu étais son professeur, pensa-t-il, pas son père. Il n'avait pas lâché son regard, et lui parla d'un ton doux mais très sérieux.

« Vous ne m'avez jamais dérangé, Alice, et vous ne me dérangerez jamais. J'aurais reçu vos lettres avec plaisir, et vous aurait toujours répondu. »

Il agrémenta sa phrase d'un petit sourire encourageant. Il recevait parfois des lettres de ses anciens élèves, et il avait été un peu surpris de n'avoir aucune nouvelle de Alice. Il comprenait à présent.

« Je suis content de vous revoir, » ajouta-t-il sincèrement. Il donna un coup de baguette et le bol à sucre vint se poser sur la table. « J'en oublie les bonnes manières, » dit-il en riant légèrement. « Prendrez-vous un sucre dans votre thé ? »

Il sucra le sien et se remit à le touiller, regardant les petit morceaux de sucre se diffuser dans le liquide chaud. Il releva les yeux vers Alice et lui sourit. « Je dois vous dire que vous m'avez manqué aussi, Alice. Je n'ai pas eu de meilleur élève en Astronomie depuis votre départ, en tout cas pas un qui fut plus enthousiaste à l'idée d'étudier les étoiles et les galaxies. » Il sourit de nouveau, songeant que c'était complètement vrai. Des bons élèves il en avait eu, mais aucun qui n'ait été aussi fasciné – et fascinant – que la jeune Carrow. « Alors, racontez-moi tout. Comment se fait-il que vous soyez de retour ? J'imagine que vous avez étudié à Sainte-Mangouste. »




_________________

I live for this feeling this everglow
and though you might be gone, and the world may not know
still I see you, celestial (by anaëlle)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 72
+ LOCALISATION : en haut de la tour d'Astronomie ou dans l'infimerie

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Sam 6 Aoû - 22:49

Il y avait des choses que j'avais du mal à avouer. Par exemple je n'arrivais pas à parler de mon père. Il était mon bourreau et pourtant j'avais l'impression que je lui devais tout. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle je me rendais toujours aux fêtes de famille et ce même lorsque j'étais avec Nolan. Il avait une telle emprise sur moi que même à Poudlard je ne me sentais pas vraiment en sécurité. C'est sûrement pour cela que je n'avais jamais envoyé mes lettres à mon professeur. Il semblait pourtant avoir une toute autre opinion que moi sur le sujet.

« Alice... Vous ne m'avez jamais dérangé, Alice, et vous ne me dérangerez jamais. J'aurais reçu vos lettres avec plaisir, et vous aurait toujours répondu. »

Je me mordais la lèvre inférieure. Si j'avais su je n'aurai pas hésité à lui envoyer mes lettres. Peut être qu'un jour je les lui donnerai. Mais d'un côté il faudrait que je les trie parce que comme je savais que jamais il ne les lirait je me suis déclarée dans plusieurs d'entre elles et je ne voulais en aucun cas qu'il puisse connaître les sentiments que j'avais pour lui. Je relevais mes yeux vers lui et je prenais entre mes doigts la tasse qu'il me tendait. Je faisais tourner la tasse entre mes doigts alors que je la portais à mes lèvres.

« Je suis content de vous revoir.... J'en oublie les bonnes manières, prendrez-vous un sucre dans votre thé ? »

Je lui faisais un petit signe négatif de la tête. J'étais un peu puriste sur ce coup là. Je préférai boire mon thé sans sucre pour avoir le plus d'arôme possible en bouche. Je lui avouais ensuite qu'il m'avait manqué. J'avais peur qu'il le prenne mal mais je ne pouvais pas me taire. J'avais toujours été un maximum franche avec lui et je voulais continuer à l'être.

« Je dois vous dire que vous m'avez manqué aussi, Alice. Je n'ai pas eu de meilleur élève en Astronomie depuis votre départ, en tout cas pas un qui fut plus enthousiaste à l'idée d'étudier les étoiles et les galaxies. »

J'étais heureuse qu'il n'est pas trouvé d'égale à ma personne. Je voulais pour toujours rester son unique élève préférée. Je voulais qu'il ne m'oublie pas : jamais.

« Alors, racontez-moi tout. Comment se fait-il que vous soyez de retour ? J'imagine que vous avez étudié à Sainte-Mangouste. »

Je souriais. J'avais vécu énormément de chose depuis mon départ à Poudlard. Déjà j'étais devenue une infirmière. J'avais été la majore de ma promotion et de ce fait je savais que j'étais compétente malgré tout ce que pourrait dire Ebony à mon sujet. Je commençais alors mon récit tout simplement, un large sourire accroché à mes lèvres.

« Et bien oui j'ai fait mes études à Sainte-Mangouste. J'aurai voulu continuer pour devenir médecin mais Père m'a dit que j'étais trop bête pour le devenir. »

Je soupirai un peu. Malgré que ça ne soit que la pure vérité, ça me blessait de croire que j'étais bête.

« Père m'a toujours dit que j'étais une bonne à rien et que... »

Je fis tomber ma tasse thé sur le sol par un moment d'inattention. Je me mis alors à trembler et je me levais brusquement pour m'éloigner un peu. La dernière fois que j'avais fait tomber une tasse sur le sol j'avais reçu dix coups de ceinture.

« Oh non je suis désolée. Je ne voulais pas. Pardonnez moi. Ne me frappez pas German je vous en prie Je suis vraiment une calamité père a raison... Je ne devrai pas exister. »

C'était sorti beaucoup plus vite que je ne l'aurai cru. Je n'avais jamais été aussi vulnérable en face de mon professeur. Je baissais les yeux et je me mordais la lèvre inférieure.

« Y-a-t-il un moyen pour que vous oubliez ce que je viens de dire ? »

Je levais les yeux vers lui et je vis dans son regard qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il oublie ce que je venais de dire. Je ne voulais cependant pas l'ennuyer avec mes soucis. Après tout je n'étais pas quelqu'un d'intéressant. Mon père avait raison sur ce point je ne causais que des ennuis aux gens qui m'entouraient.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 36

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Lun 15 Aoû - 0:17




L'évocation de ses études avait ramené un sourire sur les lèvres de Alice, et German en était heureux. Elle avait de quoi être fière d'elle, et il paraissait évident qu'elle aimait ce qu'elle faisait.

« Et bien oui j'ai fait mes études à Sainte-Mangouste. J'aurai voulu continuer pour devenir médecin mais Père m'a dit que j'étais trop bête pour le devenir. »

German fronça les sourcils, n'aimant pas le ton quelque peu désabusé de la jeune femme, et encore moins ce qu'elle venait de révéler sans vraiment s'en rendre compte. Pas étonnant que Alice ait si peu confiance en elle si son propre père la considérait ainsi. Une personne plus naïve – ou plus chanceuse, tout dépend de sa vision des choses – aurait pu être stupéfaite qu'un parent puisse dire une telle chose de son enfant, mais German avait grandi avec une mère qui ne ressentait pour lui qu'une profonde aversion, alors il n'était pas étranger au fait. Il faillit ouvrir la bouche pour exprimer son désaccord, mais Alice n'en n'avait pas fini.

« Père m'a toujours dit que j'étais une bonne à rien et que...  »

Un geste maladroit, certainement provoqué par la force des émotions qu'elle ressentait alors, et la tasse de thé d'Alice s'écrasa sur le sol, se brisant au contact du vieux parquet. L'eau chaude se répandit jusque sur le tapis africain que German avait ramené de Uagadou, et Alice se leva brusquement, comme si le thé l'avait brûlée.

« Alice ! Ce n'est rien, » commença German, se levant lui aussi, les mains tendues devant lui dans un geste d'apaisement.

Mais Alice s'était reculée, se recroquevillant sur elle-même, habitée par une peur panique telle qu'elle ne l'avait même pas entendu. German retint son souffle, ne s'étant pas attendu à une réaction de cette envergure, et conscient qu'il était peut-être sur le point de découvrir ce qu'Alice avait toujours enfoui au plus profond d'elle-même, ce mal qui semblait la ronger et teinter même les plus beaux de ses sourires d'une lueur inquiète et mélancolique.

« Oh non je suis désolée. Je ne voulais pas. Pardonnez moi. Ne me frappez pas German je vous en prie Je suis vraiment une calamité père a raison... Je ne devrai pas exister. »

Ces paroles eurent l'effet d'une douche froide. German se figea, observant attentivement Alice et ses yeux emplis d'effroi et d'un dégoût qui ne pouvait être que le dégoût de soi, inculqué par un père odieux et violent. C'était certain désormais. Il la battait.
Le professeur sentit une vague de colère monter en lui, une rage chaude et inhabituelle qui lui inondait le cœur et les veines. Cette colère contre la violence et l'injustice qu'il ressentait de plus en plus depuis quelques années, et bien plus encore depuis le meurtre de son frère. Un sentiment qui lui devenait tristement familier et qui ne cessait de grandir à chaque fois, un peu comme un feu trop bien nourri. Alice avait été battue – l'était peut-être encore – par son père, un homme qu'il n'avait jamais rencontré mais qui déjà le répugnait. S'il apparaissait tout à coup par hasard dans son bureau à cet instant précis, German n'était pas certain de parvenir à garder son calme. Mais Alice était là, bien réelle devant lui, et elle lui paraissait plus vulnérable que jamais. Elle avait besoin de lui, et de son calme bien plus que de sa colère.

« Y-a-t-il un moyen pour que vous oubliez ce que je viens de dire ?  »

Les professeur ressentit le besoin urgent de la prendre dans ses bras, de la mettre en sécurité et de la protéger de ce monde extérieur si cruel. Mais il n'en fit rien, rangeant cet élan d'affection inattendue dans un coin de sa tête. Au lieu de cela, il fit doucement le tour de la table, levant les paumes de ses mains pour ne pas effrayer son ancienne élève.

« Tout va bien Alice, » lui assura-t-il, une ride d'inquiétude étant apparue sur son fronc vieillissant. « Ce n'est rien, regardez. »

Il prit sa baguette en main et lança un bref Reparo. La tasse se reconstitua en un clin d’œil, et, après un autre petit coup de baguette, le thé qui recouvrait le sol disparut. La tasse voleta tranquillement jusqu'à la table, comme si rien ne s'était passé.

« Voyez, il n'y a aucun mal, » dit-il avec douceur, avançant doucement vers elle. « Alice, regardez-moi. » Il attendit que leurs regards se croisent pour continuer. « Je ne vais pas vous frapper, je ne ferais jamais une chose pareille. »

Il était juste devant elle à présent. Il avança les mains et les posa délicatement sur les bras de la jeune femme, attentif au moindre mouvement de recul de sa part. « Vous seriez tout à fait capable d'être médicomage, et une excellente médicomage d'ailleurs, j'en suis certain. Vous êtes loin d'être bête, je vous l'assure, et ne laissez jamais personne vous persuader du contraire. »

Il lui frotta doucement les bras dans un geste de réconfort, ne la lâchant pas des yeux. Il avait envie de la voir sourire, de voir ces nuages gris quitter son regard pour toujours, envie d'effacer ces larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Elle ne méritait pas cela, elle méritait bien mieux. Elle méritait de croire en elle et en ses rêves. Il la lâcha et recula d'un pas, se tournant vers la bouilloire qu'il remit en route d'un coup de baguette. Le thé, il n'y avait rien de mieux pour guérir les pires des maux. German se tourna de nouveau vers Alice.

« Je ne sais pas ce que votre père vous a fait, ou ce qu'il vous a dit, mais si vous avez envie de m'en parler... » Un nouveau coup de baguette, et le thé se versa dans la tasse réparée. Il adressa à la jeune femme un faible sourire, sincère et compréhensif. « … eh bien, je suis là pour vous. »




_________________

I live for this feeling this everglow
and though you might be gone, and the world may not know
still I see you, celestial (by anaëlle)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 72
+ LOCALISATION : en haut de la tour d'Astronomie ou dans l'infimerie

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Mar 16 Aoû - 22:32

J'avais fait tomber une tasse sur le sol. Si pour tout le monde ce n'était pas grand chose pour moi ça voulait dire que je n'étais pas parfaite et que donc j'étais une erreur de la nature. Mon père m'avait toujours dit que je devais être parfaite et casser une tasse n'était pas une attitude convenable pour une jeune fille. La réaction fut violente, incontrôlable. Je n'arrivais pas à faire la part des choses. German ne m'avait jamais fait de mal et jamais il ne m'en ferait. Il n'était que mon professeur. Il n'était pas mon père. Pourtant je reculais et je tremblais de la tête aux pieds. J'avais fait une grossière erreur en pensant que je pourrai un jour convenir à un tel homme.

« Alice ! Ce n'est rien »

Je baissais la tête et je ne cessais de regarder les morceaux de porcelaine. Pourtant j'étais une sorcière. Je pouvais réparer la tasse en un fragment de seconde mais je n'arrivais plus à rien. Mes pensées s'étaient stoppées et j'attendais tout simplement que le coup tombe comme il tombait toujours.

« Tout va bien Alice... Ce n'est rien, regardez... Voyez, il n'y a aucun mal. »

Je le voyais s'approcher de moi et j'avais un léger mouvement de recul jusqu'à ce que je me rappelle qu'il était German Fitzgerald et non pas Harry Carrow. Il était mon professeur et il m'avait toujours soutenu contrairement aux autres membres de famille. Je ne bougeais plus retenant ma respiration plus que je ne le devrais. Je vis les morceaux de porcelaine se reformer et j'en fus légèrement soulagée.

« Alice, regardez-moi. Je ne vais pas vous frapper, je ne ferais jamais une chose pareille. »

Je relevais mon regard vers lui et je vis de la douceur dans les yeux bleus de mon professeur. Il posa ses mains sur mes bras et je sentis un long frisson me parcourir l'échine. Cependant ce n'était pas un frisson habituel. Je n'avais pas peur de lui au contraire. J'étais heureuse qu'il fasse ça pour moi. Il me frotta les bras pour me réconforter et il ne savait pas combien ce geste pouvait être important pour moi. Il était important avant mais maintenant il était encore plus. C'était comme une promesse sans parole, comme s'il venait de me dire qu'il serait là pour moi. Il finit par me lâcher et il remit de l'eau à chauffer. Il ne me chassait pas... Je ne comprenais pas pourquoi il faisait cela.

« IVous seriez tout à fait capable d'être médicomage, et une excellente médicomage d'ailleurs, j'en suis certain. Vous êtes loin d'être bête, je vous l'assure, et ne laissez jamais personne vous persuader du contraire. »

Je souriais un peu timidement quand il me dit cela. Il m'avait toujours encouragé et je l'aimais encore plus pour cela. Je me rendais compte que j'avais raison de l'aimer comme je l'aimais : il était l'homme qui me fallait, gentil, attentif mais surtout patient.

« Je ne sais pas ce que votre père vous a fait, ou ce qu'il vous a dit, mais si vous avez envie de m'en parler… eh bien, je suis là pour vous. »

Je sentis mes mains se crisper sur les pans de ma robe. Je ne pouvais pas tout lui dire comme cela. Pourtant j'en avais envie mais je ne voulais pas l'ennuyer loin de là.

« Je.. Je ne voudrai pas vous ennuyer avec mon histoire malheureuse. »

Je baissais encore les yeux avant de les relever vers lui. Me mordant ma lèvres inférieures, je tendais ma main sur la table dans le but d'attraper la sienne puis je me ravisais. Je devais être forte. Je devais y arriver toute seule.

« Je... Je ne suis pas très courageuse comme fille et je vais avoir besoin de votre aide pour... »

Rester calme. Je soufflais fortement histoire d'arrêter les battements de mon cœur. Je me souvenais de la dernière fois où mon père m'avait battu. En fait, il m'avait battu il y a deux semaines et j'en avais encore des traces sur mon cou, enfin à la base de mon cou. C'est pour ça que je portais un foulard en plein été.

« Père a toujours voulu un garçon et je ne suis pas du bon sexe. Ça se résume à ça... Quand père et mère ont eu mon frère, il n'avait plus aucune raison de me ménager alors il a commencé par me frapper, d'abord pour des bêtises que je faisais puis au fur et à mesure pour tout et rien... »

Je relevais mes yeux et je les plantais dans ceux de German. Il me donnait du courage. Mes mains arrêtaient de trembler alors que mon discours se faisait de plus en plus cohérent.

« Les étoiles m'ont toujours permis de m'évader et c'est grâce à vous si j'ai tenu durant toutes ses années. Vos histoires et votre gentillesse envers moi m'ont toujours fait espérer qu'un jour je serai assez intéressante et digne de... »

C'était une phrase qu'on pouvait interpréter comme on l'entendait mais pour moi elle n'avait qu'un seul sens : je voulais qu'il soit fier de moi tout simplement.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 36

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Mer 21 Sep - 23:41




Assis de nouveau, face à face comme ils l'avaient fait cinq minutes plus tôt. Comme si rien ne s'était passé – et pourtant, l'atmosphère dans la pièce n'était plus la même. Un grand pas en avant avait été fait, German le ressentait, et c'était comme si, après toutes ces années, Alice avait enfin sorti la tête de l'eau, comme si elle osait enfin appeler à l'aide. Pour la première fois, elle acceptait de s'ouvrir à lui, mais il savait que le plus difficile était encore à venir.

« Je.. Je ne voudrai pas vous ennuyer avec mon histoire malheureuse.  »

Il ne dit rien, sucrant son thé en silence en évitant de la fixer des yeux pour ne pas qu'elle se sente forcée. L'admission était déjà compliquée, mais commencer à se dévoiler plus l'était tout autant. German ne voulait pas qu'elle parle si elle n'en avait pas envie. Il voulait qu'elle se sente en sécurité, qu'elle sente qu'elle pouvait changer d'avis si elle le souhaitait. Au bout de quelques secondes d'hésitation, elle finit par relever la tête et German ne put s'empêcher de replonger son regard dans le sien. Comme une bouée de sauvetage jetée à l'eau. Elle amorça un geste de la main mais sembla se raviser. German mit cela sur le compte du stress, mais son cœur rata un battement pour une raison qui lui échappait. Il déglutit et se concentra sur Alice.

« Je... Je ne suis pas très courageuse comme fille et je vais avoir besoin de votre aide pour... »

La tension, le stress que ressentait Alice était palpable.

« Je suis là, » lui assura-t-il simplement, avec un petit sourire encourageant.

« Père a toujours voulu un garçon et je ne suis pas du bon sexe. Ça se résume à ça... Quand père et mère ont eu mon frère, il n'avait plus aucune raison de me ménager alors il a commencé par me frapper, d'abord pour des bêtises que je faisais puis au fur et à mesure pour tout et rien...   »

German grinça des dents en écoutant le récit de la jeune guérisseuse. Des parents qui n'avaient des enfants que dans le but de faire pérenniser le nom de leur famille... Les Carrow... la famille n'était pas spécialement connue pour sa gentillesse et ses doux sentiments, bien au contraire. En cela Alice avait été une surprise, et une des plus agréables. Elle lui avait toujours fait penser à un rayon  de soleil timide qui parviendrait à percer les nuages noirs ; comme une accalmie dans un orage.

« Les étoiles m'ont toujours permis de m'évader et c'est grâce à vous si j'ai tenu durant toutes ses années. Vos histoires et votre gentillesse envers moi m'ont toujours fait espérer qu'un jour je serai assez intéressante et digne de...  »

Le professeur se redressa légèrement sur sa chaise, pris de court. Il ne s'était pas attendu à une telle déclaration de sa part et en était très ému. Il s'en voulait à la fois de ne pas avoir insisté à l'époque, de ne pas l'avoir poussée à parler de son problème – mais il était trop tard de toutes façons. Il était heureux de savoir qu'il avait tout de même pu aider la jeune femme d'une certaine manière, si infime soit-elle. Cependant ses derniers mots restés en suspens étaient démonstratifs de l'état d'esprit d'Alice, et de ce que sa famille détestable lui avait appris à penser d'elle-même.
Il s'avança un peu sur la table, posant les coudes dessus. Il ne la quittait pas des yeux, investi dans son histoire, désireux de l'aider.

« Digne de qui, Alice ? » demanda-t-il, la tasse de thé oubliée sur la table. « Vous n'avez pas à être digne d'eux, ils ne le méritent pas. Vous êtes plus forte et plus intéressante que vous ne le croyez, plus que ce qu'ils ont voulu vous faire croire. »

Il se souvenait de ses questions éclairées, de ses remarques parfois décalées et souvent bien plus futées que celles des camarades de son âge. Il se souvenait d'une jeune femme discrète et réservée qui pourtant semblait rayonner d'une gentillesse et d'une douceur incomparables, comme si un seul de ses regard pouvait guérir les pires des maux. Ses conversations amusées avec ses amies, chuchotées en griffonnant sur une carte du ciel, ses devoirs toujours plus longs et fournis que ce qu'il avait demandé. Et toujours un sourire, même lorsque les cernes sous ses yeux semblaient s'alourdir de jour en jour. Non, elle ne se rendait pas compte, sans doute n'avait-elle jamais même envisagé ce simple fait : qu'elle était une belle personne.

« Si vous ne me croyez pas, constatez-le par vous-même. Regardez ce que vous avez réussi à faire, regardez la jeune femme que vous êtes devenue. »

Il haussa les sourcils, très sérieux, comme pour la défier de dire une chose négative à propos d'elle-même, comme si la réponse était évidente.

« Vous êtes vous, Alice, vous n'êtes pas devenue comme eux. Vous avez réussi à faire le métier que vous souhaitiez, et vous travaillez aujourd'hui dans la plus prestigieuse école de magie, sous la direction du plus grand sorcier de notre époque – qui vous a personnellement choisie. Et ça, Alice, vous ne le devez qu'à vous-même. »

Il y eut un petit moment de silence, et German espérait que Alice comprendrait ce qu'il voulait lui dire. Que même si cela prendrait du temps, elle chasserait cette idée de son esprit, cette idée qu'elle ne valait pas grand chose. Car Merlin, c'était faux.



_________________

I live for this feeling this everglow
and though you might be gone, and the world may not know
still I see you, celestial (by anaëlle)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 72
+ LOCALISATION : en haut de la tour d'Astronomie ou dans l'infimerie

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Mer 28 Sep - 22:56

Je m'étais ravisée pour ne pas qu'il interprète mal mes gestes enfin qu'il les interprète correctement serait une meilleure formulation. J'aimais German plus que je ne me l'avouerai jamais. Je pensais que je lui faisais perdre son temps. J'avais peur qu'il me demande de partir et il me fallait du courage pour lui avouer tout cela. Je fermais les yeux un instant lui demandant son aide.

« Je suis là. »

Je rouvrais les yeux et je le regardais droit dans les yeux. Il me donnait du courage. Je voyais qu'il croyait en moi et c'était bien la première fois que je me sentais pousser des ailes. Je me sentais bien quand il me regardait ainsi. J'avais l'impression de compter pour quelqu'un. J'avais l'impression d'être importante pour quelqu'un et German était la personne la plus importante à mes yeux autant dans la passé qu'actuellement. Je commençais à lui parler tout simplement aussi naturellement que possible.

« Digne de qui, Alice ? Vous n'avez pas à être digne d'eux, ils ne le méritent pas. Vous êtes plus forte et plus intéressante que vous ne le croyez, plus que ce qu'ils ont voulu vous faire croire. »

Digne d'une personne pour qui se compterait. Je voulais être digne d'une personne qui me verrait comme une bonne personne et non pas comme la fille Carrow. Je voulais juste ne plus être un objet qu'on prend qu'on casse qu'on répare avant de nouveau casser. Je ne me remettrais plus complètement des attaques physiques et verbales dont je suis la victime.

« Je n'ai jamais voulu être digne de ma famille. Je voulais juste rendre fier mes professeurs et vous en particulier. Vous avez toujours été mon professeur préféré. »

Je rougissais et je baissais les yeux un instant. Je me sentais vraiment idiote de lui avoir dit cela mais je ne pouvais pas revenir sur ce que j'avais dit. Je prenais ma tasse de thé et je la portais à mes lèvres pour boire tranquillement comme pour me cacher de son regard.

« Si vous ne me croyez pas, constatez-le par vous-même. Regardez ce que vous avez réussi à faire, regardez la jeune femme que vous êtes devenue. »

Il n'avait pas tord mais en même temps je ne voulais pas y croire. J'avais besoin qu'on me mette un bon coup de pied aux fesses pour que je me mette à croire que j'avais de la valeur. J'avais toujours entendu un discours tellement mauvais à mon propos que j'avais du mal à le croire.

« Vous êtes vous, Alice, vous n'êtes pas devenue comme eux. Vous avez réussi à faire le métier que vous souhaitiez, et vous travaillez aujourd'hui dans la plus prestigieuse école de magie, sous la direction du plus grand sorcier de notre époque – qui vous a personnellement choisie. Et ça, Alice, vous ne le devez qu'à vous-même. »

Je baissais les yeux et je regardais un instant mes pieds. C'était la vérité mais je ne voulais pas y croire. Je n'avais jamais cru en mes capacités sauf que Ebony m'avait énervé il y a peu... Maintenant je me sens un peu poussé des ailes grâce à lui. Je ne saurais jamais comment le remercier. Je relevais mes yeux vers lui et je mordais ma lèvre inférieure.

« Vous pensez vraiment ce que vous venez de dire ? »

Je lui souriais un peu timidement et j'avais les larmes aux yeux un instant. J'avais toujours voulu qu'on me fasse des compliments de la sorte et ça avait un goût plutôt délicieux quand ça sortait de la bouche de German. Il avait toujours eu les mots pour me remonter le moral et je voyais que les années n'avaient rien changé entre nous.

« J'espère que nous pourrons êtres amis tout les deux. »

Il serait sûrement mon seul soutient dans cette école. Je ne pouvais pas compter sur Ebony ou du moins je ne savais pas pour le moment si je pourrai la considérer comme une amie. Je voulais croire que nous pourrions de nouveau être complice comme avant. Je voulais rependre tout comme avant comme si nous n'avions jamais été séparé l'un de l'autre. Je lui souriais puis j'entendis l'horloge. Je me levais en sursaut.

« Oh non ! Je vais être en retard Ebony va me tuer ! Je dois vous laisser mais... A plus tard Professeur... J'espère... Bye ! »

Je lui faisais un petit signe de main avant de sortir du bureau. Je prenais une grande inspiration en restant un moment contre la porte du professeur. Je fus rappeler à l'ordre à nouveau par l'horloge et je me dirigeais vers l'infirmerie pour reprendre mon travail. Mes joues rouges et le sourire aux lèvres qui restèrent constamment sur mon visage durant toute la journée furent la preuve que je reprenais goût à la vie.

_________________

   
   
   
She exists as in dreams. She has no sense of reality. She gets nervous because people are always interrupting her daydreams. — Clarice Lispector.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



+ SORCIER DEPUIS LE : 15/07/2016
+ PARCHEMINS : 36

Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   Jeu 12 Jan - 23:03




Humble, discrète et travailleuse. Voilà les trois mots que le professeur aurait utilisé auparavant pour décrire la jeune Alice, mais il comprenait aujourd'hui que son apparente modestie cachait un malaise bien plus profond, une blessure à l'âme qui met des années à se refermer – si un jour elle se referme. Imaginer la violence et les rabaissements qu'elle avait dû vivre lui donnait l'envie d'aller dire le fond de sa pensée à ces parents indignes, mais il savait que rien de bon ne ressortait de ces situations. Alice avait juste besoin de croire en elle à nouveau, de croire en ses capacités et ses formidables qualités, de croire qu'elle était une personne unique en son genre et aux ressources inépuisables. Tout ce qu'il fallait lui accorder, c'était un regard bienveillant et de la confiance.

« Vous pensez vraiment ce que vous venez de dire ?  »

Il lui sourit, attendri par son air gêné et l'évidente émotion que ses mots avaient provoqué en elle. Il était certain que Alice le savait, savait au fond d'elle-même ce qu'elle valait et qu'il ne faudrait pas creuser bien loin pour que son capital confiance remonte à la surface. Il le voyait dans le regard presque émerveillé qu'elle lui adressait alors – un regard troublant au possible. Ils s'observèrent quelques rapides secondes qui semblèrent tourner au ralenti, perdus dans l'importance de l'instant présent. « Du fond du cœur, » finit-il par répondre, la voix aussi douce que la touche de miel qu'il versait parfois dans son thé le soir.

« J'espère que nous pourrons êtres amis tout les deux. »

German, qui avait porté la tasse à ses lèvres, fut interrompu dans son geste par un rire sincère. L'idée qu'ils puissent devenir des amis comme deux véritables semblait encore étrange dans son esprit tant il voyait encore devant lui l'étudiante qu'il avait connu quelques années plus tôt, mais il se disait que ce genre de relations n'avaient que de différentes les étiquettes qu'on posait dessus. Un professeur et un élève auront toujours un lien particulier qui les uniront, mais s'ils sont complices et partagent beaucoup de choses, ne sont-ils pas simplement déjà des amis ?

« Je n'en doute pas le moins du monde, » lui assura-t-il avec un sourire joueur et un tantinet charmeur qu'il réservait habituellement au taquineries avec ses amis. Puis l'horloge retentit, et German vit l'expression de la jeune infirmière changer en un éclair.

« Oh non ! Je vais être en retard Ebony va me tuer ! Je dois vous laisser mais... A plus tard Professeur... J'espère... Bye !   »

Elle sauta presque de la chaise et lui adressa un petit signe de la main avant de se précipiter vers la porte. German se leva maladroitement, pris de court. Ah, oui, le stress des premiers jours... ah, et connaissant Ebony et sa réticence à l'idée de partager son infirmerie, il comprenait la soudaine précipitation de son ancienne élève. Il n'eut pas le temps de répondre à Alice qu'elle était déjà sortie et avait refermé la porte derrière elle. Il resta là quelques secondes, à moitié debout, un grand sourire aux lèvres et la subite envie d'éclater de rire tant cette situation était amusante et pleine de bons sentiments.

« A bientôt, Alice, » déclara-t-il à la porte de bois qui s'était refermée sur une tornade de gentillesse et de bonté.

Il se laissa retomber nonchalamment sur sa chaise, et touilla un peu plus son thé avant de finalement réussir à en boire une gorgée. Quand le liquide toucha ses lèvres, il était froid – mais, étonnamment, son goût était tout de même plus agréable qu'à l'accoutumée.


FIN


_________________

I live for this feeling this everglow
and though you might be gone, and the world may not know
still I see you, celestial (by anaëlle)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


Message Sujet: Re: faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥   

Revenir en haut Aller en bas
 

faut-il faire la guerre pour se plaire ? ▬ Gerice ♥

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [TUTO] Faire des torches pour Mordheim
» Il faut savoir faire table rase du passé.
» Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort.
» Argentine: ouverture d'un nouveau procès pour crimes de guerre lors de la dicta
» Constitution de 1987:faut-il faire sauter quelques verrous ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Daily Prophet :: Tour d'astronomie-