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 Pax melior est quam iustissimum bellum [Hadès]

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+ SORCIER DEPUIS LE : 31/12/2015
+ PARCHEMINS : 153
+ LOCALISATION : Douche des vestiaires du terrain de Quidditch

Message Sujet: Pax melior est quam iustissimum bellum [Hadès]   Mar 3 Mai - 0:46

Pax melior est quam iustissimum bellum


C'était probablement horrible à dire mais entre les soirées secrètes chez Borgin and Burkes à prévoir des attaques meurtrières sur le monde de la magie et les soirées dansantes de la bourgeoisie mangemorte où les petits plats étaient dans les grands, Cillian choisissait sans hésiter les premières.
Hélas, ce soir-là, il n'avait pas eu le choix.

Dans le fumoir, stratégiquement loin de la salle de bal pour éviter les demandes à peine discrètes des demoiselles qui admiraient sa stature et son nom, le jeune homme s'appliquait à se donner l'air le plus austère possible afin qu'aucun homme n'ait envie de venir lui faire la conversation. Ce n'était pas réellement un exploit car, en effet, il était né sans la capacité de faire plier les traits de son visage selon ses émotions, si bien qu'il était impossible de dire s'il était heureux ou triste à mourir. Un elfe de maison passa près de lui et, avec une impassibilité de robot sophistiqué, il refusa d'un léger mouvement de la main son invitation à prendre un verre. Le dos parfaitement droit et le port de tête altier, il donnait l'impression sans doute de mépriser profondément ses congénères. Si c'était vrai dans les faits, il ne faisait pas exprès de le montrer par sa posture. On lui avait simplement appris à se tenir ainsi et la nature – qui l'avait déjà gâté avec une intelligence hors du commun – n'avait pas souhaité lui accorder en plus la souplesse nécessaire pour paraître moins hautain. Le costume qu'il portait ce soir n'arrangeait rien son austérité générale. On avait coupé pour lui un tissu des plus noirs pour en faire un pantalon et une veste parfaitement ajustés. Dans un autre tissu pas plus jovial on avait taillé une chemise qu'il avait boutonné si haut qu'on se demandait en le voyant comment il pouvait ne pas s'étouffer. Surtout qu'un nœud papillon couleur argent venait agrémenter le tout.

Voyant Helven Dolohov approcher de sa position tout en conversant avec un sorcier impeccablement vêtu, Cillian se prépara à une énième introduction.
« Serenus, tu n'as pas encore rencontré mon fils aîné, je crois. »
« Ah, le fameux Cillian. Ma foi, tu es aussi grand que ce que mes enfants m'ont dit. Alors, il paraît que tu es le nouveau détenteur des meilleures notes de l'école. C'est prodigieux. Quel dommage que Serpentard ne profite pas de tes prouesses académiques pour la Coupe des 4 Maisons. »
Il fallait toujours que quelqu'un fasse remarquer, avec un regret néanmoins sincère, que l'héritier des Dolohov était un Serdaigle.
« Excepté en divination », glissa Cillian tout en s'acquittant à contre-coeur de la poignée de mains protocolaire.
« Comment ? »
« J'ai les meilleures notes dans toutes les matières, excepté en divination » reformula le jeune homme avec une humilité qui n'avait rien d'héréditaire quand on voyait la hâte avec laquelle son père bombait le torse chaque fois qu'on faisait remarquer l'excellence de sa progéniture.

Helven Dolohov avait un rapport étrange avec son fils. Inutile de dire qu'ils n'étaient pas une famille du genre de celles qui allaient à la pêche, faisaient des balades à la campagne ou passaient des après-midis entiers sur la terrasse à jouer au Monopoly. C'était plutôt : chacun dans son coin et les balais seront bien rangés. Si sa mère et ses frères et sœurs se contentaient de l'ignorer la plupart du temps, son père avait un rapport différent à lui. Il était son instrument, son outil, sa marionnette... la gloire qui continuerait de briller sur lui longtemps après sa mort. Et pourtant, tout au fond de son cœur noir, secrètement enfoui sous une bonne épaisseur de déni, il en avait aussi peur. Helven n'était pas stupide. Il se rendait bien compte que son fils était extraordiaire. Il avait beau essayer de le dompter en grandissant, de lui laver le cerveau pour le faire se plier à sa volonté, il voyait bien tout de même à chaque fois que Cillian exécutait un de ses ordres qu'il le faisait par sa propre volonté. Il savait qu'il aurait pu refuser s'il l'avait voulu. Il savait qu'il n'avait pas l'ascendant qu'il aurait voulu avoir sur lui. Et s'il avait si peur, c'était parce qu'il se doutait bien que viendrait un jour où Cillian allait cesser d'aller dans son sens, de se taire, de courber l'échine. Cette perspective le terrifiait tant parce que son fils, qu'il avait si bien entraîné et qui était né si intelligent, était déjà plus fort que lui. Il avait le pouvoir de détruire tout ce que ses ancêtres avaient battit au fil des générations. Il pouvait les ruiner, les faire enfermer à Azkaban ou, pire, les déshonorer.
Pour le moment, n'ayant pas trouvé de solution qui n'exige pas la mort de son descendant, Helven se contentait de fermer les yeux. Cillian ne ne montrait pas de signes d'infidélité ; après tout il se trompait peut-être. Il contentait de lui donner une correction lorsqu'il jugeait qu'il ne tenait pas suffisamment bien son rang. Comme ce soir où il le voyait bouder la compagnie des jeunes femmes dans la salle de bal. Il serait puni pour cela. Plus tard.

Cillian dut supporter encore une vingtaine de minutes les conversations mielleuses lancées alternativement par son père et l'homme qui s'avérait être leur hôte pour la soirée. Du scandale que le Choixpeau ait choisi une autre Maison que Serpentard pour un Dolohov au scandale que Poudlard s'entête à accepter les Sangs-de-Bourbe sur ses bancs en passant – avec une transition branlante - par le scandale de l'arbitrage du dernier match de Quidditch Angleterre-Roumanie. Le jeune homme s'appliqua à rester silencieux, ce qui lui demandait un réel effort parce qu'il avait dans son caractère le souci de la précision et les erreurs contextuelles de ses deux interlocuteurs bavards crispaient sa mâchoire déjà serrée.

Après un temps qu'il jugea raisonnable, il les pria d'excuser son départ et prétexta retourner du coté de la salle de bal pour voir si une jeune femme avait besoin d'un cavalier. Helven, bien sûr, sentit le mensonge à trente miles. Il savait bien que son fils n'aimait pas danser et, pour être parfaitement honnête, son manque de souplesse ne rendait pas le spectacle particulièrement gracieux à regarder donc il ne l'avait jamais encouragé à persévérer dans cet exercice.

La grande maison était entourée d'un jardin à la française gigantesque terminé par un labyrinthe. Pensant trouver la quiétude qui rimait toujours avec solitude, Cillian s'y engagea et trouva bientôt la splendide fontaine en pierre taillée qui trônait à son centre. La pleine lune était énorme ce soir-là et servait d'éclairage pour tout le paysage. C'est à la faveur de celle-ci que l'héritier des Dolohov vit bientôt une silhouette émerger du labyrinthe. Quatre yeux bleus se rencontrèrent aussitôt et, bien que Cillian fut surpris par cette subite compagnie, son visage naturellement imperturbable ne le trahit pas. Il s'agissait d'un élève de l'école. Abraxas Rowle, que les autres s'entêtaient à appeler Hadès, pour une raison qui échappait au Serdaigle qui n'aurait jamais songé à se faire appeler Alliser ou Fedric. Il se souvenait de son nom pour plusieurs raisons. Premièrement parce qu'il le trouvait beau et qu'il n'avait généralement pas à faire beaucoup d'efforts pour mémoriser les noms des garçons qui lui plaisaient. Deuxièmement, parce qu'Hadès semblait le fuir comme la Peste Noire et qu'il n'était pas habitué à un tel comportement. Enfin, si, mais les gens le fuyaient généralement parce qu'ils avaient peur de lui. Le Serpentard décampait pour une autre raison et Cilliant ne parvenait pas à comprendre laquelle.
Comme le phénomène était d'ailleurs en train de se reproduire, le jeune homme n'eut d'autre choix que de desserrer ses jolies lèvres pour lancer :

« Tu n'as pas répondu à mes lettres. »

Des lettres ? Oui, sept, depuis le début de l'année. Déposées dans l'assiette d'Hadès par un hibou de l'école. Ce qu'elles disaient ? Tout dépendait de l'inspiration du moment de leur auteur. La plupart était des réflexions philosophiques interminables sur le Bien, le Mal, la Justice et d'autres concepts tout aussi engageants. Aucune n'était une leçon à proprement parlé car Cillian ne voulait pas faire la morale à leur destinataire. Au contraire, il voulait l'attirer sur le chemin du débat sain, clair et posé. Toutefois, pour espérer une réponse, il aurait peut-être fallu qu'il les signe ces lettres.
Oh, ce n'était pas un oubli. Il avait cru que le Rowle pourrait deviner leur auteur sans qu'il ait à les frapper de son sceau.
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