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 Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.

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Message Sujet: Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.   Jeu 17 Mar - 0:43




Hadès & Clarence
faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination.

L'adage voulait que les journées se succèdent sans se ressembler. Je ne pouvais considérer cette expression stupide qu'avec ironie. La réalité était tellement différente. Quoique je puisse dire ou paraître, ma vie était ennuyeuse si bien que j'en vienne parfois à m'interroger sur les finalités de l'existence. Il fallait dire que mes journées étaient davantage rythmées par mes études que par une quelconque vie sociale. Oui, de toute évidence, cette dernière était inexistante. Je me rassurais en me souvenant qu'il s'agissait d'un choix et que toute attache extérieure n'était qu'un premier pas vers la souffrance. Je l'avais assez vite observé au sein des miens. Je leur en avais longtemps voulu de ne manifester à mon égard aucun signe, aussi vague soit-il, d'une lointaine affection. Aujourd'hui, je leur étais d'une certaine manière reconnaissant. Grâce à eux je savais à quoi m'en tenir. J'avais souffert, mais ils m'avaient rendu plus fort, autrui ne m'atteignait plus. Cela dit, la solitude, bien que fidèle, n'était pas la plus stimulantes des alliées. Aujourd'hui, je sentais même qu'elle me pesait. Je ne pouvais néanmoins me résoudre à m'en détacher. Quand bien même je désirais m'ouvrir davantage, j'ignorais vers qui je devais me tourner. Je savais les apparences trompeuses.

La journée fut passionnante, longue et éprouvante, à l'image de toutes les autres. Passionnante parce qu'elle m'avait permis de m'instruire davantage, d'acquérir des connaissances qui nourrissaient ma culture et mon égo. J'aimais être un étudiant brillant et percevoir cette image dans le regard de mes enseignants. C'était comme une sorte de reconnaissance personnelle. J'aimais aussi me sentir au-dessus de mes camarades, ces adolescents arrogants et imbus de leur petite personne sous prétexte qu'ils étaient bien nés.

La fatigue alerta cependant mon corps et mon esprit. Je ressentais le besoin de me ressourcer à l'issu de mon dernier cours. Je ne disposais pas de l'énergie cognitive nécessaire pour m'atteler directement à mes devoirs. Je sentais qu'il me fallait faire une pause, prendre l'air, afin d'ensuite gagner en efficacité. C'est ainsi que je regagnai le parc.

Le printemps s'était installé, cela ne faisait plus aucun doute désormais. Je pouvais désormais sortir sans souffrir du froid. J'aimais l'hiver pourtant, les paysages enneigés, le ciel sombre, l'obscurité vite tombée. Mais le froid non, je ne me résolvais à l'apprécier. La douceur printanière était donc la bienvenue et même le soleil qui n'était pas encore couché ne me parut pas si désagréable pour clôturer cette épuisante journée.

Ce qui me dérangeait davantage, c'était la présence de cette horde d'adolescents tiraillés par leurs hormones à l'approche de la belle saison. J'étais las chaque année, à la même période, de supporter la présence de ces êtres dès lors que je flânais dans le parc. Tenues légères, flirts, relations naissantes... Non, je ne cautionnais définitivement pas ces comportements immatures. Je fis donc preuve d'une indifférence quasi-totale en croisant mes pairs. Quasi-totale oui, laissant échapper un regard faussement animé de pitié, davantage porté sur le mépris.

C'est alors que j'aperçus l'une de mes rares connaissances de Poudlard. Clarence MacMillan. Un élève de Serdaigle, de plus d'un an mon aîné. Nous n'avions pas grand chose en commun, sinon notre sérieux dans les études. Nous étions en effet deux garçons studieux, brillants, animés par le désir profond de réussir et de rendre fier. Au-delà de cela et à l'image de nos pseudonymes, le contraste était évident. Clarence représentait la fraternité, le dévouement, l'ouverture sur les autres, l'optimisme presque naïf. Là où il construisait des ponts, je bâtissais des murs. J'étais au contraire cet être renfermé sur moi-même, n'apportant rien aux autres, allant même jusqu'à rejeter toutes les tentatives de socialisation provenant de l'extérieur. Quant à l'optimisme, ce mot ne faisait pas partie de mon vocabulaire.

Et pourtant, malgré ces disparités évidentes, je ne parvenais à mépriser Clarence comme la logique l'aurait voulu. Pour avoir rencontré les enfants MacMillan étant plus jeune, j'avais toujours nourri des à priori positifs sur cette famille. Ils ne représentaient pas la famille de sang pur ordinaire, obsédée par le pouvoir, quitte à faire preuve d'une cruauté sans nom. Ils semblaient être une famille simple, une exception chez les sangs purs et je ne pouvais que les respecter pour cela. Cela dit, j'avais bien vite ressenti une fissure apparaître au sein de cette famille, une fissure qui ne pouvait avoir été engendrée que par un drame familial. Si j'étais resté muré dans le silence qui me caractérisait tant, je m'étais surpris à ressentir une certaine peine pour cette famille.

Cela n'avait néanmoins pas influencé mon comportement envers l'aîné lorsque j'avais intégré Poudlard. Mon paternel m'avait appris à toujours manifester ma supériorité sur les autres. Je trouvais Clarence niais, presque simplet. Comment pouvait-on avoir été confronté à un drame et continuer de voir la vie avec un regard d'un enfant, enthousiaste et innocent ? Son comportement me dépassait et je le lui faisais comprendre par des regards, des réflexions, des attitudes, qui bien que discrètes, parvenaient à leur destinataire. Je ne cherchais pas spécialement à blesser Clarence, j'adoptais avec lui le même comportement qu'avec n'importe qui. Après tout il n'était ni plus ni moins qu'une vague connaissance.

Avec le temps, j'avais toutefois envisagé les choses différemment. Je n'avais pu me résoudre à continuer de mépriser Clarence lorsqu'il était dans le besoin. Cet élan d'empathie de ma part, il en avait cherché la cause. J'avais longtemps freiné chacune de ses tentatives avant de m'adoucir progressivement devant sa bienveillance chronique à mon égard. Aujourd'hui, je m'abstenais d'être méprisant envers lui. Je crois même que nous entretenions des rapports plutôt sympathiques, fait aussi rare que surprenant me concernant.

Le jeune garçon était installé sur un banc, de toute évidence il était occupé à travailler. Alors que j'hésitais à lui manifester ma présence, il croisa mon regard. Je m'approchai alors de lui, impassible. Alors que je me tenais face à lui, je posai mon regard sur le manuel qu'il tenait dans les mains. Il était effectivement en train de réviser. "Les ASPIC approchent, n'est-ce pas ?" lui demandai-je alors que je connaissais pertinemment la réponse à ma propre question.

Je fixai ensuite mon interlocuteur, avec l'impassibilité qui me caractérisait tant. "Tu devrais prendre une pause, Clarence." lui conseillai-je froidement en percevant fort aisément sa fatigue à travers les cernes qui ternissaient son regard. Je connaissais bien ce syndrome, pour l'avoir rencontré à de nombreuses reprises. Cela dit, il me semblait nocif de s'adonner à de tels excès.


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Dernière édition par A. Hadès Rowle le Lun 4 Avr - 22:26, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.   Jeu 31 Mar - 20:31

Clarence travaillait. C'était une des activités qu'il prisait le plus. Il n'irait pas le nier : le jeune homme était moins cigale que fourmi ; il ne savait pas chanter, ne danser qu'avec peu de grâce, et cultivait depuis longtemps des habitudes de rigueur et discipline scolaires qui expliquaient une grande part de son succès et de la réputation qu'il s'était faite auprès de ses professeurs. Naturellement, le cadre particulier du parc et le beau temps qui donnait à cet après-midi le doux parfum du printemps offraient au jeune Serdaigle le décor idéal pour des révisions tranquilles, loin des pitreries de Nocturnus ou des bizarreries de Benedict – notez que les mots sont là interchangeables pour l'un comme pour l'autre.

Il bossait une matière souvent mal aimée et mal comprise des élèves de Poudlard, l'Histoire de la Magie. Plus précisément, il se documentait sur quelques anecdotes fondatrices de la tradition classique du monde sorcier. Ainsi découvrait-il qu'un ancien royaume d'Irlande, conduit par le roi-sorcier Postumius, faisait la guerre à l'un de ses voisins, et réclamait leurs filles en mariage pour faire la paix, ce qui était chose courante à l'époque. Le royaume voisin, que dirigeait Pausias le Chétif, craignait la guerre, mais il ne pouvait se résoudre à abandonner ses filles. Philotis, sorcière esclave d'une grande beauté, conseilla à Pausias de la prendre, elle et les autres esclaves présentant le mieux, de les parer des plus beaux ornements et de les livrer aux ennemis en tant que filles du royaume. Elle l'avertit que la nuit, quand Postumius et ses généraux les auraient acceptées et se seraient couchés avec elles, elle allumerait un feu.

Postumius et ses hommes se couchèrent donc comme prévu avec les prétendues filles du royaume voisin. Philotis alluma le feu : elle embrasa le haut d'un figuier sauvage ; à ce signal, Pausias et son armée fondirent sur le camp ennemi tout endormi et tua tout le monde, emportant une victoire jusque-là inespérée. L'anecdote, atroce et géniale tout à la fois, intéressait grandement Clarence qui travaillait L'Art classique de la guerre sorcier et découvrait donc comment, très souvent, des stratagèmes, ruses et tactiques qui ne faisaient point appel directement à la magie emportaient la victoire à coup sûr ou presque. Le jeune homme, qui ne se destinait certes point à la carrière militaire, n'en demeurait pas moins friand de cette culture générale et classique qu'il entendait absorber pour se donner tous les atouts pour la lecture la plus approfondie du monde tel qu'il est. Car il est  nécessaire d'avoir vu le passé pour considérer l'avenir comme autre chose qu'un présent qui arrive.

Peu, parmi ses camarades, comprenaient la nécessité qui l'animait, ce besoin viscéral qu'il avait de cultiver sa tête, son esprit et, en définitive, son âme. Mine et talent ne vont pas toujours de paire, mais quelle importance ? Clarence n'avait que peu de considération pour sa mine, et si d'aventure l'étude le fatiguait et l'abîmait un peu, il s'en souciait comme d'une guigne. À l'occasion d'un nouveau chapitre, il tira sur le col de sa chemise. Le bleu du côté flattait ses yeux. Mais il n'y avait personne autour de lui pour admirer l'impeccable style du jeune homme. Il poursuivait sa lecture quand quelqu'un vint l'interrompre. Il reconnut la voix du plus étrange et du plus contrasté des élèves de Serpentard. Clarence aurait pourtant voulu continuer à lire. En effet, il découvrait la vilaine histoire des Milésiens qui, soutenus par les Erythriens, faisaient la guerre aux Naxiens. Diognet, sorcier-stragèe des Erythriens, avait pris à Naxos un grand butin, et notamment beaucoup de femmes et de filles, dont la sorcière Polycrite.

Il tomba amoureux d'elle et la traita non pas en esclave, mais en femme légitime. Dans le camp des Milésiens, on célébrait une fête traditionnelle, et tout le monde était dans l'ivresse et la débauche du vin. Polycrite pria Diognet de lui permettre d'envoyer à ses frères quelques restes du festin. Habile femme ! Il lui accorda cette faveur. Alors, dans le gâteau qu'elle leur envoya, Polycrite fit insérer un message gravé sur une lame de plomb avec ordre à celui qui le portait de dire à ses frères qu'il s'agissait de la part de leur sœur et qu'ils devaient la déguster seuls. Ceux-ci trouvèrent la lame de plomb, et l'ouvrirent. Ils purent y lire qu'elle leur conseillait d'attaquer de nuit les ennemis enivrés par les ripailles et qu'ils les trouveraient endormis. Forts de cette information, les généraux profitèrent de l'occasion et, surprenant Milésiens et Erythriens,  en pleine nuit, ils les vainquirent.

En guise de récompense, Polycrite obtint alors de ses concitoyens qu'ils épargnent la vie de Diognet dont elle s'était elle-même éprise. Les deux sorcier et sorcière quittèrent alors la région pour aller fonder ce qui, d'après la légende, serait l'une des premières écoles de magie de la mer Égée, aujourd'hui disparue hélas ! Clarence leva du livre les yeux et croisa le regard si profond d'Hadès. Il lui décocha un sourire. « Une pause ? J'en ai déjà fait une... avant le repas, tout à l'heure... » plaisanta-t-il avec bienveillance, conscient que le jeu déjà entre eux commençait.

Chacun connaissait son rôle à la perfection, et c'était là tout le ressort de la liaison  qu'ils entretenaient depuis... depuis qu'ils s'étaient découverts l'un l'autre une étrange affinité, quand toutes les apparences auraient dû les séparer, les dissocier, les éloigner. Il referma le livre devant lui. « Mais puisque tu es là... Assez d'histoire pour aujourd'hui, de toute façon, les femmes ont toujours le beau rôle dans ce chapitre... à croire que les hommes de l'Antiquité trempaient dans l’imbécillité la plus crasse... C'est affolant, vraiment, pas un pour rattraper l'autre et à la fin, c'est toujours madame qui rafle la mise, ou la sauve... enfin, tu vois le tableau... »

Probablement que non. Probablement que le jeune Hadès n'aurait pas lu le livre que tenait Clarence entre ses mains et probablement que le sujet serait de très peu d'intérêt pour lui... mais cela n'empêcherait pas le Serdaigle d'ironiser sur le temps qu'il consacrait à ses études : si quelque chose ne faisait point défaut au Macmillan, c'était bien l'autodérision. Il observa Hadès avec plus d'attention toutefois. « Qu'est-ce qui t'amène ici ? Besoin de prendre l'air ? d'une promenade au soleil ? ou alors tu fuis quelqu'un ? »

Toutes les raisons étaient valables, et si Clarence plaisantait, c'est qu'il savait le jeune serpentard solitaire : il n'aurait donc eu aucune raison de fuir qui que ce fût !

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Message Sujet: Re: Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.   Dim 3 Avr - 18:30




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Mon regard était toujours posé sur mon interlocuteur. Comme à mon habitude, je le scrutai fixement, percevant fort aisément les cernes qui ternissaient son regard et plus globalement son visage. Clarence portait une chemise bleue. Je devais reconnaître que le Serdaigle était un jeune homme soucieux de son apparence. Il s'agissait d'ailleurs de l'une des raisons pour lesquelles je l'estimais. Ayant grandi dans un milieu très porté sur le paraître, j'accordais une certaine importance au charisme d'autrui, ne pouvant m'empêcher d'être méprisant envers ceux qui ne s'attardaient pas sur leur physique. A mes yeux, bien paraître était une question de bon sens, un point de départ à une estime, un respect, un contact quel qu'il soit ; raison pour laquelle les personnes négligées me désolaient au plus haut point.

Clarence semblait absorbé dans sa lecture, si bien qu'il ne me répondit pas immédiatement. Impatient, la lassitude se devina sans difficulté sur mon visage. S'il y avait quelque chose qui m'insupportait, c'était bel et bien d'être ignoré, comme je l'avais si souvent été par le passé. Mon acolyte daigna enfin lever la tête, geste que je félicitai ironiquement par un soupir et un sourire de circonstance. « Une pause ? J'en ai déjà fait une... Avant le repas, tout à l'heure... ». Je haussai un sourcil, sceptique. De toute manière, le timbre de sa voix l'avait trahi. Clarence était davantage dans la plaisanterie que dans la confession. Nous avions pris pour habitude de communiquer ainsi, en nous taquinant de la sorte. Il n'y avait cela dit dans sa voix pas une once de méchanceté. Définitivement, Clarence rimait avec bienveillance, si bien que malgré ma personnalité hautaine et renfermée, je ne restais jamais définitivement dans la provocation lorsque nous nous rencontrions.

L'aîné de la famille MacMillan confirma ses dires en fermant le livre qui semblait pourtant le passionner, acceptant de manière définitive la conversation que j'avais engagée. Cela dit, et comme à son habitude, ce dernier ne put s'empêcher de me faire état de ses lectures. Je levai les yeux au ciel pour lui exprimer mon désintérêt. « Mais puisque tu es là... Assez d'histoire pour aujourd'hui, de toute façon, les femmes ont toujours le beau rôle dans ce chapitre... A croire que les hommes de l'Antiquité trempaient dans l’imbécillité la plus crasse... C'est affolant, vraiment, pas un pour rattraper l'autre et à la fin, c'est toujours madame qui rafle la mise, ou la sauve... Enfin, tu vois le tableau... »

Je fixai à nouveau mon camarade, impassible. La place des hommes et des femmes dans la société ainsi que leur place l'un par rapport à l'autre étaient des questions sensibles qui s'étaient posées à moi dès mon plus jeune âge en raison des conceptions véhiculées au sein de ma famille. Mon paternel considérait en effet, à l'inverse de Clarence, qu'être un homme était une chance inestimée dans la mesure où, selon lui, nous étions bien supérieurs à nos homonymes féminins. Je n'adhérais pas tellement à cette idéologie. A mes yeux, tous les êtres humains étaient égaux, qu'ils soient hommes ou femmes, sang purs ou nés moldus. Insipides, creux, faux, cruels, mais égaux. « Quelle malchance nous avons d'être des hommes... », lui répondis-je ironiquement, sur un ton faussement compatissant. Je joignis un sourire amusé à mes dires, comme pour signifier implicitement à mon interlocuteur que l'ironie dont je faisais preuve sans modération était cela dit dénuée de méchanceté.

Clarence était bavard, très bavard, trop bavard. Il était mon opposé. Parfois, son attitude m'agaçait. Je crois pouvoir dire cependant que nous nous complétions, si bien que nos conversations étaient finalement plutôt équilibrées et conféraient à notre lien une certaine pérennité. Le grand brun ne tarda pas à reprendre la parole pour m'interroger sur les raisons de ma venue ici. « Qu'est-ce qui t'amène ici ? Besoin de prendre l'air ? D'une promenade au soleil ? Ou alors tu fuis quelqu'un ? »

La question de mon aîné me surprit pas. Elle était banale en soi. Ses suppositions, néanmoins, me firent sourire ; amusé par son innocence et sa spontanéité, ne percevant pas même l'ironie dans ses propos, mettant celles-ci sur le compte de la naïveté qui le caractérisait tant. « Enfin, Clarence ! Tu me connais assez pour savoir que je fais l'unanimité au château. Je vois mal qui j'aurais cherché à fuir. Si je suis sorti dans le parc, c'est dans l'unique but de t'y trouver. » lui répondis-je avec ironie en le regardant fixement, joignant à mes paroles un sourire espiègle.

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Message Sujet: Re: Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.   Mer 13 Avr - 17:27

Quelle malchance d'être des hommes ! Clarence n'était peut-être pas le mieux placé pour le comprendre et le dire, mais il sera clair à tous nos lecteurs que leurs malheurs sont pour la plupart dus à leur masculinité. Ouvrez grand vos oreilles ! Les mâles ont toujours le mauvais rôle, ils sont les poissards du genre humain.

Et pour cause, là où les femmes sont libres de montrer leurs émotions, les hommes se doivent d'être virils et de ne montrer aucune faiblesse ; ainsi le modèle conçu pour eux par les générations, les us et les coutumes les contraint dans le carcan de virilité dont ils aimeraient parfois se voir soulagés. Les hommes vivent également moins vieux, les femmes plus longtemps, injustice flagrante ! Oh, et vous voulez du croustillant ? Parlons donc des orgasmes multiples de la femme, quand l'homme, quant à lui, nécessite près d'une double-douzaine de minutes avant d'être à nouveau d'attaque et d'aplomb...

Dans un tout autre domaine, notons l'odieuse inégalité des modes féminines et masculines : pour ces dames, que d'inventivité et d'audace ; pour ces messieurs, que de conformisme et d'uniformité. Est-il besoin de préciser, pour étayer mon propos, que les femmes n'ont pas toujours raison mais n'ont jamais tort ? De la même manière, observons donc tous ces petits plaisirs vaniteux que les femmes peuvent s'offrir sans avoir à se justifier ni à craindre pour leur réputation : manucure, pédicure, épilation à la cire, soins du visage et du corps... combien d'hommes peuvent annoncer quitter leur bureau pour aller au salon de beauté sans redouter le regard ambigu de leurs collègues ? Si peu, voire point du tout !

Et que dire de ce pouvoir étrange reconnu aux femmes qui peuvent amadouer les forces de l'ordre et, par analogie, tous les détenteurs d'une parcelle d'autorité, quand les hommes sont hélas contraints de s'y soumettre sans broncher ? C'est la vie, il en sera toujours ainsi, les hommes proposent, les femmes disposent. Après cet étalage manifeste et grossier de muflerie machiste, convenons qu'il vaut mieux n'être ni femme, ni homme, ni rien, sinon un chat. Mais l'exposé des raisons à cette affirmation générale viendra plus tard. Clarence, loin de s'interroger sur le sens philosophique de sa masculinité, s'était contenté de répondre à Hadès :   « Je suis plutôt content, moi, d'être un garçon. Cela m'a plutôt bien servi, en fait.  »

L'ironie de la réplique échapperait sans doute au plus grand nombre, à Clarence comme à moi-même. Qu'importe ! Grattant la couverture du livre qu'il venait de clore devant lui, le vieux – tout est relatif, jeune homme ! – Serdaigle sourit en entendant cette réponse du jeune Serpentard, qui semblait traiter avec  beaucoup d'ironie sa situation... sociale, à Poudlard. Mais le Macmillan s'attarda moins sur l'amorce du propos que sur sa fin, et celle-ci tendait une perche trop grosse pour que la main de Clarence ne cherchât point à la saisir.  « Oh, oh ! C'est donc vrai, je suis irrésistible.  » Son plus beau sourire s'épanouit au bas de son visage, tandis que ses yeux s'éclairaient de la lumière du jour.

  « Mais si toi tu fais l'unanimité au château, Hadès, c'est que moi je suis bon pour devenir Ministre de la Magie. Et nous savons tous deux que ce jour-là sera un très mauvais jour pour le monde magique...  » Clarence plaisantait, encore qu'il ne doutât pas une seconde que la magistrature suprême du monde sorcier ne fût pas la carrière idéale pour lui. Le Macmillan avait peut-être quelques ambitions ici ou là mais fondamentalement, il n'aspirait point encore à diriger ses pairs depuis d'obscurs bureaux londoniens.

Quant au jeune Rowle face à lui, Clarence connaissait son caractère, il savait quel ermite se cachait sous ces beaux yeux sombres et cette posture d'indifférence compassée : aucune chance donc de le voir élu « king of the prom' » à la fin de l'année, le bel Hadès ! Clarence reprit :   « Mais tu me cherchais donc, que puis-je faire pour toi ? Probablement pas la lecture, hein ? Pour l'histoire des sorcières célèbres de l'antiquité, tu attendras la septième année, comme les autres... ou tu viendras me voir en cachette le soir et je te donnerai des cours particuliers. Tu verras comme c'est passionnant, les cours d'histoire, avec moi.  »

Clarence ne plaisantait qu'à moitié cette fois, car s'il connaissait la mauvaise réputation de cette matière auprès de la plupart des élèves de l'école, il savait aussi qu'elle comptait parmi ses préférées. Pour une raison simple : on ne fait pas discipline plus reposante et tranquille !
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Message Sujet: Re: Faisons une exception : adonnons-nous à la procrastination ~ Hadès&Clarence.   Jeu 14 Avr - 2:42




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Le désespoir dont Clarence m'avait confessé faire preuve au sujet de la piètre situation des hommes au regard de celles des femmes m'avait relativement amusé ; en toute honnêteté il ne s'agissait ni de ma plus grande révolte, ni de ma première préoccupation. Répondre avec ironie m'était donc apparu comme tout naturel, s'ancrant davantage encore dans mes habitudes. C'est ainsi que mon acolyte me répondit, sur un ton que j'identifiai comme neutre : « Je suis plutôt content, moi, d'être un garçon. Cela m'a plutôt bien servi, en fait. ». J'haussai un sourcil, sceptique, fixant froidement mon interlocuteur sans même m'en rendre compte. J'ignorais ce que le fait d'être un homme avait bien pu lui apporter de particulier. De toute manière, cela ne me regardait pas. Il m'avait toujours été difficilement concevable d'engager une conversation ordinaire avec quelqu'un. Eprouvant de réelles difficultés à parler de ma personne ; je m'abstenais, par respect, de faire preuve à l'égard des autres d'une curiosité que je jugeais nocive. Si Clarence souhaitait s'adonner à des confidences, il n'attendrait sans nul doute mes questions pour cela.

Pour ma part, la masculinité ne m'avait pas forcément avantagé, ne faisant que renforcer les attentes de mon paternel à mon égard et accentuer ainsi sa déception en constatant que je ne les comblais pas. Cela dit, s'il y avait quelque chose que je regrettais, cela n'était définitivement pas d'être un homme mais davantage la bassesse d'esprit et l'absence d'humanité du milieu dans lequel j'avais grandi. Je sortis de mes promptes pensées pour me concentrer sur l'homme qui se tenait devant moi. « Je ne te comprends que trop bien. Je ne peux, ne serait-ce que concevoir un instant, qu'un individu de sexe féminin ne puisse se substituer à un tel symbole de virilité. » lui répondis-je avec une ironie non dissimulée sur un ton qui feignait à la perfection le sérieux et l'admiration. Bien vite néanmoins, un sourire à la fois amusé et narquois trahit mes intentions. Le jeune homme qui me faisait face n'était pas extrêmement viril, il n'avait à ma connaissance rien d'un machiste, Dieu soit loué. Cela dit, je ne lui connaissais toutefois pas de traits féminins particulièrement développés, tant sur le plan physique que moral. Il était ni plus ni moins qu'un homme ordinaire. Mon intervention n'avait donc rien de particulièrement fondé, mais je me plaisais à penser que mon interlocuteur puisse penser le contraire. J'en ignorais la cause, mais je me délectais définitivement d'ainsi taquiner Clarence. Je crois pouvoir dire que de répondre ironiquement à ses interventions ô combien sérieuses me divertissait beaucoup.

C'est sans doute pour cela que, lorsque mon aîné m'avait demandé la raison de ma venue, je n'avais pu me résoudre à lui répondre sérieusement, prétextant m'être rendu dans le parc dans l'unique objectif de l'y rencontrer. « Oh, oh ! C'est donc vrai, je suis irrésistible. », me répondit-il à son tour avec humour. De toute évidence, Clarence se décidait enfin à entrer dans mon jeu, joignant à ses paroles un large sourire dont l'innocence me dérida à mon tour. « Cela ne fait aucun doute. », confirmai-je en me reprenant finalement, employant un ton las, le visage impossible.

« Mais si toi tu fais l'unanimité au château, Hadès, c'est que moi je suis bon pour devenir Ministre de la Magie. Et nous savons tous deux que ce jour-là sera un très mauvais jour pour le monde magique... » reprit par ailleurs l'élève de Serdaigle, remettant ainsi en doute ma prétendue popularité au sein du château. En entendant ces mots, je manifestai ma surprise avec exagération à mon interlocuteur. « Moi qui pensais que nous étions amis, je ne peux me résoudre à t'entendre ainsi me dénigrer. » lui répondis-je sur le ton d'une profonde déception. Pleinement dans mon personnage, même mon regard s'était adouci, empruntant temporairement celui d'une personne que l'on venait de trahir. M'ennuyant moi-même de mon petit jeu, je repris mon sérieux et poursuivis avec davantage de naturel « J'ignore laquelle de tes deux hypothèses est la plus inquiétante... » m'interrogeais-je ainsi à haute voix avec un sourire étonnamment sincère, mêlant amusement et sympathie. En effet, je me voyais mal devenir un modèle pour mes condisciples dont les ambitions et les centres d'intérêt étaient à l'opposé des miennes. Quant aux aspirations de Clarence, elles me semblaient elles-aussi bien ambitieuses. Si je savais mon interlocuteur studieux, je ne parvenais définitivement pas à l'imaginer à la tête de ce poste et de toute évidence, son jeune âge jouait en sa défaveur.

« Mais tu me cherchais donc, que puis-je faire pour toi ? Probablement pas la lecture, hein ? Pour l'histoire des sorcières célèbres de l'Antiquité, tu attendras la septième année, comme les autres... Ou tu viendras me voir en cachette le soir et je te donnerai des cours particuliers. Tu verras comme c'est passionnant, les cours d'histoire, avec moi. » poursuivit enfin mon singulier ami. Je laissai échapper un soupir, lui manifestant à cette occasion ma lassitude. Je n'étais décidément pas au bout de mes surprises avec Clarence. J'ignorais s'il était sérieux mais j'osais espérer qu'il se jouait de moi et qu'il parlait sur le ton de la plaisanterie. Néanmoins, ma connaissance du personnage tendait à me convaincre que cela n'était pas le cas. Si nous étions tous deux de sérieux étudiants, j'étais poussé par l'ambition là où lui était animé par la passion. Et dire que j'avais naïvement imaginé que la manière dont j'avais expédié le sujet de ses lectures quelques minutes plus tôt avait suffi à lui manifester mon indifférence... J'avais visiblement surestimé la lucidité de mon interlocuteur.

Je ne doutais pas un instant que Clarence puisse faire un bon professeur. Brillant, patient, bienveillant, il avait toutes les qualités pour y parvenir. Cela dit, je n'éprouvais ni le besoin, ni l'envie de m'adonner à de telles activités. Entendre mon camarade partager avec moi l'étendue de son savoir m'ennuierait bien vite. Ce à quoi j'aspirais était davantage de découvrir l'homme qui se cachait derrière cette apparence et ce comportement visant la perfection. Qu'importe après tout. Je ne comptais pas en rester là, animé par la tentation presque aisée d'aller dans son sens. « Tu lis en moi comme dans un livre ouvert... Je me languis de m'instruire auprès de l'enseignant brillant et passionnant que tu serais sans doute. », lui répondis-je machinalement sur un ton théâtral, mêlant un regard indéchiffrable à mes dires.


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