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 Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]

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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Dim 10 Avr - 23:30

Était-il bien prudent de menacer, d'apostropher, de taquiner, d'interpeller si éhontément le Livre responsable de leur situation, cet être de papier, de cuir et de magie qui depuis les prémices de leurs aventures semblait tout entier dévoué à ce bizarre divertissement ? Clarence ne dit rien. Il connaissait le tempérament de Benedict, et lui-même n'était pas loin de souscrire aux répliques et aux provocations de son camarade.

Ce bouquin lui tapait volontiers sur le système, et pour demeurer poli, disons tout bonnement que le pauvre Clarence en avait les joyeuses toutes brisées de l'écouter encore et encore promettre à toute volée qu'il les conduirait aux devants de supplices terribles ; ce qui, il faut bien le dire, n'était point dans la lettre ou l'esprit du discours de ce calepin lumineux, mais les humeurs fragiles de Clarence inclinaient de plus en plus à l'impatience et à la colère. Hélas, la douce voix câline et rieuse de Molimaro n'éclairait plus le bruyant silence de la nuit nocturne. Il s'était rendormi, le sorcier qu'un jour un mauvais sort changeât en petit gland ! Et nul doute que les deux Serdaigle ne sauraient le tirer de ce sommeil qu'il n'avait peut-être quitté qu'à regret, sur l'injonction muette des possibilités nées de la lecture du livre, de ce livre qui causait tant de tracas et promettait tant de merveilles à qui l'audace suggérerait de le lire et relire.

Loin toutefois de se laisser aller à la paresse des fureurs adolescentes, Clarence avait toutefois compris, à l'écoute des paroles scandées du vieil arbre, que leur aventure, loin de s'enliser dans les méandres d'un développement trop tarabiscotés, suivaient un chemin curieusement linéaire et surtout bien moins tordu qu'il n'y paraissait. Les vers de Molimaro revêtaient un sens particulier, profond, presque caché à qui ne sauraient les entendre ou les écouter. Clarence dirigea la pointe de sa baguette dans la direction désignée par Benedict. Le retour de la magie rassurait grandement le jeune homme qui se sentait, curieusement, plus entier et moins vulnérable, dès lors que sa baguette n'était pas qu'un vulgaire bâton de bois entre ses mains, que la fantaisie d'un ébéniste aurait sculpté et orné de bien curieuse façon. Malheureusement pour lui, le jeune O'Carley n'avait plus sa baguette, celle-ci s'était manifestement échappée au pays des baguettes perdues.

  « Attends, je vais la retrouver.  » Lestement, Clarence moulina de la main et prononça la formule consacrée du sortilège pour retrouver les objets dans les parages égarés. Accio, l'une des formules les plus communes, les plus courantes et les plus utiles du monde sorcier. Béni soit son créateur ! Il fit, le jour de sa trouvaille, un grand bien à toute la communauté magique qui lui était contemporaine, et qui lui succéderait. Aussitôt la baguette de Benedict jaillit d'une flaque de boue, sous l'épais voile d'un tapis de mousse, et vint se ficher entre les doigts sales de Clarence, qui la tendit à son ami.  « Tu devrais vérifier... peut-être que toi tu n'as pas retrouvé l'usage de ta baguette, ce que je ne saurais pas expliquer, mais bon...  » Après tout, ils n'en étaient plus à leur première incongruité ! Clarence se tourna vers le livre pour sonder l'attitude de ce dernier et peut-être trouver dans ses propos une esquisse d'explication, mais celui-ci, ce qui était assez surprenant, demeurait silencieux, presque immobile, et flottait dans les airs, lumineux et mystérieux comme à son habitude. Clarence lui adressa une œillade interrogative mais il n'obtint rien de plus que la radieuse opalescence.   « De ce que j'ai compris, en tout cas, Molimaro n'est pas étranger au retour de la magie...  » Le livre à ces mots réagit par une saccade de soupirs exaspérés.

Il était clair que le Livre regrettait désormais d'avoir laissé de vieux tas d'écorce intervenir dans l'histoire qui se jouait ce soir. Enfin... quelle heure était-il déjà ? Clarence perdait la notion du temps, et n'avait pour l'heure qu'une vague idée du fonctionnement... enfin, des règles du jeu. Il se tourna vers Benedict et attendit que celui-ci confirmât ou, au contraire, infirmât qu'il pût user à nouveau de sa baguette magique.   « Alors, pour les monstres, je pense que ni le Livre ni Molimaro ne parlent d'autres créatures que ce qu'on trouve dans la forêt habituellement... si je ne m'abuse, si je ne me trompe, car après tout je n'ai pas plus d'informations que cela en définitive...  » Clarence n'interrompit guère le flot de ses paroles, mais à chaque bout de phrases qu'il tenait en suspension, le jeune sorcier tournait vers le livre un coup d’œil, afin de peut-être susciter chez lui une réaction qui lui indiquerait s'il touchait au vrai, ou s'il faisait fausse route.

Mais le livre demeura rageusement impassible tout le temps que Clarence exposa ce qu'il croyait avoir découvert.  « Donc, le livre, c'est un peu comme une boussole qui te guide sur une carte, sauf que la direction qu'elle pointe n'est pas le Nord, mais le Possible, et l'aiguille n'est pas ce qui permet de le suivre, ce sont nos actions et nos choix qui nous entraînent d'un point à l'autre de l'histoire que le livre réécrit à chaque fois... là, c'est nous, ce soir, qui sommes les personnages du récit que nous déroulons à mesure que nous choisissons... par exemple de prononcer le sortilège irrésolu ou non, par exemple de nager dans la marre ou d'en sortir... et là, d'écouter Molimaro jusqu'au bout ou de partir avant... un putain d'arbre qui parle, quand même ! Franchement, s'il ne nous avait pas sorti de la tourbe, je crois que j'aurais fui sans demander mon reste.   » Le livre ne disait toujours rien. Clarence prit ce silence pour un encouragement. Quel imbécile ! Il continua avec les mêmes hésitations, mais celles-ci n'adoucirent en rien l'humeur du livre, qui préparait son mauvais coup.   «  Je crois donc que toutes nos actions auront des conséquences, et qu'il faut s'attendre à tout... mais le conseil de Molimaro... je pense que si nous allons... oui, les sœurs qui toujours pleurent, là où les fleurs... oui, je pense que Molimaro nous a indiqué une faille dans la reliure du livre, tu vois, donc si nous allons droit sur la faille, nul doute qu'elle nous renverra à Poudlard et nous libérera de ce jeu débile ! C'est pourquoi, à mon avis, il faut aller...  »

Hélas, ce dernier mot se perdit dans le tourbillon d'un cri d'effroi prolongé par le mouvement de la bouche de Clarence, qui suivit le mouvement de sa tête, qui elle-même se trouva bientôt loin au-dessus de ses pieds. En effet, un centaure venait d'apparaître, apparition spectrale dans l'obscurité, mais il était bien réel ; il avait saisi de sa grosse main la cheville du Macmillan et s'était élancé au petit trot à travers les bois.   « Bravo, monsieur je-sais-tout ! Bravo ! Mais si tu permets, dans le conte de fait, il manquait un chevalier pour venir vous sauver, mes princesses ! Bon, je vous l'accorde... ce cavalier-là n'est pas tout à fait du genre Lancelot du Lac, mais on fait avec les moyens du bord ! Oh, quant à toi, petit Benedict, tu ferais mieux de courir au plus vite, si tu ne veux pas te retrouver tout seul... moi, je vais suivre l'étalon et sa pouliche, j'ai hâte de voir ce qu'ils feront de lui !  » Et le livre s'envola sur les traces de Clarence et du centaure, plantant là un Benedict bien embarrassé.



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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Mar 12 Avr - 1:20






Les vers de Molimaro m’avaient laissé un goût de trop peu dans la bouche et j’étais presque déçu qu’il se soit déjà tu, qu’il nous laisse là, avec le Livre des Possibles qui avait un bien sale caractère ! D’autant plus que le grand arbre n’avait pas répondu à toutes mes questions. Et le plus frustrant étant que je n’ai pas pu toutes les lui poser.

Mais je me consolai temporairement avec la bonne nouvelle que Clarence venait de me communiquer. Sa baguette avait retrouvé toute sa magie !
Je de demandais donc qu’à retrouver la mienne, dans ces épais fourrés obscurs, qui ne me disaient rien qui vaillent. Aussi, je ne tardais pas à recevoir l’aide du préfet de Serdaigle qui était lui aussi, descendu de son piédestal.
Je récupérai ma baguette et le remerciait avec une gratitude non simulée. « Merci. » Je sentis aussitôt cette sensation de symbiose si singulière entre la baguette et son sorcier, celle que l’on avait tendance à oublier à force de l’utiliser par habitude, la même que lorsque la baguette m’avait choisi pour la toute première fois. J’essuyai  rapidement le morceau de saule sur mon pantalon détrempé, qui n’était guère plus propre que le reste. C’était par pur réflexe. Devant l’inquiétude de Clarence je répondis aussitôt : « Je pense que si. » Mais je ne me fis pas prier et lançai un sortilège informulé qui fit jaillir quelques étincelles vertes qui se perdirent dans le feuillage de Molimaro, mais il n’eut aucune réaction.

J’acquiesçai du chef et partageai l’avis de Clarence sur l’influence de Molimaro sur le retour de notre magie, mais j’étais tout de même très curieux de savoir s’il était aussi responsable de notre privation. Je fis ensuite part de toutes mes questions à mon ami sur le sujet ; à savoir pourquoi nous avait-il privés de notre magie, pour nous la rendre ensuite ? Etait-ce vraiment lui qui nous en avait privés ? Dans quel but ? Pourquoi cela faisait-il rager le Livre des Possibles ? Tout cela, en baissant d’un ton, naturellement, afin que le livre ne nous entende pas. Mais ni lui, ni moi, n’avions pour l’heure, de réponses à ces questions, ce qui ne faisait qu’agrandir ma frustration. Quand aux montres… « J’ose espérer que tu as raison. Après tout, il y a déjà assez de créatures… monstrueuses et effrayantes dans cette forêt… c’est vrai ! Pas besoin d’en rajouter ! » je jetai un regard furtif au livre dont le silence commençait à m’inquiéter.

Cependant, la théorie de Clarence était tout à fait intéressante et pertinente. « Tu crois qu’il réécrit l’histoire à chaque fois ? Moi je crois qu’il ne réécrit rien du tout ! En fait, il n’avait aucune emprise sur Molimaro… C’était un pur hasard si nous sommes tombés sur lui ! »
J’avais cerné le petit jeu de Clarence et j’avais décidé d’appliquer la même technique que lui. « Tu aurais fui où ? » demandai-je en riant. « Les sœurs qui toujours pleurent ? J’ai bien une idée d’une sœur qui pleure où aucune fleur ne pousse, mais à ma connaissance, elle est seule ! Et pour aller la voir, il nous faut retourner à Poudlard !... Une faille oui ! Lui ne peut pas nous le révéler, mais Molimaro savait… Tu crois que le Livre des possibles est aussi vieux que Molimaro ? Je veux dire… qu’il aurait pu l’avoir entre les mains du temps ou il n’était pas encore un gland ? »

Clarence repris son explication, le visage éclairé par la pointe lumineuse de sa baguette. Je ne vis pas la chose qui l’empoigna et lorsque j’entendis le martellement de ses sabots, le préfet de Serdaigle n’était déjà plus devant moi. Et c’est à ce moment-là que le livre daigna enfin la ramener. « CLARENCE ! » Je fis volte face, dégainant aussitôt ma baguette. « Oh toi ! La ferme ! » maugréai-je à l’intention du livre.

Mon sang ne fit qu’un tour, l’adrénaline me fit faire un bond, et sans réfléchir, je me jetai à corps perdu, à la poursuite du centaure. « STUP… » commençai-je à incanter, mais je me ravisais aussitôt.  « Merde ! Clarence ! » Je ne pouvais pas stupéfixer cette bête au risque d'atteindre mon ami. L’obscurité régnait en maître et je n’y voyais strictement rien. Le livre était mon guide lumineux, ma boussole, comme Clarence l’avait si bien dit. Mais la bestiole, que j’avais à peine vue du reste, avait quatre pattes, il connaissait les lieux et se déplaçait beaucoup plus vite que moi. Qu’était-ce au juste ? Les centaures n’étaient pas agressifs d’habitude ! Ils étaient même d’une extrême sagesse, vénérables et respectables. Je ne pouvais pas attaquer un centaure ! C’était un centaure ? Je croyais qu’ils ne s’en prenaient pas aux être humains… Non ! C’était encore un coup du livre ! Clarence avait raison !

Je me pris une branche en pleine tête qui m’égratigna à la commissure des lèvres. Je sentis la fureur m’envahir, mêlée à la panique et une forme de honte de me trouver aussi impuissant à arrêter ce… ce… Oh et puis zut ! De rage, je lançai un : « IMMOBULUS ! »

Lancé de dé I :
1 : Le centaure est déjà trop loin, le sort ne l’atteint pas.
2 : Le sort atteint Clarence.
3 : Le sort atteint le Centaure à l’arrière train.

Lancé de dé II : (si 3)

1 : L’arrière train du centaure est ralenti, il est donc contraint de ralentir.
2 : Le centaure, surpris par le sort, fait une cabriole en avant.
3 : Le centaure s’arrête.


Le sort fut sans effet. Je repris ma course, suivant toujours le livre au plus près, qui je l’espérai, me guiderait jusqu’à lui. Je tentais plusieurs fois d’immobiliser le centaure à l’aveugle, mais en vain. Je le perdis même complètement de vue, mais je suivais toujours le livre, faisant fi des branches qui me meurtrissaient ça et là. Je débouchai dans une clairière ou le Livre des Possibles s’était arrêté. J’étais à bout de souffle, mais je cherchai Clarence du regard, ainsi que son ravisseur. Baguette en main, foi d’O’Carley, s’il touchait à un seul de ses cheveux, j’étais prêt à en découdre ! Centaure ou pas centaure !



Dernière édition par Benedict O'Carley le Mar 12 Avr - 1:32, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Mar 12 Avr - 1:20

Le membre 'Benedict O'Carley' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Le dé du hasard' : 1

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#2 'Le dé du hasard' : 1
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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Lun 18 Avr - 16:45

Mais quelle mouche piqua le grand Horloger de l'univers, quand il mit sur la route de Benedict et Clarence un livre destiné à les tourmenter de ces mille et une façons ? Il faut bien convenir de l'incongruité des dernières heures, pour nos deux amis sorciers, qui n'eurent guère le choix, sinon suivre le tracé d'un sentier dessiné pour eux par la fourberie et les facéties d'un vieil esprit de cuir et de vélin. À la vérité, le grand Ordonnateur de toutes les choses – j'entends par là Dieu, ou le Grand-Tour, ou le Hamster Géant qui préside à l'Univers, ou le principe original et fondateur, choisissez – n'avait que très peu de responsabilité dans les malheurs du Macmillan, dans les déboires du O'Carley. Le seul à blâmer, c'était le livre des Possibles, qui n'offrait pas seulement de prodigieuses opportunités à ses lecteurs, mais aussi l'expérience de son extraordinaire mauvaise foi. Son hypocrisie excédait le cadre limité de sa tranche et de ses pages, elle coulait de ses coins comme l'encre à la pointe d'une plume, et gribouillait la vie des lecteurs infortunés qui n'avaient pas le bon sens et le bon goût d'agir selon le canevas qu'il tissait à chaque fois qu'un inconscient ou un fou l'ouvrait pour le lire.

Que d'hypocrisie et de duplicité dans la promesse d'une aventure dont le lecteur serait pleinement et librement le héros ! Ces choses-là sont des plaisanteries d'auteur, et lui seul détient le pouvoir, la puissance et la gloire, puisqu'il tient le Verbe, et se fait donc le gardien de la Vérité ! Or la vérité cruelle s'imposait au visage de Clarence à chaque fois que sa tête heurtait la branche d'un buisson ou la crête d'un monticule de terre, de boue, ou de substances aux odeurs nauséabondes... Ses cris ne ralentissaient pas la course du centaure, pas plus qu'ils n'apitoyaient le livre, dont la radiance haineuse diffusait derrière lui ses rayons de malice.  « Comment j'aimerais que tu puisses voir ta tête ! Je crois que c'est la meilleure soirée du siècle... pour moi, en tout cas. Oh, mais attends ! Je dois pouvoir te dessiner sur l'une de mes pages... que tu pourras consulter tout à l'heure ! Ah, excellent, j'ai encore un peu d'encre en réserve...  »

Mais les railleries du criminel grimoire éveillaient en Clarence des humeurs qui l'inclinaient moins à la vanité qu'à la colère. Qu'était-ce que ce jeu pervers dont le cadre se caractérisait justement par l'absence de règles ? Ne pourrait-il donc se reposer sur rien de concret pour identifier le chemin du retour à Poudlard ? Et devait-il craindre bien plus qu'un plongeon dans la boue ? La mort attendait-elle le lecteur trop imprudent ? Le livre avait fait mention du caractère exceptionnel de cette « sortie » en forêt. Peut-être qu'à nouveau terrain de jeu, nouvelles règles, nouvelles possibilités pour lui de trouver son divertissement ? Qui que fût le sorcier qui enchanta autrefois le bouquin, il était soit fou, soit malveillant, soit terriblement naïf, car voilà qu'il avait enfanté un artefact magique dont le plaisir et l'occupation supposaient d'infliger d'odieux tourments aux élèves d'une école de sorcellerie !

Parce qu'il devait penser à autre chose que le péril constant de voir son front heurter le faîte acéré d'un rocher, Clarence se promit d'en aviser le directeur et de réclamer le retrait du livre des rayonnages ouverts aux élèves. Un tel objet devait être éloigné, à tout prix, des sorciers trop jeunes ou trop imprudents, qui n'en sauraient quoi faire, sinon de vilaines choses ou des choses trop inconsidérées – des sorciers comme Benedict, en somme, qui manquaient parfois de circonspection et de précaution, et qui trop souvent donnaient de la véracité au mythe de la boîte de Pandore. Sa main se resserra sur le manche de sa baguette.

Il l'avait oubliée, mais voilà qu'elle se rappelait à lui ! Au moins n'était-il pas démuni et sans défense... mais était-il tout seul ? Benedict ne pourrait rivaliser à la course avec un centaure, en pleine nuit dans la forêt. Mais le livre était au-dessus d'eux comme un globe de lumière, ce qui sans doute orienterait le chemin de l'autre Serdaigle à travers la canopée endormie... à moins qu'il n'optât pour la solution la plus prudente et la plus sage, qui serait de regagner Poudlard au plus vite pour prévenir un professeur du rapt de Clarence par un centaure.

Bien sûr, même s'il n'était pas Gryffondor, il ne fallait pas compter sur Benedict pour être sage et prudent, et ce dernier abreuverait son courage à la fontaine intarissable de son insouciance pour se porter au secours de son ami. Clarence saisit au vol cette pensée et la chérit, car elle le rassurait, lui qui n'avait d'autre choix que de ballotter entre les doigts d'une créature aussi impressionnante qu'imprévisible. Quand il reverrait Benedict, nul doute qu'il lui reprocherait de ne pas avoir saisi l'occasion d'aller chercher de l'aide et du secours... mais nul doute aussi qu'il serait heureux de le retrouver comme jamais il ne fut heureux de retrouver quiconque.

Toutefois le centaure interrompit sa course et Clarence manqua de briser le cartilage de son nez sur la croupe musclée de l'animal.   « Oh, je vois où il t'a amené ! C'est le bosquet des sœurs de Solpétal ! Je comprends mieux les propos de l'imbécile feuillu, maintenant... bien, bien...  » Clarence n'avait pas tout à fait la tête à réfléchir à ce que les hésitations du livre impliquaient, puisque sa tête, à vrai dire, virevolta dans les airs jusqu'à tomber dans le panache d'une charmille endeuillée de ses feuilles, où sa peau connut la caresse griffue d'une kyrielle d'épines. Après la boue, les égratignures !

  « Une vraie tête à faire peur...  »entendit-il quand il se releva, mais le livre n'étant pas la menace immédiate, Clarence s'en désintéressa pour faire face au centaure. Il brandit sa baguette et arbora son visage le plus menaçant, mais ne sut que montrer la face d'un trouillard disputant son charisme à la moule ou à l'escargot. Le centaure, nullement ému ni impressionné, parla alors d'un voix chevaline et mystérieuse, rendue plus mystérieuse encore par la langue employée que Clarence ne maîtrisait hélas que trop peu – nul cours ne l'enseignait à Poudlard, et si le Macmillan en connaissait quelques mots et tournures, il ne les devait qu'à quelques heures d'études personnelles ici ou là. Il comprit ou devina cependant quelques bribes de ce que la créature essayait de lui dire. Blessure, magie, soin. Ou peut-être massue, bougie, groin ?

Clarence haussa tristement les épaules et essaya de faire comprendre à son grand interlocuteur qu'il ne le comprenait pas très bien mais qu'il faisait son possible... et discrètement, doucement, en essayant d'avoir l'air le moins menaçant possible, il pointa sa baguette vers le haut et après quelque incantation de premier secours, une gerbe de lumière rouge projeta au-dessus de lui un nuage d'étincelles rouges, qui achèverait sans doute de signaler sa position, au cas où Benedict serait dans les parages, ou les secours en provenance du château. Par chance, le centaure parut plus intéressé par la baguette de Clarence que par les signaux de détresse. Il pointait l'instrument de ses gros doigts et répétait à peu près les mêmes phrases. Le livre, quant à lui, demeurait silencieux, mais sa lumière scintillait d'agacement.
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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Lun 25 Avr - 21:48






Cela faisait belle lurette que j’avais perdu le centaure de vue. Je redoublai l’allure lorsque j’aperçus au loin des étincelles rouges, très certainement envoyées par Clarence ; du moins je l’espérais ; alors que le Livre des Possibles commençait à me distancer. Haletant, je déboulai dans la clairière où celui-ci venait de stopper, en suspension dans l’air. Je m’arrêtai à quelques mètre de sa lumière, les mains sur mes genoux peinant à reprendre mon souffle.

Le centaure fut la première créature que j’aperçus en levant le bout de mon nez, à la voix du grimoire cynique. Il se tenait dans un recoin du bosquet et sa robe brune laissait deviner sa forte musculature chevaline, mise en valeur par les reflets lumineux qu’émettait le livre. J’étais trop loin pour discerner son visage, mais je n’en avais pas besoin pour être impressionné, apeuré même ! Et en ce qui me concernait, cela n’avait rien d’ironique. J’avais envie de crier au livre de la mettre en sourdine, de ne pas énerver le centaure outre mesure, - car oui, à présent, j’en étais sûr, c’était bien un centaure - mais je n’avais pas encore retrouvé mon souffle et encore moins l’usage de la parole.

Ma main se resserra sur ma baguette. Je ne voyais pas Clarence, mais le centaure marmonnait des mots qui m’étaient peu intelligibles. Je déglutis péniblement, me remémorant à toute allure tout ce que j’avais pu lire sur les centaures. Ils n’étaient pas répertoriés comme des êtres et figuraient dans l’encyclopédie des animaux fantastiques, écrit par Newt Scatmander. C’était à leur propre demande qu’ils avaient été classifiés ainsi par le ministère de la magie. Une première fois, par solidarité avec les sirènes et les tritons qui eux non plus, n’étaient pas considérés comme des êtres à part entière et une autre fois, car ils ne souhaitaient partager ce statut d’être avec des créatures qu’ils méprisaient comme les harpies ou les vampires. S’ils comportaient la mention XXXX dans le livre des animaux fantastiques, ce n’était pas vraiment à cause de leur dangerosité, mais plutôt au respect avec lequel ils devaient être traités. Et moi qui avais osé lui jeter un sortilège pour tenter de l’immobiliser… En revanche, je ne connaissais pas bien l’application de législation magique lorsque l’une de ses créatures respectables s’en prenait à un élève. Ils n’étaient pas sensés s’en prendre aux élèves. Alors pourquoi ?

Reprenant un peu mes esprits, je retrouvais mon esprit logique et réfléchi, ainsi qu’une partie de mon courage. Le cœur battant, j’avançai prudemment dans la clairière, cogitant toujours à ce que je savais sur les centaures. Je n’avais encore jamais eu l’occasion d’en voir. C’était une première ! C’était excitant et fichtrement terrifiant. Ces créatures n’aimaient pas particulièrement les humains. Ils étaient très territoriaux et… Oh ! Jesus ! Etions-nous sur leur territoire ? Je fus pris d’un haut le cœur en imaginant ce qu’il avait pu faire à Clarence et mon teint déjà pâle sous la boue et les égratignures devint livide. Je voulu l’appeler, mais ma voix resta prisonnière de ma gorge.

Le centaure marmonna encore quelque chose et me sortit de ma torpeur. « Bah alors, tu comptes rester planter là toute la nuit ? » lança à mon instar, le Livre des Possibles. Je serrais les dents. J’étais tellement terrifié qu’aucun juron ne traversa ni mes lèvres, ni mon esprit. Je pointai alternativement ma baguette sur le livre et sur se centaure. Qu’avaient-ils fait à Clarence ? Mes pensées raisonnées s’embrouillaient. Je me remémorais les sors d’autodéfense les plus terribles que je connaissais. Je commençais à paniquer. La pointe de ma baguette se mit à irradier le coin obscur du bosquet résultant d’un Lumos Maxima informulé. Un sourire de soulagement fendit mon visage lorsque j’aperçus Clarence, mais cet apaisement fut de courte durée. Le centaure se retourna et me fit face, martelant le sol de ses sabots furieux. « Et bien alors, on a perdu sa langue ? »

Je mordis ma lèvre inférieure déjà égratignée et aussitôt, un immonde gout de rouille se répandit dans ma bouche. Une colère silencieuse venait se mêler à la peur qui me réduisait déjà au mutisme et qui me secouait de tremblements nerveux. A cet instant, j’avais la furieuse envie de réduire ce maudit livre en confettis. Cela me passa rapidement car le centaure, beaucoup plus grand que moi, me dominait de toute son imposante stature et était bien plus menaçant et inquiétant que le Livre des Possibles. Une fois encore, aucun son de franchit la barrière de mes lèvres lorsque je voulu m’adresser à lui. La baguette toujours érigée vers lui, je reculai d’un pas.

Les centaures sont des êtres Benedict ! Ils sont intelligents. Ils comprennent le langage humain. Ils ne s’en prennent pas aux élèves. J’essayai de m’auto-convaincre, mais je n’étais plus très sûr. J’étais tiraillé par de nombreuses émotions contradictoires allant de la fascination à la peur de me trouver devant pareille créature. Cette fois, sa voix grave parvint à mes oreilles mais je ne comprenais pas un traitre mot de ce qu’il disait. Il avait l’air furieux ou… impatient ou… j’étais très nul pour décrypter le faciès du centaure.

J’osai un regard en direction de Clarence. Je déglutis péniblement. « CLARENCE, TU VAS BIEN? » demandai-je à son intention en rivant de nouveau mes yeux sur le centaure, plus fort que je ne l’aurais voulu.
« A bah c’est pas trop tôt ! Moi qui pensait que tu… » mais le livre n’eut pas le loisir de terminer sa phrase que je lui lançai un Silencio informulé.

Lancé de dé :
1 : Le sortilège fonctionne
2 : Le livre se protège et dissipe le sort.
3 : Le sortilège ricoche.

Lancé de dé II si 3 au précédent :
1 : Le sortilège ricoche sur Bénédict
2 : Le sortilège ricoche sur le centaure
3 : Le sortilège ricoche sur Clarence


« Bien essayé ! Mais il va te falloir bien plus qu’un sort de bas niveau pour me réduire au silence. Au lieu de t’en prendre à moi, tu ferais bien de concentrer sur l’étalon ! Parce que ce n’est pas comme ça que vous allez pouvoir rentrer à Poudlard, c’est moi qui vous le dit ! Je te rappelle que tu as un sort irrésolu à résoudre, en plus de l’énigme du vieux feuillu ! » « La ferme ! » marmonai-je entre mes dents. « Quoi ? je n’ai pas bien entendu ? Tu as dit quelque chose ? »

Le centaure s’impatientait et frappait le sol de son sabot agacé. « Pardon !... Ne l’écoutez pas ! Il raconte n’importe quoi !... » « C’est toi qui t’égare mon cher, tu ne sais pas ce que tu dis ! » Je lançai un regard noir au livre, puis repris, à l’intention du centaure avec un débit accéléré par la crainte que l’animal m’inspirait : « Nous somme vraiment désolés si nous sommes entrés par erreur sur votre territoire. Voyez-vous, nous avons atterrit ici suite à un sortilège… » je jetai un regard au livre avant de poursuivre : « En fait non, c’est beaucoup plus compliqué. Nous avons trouvé ce livre à la bibliothèque et puis il y avait dedans ce sortilège écrit en dessous d’une très vieille sculpture qui aurait disparu dans la forêt il y a longtemps et… on ne sait pas comment, on s’est retrouvés là. Et puis on a été poursuivis par…un…un… » un cerf. C’est ridicule Benedict ! « Bref, on s’est perdus. Et puis on a rencontré ce veil arbre, Molimaro. Il causait tout en vers et il nous a dit de retrouver les deux sœurs et… » Mais cette fois, c’est le centaure qui m’interrompit « Molimaro ? » C’était le premier mot que je comprenais dans son jargon. « Oui ! C’est ça ! Mais… dites, vous comprenez ce que je vous dis ? » Les centaures étaient sensés comprendre et parler le langage des humains, puisqu’ils étaient en mesure de négocier leur condition avec le ministère de la magie. A moins que celui-ci ne soit un centaure étranger ? Les centaures parlaient-ils d’autres langues que l’anglais ? C’était des être intelligents, alors pourquoi pas ? Mais quand bien même, à ma connaissance, ils vivaient en troupeaux. Si celui-ci faisait partie du troupeau de centaure vivant dans la forêt interdite, il devait au moins parler anglais, non ?

Je m’étais tu. Mais de toute évidence, la communication ne passait pas très bien. Il recommença à baragouiner quelque chose que je ne compris pas, hormis le Molimaro noyé dans son dialecte centaure. En réalité, il nous contait comment les planètes et les étoiles lui avaient annoncé que deux sorciers viendraient se perdre en forêt par une nuit de lune ascendante, et que ces deux sorciers seraient en mesure de résoudre le problème que rencontrait la tribu de centaure depuis un certain temps maintenant. Un novice en langue centaure aurait pu déduire d’autres mots supplémentaires. Quoi qu’il en soit, je n’avais jamais fais centaure troisième langue à Poudlard, ni ailleurs et je n’étais pas en mesure de capter un traitre mot de ce qu’il racontait et je ne m’étais hélas, pas encore essayé à l’apprentissage du sortilège de traduction. Je comptais m’y mettre dès notre retour ! Si nous parvenions à sortir d’ici vivants ! Mais avant cela, il nous fallait trouver un moyen de communiquer avec lui.

Durant les explications du centaure, j’en avais profité pour essayer de rejoindre Clarence. Mais il n’était pas dupe et il avait vite compris la manœuvre. Il claqua des sabots entre nous deux et m’empêcha de le rejoindre. Je reculai d’un pas. « Ok ! On ne te veux pas de mal d’accord ? » Ne lui fait pas de mal ! Ne nous fait pas de mal ! pensais-je plutôt. « On ne comprend pas le centaure, d’accord ? On est vraiment désolés de t’avoir dérangé, mais, nous ce qu’on veut, c’est juste rentrer à Poudlard. » Ce mot aussi, il semblait l’avoir compris et il fronça aussitôt les sourcils.

Le vent s’engouffra dans le bosquet et les feuilles mortes au sol se mirent à tourbillonner. Le centaure leva les yeux au ciel, scrutant un point qu’il m’était impossible de distinguer à l’œil nu sur ce ciel d’encre. Le vent s’intensifia en une sorte de complainte. Je frissonnai de froid et de peur. Quelque chose de spectral semblait se dessiner dans le tourbillon de feuilles et le Livre des Possible était devenu étrangement silencieux tout à coup. Qu’est ce que c’était encore que ça ?



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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Lun 25 Avr - 21:48

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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Ven 29 Avr - 22:33

Dans un monde de pleine obscurité, il ne faut pas craindre les ombres. Au-dessus de leurs têtes étourdies de froid ou de peur, entre les branches des arbres, à la pâle lueur des quelques étoiles qui traçaient au ciel d'indicibles puzzles, le vent façonnait la silhouette spectrale d'un symbole d'unité, un arbre dont les feuilles dessinaient les rayons du soleil ; harmonie parfaite où l'arbre soutient l'astre et l'astre nourrit les racines. Dans les branches apparurent deux silhouettes d'enfants dont les chevelures tressées en nattes complexes décrivaient deux petites filles. Des sœurs peut-être ? L'arbre devint maisonnette et les fillettes vieille dame affairée autour d'une marmite. Quel était donc cet étrange récit dans l'air constellé ? La chaumière s'émietta pour n'être plus qu'une rivière querelleuse, dont les courants menaient à la porte arboricole d'une forêt ensommeillée. « Mais quel imbécile ! Voilà qu'il parle en dormant, le vieux gland ! »

Aux mots du Livre enragé, Clarence crut comprendre, mais il était au fond bien loin du compte. Par un curieux procédé, en vérité une magie très ancienne et par ailleurs inaccessible à la compréhension des deux élèves de Serdaigle ici présents, le sage Molimaro communiquait encore avec eux ; il rêvait, mais sa conscience demeurait éveillée, et transmettait jusqu'à eux la chair de ses songes, que transcrivait en lettres d'air une brise venue de ses branches frémissantes. Clarence attendit encore un signe de la part de ces manifestations frileuses et aériennes, mais il n'y avait plus rien que le murmure des feuilles dans le vent nocturne. Le centaure se montrait toujours méfiant à l'égard de Benedict, qui avait su trouver son chemin jusqu'à eux, et qui projetait alentour une vive lumière du bout de sa baguette. Clarence jeta un coup d’œil dans sa direction et dut plisser les yeux. Son ami le constaterait bien vite, il n'était qu'amoché... en surface. Il n'avait à souffrir aucune blessure grave, ce qui relevait sans doute de la plus insolente des chances. « Ne lui parle pas comme ça si longuement, s'il ne te comprend pas, cela ne fera que l'énerver davantage. »

Et les deux garçons n'avaient pas besoin de se faire un ennemi d'une créature capable de les réduire en bouillie de quelques coups de sabots. « Je crois me souvenir d'un truc que j'ai lu l'année dernière, sur l'histoire des Centaures des environs de Poudlard. Il me semble que l'une des tribus qui vit dans la Forêt interdite s'appelle la tribu du Bosquet des Sœurs et que ce bosquet, justement, est le bosquet des sœurs de Solpétal... deux sœurs qui ont vu leurs parents mourir aux mains de loups-garous et qui sont restés au cœur du bois à pleurer sans s'arrêter jusqu'à ce que leur poussent des racines, des branches et des feuilles... » Clarence resta indifférent au râle plaintif et exaspéré du Livre des Possibles. Il se rapprocha du centaure et celui-ci l'observa, l’œil dur et le poitrail animé d'un souffle vif. Clarence essaya de communiquer. Au prix de maints efforts, il parvint à se faire comprendre du centaure, et celui-ci accepta de conduire les deux jeunes sorciers jusqu'au bosquet des Sœurs de Solpétal.


Jet de dé I  : 1:
Le centaure est hostile.
2 : Le centaure est amical.
3 : Le centaure est imprévisible.


Jet de dé II a – première série :
1 : Échec critique au jet de logique
2 : Échec au jet de logique
3 : Réussite au jet de logique

Jet de dé II b – deuxième série (si réussite au jet de dé II a) :
1 : Clarence comprend le fonctionnement du Livre des possibles
2 : Clarence comprend les liens entre Molimaro et les Centaures
3 : Clarence comprend que le sort irrésolu est un leurre

Jet de dé III a – première série :
1 : Échec critique au jet de logique
2 : Échec au jet de logique
3 : Réussite au jet de logique

Jet de dé III b – deuxième série (si réussite au jet de dé III a) :
1 : Clarence confronte le Livre et obtient des réponses précises
2 : Clarence confronte le Livre et obtient des réponses vagues
3 : Clarence n'obtient rien

Jet de dé III c – troisième série (si réussite au jet de dé III a) :
1 : Clarence obtient du Livre de grandes concessions
2 : Clarence obtient du Livre de petites concessions
3 : Clarence n'obtient rien



Le centaure posa une main lourde et large sur le crâne de Clarence, ébouriffa les cheveux boueux et fit un signe aux deux sorciers : ils devaient le suivre. Clarence n'hésita pas une seconde et espéra que Benedict ferait preuve de ce même courage qui, chez lui, s'apparentait davantage à un vif désir de voir s'achever cette histoire, car il ne doutait pas un instant qu'à l'issue une belle leçon serait apprise. Sur le chemin que montrait la créature mi-homme mi cheval, dont le silence était à peine troublé des paroles d'une chanson étrange qu'elle fredonnait, Clarence se confia à Benedict :

« Tu sais, je crois que je commence à comprendre un truc. Le sort irrésolu n'a en fait rien à voir avec ce que nous sommes en train de vivre. » Devant l'air étonné de son camarade de classe, le jeune Macmillan crut bon de poursuivre et de s'expliquer.« En effet, j'ai noté l'insistance du Livre à nous en parler comme d'un point essentiel, et j'ai aussi noté qu'il a plusieurs fois cherché à nous embrouiller de ses explications... foireuses. Je crois que c'est la même chose. Il agite un chiffon rouge pour nous détourner du chemin et prolonger son passe-temps favori, à savoir se jouer des autres. » Clarence faisait rouler sa baguette entre ses doigts. Ce n'était là qu'une hypothèse, à l'appui d'une théorie, mais il était convaincu de son authenticité et de sa véracité. L'avenir lui donnerait d'ailleurs raison – comme toujours, enfin, comme souvent.

« Comprends-moi bien, je ne dis pas que le sortilège irrésolu n'est pour rien dans ce qui nous arrive. Je dis juste que c'est sans rapport. C'est sans doute la clef, enfin, l'énergie magique qui a activé le livre et son tintamarre d'événements. Comme une sorte d'allumette craquée pour embraser le bois dans l'âtre. Mais je pense que ce sortilège, qui d'ailleurs était griffonné si tu te souviens bien, a été ajouté bien après la reliure du livre, et qu'il est donc étranger à tout ce qui nous arrive. Ce qui m'invite à croire que nous ne devrions pas chercher à le résoudre, en tout cas ce soir, car ce serait s'éloigner de la fin de l'histoire que le Livre s'amuse à nous raconter depuis le début. » Le Livre d'ailleurs se taisait, et ce silence agacé témoignait de la réussite logique d'un Clarence auquel profitait décidément les bains de boue.

Bientôt, devant eux s'ouvrit une clairière étonnamment peu sombre, au cœur de laquelle une mare luisait de mille lucioles. De chaque côté s'élevaient deux arbres, dont les noueuses racines buvaient l'eau sombre. « Nous sommes arrivés... et c'est pire que ce que je craignais... »


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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Ven 29 Avr - 22:33

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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Ven 6 Mai - 23:11




J'étais nerveux et mon regard rivé sur les feuilles tourbillonnant dans l’air, distingua les contours d’un récit que le balais des feuilles mortes semblait nous conter. Etais-je en train de rêver ? Ou était-ce mon imagination fertile qui me jouait encore des tours ? J’ouvris la bouche pour solliciter Clarence et je sursautai à la voix du Livre des Possibles. Tandis que le centaure semblait absorbé par sa contemplation astrale, le préfet de Serdaigle m'avait rejoint et sa proximité me rassura. Je lui lançai une brève œillade complice et je vis d'ailleurs, à la lueur de ma baguette magique que son visage avait hérité de nouvelles marques suite à cette cavalcade dans laquelle le centaure l'avait entraîné. Si je les avais notées, je ne m'attardai pas davantage sur les plaies que comportaient son visage et peut-être même son corps d'ailleurs ; je ne devais pas non plus être dans bien un meilleur état. Mais il y avait plus urgent que nos égratignures respectives, pour l’heure. Le Livre nous fournissait de précieux indices sur ce qui se déroulait sous nos yeux. Un message de Molimaro, donc. Si je n’avais été si anxieux, j’aurais sans doute trouvé une boutade à lancer à Clarence à ce propos. Mais le centaure ne semblait pas s’intéresser à cet étonnant phénomène. Je reportai mon attention sur ce dernier, lui qui, de toute évidence ne nous écoutait plus, trop absorbé qu'il était par les constellations.

« Quoi? Comment ça il ne comprend pas? » demandai-je en baissant d’un ton. Puis, je me résignai à accepter l'indéniable, même si ma curiosité n'avait pas été satisfaite. Si le centaure m'avait compris sans doute aurait-il été possible d'engager une conversation avec lui. Je devais reconnaître que Clarence avait raison. J'écoutais ses explications avec attention, faisant également fi des plaintes du Livre des Possibles. Malgré la présence rassurante de mon ami, j’étais toujours aussi nerveux, face au centaure. J’avais aussi entendu parler de cette histoire mais… « Je croyais que ce n’était qu’un conte pour enfant. »
Je gardais le silence tandis que le préfet de Serdaigle tentait une approche afin de se faire comprendre de l’être sylvestre. Je n’étais pas serein, et ma main se resserra sur ma baguette. De nous deux, Clarence était le plus à même de pouvoir réussir ce prodige. Il avait toujours su y faire avec les animaux magiques. Cela sembla aussi fonctionner avec le centaure.

Soulagé, je m’approchai de Clarence et lui murmurai à l’oreille sans quitter le centaure des yeux : « Tu ne m’avais pas dit que tu avais pris Centaure troisième langue cette année ! »
Le regard du centaure me glaça le sang. Je lui adressai un sourire de pure convenance et murmurai à nouveau : « J’espère que tu sais ce que tu fais. » Je retins mon souffle lorsque je vis l’animal approcher. Ma main se resserra de nouveau sur ma baguette que j’aurais aussitôt pointé sur lui si Clarence ne m’en avait discrètement empêché. Je me détendis en m’apercevant que le centaure ne se montrait guère hostile ; envers lui, tout du moins.

Partagé entre la méfiance et la curiosité de savoir ce que le centaure attendait de nous, j’emboîtai le pas de mon ami, en prenant garde laisser une distance de sécurité convenable entre le Centaure et moi. Ma curiosité l’emportait toujours sur mes doutes et mes peurs. Clarence semblait beaucoup plus à l'aise et beaucoup plus détendu que moi à cet instant et son esprit vif ne semblait pas altéré par l’incongruité de notre situation. « Ah oui? » répliquai-je par pure rhétorique. J’étais aussi parvenu aux mêmes conclusions que lui au sujet du sortilège irrésolu. « En tout cas tout a commencé avec ce sort »  Mais je ne l'interrompis pas davantage et le laissai poursuivre. « Tu penses que le livre essaye de nous duper depuis le début ? Certes je reconnais qu'il a mauvais caractère mais c'est quand même le Livre des Possibles ! »
« Votre naïveté vous perdra ! On voit lequel des deux a le plus de jugeote ! Le sort irrésolu est la clef ! Je l’ai toujours dit ! C’est ce vieux feuillu qui vous mène en bateau ! Mais voilà, vous vous évertuez à ne pas m’écouter ! Vous préférez pactiser avec un vieux sorcier sénile qui a pris racine, mais lui, on ne s’en méfie pas assez hein ! Mais je vous aurais prévenu ! Vous ne viendrez pas vous plaindre lorsque vous vous jetterez tout droit dans la gueule du…»
Je pris une profonde inspiration. « Oh toi… ! » puis je m’emparai du livre que je fermai dans un claquement sourd. Sa lumière s’éteignit. Il essaya de répliquer entre mes mains, mais je maintins fermement la couverture fermée. « Et bien voilà ! » m’exclamai-je avec un air triomphant. Puis, fier de moi, j’adressai un sourire angélique à Clarence pour l’inciter à poursuivre l’exposé de sa théorie.

J’avais du mal à croire qu’un livre aussi fabuleux puisse se montrer aussi méprisant et prendre un malin plaisir de se jouer de deux étudiants. J'avais déjà envisagé toutes les possibilités, toutes les richesses qu’il avait à nous offrir : des aventures et des découvertes infinies. Ce livre m’était apparu comme étant un don du ciel. Mais tout cela aurait été trop beau pour être vrai, il fallait bien un revers à la médaille et je devais admettre que l’analyse de Clarence était plus que recevable et qu’elle se tenait.

Je me remémorai cette page que j'avais lue avec avidité et maintenant qu'il le disait, il m'appararu évident que le sortilège était écrit dans une écriture manuscrite : « C'est vrai… On aurait dit que ce sortilège avait été rajouté à la main. Si ta théorie se vérifie cela veut dire qu’il n'est pas dans l'intérêt du Livre des Possibles que nous résolvions ce sortilège. Mais alors pourquoi nous conduire sur des fausses pistes?  Le sorcier qui a mis au point ce sortilège devait avoir un humour douteux. »  dis-je sur un ton évasif.
Le livre avait cessé de grogner entre mes mains. Je ne savais vraiment comment interpréter son silence mais cela donnait du crédit à l’explication de Clarence. Je ne doutais aucunement des déductions plus que sensées de mon ami, mais une partie de moi avait envie de croire qu’il se trompait. Cependant, nous allions devoir poursuivre cette discussion plus tard.

Mes yeux s’arrondirent devant le spectacle fascinant qui s’offrait à nos yeux. « Woaaaah ! » lâchai-je spontanément. L’endroit avait un aspect quelque peu féérique avec ces milles et une lucioles luisant et se reflétant à la surface de cette étendue d’eau sombre et calme. Malgré sa beauté apparente l’endroit était étonnamment silencieux par rapport au reste de la forêt, et cela lui conférait un aspect quelque peu inquiétant et peu chaleureux.

Le centaure s’était arrêté. Je reconnu les deux arbres que nous avions vus se dessiner dans le mouvement des feuilles tout à l’heure. « Les sœurs de Solpétal… » déduisis-je à voix haute. « Ce n’était pas un conte en fin de compte. » Mais Clarence semblait être arrivé à une conclusion peu rassurante. Je tournai la tête vers lui, le dévisageant avec une certaine appréhension. « Comment ça ? »
Le centaure baragouina quelque chose. « Qu’est-ce qu’il a dit ? » demandai-je à Clarence, comme s’il était devenu évident que celui-ci puisse interpréter les dires de l’animal. Il était plus à même que moi de le comprendre, cela dit. Cette fois, je vis que son visage humain et barbu n’était plus si bourru et exprimait une certaine inquiétude, ce qui n’était pas pour me rassurer.

Je reportai mon attention sur les racines qui disparaissaient dans cette eau si sombre qu’on aurait dit de l’encre. « Ce doit être rudement profond ou… » A la lueur des lucioles, les racines des arbres m’apparurent comme fossilisées. « C’est moi ou … ? » J’orientai le faisceau de ma baguette en direction des arbres et nous pûmes constater que l’écorce avait une étrange couleur grisâtre, tout comme les branches et les feuilles. Je n’étais pas du tout expert en plantes, contrairement à Clarence, mais ceux-ci me semblaient dénués de toute essence de vie.

Je longeai le bord de la marre et m’approchai prudemment de l’un des arbres. A mesure que je me rapprochai, j’étais de plus en plus convaincu que le tronc était de pierre et j’en eu la certitude lorsque je posai ma main sur l’écorce, après avoir calé le Livre des Possibles sous mon bras. « Il est...froid. » Puis, me tournant vers Clarence : « C’est de la pierre ! » Je laissai ma main courir le long de l’énorme tronc, jusqu’à l’une des racines s’enfonçant dans l’eau. Je me penchai à la surface de cette dernière, l’illuminant de ma baguette afin d’en sonder la profondeur, mais je n’y vis que mon reflet. L’eau était si sombre qu’elle m’apparut comme une mare de pétrole. « C’est curieux ! » J’illuminai le sol autour de moi et me rendis compte que le sol était aussi dur que de la roche, que l’herbe était, elle aussi, de cette couleur grisâtre et apaisait complètement fanée. « Par Merlin ! T’as vu ça ?! » Je me baissai pour en toucher quelques brins, ils s’effritèrent entre mes doigts.
Je continuai mon inspection, et il s’avéra que tous les arbres de la clairière, jusqu’à la moindre plante étaient de pierre. Je terminai mon tour par le centaure qui était resté planté à la lisière de la clairière, là où l’herbe était encore herbe, comme s’il redoutait de poser un sabot dans cette clairière fossilisées.

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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Dim 8 Mai - 21:35

Clarence peu à peu recouvrait sa sérénité, pourtant il avait mille raisons d'être troublé. L'aventure les avait conduit bien loin des murs protecteurs et rassurants de Poudlard. Ce livre, tout impossible qu'il fût, leur réservait bien des surprises et des malheurs. Voilà qu'ils se trouvaient au beau milieu d'une zone de la Forêt interdite qu'ils ne connaissaient pas, là où nul autre élève, sans doute, ne vint jamais. Le bosquet des Sœurs de Solpétal témoignait d'une quiétude étrange, considérant le triste état que révélait un seul regard embrassant la clairière.

Mais Benedict s'était étonné que son ami susse comprendre le centaure. Clarence lui adressa un regard où la figue et le raisin semblait danser. « Oh, tu sais bien que j'aime les bêtes, et que j'ai du temps libre. Si quelqu'un traduisait pour nous la langue des charançons, tu te doutes bien que j'en apprendrais les bases... » C'était le genre de disciplines qui passaient pour superflues, mais le jeune Macmillan, bon élève, avait le luxe de ces exercices à la marge de son programme scolaire.

Cette nuit d'ailleurs prouvait bien que la matière la plus vaine en apparence se révélait parfois utile au moment le plus inopportun ! Benedict, ensuite, crut bien faire en s'attaquant directement au Livre des Possibles. Il le saisit au vol et le referma. Il y avait dans cette attitude enfantine une part de bon sens, et Clarence espéra qu'à l'avenir, les lèvres closes, leur compagnon du jour ne dirait plus rien. Il en avait plus qu'assez de l'entendre pérorer et claironner.

« Un humour douteux ? Je ne sais pas... son sortilège lui a peut-être échappé, c'est une possibilité qu'il ne faut pas écarter. À vrai dire, je laisserai ça à nos professeurs, ils sauront quoi en faire. Je n'ai qu'une envie, en finir avec ces âneries, rentrer, me laver, dormir. J'ai eu mon lot de cabrioles et de saletés pour l'année entière. » Sur ces paroles ils pénétrèrent le bosquet, à la suite du centaure. S'il fut plus discret que son ami, Clarence n'en fut pas moins admiratif et terrifié. Le centaure d'ailleurs confirma ses craintes. Benedict ne semblait pas voir ces maints détails qui venaient obscurcir un tableau d'ordinaire idyllique.

Clarence voulut répondre, mais il ne sut que dire. Les sœurs de Solpétal souffraient. Le hallier tout entier semblait frappé d'un mal terrible, d'une affliction silencieuse et croupissante. Ils avancèrent sur l'herbe et soudain, le cœur du jeune sorcier s'étrangla dans sa poitrine. Une vive émotion l'abattit, comme si quelque géant avait appuyé de ses deux mains sur ses épaules.

Il suivit Benedict, mais demeura à distance de l'eau et des deux arbres, pour mieux les contempler. Quel chagrin terrible accablait cet endroit ! C'était à croire qu'un détraqueur avait fait son nid sous la surface du bassin, mais ils ne trouveraient aucune de ces abjectes créatures par ici. Quelle tragédie que de voir l'herbe grise s'évaporer sous leurs pas, comme s'ils détruisaient le souvenir même d'un sol fertile et gras. Le centaure demeurait à l'entrée du bosquet, muet, visiblement inquiet.

Il ne fallait pas s'en étonner, nul autre animal n'aurait suivi l'exemple des deux sorciers. Même les oiseaux avaient déserté les branches de la canopée au-dessus de la mare. Le murmure lointain des bêtes de la nuit s'étouffait au cœur de la clairière, comme si quelque rideau d'ombre en tamisait l'écho. Il régnait là grande tranquillité, mais à quel prix étrange, épouvantable ? Un sinistre prodige était à l’œuvre. Ce vilain tour du Livre des Possibles dépassait de bien loin tout ce que le jeune Serdaigle aurait pu imaginer de méchanceté furieuse et de vilaine fourberie.

Il est des auteurs qui, avant d'écrire, devraient mieux réfléchir ; les beautés de ce monde sont si rares, qu'à chaque fois qu'un geste les menace, il faut s'en abstenir. Clarence se rapprocha de Benedict et parut pointer sur lui sa baguette, mais de la pointe il désigna bientôt les deux sœurs.  « C'est anormal. Et c'est ce que disait le centaure. Ce bois est malade. Je ne sais pour quelle raison, mais c'est insoutenable. » Clarence avait pourtant compris que le Livre des Possibles les conduiraient sur un chemin d'aventures où tout pourrait se produire, ou le pire comme le meilleur dépendraient de leurs choix et s'articuleraient autour d'une sorte de jeu littéraire.

Il était loin pourtant de se douter qu'à la seule fin du divertissement, le Livre se montrerait capable de pareille infamie. Bien qu'il sût que tout rentrerait dans l'ordre une fois la boucle résolu, le jeune sorcier n'en éprouva pas moins grande colère à l'égard de ce maleficarum, cet objet diabolique animé manifestement des pires intentions. Tout curieux qu'il était, tout étonné qu'il demeurait des mécanismes magiques inscrits dans les pages de ce grimoire, l'audace odieuse de celui-ci dispersait en lui toute soif de savoir au profit d'un besoin impérieux de rétablir la blanche des choses. Rendre au bosquet sa quiétude d'éternité.

Un grand mal frappait les deux sœurs, qui se voyaient priver de leur seule consolation : pleurer. Le livre seul était-il responsable ? Clarence et Benedict avaient-ils à ce point mal choisi parmi les options qui se présentaient ? Le préfet refusait de jouer davantage. Il  quitta des yeux le cruel spectacle des deux arbres pétrifiés. Il n'était pas un Serpentard, et comptait bien le prouver.« C'est assez. Puisque ce livre veut jouer, nous allons jouer. Pose-le au sol. Je vais le brûler. »
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Message Sujet: Re: Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]   Mar 10 Mai - 22:13




JJ’étais plutôt figues, que raisin. Aussi ne m’offusquai-je pas à la remarque sarcastique de Clarence que j’accueillis avec le sourire. S’il aimait à se passionner pour des langues incongrues, moi, en revanche, je prenais un malin plaisir à manier la mienne avec verve, ferveur et précision, soucieux que j’étais du plaisir insolite. J’aimais tout comme lui, embrasser les chemins de traverses du programme scolaire pour satisfaire mon insatiable curiosité. C’était d’ailleurs à ce travers, que nous devions tous deux notre présence en ces lieux.

Un rictus désapprobateur déforma le coin de mes lèvres à la mention des professeurs. « Tu veux rire ! Si un prof sait que nous… »  je m’interrompis soudainement. J’avais non seulement oublié de lui dire où j’avais trouvé le grimoire, mais également que je l’avais eu dans un endroit qui m’était parfaitement défendu, comme à la plupart des élèves, qui plus-est. Et comme aventure rimait bien souvent avec infraction au règlement… « Hmmm… Viol du couvre-feu, de l’article D-25a qui stipule que la forêt interdite est… comme son nom l’indique, interdite. Je pourrais en citer quelques autres, mais je pense que tu connais aussi bien le règlement que moi. Tu penses qu’on risque de perdre combien de points avec ça, déjà ? »  demandai-je d’un ton ironique.

Clarence était préfet et avait d’ordinaire une conduite presque irréprochable, je ne pouvais pas en dire autant. La perte de points n’était rien comparé à ce que je risquais, moi. Il aurait été quelque peu suicidaire d’aller voir un professeur pour lui exploser toutes les règles que nous avions enfreintes rien que cette nuit, de plus, en ce qui me concernait, avouer que j’avais déniché ce livre dans la réserve de la bibliothèque, revenait à alourdir un peu plus le casier noir de mon dossier scolaire, déjà bien fourni en sanctions diverses et variées, allant de la simple punition pour bavardage à répétition en classe, en passant par le viol à répétition du couvre feu pour marivaudage nocturne, naturellement, et pouvant aller jusqu’à la mise à pied pour blessure involontaire suite à la pratique de magie noire. Je m’estimais déjà chanceux de ne pas avoir été expulsé en cinquième année pour ça. Depuis, j’avais comme une épée de Damoclès en permanence au dessus de la tête que les récents évènements et la présence des Aurors dans l’enceinte de l’école rendait plus menaçante que jamais. Il était donc hors de question pour moi de remettre quoi que ce soit à un adulte ! « Ils n’en feront rien. Ils l’enfermeront de nouveau au fin fond de la réserve et puis basta ! Jusqu’à ce que quelqu’un d’autre le trouve. » Je n’ajoutais rien de plus car le bosquet m’avait laissé sans voix.

Après avoir joué les inspecteurs à la recherche du moindre indice sur la scène qui se jouait ici, je suivis du regard la pointe de la baguette de Clarence qui désignait les sœurs de Solpétal. Si j’étais resté à observer les lieus d’un regard purement pragmatique, je fus saisi par l’empathie évidente du préfet de Serdaigle et lorsque je croisais ses prunelles chocolat, je sentis ma gorge se nouer.

Il me fallu quelques secondes pour reprendre mes esprits lorsque la voix de Clarence se raffermit et m’intimait de poser le livre avec la ferme intention de le détruire. « P…Pardon ? » demandai-je, abasourdit. Sans m’en rendre compte, ma prise s’était raffermie sur la couverture du livre. « Qu’est-ce que tu racontes ? Tu disais tout à l’heure que le livre n’avait vraisemblablement rien à voir avec tout ça ! Et je pense que tu as raison ! C’est le Livre des Possibles, certes, il est odieux, je te l’accorde, mais je ne pense pas qu’il soit responsable de… de ça. Réfléchis-une seconde, veux-tu ? Demande au centaure ! Je ne crois pas que la forêt a été pétrifiée à cause de lui. Il y a forcément une explication ! Quelque chose d’autre à l’œuvre. Je ne sais pas quoi mais…Nous allons le découvrir ! »


Je me mis à faire les cents pas. « Le livre doit pouvoir nous ramener à Poudlard. La résolution du sort est peut-être la clef. Mais quel rapport avec la forêt ? C’est Molimaro qui nous a parlé des sœurs Solpétal, souviens-toi ! Molimaro et le livre se connaissent. Ce qui veut dire… qu’ils se sont peut-être rencontrés auparavant. Peut-être…. Peut-être que ce livre a été ensorcelé à l’époque ou Molimaro fut transformé en gland ! Mais ça n’explique pas les sœurs qui pleurent où aucune fleur… »

Je réfléchissais ardemment. « Comment le centaure a-t-il su que nous étions là ? Pourquoi nous ? Les centaures sont réputés pour exceller en matière de guérison magique et en… divination. Il savait… Il savait que nous allions venir. »  Je m’interrompis dans mes allers et venues et plongeais mon regard azuré dans les prunelles de Clarence : « Tu crois qu’il pense qu’on est capable de sauver le bosquet ? »  Sentant l’excitation m’envahir, je me détournai aussitôt du préfet, suivant le fil de mes réflexions : « Qu’est ce qui peut dépétrifier ? »  J’étais peut-être très nul en botanique pratique, mais en revanche, je comblais mes lacunes par mes lectures approfondies. « Le philtre de mandragore ! »  Je fis volte-face, lançant à Clarence un regard de défi.

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Sa voix est celle de la forêt, sauvage et pure [Benedict, Clarence]

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