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 Behind blue eyes [Zacharius]

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+ SORCIER DEPUIS LE : 31/12/2015
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Message Sujet: Behind blue eyes [Zacharius]   Sam 20 Fév - 12:05

" No one knows what it's like
To be mistreated, to be defeated
Behind blue eyes "



Chaque fois que Cillian se retrouvait hors de chez lui, en société pour ainsi dire, il se souvenait pourquoi il essayait autant que faire se peut de l'éviter : parce que les êtres humains étaient terriblement lents et stupides. Oh, pardonnez-le, ce n'était un jugement motivé par un narcissisme exacerbé. Au contraire, le jeune homme faisait preuve d'une humilité que les membres de sa famille ne connaissait pas. De sa part, c'était une simple constatation, neutre et froide qui, d'accord, aurait pu avoir une formulation plus indulgente mais Cillian pensait les choses en toute simplicité, allant droit au but dans ses paroles comme dans ses gestes. Il était né avec une intelligence tout à fait hors du commun. Ce n'était pas une chance, non. Ou peut-être que si, mais il était encore trop jeune pour ne pas se laisser agacer par les balbutiements inefficaces de ceux qui foulaient le monde autour de lui.

Quelque part, son intellect exceptionnel n'avait pas été un don sans dommage. C'était comme si la place trop grande qui lui était alloué dans son cerveau l'avait démuni d'autres aptitudes telle que la sociabilité ou la capacité à laisser ses émotions déformer les traits de son visage pour communiquer ses états d'âme à ceux qui regardaient. Aussi, pour tout spectateur de la beauté empoisonnée transmise par sa mère, ses traits restaient imperturbablement neutres, qu'il soit heureux, triste ou en colère. Les lèvres closes et rectilignes. Les pommettes hautes et tranchantes. Les yeux d'un bleu glacé à vous filer la chair de poule. Un maintien impeccable. Un port de tête altier sans arrogance. Des mouvements un peu rigides mais non moins mesurés au centimètre près. Personne pour se targuer de l'avoir déjà vu sourire. Pas depuis qu'il n'était plus le petit garçon complice avec sa jumelle qui le suivait partout du moins. C'est-à-dire, pas depuis très très longtemps.

C'était bientôt la fin des vacances et Cillian s'était fait violence pour sortir du Manoir des Dolohov afin d'aller refaire ses provisions d'herbes et autres ingrédients en tous genres. Il avait laissé une petite fortune chez Morguelune Onguents et Potions ainsi que chez Barjow et Beurk puis s'était dirigé d'un pas discret vers le Chaudron Baveur où, en s'asseyant à une table même un peu à l'écart, il parvenait toujours à glaner quelques messes basses. Parfois, c'était des informations utiles, primordiales. Et, parfois, c'était totalement sans intérêt. Comme aujourd'hui.

« Et là, le Pansedefer Ukranien m'a regardé avec ses deux yeux noirs sans pupille tout en battant de ses immenses ailes de dragon. »
« Bon sang ! Tu as du avoir la peur de ta vie, Aldous. T'as fait quoi ? »
« Je me suis enfui. Qu'est-ce que tu crois ? »
« Hé bin... Tu parles d'une sacrée histoire. »

Les épaules de Cillian se contractèrent. Argh ! Trop tard, son intellect était piqué et la vérité réclamait d'être restituée. Tout en essayant de convaincre son corps de n'en rien faire, il abandonna son verre à moitié bu et se leva de la banquette pour venir se placer devant la table de ses bavards voisins. Ses iris bleu glace vinrent se ficher sur celles du menteur comme une flèche au cœur d'une cible et il lâcha sobrement cette explication :

« Les Pansedefers Ukraniens ont les yeux rouges. Depuis qu'en 1732, le Ministère de la Magie Russe - à l'époque l'Ukraine indépendante n'existait pas encore - les a fait ensevelir dans les montagnes parce qu'il n'arrivait plus à endiguer la croissance de leur population. Seulement, ils ne sont pas tous morts. La plupart ont continué à vivre dans l'obscurité, développant ainsi une acuité visuelle particulière qui a rendu leurs yeux rouges et décoloré leur cuir dans la teinte argent que nous leur connaissons aujourd'hui. »

Les deux sorciers qu'il avait interrompu étaient bouche bée, tout comme les clients suffisamment proches de la scène pour avoir entendu la petite leçon. Maintenant que la vérité avait été rétabli, Cillian se sentait beaucoup mieux. Avec la brusquerie dans laquelle il était apparu, le jeune homme commença à se détourner de la table, ce qui sortit finalement le menteur de sa stupeur. Ce dernier se leva de sa chaise et posa sa grosse patte menaçante sur l'épaule mince de celui qui lui était inconnu.

« Minute, gamin. Qu'est-ce que tu viens dire là ? »

Son camarade s'empressa de réagir en chuchotant d'une voix teintée par la peur.

« Laisse, laisse, Aldous... »

Mais l'autre rétorquait déjà :

« Pas question ! Il me traite de menteur. Hey, morveux ! Regarde-moi quand j'te parle. »

Dans un calme olympien, le visage parfaitement inexpressif, Cillian se retourna pour se trouver nez à nez avec le colosse qui était clairement plus fort que lui. Du moins, à mains nues. Mais le serdaigle usait de la magie informulée. Il savait donc qu'il n'avait pas besoin de sa baguette pour le réduire au silence avec des sortilèges. Toutefois, ce n'était même pas la raison pour laquelle il n'avait pas peur de lui. Même en admettant que le type puisse lui décoller une droite avant qu'il n'ait le temps de formuler un sort, Cillian n'avait pas peur de souffrir. La douleur, il la connaissait par cœur. Physique et mentale aussi. Dans le secret du manoir familial, son père l'entraînait à la supporter.

« Les Pansedefers Ukrainiens ont les yeux rouges » répéta-t-il sereinement, sans défi dans la voix. Il voulait juste faire reconnaître une vérité d'ordre général et tant pis si ça ne plaisait pas à ceux qui n'affectionnaient pas l'exactitude des faits.

« Tu vas voir si... »

« Aldous ! » intervint l'autre sorcier en gémissant presque. « Lâche-le, je te dis. C'est... C'est l'héritier des Dolohov. »

Et comme si ces simples mots l'avait mordu, le menteur, soudain très pâle, retira vivement sa main de l'épaule de Cillian. Il commença à balbutier quelque chose – des excuses peut-être ? - avant de quitter l'endroit en grande hâte, son ami sur les talons.
Las, le serdaigle épousseta consciencieusement sa cape au niveau de l'épaule que l'homme avait touché, ne supportant pas le moindre pli sur ses vêtements, et finit par retourner s'asseoir tandis que les conversations reprenaient peu à peu en teneur et en volume autour de lui.

« Vous l'avez bien mouché, le gros » s'exclama une jeune serveuse en passant près de sa position, adjoignant un clin d'oeil. Elle troublait sans doute plus d'un client avec son sourire charmeur, ses boucles dorées et sa poitrine avantageusement présentée dans un chemisier blanc mais Cillian n'y jeta même pas un regard. Il se contenta de hausser les épaules.

« Ce n'était pas le but. Mon intervention visait seulement à rétablir un fait. »

Le sourire colgate de la blondinette se figea quelques secondes tandis qu'elle se demandait de quelle planète ce jeune homme insensible à ses charmes ostentatoires et à la posture glaciale pouvait bien venir.

« Si vous le dîtes. » Elle préféra battre en retraite, laissant son mystérieux client à la contemplation de son verre de bièraubeurre à moitié vide. Ou à moitié plein, vous connaissez le truc.


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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Mer 24 Fév - 1:57


Les yeux mi-clôts, il traversa la foule, Moïse de cette mer de sorciers. Les effluves des herbes aromatiques qu'il venait d'acheter, dans leur emballage de papier, lui chatouillaient les narines. Leur parfum le calmait, quand ses sens étaient en ébullitions, quand même la peinture ne parvenait à faire terre le tonnerre qui grondait sous son crâne, quand les heures tournaient mais que le sommeil s'enfuyaient. 

Il n'était pas Pré-au-lard et ses allées bruyantes, il n'était pas cette foule qui engloutissait l'espace, mais il avait besoin de ses herbes et préférais encore ce léger supplices à celui de devoir côtoyer des moldus pour obtenir ses produits. Une désagréablement sensation de sécheresse lui emplit la bouche et ses pas l'amenèrent instinctivement au Chaudron baveur. Alors qu'il s'était décidé à rentrer chez lui, l'expérimentateur se surprise à pousser la porte du bar à sorciers. C'était rare qu'il venait ici de lui-même. Ses missions l'obligeait souvent à rester sociable en cet endroit, mais ce n'était jamais avec plaisir.

Les doigts resserrer sur le sac d'aromates, Zacharius s'avança lentement vers le comptoir, avec un léger sourire poli de circonstance. "Une limonade, s'il vous plait." L'homme eut un haussement de sourire exaspéré en surprenant le sourire en coin d'un homme à sa gauche, choppe en main. À croire que le pub était réserver au pilier de bar. Zacharius patienta silencieusement en attendant sa commande. Un coup d'éclat attira son attention. L'ancien Serdaigle se retourna et assista, amusé, à l'humiliation de deux hommes face à un jeune. Il entre-ouvrit légèrement les lèvres vers un sourire de satisfaction. Il reconnaissait ce visage imperturbable, pour déjà l'avoir croisé à plusieurs reprises auprès de la famille Dolohov. Ce devait être le jeune fils. L'un des hommes avait sur le visage une expression parfaitement délicieuse, celui de l'animal acculé qui pense prendre l'avantage en se jeter dans la gueule du prédateur. Doux espoir fugace sitôt mouché.

Lui qui s'attendais avec délice à une bagarre fut rapidement dessus. L'un des deux hommes en face du jeune Dolohov semblait avoir compris à qui il avait à faire, et les deux finirent pas par prendre la fuite. "Votre limonade." Zacharius cligna des yeux, étonné. Il en avait oublié sa commande. Il fouilla dans sa poche pour sortir les mornilles requises qu'il posa sur le comptoir. "Merci." Sans un regard pour le serveur, Zacharius attrapa le verre qu'il termina en quelques longues gorgés. Il posa le verre sur le comptoir puis s'approcha du jeune homme au visage de glace, sans un regarde non plus pour la serveuse.

"La générosité c'est aussi d'offrir aux idiots de se complaindre dans le bêtise. L'ignorance rend heureux, à ce qu'il parait." Railla l'homme. Les mains derrière le dos, il offrit au jeune Dolohov sont habituel sourire poli. Zacharius dévisagea à loisir le jeune homme, dont l'absence d'expression l'intriguait. Il avait l'habitude d'interpréter les réactions des personnes avec lesquels il interagissait, habitude de comprendre s'ils étaient hostiles ou favorables à sa présence. Pas un tic nerveux ne secouait le visage figé du jeune homme. "Vous êtes le jeune Dolohov." Il semblait à Zacharius que c'était la première fois qu'il voyait le rejeton Dolohov seul loin de sa famille. Il brûlait d'envie de gratter sous sa surface, de le provoquer pour voir ce qui allait en sortir. Ses relations avec la famille Dolohov était, disons, légèrement tendue. Savoir qu'il oeuvrait pour leur camp ne semblait pas suffire à la famille de sang-pur qui ne loupait pas une occasion de lui montrer tout le mépris qu'il avait face à son sang incertain.

"Je suis Zacharius Hamilton. Nous nous sommes déjà croisé je crois."
Le mangemort s'inclina légèrement, poliment. Il posa se main sur la chaise face au garçon et caressa le bois du bout de ses doigts. "Puis-je ?" Contre tout principe de politesse de base, l'ancien Serdaigle tira la chaise et s'y installa, sans même avoir l'autorisation du noble. Il posa son sac d'aromates sur la table et poussa un soupir de satisfaction. "Il y a du thym, du tilleul et de la menthe. Ça aide pour le sommeil." Zacharius eu un large sourire de satisfaction en voyant un éclat de surprise traverser les yeux du jeune homme, qui n'avait jeter qu'un bref regard intrigué vers le sac.

L'homme héla un serveur, pour lui commander un second verre de limonade, pour son palais asséché, avant de plonger son regard dans les pupilles océaniques du noble. "Les dragons c'est votre passion ? Ou vous êtes plutôt branché humiliation publique ?" Zacharius ponctua sa question d'un bref sourire crispé, conscient que si le jeune Dolohov était comme ses parents il allait surement balayer son trait d'humour piquant d'un geste de mains méprisants. Mais la curiosité était trop forte. Et il avait l'espoir secret que sa conversation avec le rejeton Dolohov pourrait agacer ses géniteurs.




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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Ven 4 Mar - 21:39

On lui adressait la parole.

Le dos toujours bien droit, la nuque raide et le menton altier, Cillian leva ses yeux couleur glace vers Zacharius sans bouger la tête. Il les plongea dans les siens sans hésitation. L'intensité de son regard sembla percer un chemin jusqu'au coeur du mangemort et lire directement dans son âme avec une indiscrétion à laquelle le malheureux n'aurait pu se soustraire. C'était généralement l'effet que faisaient ses iris trop claires, trop étranges. Furtivement, ces dernières coururent sur la silhouette de l'homme qui s'était senti capable de lui adresser la parole et elles analysèrent tout. De la facture de ses vêtements à la position de son corps en passant par la courbe polie de son sourire.

L'inconnu sembla vouloir s'assurer de son identité mais ce n'était pas vraiment une question. Plutôt une déclaration. A vrai dire, il était difficile de douter de son identité quand on connaissait sa mère dont il était le portrait quasiment parfait. Un visage fin et gracieux. Les mêmes cheveux d'encre mais de discrètes taches de rousseur sur les pommettes qui attiraient l'attention sur des yeux atypiques. Certes, ceux du fils étaient encore plus perturbants que ceux de Madame Dolohov dont les iris azur mettaient déjà mal à l'aise les gens qui devaient l'approcher.

Zacharius Hamilton. Le visage, comme le nom, lui disait quelque chose. Son père ne l'aimait pas. Ça avait un rapport avec son sang, si sa mémoire était bonne. Enfin, c'était assez facile. Toutes les personnes qu'Helven Dolohov n'aimait pas avaient des origines douteuses. Il lui semblait se rappeler que son père avait humilié l'homme qui lui faisait à présent face en diverses occasions. Il devait donc être sur la réserve. Un mage noir n'était pas quelqu'un que l'on devait sous-estimer mais alors si en plus il avait un grief contre sa famille...

Le légendaire flemme britannique doublé de l'incapacité de Cillian à faire montre de la moindre émotion dissimula à Zacharius à quel point il était surpris de le voir s'installer à sa table. D'habitude, les gens fuyaient sa présence comme la peste. Il n'était pas habitué à devoir endurer la compagnie d'un être humain. Oui, endurer. Non pas que la présence du Hamilton soit malvenue. Pas du tout. C'est juste que le jeune homme n'avait pas la moindre idée de quoi faire et de quoi dire dans une situation sociale qui n'impliquait pas les membres de sa famille. Il avait essayé parfois, il y a des années, mais sa bizarrerie avait souvent été mal comprise alors il avait préféré se renfermer sur lui-même et rester dans son coin. A l'abri.

En provenance du sac que Zacharius posa sur la table, Cillian crut entendre un bruissement de feuilles et le mage noir confirma bientôt sa pensée. Il aimait les potions. Beaucoup. A vrai dire, il s'y intéressait de très près depuis que son père avait commencé à le former à l'art d'élaborer des poisons. En peu de temps – et grâce à un intellect hors des normes – il avait réussi à assimiler toutes les connaissances de son paternel dans ce domaine et même à l'outre-passer. Secrètement, il cherchait à élaborer des antidotes pour chacun des poisons inventés par les Dolohov. Plusieurs fois, il avait failli être découvert dans l'herboristerie du manoir familial. Heureusement, sa trahison restait encore inconnue. Pour le moment.

Zacharius le regardait dans les yeux et c'était chose peu commune que de parvenir à soutenir son regard couleur glace. Pas parce qu'il était méchant, juste parce qu'il mettait généralement mal à l'aise. Personne n'aimait sentir qu'on lisait dans leur âme.
A la dernière question du mage noir (la seule qui ne fut pas rhétorique), Cillian sentit ses pommettes aiguisées se teinter légèrement de rose. Ses doigts démesurément longs tapotèrent le bois de la table. Comme la serveuse, son interlocuteur pensait qu'il avait voulu jouer le tyran en reprenant le sorcier vantard. « Il semble qu'il y ait un consensus quant à mon intention mais je vous assure que la correction était pour le propos et non pour l'homme qui le tenait. » Oui, il s'exprimait vraiment comme ça, Cillian Dolohov. Pas comme les adolescents de son âge, c'était certain. Il enroula ses doigts fins autour de son verre, pour se donner quelque chose à faire, et intensifia son regard avant d'ajouter d'une voix parfaitement égale : « Cela dit, j'aime les dragons. Comme toutes les autres créatures magiques. » La pointe de ses oreilles rosirent comme il précisait : « Je les trouve fascinantes. » Tellement plus intéressantes que les êtres humains ! Sauf que, ça, il n'allait pas le dire tout haut. Ça sonnait déjà bizarre dans sa tête alors il savait bien que ce serait mal vu s'il proclamait qu'il préférait les animaux aux Hommes.

Cillian étudia encore un peu le visage de Zacharius, calmement. Que lui voulait cette homme que ses parents n'aimaient pas ?
Il y avait sans doute des tonnes de choses que le Dolohov aurait pu dire ensuite. S'il avait été 'normal'. S'il avait su se conduire en société. S'il avait compris comment fonctionnaient les discussions généralement insipides dont on ne retirait rien et qui semblaient seulement destinées à faire passer le temps. Sauf que, voilà, c'était Cillian. Un génie autodidacte à la limite de l'autiste.
Il pencha sa superbe tête brune sur le coté et demanda : « Pourquoi avez-vous du mal à trouver le sommeil ? »
Une question toute simple mais aussi tellement personnelle.


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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Sam 12 Mar - 1:35

Les yeux du jeune Dolohov étaient hypnotisant. Leur reflet était calme comme un mer avant la tempête. Zacharius ne détacha pas son regard de Cillian. Il guettait une réaction, un tic, un trouble. Son absence d’expression agaça tout d’abord le mangemort puis, lorsque le jeune élève de Poudlard passa complètement à côté de l’ironie de sa question rhétorique, un large sourire se dessina sur ses lèvres. La psychologie humaine avait toujours fasciné Zacharius. C’était bien la seule discipline purement moldue qui aurait mérité de faire ses entrées à Poudlard. Le jeu de l’analyste amusait follement l’ancien Serdaigle. Le jeune homme avait une manière si particulière de s’emballer à la mention des animaux magique, un engouement assez touchant, qui attendrissait presque Zacharius. La fascination envers les créatures magiques, il connaissait aussi jusqu’à en oublier le genre humain, il connaissait aussi.

Le jeune Dolohov se risqua pour la première fois depuis le début de leur échange à une maladroite question. Zacharius aurait pu être flatté qu’il sorte de sa zone de confort, et pourtant son sourire disparu. Pour la première fois depuis le début de l’échange, Zacharius rompit le contact visuel. Il ramena son regard à ses mains, qui enserraient toujours son sac en papier. Étrange question, si simple et que pourtant personne ne pose jamais. Milles réponses naquirent dans son esprit. Il ne dormais pas parce qu’il fuyait le sommeil, parce qu’il avait peur d’être inconscient pendant quelques instants. Il ne dormait pas car lorsqu’il abaissait ses paupières, il sentait encore l’odeur des cierges en combustion de sa jeunesse et celle de l’essence du bûcher. Il sentait l’odeur de sa chair calcinée quand il cherchait le sommeil. Il ne dormait pas car le sommeil le rend vulnérable face à ses démons. Il ne dormait par pour rester maitre de ses pensées et actes. Il ne dormait pas car la Justice n’avait pas encore été rendu. Ce à quoi Zacharius se contenta de relever les yeux, et de répondre simple : « Il faut croire que la nuit nourrit trop mon esprit. », dans une tentative d’humour maladroite.

Un peu étourdis par sa tempête mentale, Zacharius inspira une grande lampée d’air, laissant l’oxygène emplir ses poumons. Il détacha ses mains du sac, en se rendant compte que sous le coup de l’émotion il venait presque de déchirer le papier. Ne sachant quoi faire de ses mains, il les posa sur la table, devant lui. Le regard du jeune Dolohov restait éternellement imperturbable. Un peu trop pour que ce soit une simple réserve de politesse. Pour se changer les idées, Zacharius s’amusa à pousser encore un peu plus le noble dans ses retranchement. « Tes parents ne seraient surement pas heureux de voir que tu m’adresses la parole. Tu n’as pas peur de jouer avec le feu ? » Du bout de ses doigts, il jouait distraitement avec le verre vide de sa limonade. « Et tu es bien impoli. J’ai décliné mon identité et je ne connais toujours pas ton prénom, jeune homme. » Pour un homme qui était juste venu faire poliment la conversation, Zacharius était conscient d’aller trop loin. Mais il sentait que pour avoir quelque chose du jeune Dolohov, il faudrait le brusquer.

La mangemort était beaucoup trop intrigué par le jeune sang-pur pour rester cloitré dans le cadre de la politesse. Il était habitué aux regards méprisants et sourire dédaigneux de ses parents et tenait à comprendre jusqu’à où leur rejeton était différent d’eux – Bien que physiquement, la ressemblance était plus que frappante. De son côté, Zacharius se demandait si le jeune sang-pur savait qui il était. Savait-il qu'il était mangemort ? L'expérimentateur se doutait que même s'il savait, cela n'expliquerait pas sa réserver. L'homme se redressa sur sa chaise, posa ses mains sur ses genoues pour lança un sourire de nouveau amusé à l'étudiant. « Faut pas avoir peur. » Et son sourire s'élargit, dans l'attente de le voir, une fois de plus, tiquer sans comprendre l'ironie.

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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Mar 29 Mar - 21:26

Quand Zacharius rompit le contact visuel, Cillian battit plusieurs fois des cils. Il avait l'habitude que les gens ne parviennent pas à soutenir ses iris bleu glace qui mettaient extrêmement mal à l'aise mais il avait l'intuition que la raison pour laquelle le mage noir avait fui cette fois était tout autre. C'était plutôt sa question que ses yeux qui l'avait poussé à se retrancher dans une zone de confort. Le jeune homme le regarda tripoter son sac à papier, comme si la réponse se trouvait à l'intérieur. Et, en fait, peut-être bien s'il revenait de chez l'herboriste. On trouvait toutes sortes de plantes là-bas, il en savait quelque chose.

Cillian ne s'attendait plus à recevoir une réponse lorsque Zacharius ouvrit de nouveau la bouche. La nuit qui nourrissait trop bien son esprit ? Il y avait un mystère là-dessous, il pouvait le sentir. La curiosité du sorcier était piquée. Il sentait que son interlocuteur était au bord d'un terrain glissant. Aussi ne fut-il pas réellement surpris de le voir changer le sens de la conversation. Celui qu'il choisit en revanche était plus inattendu.

Évidemment, il était difficile de ne pas comprendre quand un Dolohov ne vous aimait pas. Disons qu'ils n'étaient pas particulièrement discrets dans leur dédain et leur haine. Leurs convictions, ils s'en paraient comme des princes. Ils lançaient des modes. Ils poussaient les autres à considérer que s'ils avaient un avis différent du leur, c'était que quelque chose n'allait pas chez eux. Les Dolohov étaient des serpents. Ils pouvaient s'arranger pour vous faire prendre une décision qui les arrangent eux tout en vous faisant penser que l'idée vient de vous.
Tout cela pour dire que Zacharius Hamilton n'ignorait pas qu'Helven et son épouse ne pouvaient pas le voir en tapisserie.

La remarque de son impolitesse ne froissa pas Cillian. En vérité, il n'avait pas décliné son prénom, c'est parce qu'il était persuadé que son interlocuteur le connaissait déjà. Non pas qu'il se savait éminemment célèbre parmi les mages noirs mais disons qu'il s'était rarement retrouvé en situation d'anonymat, alors que c'était ce qu'il désirait la plus grande partie du temps.

La dernière provocation était gentille. Inoffensive. Elle ne réussirait pas non plus provoquer une réaction chez le jeune homme. Parce que Cillian n'avait peur de rien. Oh, ce n'était pas une formulation héroïque exigée par l'orgueil. Pas du tout. C'était un fait. Comme celui qu'il était incapable de rire ou de pleurer. Il était né sans la capacité d'éprouver des émotions. Et cela ferait peut-être de lui le sorcier le plus dangereux que le monde eut jamais vu.
A moins qu'un petit Morguelune ne parvienne à percer son bouclier d'invincibilité pour le faire l'aimer, et ainsi déclencher en lui un processus d'humanisation sans précédent.

Cillian, qui n'appréciait pas particulièrement les contacts physiques, se fit violence pour étendre le bras au dessus de la table et déplier ses doigts extraordinairement longs et minces en direction de Zacharius afin qu'il lui sert la main. C'était ce qui se faisait pour les présentations, il l'avait vu quelque part, et il assurait ainsi à l'homme qui lui faisait face qu'il n'avait pas peur d'être vu en sa compagnie. Si son aîné se pliait au jeu, il découvrirait que la peau de cet élève brillant était encore plus glacée que le bleu de ses iris, si c'était possible.

« Mon nom est Cillian Alliser Fedric Dolohov » lâcha-t-il de sa voix douce et blanche. Il n'était pas bien sûr qu'il devait dire tous ses prénoms mais bon. Avec sa sérénité caractéristique, il ajouta : « Je ne crains pas d'être vu en train de vous parler. Pourquoi le devrais-je ? Nous sommes des esprits libres. Je peux faire mes propres choix. J’essuierais patiemment la colère qui pourrait s'abattre sur moi mais, au bout du compte, nul n'aura corrompu ma pensée ni mes actions. »

Il était si calme, si sûr de lui. Et pourtant, si jeune aussi. Ses yeux bleu glace épousèrent les contours du visage de Zacharius. C'était un bel homme qu'il avait devant lui. Dans d'autres circonstances sans doute ses oreilles auraient rougi.

« C'est vous qui êtes venu me parler », observa Cillian comme une simple constatation et non comme un reproche. « Alors que vous saviez déjà qui étaient mes parents. Vous non plus vous n'avez pas peur. » Il pencha légèrement la tête sur le coté avant d'ajouter : « A moins que vous ne preniez quelques plaisirs à fouler les fourmilières du bout du pied. » Cillian était vraiment à deux doigts de sourire – il l'aurait fait si son superbe visage l'avait pu – mais ses traits marqués s'adoucirent seulement alors qu'il soufflait : « J'espère que vous n'êtes pas trop déçu de ne pas me voir vous sauter à la gorge. J'imagine que cela vous aurait donné suffisamment de bois pour entretenir le feu de votre inimitié avec les Dolohov mais, vous voyez, si vous ne souhaitez pas ma mort nous n'avons aucune raison d'être ennemis. Je dirais même, si vous me permettez d'être aussi présomptueux, que je vois dans le contenu de ce sac et l'intelligence de votre regard des motifs suffisants pour nous entendre. »

Car, oui, Cillian s'intéressait aux potions, aux filtres et aux décoctions en tous genres. Et puis, d'autre part, qui était contre sa famille était un peu également avec lui. Même s'il ne pouvait pas encore faire part au monde entier de son désaccord avec les idées radicales des Dolohov.
« Qu'en dîtes-vous ? »


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Mar 3 Mai - 22:27, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Ven 29 Avr - 1:48


La réaction du jeune Dolohov, resté silencieux, surpris Zacharius, mais il n’en montra rien. L’homme déroula ses doigts et avança sa main en direction de celle du jeune garçon. Il lui serra la main d’une poigne ferme, réprimant d’un frisson le contact de sa peau tiède sur celle, glacé, du sang-pur. Le jeune Dolohov se contenta de garder sa main dans la sienne, et un frémissement au coin de sa bouche montrait qu’il n’était pas spécialement à l’aise avec se contact, ce qui arracha un demi-sourire ironique au mangemort. À l’annonce de la farandole de prénoms du sang-pur, l’homme baissa la tête avec un sourire élargit et lui lâcha la main. Il releva son visage pour écouter le jeune homme disserter. « Bien sur, Cilian Alliser Frederic Dolohov, l’esprit libre. » Ses yeux se plissèrent dans un réel sourire, il ne s’était pas attendu à ce que cette conversation devienne aussi amusante.

« Tu as une façon… intéressante de voir les choses. » Incapable de rester entièrement inactif, Zacharius craqua ses doigts un à un. « En effet, nous sommes libre… Mais je pensais que la liberté était une notion toute relative dans les plus anciennes familles. » Malgré son admiration pour les anciennes familles de sang-pur, une pointe de frustration transperçait dans la voix du mangemort. Ses relations avec les familles de la noblesse sorcière avaient toujours été paradoxales : elles étaient pour lui l’idéal de pureté, l’idéal d’ascension de l’être humain par rapport à sa situation animal. Pourtant il ne pouvait s’empêcher de trouver dans les fondements-même de leur le principe de pureté sélective une certaine décadence. Si mettre de côté les cas intéressants du fait de la qualité de leur sang n’était pas spécialement intelligent, le danger résidait plutôt dans le fait de mêler les lignages entre eux, menaçant de réduire le nombre déjà si peu nombreux de sang-pur. Il serait pour lui plus sensé de modifier les modalités d’appartenance à la classe de sang-pur. Malgré son léger agacement, il continua néanmoins de soutenir le regard de Cilian Dolohov. Ses yeux bleus de glace avait un quelque chose d’hypnotisant. Et surtout, Zacharius ressentait la concentration de l’attention du jeune sang-pur et ne tenait pas à louper quelque chose qu’il pourrait découvrir sur lui.

À la remarque très simple de Cilian, Zacharius laissa s’échapper un petit rire et inclina légèrement la tête. « En effet. » Comme il s’y était attendu, le sang-pur cherchait à le décortiquer. Plus qu’à voir lequel des deux était le meilleur à ce jeu là. « Je n’ai pas peur, personne ne viendra me taper sur les doigts. Je suis simplement… curieux. » La justesse de l’analyse de Cilian surpris Zacharius, mais il se garda bien de le montrer sur son visage. Le mangemort se dit que face à lui les faux semblant ne servaient à rien. D’autant plus que Cilian était très clairement au jour de son rôle auprès du Seigneur des ténèbres. L’ancien Serdaigle se décida donc à jouer franc-jeu. « Quelque chose comme ça, en effet. J’aime la théâtralité, tu me refuse un rare plaisir. Dommage, je trouverais un autre moyen d’agiter la fourmilière Dolohov. » Zacharius accompagna sa réplique par un sourire ironique.

Le mangemort inclina humblement la tête. « Soit, entendons-nous donc. » Il lança à Cilian un sourire amusé. « Je suppose que tu ne tiens pas trop à ce que l’on conclu notre accord par une poignée de mains ? » La maladresse de sa tentative de reproduction du geste social n’avait pas échappé à l’expérimentateur. Celui-ci se contenta donc de s’adosser de manière plus confortable au dossier de sa chaise en observant intensément le jeune homme, détaillant ses traits glaciaux. Lui qui arrivait pourtant aisément à comprendre les autres individus avait à présent du mal à sonder le jeune sang-pur. Son attitude envers sa famille était assez paradoxale, il leur était étrangement déloyal, et avec tellement de désinvolture. Zacharius brulait d’envie de le questionner à ce sujet, mais avait peur de son interlocuteur se rétracte comme une huitre, bien qu’il ne semblait que peu enclin à ce type de comportement. À vrai dire, le mangemort était si heureux d’avoir un semblant de confiance du jeune Dolohov qu’il ne tenait pas à en fêler les prémisses.

L’homme préféra plutôt amener le jeune sang-pur vers ce qui semblait étrangement l’intéresser pour poser les bases de leur future entente. « Tu sembles très intrigué par mon sac. » Glissa doucement Zacharius, en étayant ses propos par un geste de main en directement du sac en papier. « Tu aimes les potions. » La phrase était plus une affirmation qu’une question. « Ce pour leur rigueur ? Ou pour le principe de créer quelque chose ? » Zacharius sourit au jeune homme en se grattant la barde. Si l’absence totale de réaction faciale de Cilian était perturbant, cela ne dérangeait pas spécialement Zacharius, qui se contrait sur les paroles du sang-pur. L’honnêteté aussi innocente a l’avantage de rendre futile les expressions du visage. « Ou peut-être parce que, face à ton chaudron, tu es le maitre incontesté de ta création, que tu n’as plus besoin de te soumettre à des règles, ou à des… pressions. » Zacharius observait Cilian avec curiosité, se demandant encore quelle pouvait-être la cause de son absence apparente de loyauté envers les Dolohov.

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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Mar 3 Mai - 12:02

Évidemment, Cillian ne saisit pas le sarcasme dont fit preuve Zacharius en reprenant tous ses prénoms. Toutes les formes d'humour lui échappaient généralement – ce qui le rendait malgré tout attendrissant selon certaines personnes assez folles pour poser un tel qualificatif sur son nom. Cependant, il se rendit compte qu'il avait amusé le Mangemort parce que le sourire de ce dernier troubla momentanément les battements de son cœur.
Il avait devant lui un esprit manifestement affûté. Une intelligence qui venait lécher la sienne, l'entraîner doucement dans une danse où seule la souplesse de la pensée était nécessaire. Heureusement d'ailleurs parce que le corps du jeune homme était si raide qu'il faisait un piètre danseur lors des bals exigeants organisés par la bourgeoisie sorcière. La plupart du temps, parler avec d'autres êtres humains lui était la pire des corvées. Comparé à un esprit aussi prodigieusement vif que le sien, forcément, il leur semblait lents, empâtés, hasardeux.

Personne pour venir lui taper sur les doigts ? Était-ce à dire que Zacharius n'avait pas de famille ? Cillian ne se souvenait pas si ses parents avaient déjà parlé de ça. Il se demanda ce que ça faisait, de ne pas avoir de famille. Il savait qu'il existait des orphelinats dans le monde entier et, quelque part, même s'il ne souhaitait à personne de naître chez les Dolohov, il sentait un peu coupable par rapport à eux de vouloir quitter la sienne. Afin, tout était relatif, bien sûr. Sans doute qu'aucun de ces gamins abandonnés ne lui tiendraient rigueur de vouloir fuir un père qui voulait faire de lui un tueur en série et qui le passait à tabac chaque fois qu'il faisait quelque chose qui n'allait pas dans ce sens. Il suffisait d'écarter le col de son pull pour apercevoir l'inscription qu'Helven avait gravé dans la peau de son fils, d'une clavicule à l'autre, après une séance d'Endoloris : FORTITUDO E DOLORE (tirer sa force de sa douleur). Trois mots qu'il lui avait interdit d'effacer, pour ne pas oublier.
Comme s'il l'avait pu...

Un nouveau sourire de son interlocuteur l'éloigna de ses sombres souvenirs. Une nouvelle poignée de mains ? Non, merci. Quoique... C'était différent avec cet interlocuteur-là. Le contact avait plus été comme une caresse apaisante. Il n'avait pas éprouvé l'envie de retirer ses doigts comme si on l'avait brûlé. Ce qui était suffisamment rare pour que le monde de la magie commémore ce jour en réservant la date sur son calendrier.
Zacharius l'attira sur le sujet des potions mais avant de lui répondre, il tint à glisser une simple observation statistique : « A la vue du nombre d'agents pathogènes véhiculés par la peau au niveau des doigts, il serait plus sain que l'on s'embrasse. » Un certain docteur Spencer Reid, d'une certaine série tv moldue serait entièrement d'accord avec lui.

La pointe de ses oreilles se mit à rougir et il détourna les yeux pour fixer son attention sur le sac en papier. Bien. Que dire au sujet des potions ? Zacharius avait précisément trouvé les trois raisons pour lesquelles cet art intéressait tant l'étudiant.
Le mangemort lui souriait encore. Cillian luttait contre l'envie de reporter son regard sur lui. Il n'était pas du tout habitué à autant de marques de... d'affection ? Ni de la part de sa famille, évidemment, mais encore moins de la part des étrangers. Ceux qui connaissaient son nom s'écartaient de sa route avec méfiance et ceux qui ne le connaissaient pas étaient simplement repoussés par son attitude froide et sa posture rigide. Il aurait vraiment fallu être barjot pour juste s'asseoir à sa table et lui taper la discussion en souriant franchement. Zacharius le faisait se sentir normal, pour la première fois de sa vie. C'était pathétique à exprimer ainsi mais il ne faudrait sans doute pas grand chose pour que le mangemort s'adjoigne l'affection de l'héritier des Dolohov, comme un maître celle d'un chien errant. S'il continuait de se montrer si gentil et compréhensif. Parce que, au fond, tout esprit brillant que l'on soit, l'amour d'un proche n'était-ce pas ce que tout cœur humain cherchait ?

Cillian desserra ses jolies lèvres pour parler mais marqua une hésitation. Ses yeux bleu glace retournèrent subitement se plonger dans ceux de Zacharius et il eut un froncement de sourcils, de gêne et de timidité mêlées, avant de lâcher :
« Vous... me troublez, monsieur Hamilton. » Bam ! L'honnêteté de Cillian Dolohov. Évidemment, cette déclaration méritait d'être explicitée. Ce qui ne tarda pas. « Je me demande comment et pourquoi vous semblez si bien me comprendre quand les personnes qui m'ont mis au monde puis élevé sont tellement étrangères à mon mode de fonctionnement. » Ses longs doigts tapotèrent doucement le bois de la table. « J'aime les potions. Pour la rigueur que leur confection exige de celui qui prétend à l'excellence dans cette discipline. Pour l'innovation qu'elle permet si on a le talent suffisant pour en étudier la chimie des mélanges et ainsi réfléchir à d'autres mariages d'ingrédients, apportant nécessairement d'autres effets et donc d'autres fins. » Ses pupilles se dilatèrent une fraction de seconde. « Et parce que c'est ma création, en effet. Parce que le résultat sera le fruit de ma volonté seule, affranchie de celle de tous les autres. » Il ne fallait pas être bien malin pour comprendre que le jeune homme confirmait ce que le sorcier avait commencé à découvrir.

La porte de la taverne s'ouvrit et Cillian tendit l'oreille. Des ricanements de femmes. Pas de quoi s'affoler encore.

A regret, le serdaigle glissa :« Il me paraît juste de vous informer que c'est mon père qui m'a donné rendez-vous ici. Il ne devrait plus tarder. »
Il observa étroitement la réaction de Zacharius sur son visage et se mordit la lèvre inférieure quelques secondes, le temps d'hésiter à reprendre la parole. Oh, et puis, pourquoi pas ?
« Est-ce que nous pourrions nous revoir ? Quelque part... en privé. » Ses yeux caressèrent ceux de son interlocuteur. « J'aimerais poursuivre cette conversation dans un endroit où les mots n'auraient pas à craindre d'être dits. » Une pause et puis cet aveu désarmant de simplicité : « Je vous aime bien, monsieur Hamilton. » De la bouche d'un Dolohov, ce devait être une première.
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Message Sujet: Re: Behind blue eyes [Zacharius]   Dim 8 Mai - 16:04


Zacharius haussa les sourcils, quand le jeune sang-pur lui proposa qu’il s’embrasse. Il se redressa sur sa chaise en dévisageant le garçon, légèrement perplexe sur ses intentions. Certes, s’embrasser était une pratique courante dans certains pays à l’étranger, mais en Grande Bretagne la pratique était bien saugrenu. Cillian évita son regard, et Zacharius le sentit gêné pour la première fois. Son visage pouvait donc exprimer quelque chose. Un léger sourire retrouva ses lèvres, il semblait alors évident que ce n’était là qu’une maladresse du Serdaigle, peut habitué aux rapports sociaux. Il avait parfois des airs d’un petit animal perdu, pas à sa place dans le monde humain.

L’homme cessa un moment de fixer Cillian avec insistance, pour lui laisser le temps de surmonter sa gêne. Il releva les yeux vers son visage de glace à l’annonce de son trouble. La bouche entre-ouverte,  il se retint de formuler une interrogation, car il semblait que le garçon n’en avait pas finit, et croisa les doigts dans une position d’attente. Le jeune Dolohov avait une manière à la fois brusque et délicate d’informer de ses états d’esprit. Une franchise étrange. Zacharius soutint le regard gelé de Cillian lorsque celui-ci s’expliqua. Le mangemort avait de la peine pour sa pauvre âme, juste et pourtant traité avec injustice. Que les Dolohov ne comprennent pas leur propre fils, cela ne l’étonnait guère. Il n’avait jamais tellement vu de lueur d’intelligence dans les yeux de Helven Dolohov. Lorsqu’on est aussi brutale bêtement, c’est souvent pour camoufler un déficit de QI.

Il acquiesça lorsque Cillian lui parlait de potion et porta machinalement sa main sur le sac de papier, dont s’échapper encore d’agréables effluves. C’était un domaine subtile et fascinant, qui ne pardonnait pas la moindre erreur mais qui en même temps démultipliait le champs des possibles. Zacharius avait longtemps hésiter entre poursuivre dans l’art des sortilèges ou celui des potions. Il avait préféré l’un mais n’avait jamais abandonner l’autre. Il ne répondit rien, et ne ressentit pas la moindre satisfaction d’avoir visé juste. C’était dans l’ordre des choses. L’homme avait finit par accepte cet instinct parfois bien trop omniprésent au goût de ses interlocuteur. Mais Cillian n’en semblait en rien effrayé. Peut-être car sa famille était beaucoup plus effrayante qu’un simple instinct trop aiguisé. Zacharius retint un rictus de mépris à cette pensée, Merlin savait qu’il n’avait que peu de respect pour les Dolohov, mais à voir comment Cillian craignait son père son respect avait encore diminué.

« Je comprend, je ne crains pas ton père mais mieux vaut surement qu’il ne te vois pas en ma compagnie. » Lui répondit amèrement le mangemort. « Je suis heureux qu’on ai pu parler… » Il s’interrompit en comprenant que le jeune Dolohov avait quelque chose à ajouter. Son aveu le surpris et l’attrista. Pour s’attacher aussi vite à lui, en l’espace d’à peine une conversation il fallut que son âme fut bien seule. Il hésita, puis le répondit. « Envoie moi un hibou. Je suppose que tu n’auras pas trop de mal à découvrir mon adresse, tes parents la connaissent. » Zacharius laissa passer quelques secondes avant de continuer, avec son éternel sourire ironique. « Compte sur moi pour faire des cachotteries à tes parents, ils ne savent pas la chance qu’ils ont. » Avoir le jeune Dolohov de son côté ne pouvait que lui être bénéfique.

L’homme se leva, contourna la table et alla poser une main rassurante sur l’épaule du jeune homme, qui tressailli au contact physique. Il se pencha légèrement vers son oreille pour lui glisser. « Je sais ce que ça fait de se sentir… différent. Ne cède pas aux autres, surtout pas à ta famille. Alors n’hésite pas, je reprendrais cette conversation avec plaisir. Tes parents ne sont pas assez ambitieux, il ne voit pas à quel point tu pourrais faire de grandes choses. » Zacharius se redressa, retira sa main et offrit un sourire franc au sang-pur. « Ce fut un étonnant plaisir de faire ta connaissance Cillian. » Il attrapa son sac de papier du bout de ses doigts. « À bientôt, j’espère. » Après un dernier sourire compatissant, le mangemort finit par se détourner de son nouveau petit protégé.

Le mangemort se dirigea lentement vers la sortie côté sorciers du Chaudron baveur – il ne côtoierait les moldus pour rien au monde. Il s’arrêta en remarquant qu’une homme lui bloquait le chemin. Un bref regard lui fit croiser les yeux froids de Helven Dolohov. Zacharius, imperturbable, lui offrit un bref signe de tête avec un sourire profondément ironique, puis le contourna pour sortir. Son dernier regard, avant de refermer la porte derrière lui, fut pour Cillian. Il plaignait le pauvre garçon d’être né dans une telle famille. Quel gâchis pour son intelligence. Les gens que le mangemort estimait n’était pas nombreux, et ce garçon pourrait bien avoir quelque chose de prometteur, s’il utilisait son intelligence, ce don précieux, à bon escient.

Zacharius sorti, avec une étrange sensation au creux de l'estomac, celle d'être à présent responsable du sort de cet oisillon esseulé, qui n'aspirait qu'à ouvrir grandes ses ailes.

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