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 L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]

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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 28 Fév - 11:58

L’attentisme et le fatalisme, pour Nocturnus, c’était à peu près la même chose. Il n’avait jamais été l’ami le plus patient ni le plus compréhensif que l’on pût avoir à Poudlard. Il parlait, volontiers, et il se montrait tolérant, la plupart du temps, mais ceux qui acceptaient leur sort sans remuer les montagnes pour le changer s’exposaient à des remarques qu’il ne voulait pas dures mais qui ne l’étaient pas moins. Lui-même se reprochait souvent, au fond de lui, de ne rien faire pour résoudre sa propre situation et de ne pas prendre son secret à bras le corps.

Les escaliers restaient calmes alors que le jeune Morguelune les parcourait du regard. Peut-être que les dernières bavboules s’étaient coincées entre la jointure de certaines pierres, peut-être avaient-elles été capturées, peut-être qu’il était vain de les attendre là. Après tout, elles finiraient bien par refaire leur apparition dans leur sac, d’elles-mêmes, et Nocturnus n’aurait plus qu’à revoir ses méthodes de sécurité.

Cillian reprit la parole et Nocturnus lui adressa un regard en coin, toujours accoudé à la rambarde.

— Hmmm…

Cette remarque pensive et très constructive trahissait la délicatesse du problème. En vérité, Nocturnus ne savait pas, concrètement, comment on se faisait des amis. Il en avait toujours eu. Question de charisme, supposait-il. Il y avait les amis qu’il réquisitionnait d’autorité, parce qu’il les embarquait dans ses aventures, les amis qui étaient plutôt des groupies, les bons camarades des mauvais coups, les… Toute sa vie durant, l’apprenti enchanteur avait été bien entouré : son caractère affirmé en irritait plus d’un, c’était certain, mais il avait aussi le mérite d’attirer à lui celles et ceux qui appréciaient un enthousiasme et une inventivité toujours renouvelés.

Il essaya donc de se remémorer sa rencontre avec quelques-uns de ses meilleurs camarades et d’y retrouver ce qui avait fait qu’ils étaient restés amis mais ses réflexions furent interrompus par la question de Cillian. Une nouvelle fois, Nocturnus détacha son regard du vaste système des escaliers pour observer le Dolohov.

— Oui. C’est mon grand-père qui a fondé la boutique, quand il est arrivé en Grande-Bretagne. Il a épousé ma grand-mère, tu sais, l’Auror.

Mrs. Morguelune était, à sa façon, une petite célébrité dans le monde des sorciers : elle avait arrêté plus d’un dangereux criminel et passait pour avoir été l’une des enquêtrices les plus redoutables — et les plus dangereuses — de son époque. D’aucuns auraient été étonnés de la voir désormais couler des jours heureux et (relativement) calme au milieu des ruches qu’elle entretenait dans sa propriété à la campagne.

Nocturnus avait beaucoup hérité de sa grand-mère, tant pour ce qui était des aptitudes magiques que du tempérament aventureux.

— C’est mes parents qui tiennent ça en ce moment. ‘Fin, pas en ce moment, là maintenant. Là, ils sont en voyage, pour étudier des trucs.

Et ça n’avait pas l’air de beaucoup le réjouir.

— Les expérimentations bizarres, faut croire qu’c’est une affaire de famille.

Et il n’avait pas tort : il devait beaucoup de son goût pour l’innovation et la recherche magique aux travaux de ses parents. Pour certains clients des Morguelune et certains amis de Nocturnus, les activités des uns et de l’autre tenaient au tâtonnement excentrique mais, en vérité, Nocturnus avait appris très tôt que les grandes inventions naissaient de la conjonction entre des théories bien comprises et des expériences bien menées. Si ses propres créations étaient parfois atypiques, le jeune homme n’en procédait pas moins avec une méthode plus sûre et plus réfléchie qu’il ne voulait bien le laisser paraître.

— J’t’inviterai à la maison, s’tu veux, un jour. T’inquiètes, t’auras même pas b’soin d’parler, mes parents font très bien la conversation tout seul. Tout ce que tu as toujours rêvé de pas savoir sur les racines de machin chose, expliqué en long et en large.

Il avait dit cela avec un sourire attendri qui témoignait bien que son ennui n’était que feint. En vérité, Nocturnus n’avait jamais traversé de crise de l’adolescence et il n’avait jamais nourri le moindre ressentiment un peu sérieux à l’égard de ses parents, pour lesquels il avait une affection vive et sans cesse renouvelée.

— Bon, c’la dit, parler, c’est d’jà un bon moyen d’se faire des amis.

Cillian n’allait pas s’en tirer si facilement !

— T’sais, en vrai, les gens, ils s’attendent pas à des conversations passionnantes. Parfois, faut parler juste pour parler. Ça parait peut-être idiot, vu de loin, mais faut voir ça un peu comme… Disons des oiseaux qui gazouillent, les uns près des autres, juste pour savoir qu’ils sont là. C’est une manière de s’communiquer un sentiment de proximité. Les gens qui parlent de la pluie et du beau temps, par exemple, concrètement, ça sert à rien, genre ils vont pas changer la météo, mais au fond, ça les rapproche. C’que j’veux dire, c’est qu’tu peux parler sans avoir quelque chose à dire ou sans chercher à obtenir une réaction et voir c’qui s’passe. Les gens, ils s’ront déjà sensibles au fait qu’tu veuilles leur parler. Au pire, ils trouveront ça chiant mais passer du statut de psychopathe à celui de mec ennuyeux, c’est quand même déjà une sacrée promotion.

Nocturnus esquissa un sourire.

— J’te taquine, hein.

Un peu d’autodérision ne faisait jamais de mal.

— J’vais t’en présenter, moi, des gens. On f’ra un jeu, j’sais pas, ou un groupe d’études, un truc qui donne une raison d’être là et qui impose pas de tellement faire la conversation et ce s’ra plus facile. Un bon début, quoi. T’en penses quoi ?
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Ven 4 Mar - 22:48

Cillian remercia intérieurement Nocturnus de jouer le jeu en acceptant son changement de sujet. Oh, il se doutait bien qu'il ne pourrait pas éternellement échapper au bouillonnant Serdaigle mais il lui offrait déjà un répit bienvenu.
Quoi que le fait qu'il se remette à le regarder n'arrangeait pas vraiment le rougissement inévitable de ses oreilles.

L'héritier des Dolohov se concentra sur ses propos. C'est vrai que la grand-mère du petit Morguelune avait été Auror. C'était un peu comme si ces deux-là n'étaient pas destinés à s'entendre en fin de compte. Cette pensée lui mit un peu le vague à l'âme. Il avait envie de s'entendre avec Nocturnus, lui. A vrai dire, s'il avait été plus lucide, il se serait rendu compte qu'il avait envie de plus que ça avec Nocturnus. Mais bon. Rien qu'être son ami était déjà risqué. Peut-être qu'il devrait s'empêcher d'avoir ce genre de pensées. Peut-être que ce serait plus prudent pour le petit sorcier s'il le maintenait à distance.

Tout en écoutant le quatrième année parler de sa famille, Cillian ne manqua pas de remarquer qu'il avait l'air de beaucoup aimer ses parents, chose qu'il ne pouvait pas entièrement comprendre. Chez les Dolohov, on n'était pas vraiment du genre câlin. Il n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être la couleur préférée de sa mère ou le surnom d'enfance de son père. Ils ne partageaient pas ça. Seulement ce qui était utile à la Grandeur. Aucun petit moment, bénin, juste destiné à resserrer les liens qui les unissaient. C'était un autre genre de lien qui unissait Cillian à ses parents. Le lien du sang, dans plusieurs sens du terme. Aucune émotion ou alors si bien dissimulée qu'elle en devenait invisible. Jamais ses parents ne lui avaient assuré qu'ils l'aimaient. Pas même lorsqu'il était tout-petit et que les cauchemars le réveillaient la nuit.

Quand Nocturnus lui parla de l'inviter chez lui, dans sa maison, pour rencontrer sa famille, Cillian en fut bouleversé. La glace de ses yeux sembla fondre et sa mâchoire se desserra. Il contempla longuement son interlocuteur sans rien dire, émerveillé par la simplicité avec laquelle le petit sorcier parlait, bougeait, respirait. Cette simplicité le rendait incroyablement beau. Cillian battit plusieurs fois des cils pour tenter de lutter contre le sortilège dont il croyait être la victime.

Là, dans les escaliers, maintenant, il aurait pu le prendre dans ses bras pour le serrer contre son coeur, parce que ça semblait être le seul moyen de lui faire comprendre à quel point sa proposition – sans doute jeter en l'air – avait de l'importance pour lui. Il ne sut pas trop ce qui le retint de le faire. Sans doute le flot de paroles incessant de Nocturnus qui embrayait sur le meilleur moyen de se faire des amis. Curieusement, même si Cillian était fondamentalement attaché au silence et à sa tranquillité, il n'avait plus envie de l'empêcher de parler. Au contraire, chaque mot lui semblait à présent être un pansement sur son coeur en ruine. Il passa même sur le terme 'psychopathe' sans avoir à s'empêcher de corriger en 'sociopathe'. Nul doute que son comportement anormal lui avait fait mériter cette qualification également.

Dans une immobilité et un silence parfaits, Cillian regarda longuement Nocturnus lorsque ce dernier eut fini de parler. Ses iris bleu glace caressèrent le moindre centimètre de son visage. Finalement, le coin gauche de ses lèvres s'étirèrent dans un sourire ému et son regard tomba sur les dalles du palier, trahissant une timidité véritable. « Je pense que j'aimerais beaucoup écouter tes parents parler des racines de machin chose. » Pour reprendre les dires du petit sorcier duquel il s'approcha lentement. « C'est gentil de vouloir m'aider. Pour... le coté sociable. Je ferai des efforts, tu as ma parole. » C'était quelque chose de voir le grand (au sens littéral et métaphorique) Cillian Dolohov perturbé par une cascade d'émotions dont il ignorait jusqu'à présent l'existence.

« J'aime bien les oiseaux. » Les oreilles du jeune homme avaient repris leur teinte rosée. « Ils sont petits et mignons. » Un souffle. Un regard plus chaleureux. Puis, ces deux mots : « Comme toi. » Le jeune homme n'était pas entièrement conscient de ce qu'il était en train de dire mais il soutint son regard quelques instants, en silence, jusqu'à ce qu'un groupe de sorciers ne déboule bruyamment dans les escaliers à leur niveau en parlant avec animation d'un match de Quidditch déroulé la veille. Voyant qu'ils se tenaient très prêts l'un de l'autre, un Gryffondor marqua un arrêt, attrapant la manche d'un de ses compagnons pour le faire s'arrêter aussi. Ils faisaient partie des multiples copains que Nocturnus avaient un peu dans chaque Maison de Poudlard.

« Ça va, Noct' ? Il t'embête ? »

Oui, parce qu'évidemment, il semblait tout à fait impossible que le Dolohov soit juste en train de discuter tranquillement avec un sang-mêlé. Forcément, il voudrait essayer de lui faire du mal. Cillian fit un pas en arrière, la mâchoire de nouveau crispée.


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Mar 3 Mai - 22:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 13 Mar - 14:42

Nocturnus ouvrit encore la bouche, pas forcément décidé à attendre la réponse de Cillian et prêt à enchaîner sur la nature du groupe d’études qu’il envisageait, et les personnes qu’il inviterait, et les moments de la semaine le plus propice, et les expériences qu’ils pourraient faire tous ensemble, etc., etc. Son élan fut coupé — tout arrive — par le regard de Cillian et le petit Morguelune se trouva soudain tout silencieux. Ce n’était peut-être pas la première fois qu’on le regardait comme ça mais, au fil des années, avec une obstination digne d’un rhinocéros lancé en plein galop, Nocturnus avait développé un art consommé quand il s’agissait de faire abstraction des signes d’intérêt.

Cette fois-ci, c’était difficile. Il faut dire que pour le coup, les yeux de Cillian n’étaient pas très subtils. Les joues de Nocturnus rosirent légèrement et il se rappela le placard de la salle de divination, un quart d’heure ou une demi-heure plus tôt. Il avait l’impression que Cillian regardait sa gorge, qu’il regardait ses lèvres, que…

Son ami reprit la parole et Nocturnus détourna les yeux à son tour. Cillian s’approcha. Peut-être qu’il devait reculer ? Histoire de préserver les apparences. Qu’est-ce qu’on penserait, si on les voyait là tous les deux, tout près l’un de l’autre, en train de se jeter de timides mais tendres œillades ? Est-ce que les gens seraient capables de deviner ? Est-ce que Cillian le devinait ? Est-ce que Cillian en était ? Est-ce…

Les yeux de Nocturnus revinrent brusquement sur Cillian. Soit il avait brusquement développé une forme particulièrement exotique de trouble de l’audition, soit Cillian venait de lui dire qu’il le trouvait mignon. La dernière fois qu’un garçon lui avait dit ça, Nocturnus avait pris la fuite à grandes enjambées et il avait même sérieusement songé — pendant cinq minutes — à quitter Poudlard pour mener ailleurs une vie d’ermitage. Signe incontestable de la maturité qui était désormais la sienne (plus ou moins), le jeune homme resta sur place et il parvint même à bafouiller quelque chose d’à peu près aussi éclairant que « euhjeahpardquoibonouihm ».

Ensuite, on va à sa rescousse.

— De quoi ? 
— Dolohov. Il t’embête ?
— Euh…

Le Gryffondor jeta un regard soupçonneux à Cillian, comme si ce dernier devait être responsable, par quelque obscur maléfice, de l’état d’évidente confusion dans lequel Nocturnus était plongé. D’un autre côté, ce qui se passait dans le cerveau du jeune Morguelune semblait toujours un peu chaotique, alors il était difficile d’en tirer des conclusions définitives.

— Nan. On est en train de… Y avait des bavboules… Mais c’est… Réglé. Ouais. Carrément.
— OK…

Tout le monde savait que Nocturnus était capable de se défendre de lui-même mais le Gryffondor paraissait décidé à agir en ami héroïque. Il gonfla un peu ses pectoraux et déclara :

— Si jamais t’as besoin, hein, t’hésite pas.
— Ouais. Cool. Merci. Mec.

Après une poignée de main secrète assez compliquée, le Gryffondor ramassa ses amis et s’éloigna dans un couloir, probablement en direction de leur Salle Commune. Cillian et Nocturnus étaient de nouveau seul à seul sur le pallier. Le regard de Nocturnus s’attarda un instant sur l’entrée du couloir que son protecteur avait emprunté avant de revenir sur Cillian.

— J’pense pas qu’ça serve à quelque chose. Qu’on continue à attendre ici. À mon avis, c’est bon, c’est réglé. J’renforcerai mon coffre et… Voilà.

Nocturnus avala difficilement sa salive. Son instinct lui soufflait de fuir. Son instinct lui soufflait toujours de fuir quand il avait l’impression qu’un garçon était plus qu’un ami.

— Tu veux le voir ?

Sauter par dessus la rambarde. Ce n’était pas trop haut. Il serait hors de danger.

— Mon coffre. J’veux dire.

Et un peu stupidement, il rajouta :

— Dans la chambre.

Ça aurait pu être l’invitation la moins subtile du siècle mais, fort heureusement, Nocturnus avait suffisamment l’air au bord de l’apoplexie pour qu’on eût du mal à croire qu’il tentait d’attirer Cillian dans son lit. Ça n’empêcha pas le Gryffondor de refaire son apparition, seul cette fois-ci. Il avait planté ses amis au pied du tableau de la grosse dame et avait couru pour retrouver Nocturnus.

— Ah, au fait, Noct’.
— Hmm ?

L’intéresse détacha à contrecœur son regard du visage de Cillian.

— Tu vas à la prochaine sortie à Pré-au-Lard ?
— Ouais, sans doute.

Le Gryffondor fit un pas de plus vers Nocturnus, un peu de côté, comme pour se mettre entre Cillian et lui. Une manière de marquer son territoire.

— Tu voudras m’accompagner à Honeydukes ?
— Euh…

Pas tout à fait conscient des enjeux de la conversation, Nocturnus répondit naïvement :

— Ouais, bien sûr. S’tu veux.
— J’passe te chercher à votre Tour, du coup ? Genre, vers quatorze heures.
— OK.
— Cool.

Nocturnus hocha la tête, parfaitement inconscient qu’il venait d’accepter un rendez-vous galant. Le Gryffondor lui adressa un sourire pourtant peu équivoque avant de rebrousser chemin. Quand il eut disparu, le Serdaigle murmura d’un air pensif :

— Il est un peu bizarre, aujourd’hui…

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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Mar 29 Mar - 22:22

Les tableaux de la cage d'escaliers étaient vraiment très très intéressants.
C'est du moins l'impression que donnait Cillian qui les fixait intensément pour ne pas avoir à réagir à l'attitude soupçonneuse du Gryffondor qui s'incrustait sur leur palier.

D'ordinaire, les présomptions de culpabilité et la critique passaient sur lui comme l'air dans ses cheveux, sans conséquence. Il avait l'habitude qu'on attende le pire de sa part et ne s'était jamais abaissé à répondre aux remarques. Ni sur lui, ni sur sa famille, ni sur les mages noirs. Peu importe à quel point son interlocuteur s'était trouvé proche de la réalité.
Néanmoins, aujourd'hui, le calme jusqu'à présent imperturbable du jeune homme était mis à rude épreuve et sa trop grande lucidité lui faisait comprendre que la cause de ce changement inquiétant n'était autre que la présence à ses cotés de Nocturnus.
Le petit sorcier qu'il trouvait mignon. Le petit sorcier qu'il avait tenu contre lui dans la réserve de la salle de divination. Le petit sorcier qu'il avait tantôt envie de bâillonner, tantôt envie d'écouter parler jusqu'au bout de la nuit. Le petit sorcier à la bouche ronde. Une bouche qu'il avait envie de...

Hein ?

Le temps qu'il analyse ce trouble inédit, l'encombrant Gryffondor s'en était allé et ils étaient de nouveau seul sur le palier. Cillian tourna la tête pour s'intéresser de nouveau à son camarade qui suggérait que leur mission était terminée. L'héritier des Dolohov eut un pincement au cœur en songeant qu'ils allaient devoir se séparer et qu'il n'avait pas le moyen de l'en empêcher. S'il avait bénéficié du minimum de capacités sociales, il aurait su qu'il n'était pas obligé d'avoir une excuse pour traîner avec quelqu'un mais la chimie de son cerveau et son éducation le privaient de cette logique probablement innée chez beaucoup de gens.

Heureusement, Nocturnus vola inconsciemment à son secours. Voir son coffre ? Excellente idée ! Blague à part, le mécanisme d'enchantement du petit sorcier l'intéressait réellement et sa curiosité comme son goût pour la connaissance l'aurait poussé à accepter l'offre, même si son cadet avait été moins séduisant.
Le taciturne sorcier ne savait pas en revanche pas tout à fait comment interprêter l'invitation qui lui était faite. D'un coté, il ne pouvait pas douter de son innocence et, de l'autre, le fait que son émetteur ait l'air d'avoir besoin d'une bonne bouffée de ventoline était tout de même curieuse.

Hélas, le retour du Gryffondor empêcha Cillian de formuler une réponse. Le jeune homme se détourna d'eux et échoua dans son intention de ne pas écouter la conversation qui suivit. En fait, ses sourcils se froncèrent à plusieurs reprises comme ce qu'il entendait l'ennuyait profondément.
Tout comme Nocturnus, le beau brun n'avait aucune notion de drague. Zero. Niet. Pourtant, il voyait quelque chose de suspect dans le comportement du Gryffondor, dans l'affection qui teintait sa voix, dans la manière dont il avait imposé son corps entre eux.

Cillian, qui avait été jusqu'à présent hermétique aux émotions, commençait à sentir quelque chose qui se réveillait en lui. Comme des picotements. Il ne pouvait pas encore mettre de nom sur cette sensation désagréable mais il s'agissait tout bonnement des effets de la jalousie. Il avait envie d'attraper ce rouge et or par sa cravate et de lui dire qu'aller voir ailleurs s'ils y étaient. Il ferma ses yeux extraordinairement bleus pour s'intimer au calme. La pensée qu'il puisse passer de la volonté au geste lui faisait un peu peur. Il ne voulait pas être comme ses parents. Il serait un homme mesuré, un homme dirigé par la raison. Non pas les émotions. La haine et la colère semblaient trop dangereuses à mettre dans le cœur d'un sorcier aussi brillant et donc avec un potentiel aussi impressionnant que le sien. Il ferait trop de dégâts.
Non, il ne pouvait pas céder aux émotions. Se laisser tomber amoureux du petit Morguelune n'était donc pas envisageable. Cela ouvrirait trop de portes sur trop de futurs et la plupart d'eux n'auguraient rien de bon.

Cillian ne remarqua pas que le Gryffondor s'en était allé pour de bon. Il mordait doucement sa lèvre inférieure. Quand il rouvrit les yeux, ses iris bleu glace se fichèrent immédiatement dans celles de son charmant camarade qu'il contempla d'abord dans un silence admiratif. Il déglutit. Il hésita. Nocturnus pouvait sans doute sentir qu'il livrait un duel dans son propre esprit. Il ouvrit la bouche, hésita encore, puis lâcha au moment où la pointe de ses oreilles se teintèrent de rouge :
« Je... dois y aller. »

Et sans plus d'explications, conformément à son annonce troublée par une émotion palpable, Cillian s'en fut.
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