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 L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]

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Message Sujet: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Ven 1 Jan - 19:52



*

— Noct ?

Assis sur le rebord d’une fenêtre, la tête appuyée contre la vitre, le jeune Serdaigle regardait les élèves aller et venir dans le parc, en contrebas, au pied du château. C’était un dimanche ensoleillé, un dimanche de printemps, et même dans la fraîcheur écossaise, ils se répandaient comme de petites fourmis dans l’herbe fraîche. Les beaux jours n’étaient pas si fréquents, à Poudlard. Ces mois derniers surtout, même le soleil avait quelque chose de sombre.

— Noct !

Le jeune homme détacha lentement le regard du parc et de la vitre pour tourner la tête vers Melodiany. Dans la salle de classe désaffectée, la Gryffondor lisait un roman moldu à la mode, assise sur une chaise balancée en arrière, dans un équilibre précaire, et les deux pieds sur le coin d’un bureau.

— Hmm ?
— Tu pleures ?
— Nan.
— Ah. J’croyais.

Nocturnus reprit son observation sans rien rajouter. Évidemment qu’il pleurait. Un peu. Silencieusement. Ça lui arrivait parfois. C’était son petit côté mélancolique. Question d’équilibre.

Ils auraient pu rester comme ça longtemps, Nocturnus à ruminer toutes les erreurs qu’il avait commises ces derniers mois, avec Julian, avec Wilfred. Avec le fauteuil de la Salle Commune dont les flatulences, la veille, ne s’étaient arrêtées qu’après une bonne heure de désenchantements acharnés. Ils auraient pu rester comme ça longtemps, Melodiany à lire son livre, à relever toutes les cinq minutes les yeux vers Nocturnus, à réfléchir à la manière de le pousser à se confier. Obtenir la vérité du Serdaigle relevait parfois du parcours du combattant. Si Nocturnus pouvait parler pendant des heures de telle ou telle légende gobeline, les sujets personnels passaient quasi toujours à la trappe.

Ils auraient pu rester comme ça longtemps, oui, si une petite bille en verre n’avait pas roulé sur le sol en pierre de la salle.

— Qu’est-ce que…

Splock.

— Protego !

L’abondante salive de la bavboule s’écrasa contre le bouclier de Melodiany mais se répandit copieusement tout autour d’eux puis le petit objet disparu dans un nuage de fumée, avec un ricanement sardonique et une odeur de souffre. D’un revers de baguette, la Gryffondor dissipa son bouclier et Nocturnus prononça ce qui devait bien être l’un de ses mots favoris :

— Oups.
— Qu’est-ce que c’était que ça ?
— J’pensais pas qu’elles s’échapperaient. Comment elles se sont échappées…
— Nocturnus Morguelune ! Qu’est-ce que tu as encore fait ?
— Faut qu’j’y aille.

L’adolescent descendit de son perchoir.

— Et qui va nettoyer tout ça ?

Avec un sourire angélique tout à fait suspect, Nocturnus se pencha pour déposer un baiser sur la joue de Melodiany et partit en courant, poursuivi par un avertissement lancé pour la forme :

— Tu me revaudras ça !

Deux escaliers et trois couloirs plus loin, ce fut un Nocturnus un peu essoufflé et lancé à pleine vitesse qui percuta un Dolohov qui — comme d’habitude — n’avait rien demandé à personne, envoyant valdinguer dans les airs la pile de livres transportés par le studieux Serdaigle. Une fraction de seconde plus tard, Nocturnus lança :

Immobulus !

Les livres s’arrêtèrent en plein vol sans retomber sur le sol. C’est que le Morguelune avait de solides réflexes, probablement développés à force de chasser ses propres inventions rebelles aux quatre coins du château.

— Désolé. Tu te serais pas fait cracher dessus par hasard ? J’ai…

Roulements suspects à bâbord. Nocturnus s’interposa aussitôt entre Cilin et une troupe de cinq bavboules à l’air patibulaire — ça se voyait à leur manière de porter un peu sur la gauche quand elles roulaient.

Protego !

Les deux Serdaigles furent protégés par le bouclier d’une vague de crachats hargneux et les bavboules disparurent, comme la première, dans un nuage fumée, non sans avoir fait résonner dans le vénérable couloir leurs rires moqueurs. Le nuage de souffre dégagé collectivement par les bavboules rendait l’atmosphère presque irrespirable mais…

Ventus.

Une bourrasque de vent dissipa le nuage et le bouclier disparut à son tour. Du Nocturnus tout craché — c’est le cas de le dire : en moins d’une minute trente, il avait percuté Cilian, lancé trois sorts, couvert le couloir de bave, empuanti l’atmosphère et désempuanti l’atmosphère, et maintenant qu’un calme relatif quoique poisseux était revenu, sans vraiment prendre la peine de respirer, il fit volte-face et poursuivit, comme si de rien n’était, ses explications.

— C’est mes bavboules. Enfin, pas mes bavboules, enfin si, enfin je suppose. L’autre jour, j’étais au club d’échecs, et Gale avait un fou particulièrement expressif dans son jeu, et les mecs jouaient aux bavboules à côté, et je me suis dit qu’on pourrait donner plus de caractère à des bavboules en leur appliquant les mêmes enchantements qu’aux pièces d’échecs, alors bien sûr…

Alors bien sûr, il avait pris la décision opposée à celle de toute personne sensée.

— … j’ai essayé pour voir ce que ça donnait mais les bavboules deviennent un peu rebelles après coup, donc je les ai enfermés dans ma valise, le temps de trouver un moyen de régler ça et… t’as vraiment des sourcils vachement expressifs, on t’a déjà dit ça ? Donc, bref, il devrait en rester encore une petite dizaine, c’est jamais qu’une question de les retrouver.

Ah, tiens, si, il avait bien besoin de respirer. Noct s’interrompit pour prendre une profonde respiration. En attendant, les livres de Cilian flottaient toujours dans les airs. Nocturnus leva le regard vers le plafond et, perspicace, suggéra :

— Ah ouais, t’veux peut-être récupérer tes bouquins. Ce s’rait dommage qu’ils tombent dans la bave, faut dire…
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Sam 2 Jan - 2:08

« Bon sang, on dirait qu'il fait plus froid dans notre salle commune que dehors, c'est dingue... » se plaignit une élève en dernière année en essayant de se rapprocher de la cheminée. Sa copine jeta un coup d'oeil méfiant vers le coin des bureaux pour vérifier qu'elle était hors de portée d'oreilles et lui murmura : « C'est normal. Y a le Dolohov. On ne l'appelle pas le Prince de glace pour rien. » L'autre pouffa.
Évidemment, les deux chipies n'étaient pas suffisamment discrètes pour que l'élève en train de réviser ses cours de botanique ait manqué de les entendre. Cillian Dolohov, qui leur tournait le dos, fronça ses sourcils - 'vachement expressifs' selon les dires de certains – et il referma le manuel qu'il était sur le point de connaître par cœur.

D'ordinaire, au quartier général de sa Maison, le jeune homme était relativement à l'abri des commentaires désobligeants. Dehors, les Serpentards le regardaient comme un traître et ni les Gryffondors ni les Poufsouffles n'osaient lui faire confiance. Au fond, il n'y avait donc nulle part où il se sentait vraiment chez lui. Sûrement pas dans la demeure familiale des Dolohov en tous cas.

Le prince de glace se leva de sa chaise avec une grace remarquable qui disparut aussitôt qu'il commença à ranger ses affaires de manière méthodique dans la sacoche de cuir noir qu'il avait toujours avec lui. Comme tous les livres, en l'état ne rentrait pas dedans, il se contenta de prendre prendre sous le bras et de se diriger d'une démarche un peu coincée vers le mur qui dissimulait la sortie. Tout en s'en allant, il extirpa discrètement sa baguette de la poche intérieure de sa cape et pratiqua un des arts dans lequel il excellait : les sortilèges informulés.
Un « Chevels calves sorices » et un « Furonculus » plus tard, il referma la porte sur les hurlements paniqués de ses deux camarades. Il ne serait pas dit que l'on pouvait embêter impunément Cillian Dolohov.


Évidemment, si c'était sa journée porte-poisse, Cillian aurait préféré le savoir pour rester couché. Au détour d'un couloir, il fut percuté par une boule d'énergie qu'il reconnut presque immédiatement. Nocturnus Morguelune. C'était bien sa veine.
Le Dolohov n'avait rien contre le sang-mêlé ; le 4ème année était bien un des rares à ne pas lui lancer de piques gratuites. C'était juste que Noct avait la propriété magique de lui filer une migraine en moins de deux minutes. Il fallait toujours qu'il parle vite, qu'il s'exclame, qu'il parte à gauche, puis à droite, puis encore à gauche, qu'il bondisse, qu'il rit aux éclats et qu'il invente des choses aussi inutiles qu'instables et donc dangereuses.

Avec l'attitude et le sang-froid qui lui avait valu le surnom de 'prince de glace', Cillian récupéra un à un ses livres de cours suspendus dans les airs, les miniaturisa à l'aide de sortilèges informulés et les rangea soigneusement dans sa sacoche, par ordre de taille et d'épaisseur. Dans le silence le plus complet.

Lorsqu'il eut terminé, il plongea ses yeux infiniment bleus dans les iris vertes et brillantes du petit diable devant lui et fronça un peu les sourcils qui l'avait tant amusé il y a quelques instants. S'en rendant compte, Cillian porta une main à son visage pour caresser le gauche du bout de son très long index, manifestement ennuyé. Il ne savait pas dire si c'était un point positif ou un point négatif.  Le dos parfaitement droit dans l'alignement de ses jambes, le menton naturellement haut mais sans expression dédaigneuse, le jeune homme sembla hésiter un moment sur la manière à répondre. Puis, de sa voix neutre, il lança :

« Tu as bien une bouche ronde. Ce n'est pas moins étrange. »

Oui, Cillian avait déjà laissé vagabondé son regard méditatif sur les lèvres de Nocturnus. De plusieurs garçons à vrai dire. Celles des filles l'avaient vite désintéressées. Il s'était gardé d'en tirer quelques conclusions toutefois.

Sans bouger la tête, ses yeux glissèrent sur le sol recouvert de bave.

« Des bavboules rebelles... » Cela ne l'étonnait tellement pas de la part de l'inventeur fou que, franchement, il n'avait même pas la force de se montrer consterné. Pour peu que son beau visage eut été capable de montrer autre chose que l'indifférence la plus totale. « Y avait-il une vraie utilité à la création de ces hybrides ? Ne t'es-tu jamais dit que le monde de la Magie mériterait des inventions qui donne un véritable avantage pour accomplir une tache laborieuse ? » L'éternel combat entre le design fonctionnel et le design esthétique.

On ne pouvait pas confondre ses questions avec des reproches. Elles étaient bel et bien de simples questions, dites sans animosité.

« Je vais t'aider à les retrouver. Si les professeurs tombent dessus, ils vont encore enlever des points à notre Maison. »

Cillian était probablement l'élève de Serdaigle qui en rapportait le plus et les voir dilapider en guise de punitions par les pitreries des uns et des autres avait toujours eu le don de l'agacer prodigieusement.

« Ce sont toutes des Boulurlards ? » demanda-t-il calmement en sortant sa baguette en bois d'acacia terriblement longue, portant une plume d'oiseau-tonnerre en son cœur.


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Ven 27 Mai - 19:18, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Sam 2 Jan - 14:11

— Rondes ? Comment ça, rondes ?

Nocturnus contourna Cillian pour s’approcher de l’une des fenêtres immenses qui occupaient à intervalles réguliers les murs du château. Il tenta sans grand succès d’y apercevoir son reflet, pour vérifier cette affirmation et puis, en désespoir de cause, il finit par murmurer :

— En même temps, personne a des lèvres carrées, ‘fin j’crois.

Il se tourna une nouvelle fois vers le Dolohov, qui proposait de l’aider.

— Cool.

Il avait dit ça d’un ton tranquille, apparement peu perturbé à la perspective d’arpenter les couloirs du château avec un Dolohov, seul à seul. En vérité, Nocturnus n’avait pas d’avis particulier sur Cillian. Il trouvait la réaction de la plupart de ses camarades pour le moins puéril. Après tout, Cillian n’avait pas choisi sa famille et il ne saurait être tenu responsable des actions des uns ou des autres, ni même de leur réputation commune. Sans doute qu’il partait avec une sorte de handicap mais enfin, on n’était pas toujours la réplique exacte de ses parents.

À sa connaissance, Cillian n’avait jamais fait, directement ou indirectement, l’apologie de la pureté du sang, du meurtre ou de la domination mondiale par armée de zombies. De fait, il n’était pas très sympathique mais, du point de vue de Nocturnus, Cillian ressemblait à tout un tas d’autres Serdaigles trop sérieux, trop ennuyeux et un peu hautains, avec lesquels il ne s’entendait pas, essentiellement parce qu’ils n’avaient pas grand-chose en commun et qu’ils ne se fréquentaient jamais.

La baguette toujours à la main, le Morguelune fit un geste un peu désinvolte et murmura :

Récurvite.

Le sol commença à mousser et puis, assez vite, le savon disparut avec la bave et l’endroit était comme neuf — ou, tout du moins, il avait retrouvé l’apparence millénaire qui avait été la sienne, avant l’intervention du gang de bavboules.

Flegmatiquement, Nocturnus remarqua :

— T’as une sacrée baguette. Elle est vachement longue.

Et puis, tout à fait hermétique au double sens de ses propos, il se mit en marche, non sans jeter de fréquents coups d’œil à la sacoche de Cillian.

— Les bavboules étaient dans un sac, dans un coffre, dans ma chambre. On devrait trainer autour de la salle commune, au septième étage, j’pense pas qu’elles soient descendues beaucoup plus bas. Quand elles explosent, elles reviennent dans le sac. On va commencer par récupérer le sac, pour savoir exactement combien on en cherche. Mais non, ce sont pas des boulurlards, c’est plus discret que des boulurlards. ‘Fin, niveau sonore, quoi.

Les ricanements de ces bavboulues étaient somme toute assez discrets.

Nocturnus marchait d’un pas énergique, continuant à épier la sacoche de Cillian, jusqu’à s’arrêter brusquement, se retourner vers son camarade et déclarer très sérieusement :

— Bon, faut qu’on en parle, on y pense tous les deux alors autant jouer cartes sur table.

L’adolescent fit un geste de la tête vers la sacoche.

— T’as conscience que la plupart des gens utiliseraient un sortilège d’extension pour leur sacoche afin de faire rentrer tous les bouquins plutôt qu’un Sortilège de Ratatinage ? J’veux dire, c’est plus économique, quoi. On a qu’à étendre une fois, alors que là, faut ratatiner et dératatiner à chaque fois. Si tu m’laissais ta sacoche genre deux ou trois jours, je t’en fais une bibliothèque portative, moi. Plus on pourrait imaginer un classement automatique des livres par ordre alphabétique, si c’est vraiment ton truc, une fois que tu les mets dedans, et puis des sangles spéciales qui…

Nocturnus n’acheva pas sa phrase et fixa l’objet d’un air pensif, en hochant la tête, avant de murmurer :

— Ouais. Ouais, ce s’rait possible de faire un truc bien…

Naturellement, après avoir rencontré ses bavboules, il y avait de quoi être sceptique mais les Serdaigles étaient bien placés pour savoir qu’un grand nombre des inventions de l’enchanteur en herbes fonctionnait réellement.

— Fin bref…

Le jeune homme haussa les épaules et reprit sa marche. Le laconisme du Dolohov ne lui posait sans doute pas de problème parce qu’il était de toute évidence parfaitement capable de faire la conversation tout seul.

— Et donc, pour répondre à ta question, faut distinguer deux choses : d’un côté les expériences et de l’autre les inventions. Les expériences peuvent déboucher sur des inventions mais pas toujours. Ça peut être de la recherche plus fondamentale. Les bavboules, là, c’t’une expérience. Voir si ça marche, se faire la main, ce genre de trucs. Cela dit, toutes les inventions doivent pas forcément servir à accomplir des tâches laborieuses. J’dis pas qu’faut forcément qu’ce soit inutile, rigolo ou tordu, juste que la magie, c’est beau et c’est une fin en soi. Et y a plein d’circonstances où la beauté peut rencontrer l’utilité. Ou l’esthétique le pratique, s’tu préfères. Regarde, manifestement, t’es bien fringué, tu fais attention à comment tu t’habilles, même si c’est vachement classique. Que tes vêtements aillent les uns avec les autres, c’est pas nécessaire. T’aurais pas froid et ce serait pudique si tu mettais n’importe quel pantalon avec n’importe quel pull. N’empêche que tu choisis. On pourrait jouer aux bavboules à la moldu et, en vrai, ça changerait pas grand-chose à l’aspect technique du jeu, mais in fine, c’est quand même plus sympa quand y a quelque chose en plus.

En attendant, ils étaient arrivés à l’entrée de la Salle Commune et c’était en tant que tandem le plus improbable de la Maison, sans doute, qu’ils s’apprêtaient à y pénétrer.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 3 Jan - 3:46

Bin oui, rondes. Des lèvres pas très larges mais très hautes, quoi. Il faudrait qu'il fasse un schéma. Plus tard...

Cillian ne fut pas réellement étonné de n'entendre aucune objection. Il savait déjà que le petit Morguelune n'était pas fait du même bois que ceux qui murmuraient des paroles venimeuses dans son dos. Ses pommettes rosirent un peu quand son exubérant camarade glissa un commentaire sur sa baguette. Oui, elle était longue. Très longue. Anormalement longue, même.
Monsieur Ollivander lui avait confié que c'était la plus longue qu'il ait jamais fabriqué mais qu'il n'avait jamais douté que, un beau jour, un enfant franchirait sa porte pour elle. Bien sûr, l'homme avait été un peu déstabilisé en apprenant le nom de celui qui en devenait propriétaire.
Le jeune homme était très attaché à sa baguette. Même si sa longueur justement rendait la tache facile aux gens qui voulaient se moquer de lui pour n'importe quel prétexte. Mais ils avaient tord, il n'avait rien à compenser. La seule chose qui lui faisait honte était la position de sa famille vis à vis des sangs impurs. Le reste avait des proportions tout à fait honorables, avantageuses même, merci bien.

Enfin bref !

Si Cillian aux nerfs d'acier était évidemment un champion des échecs magiques, il devait bien avouer que les bavboules avaient plutôt tendance à le répugner. C'est que le jeune homme était extrêmement sensible aux odeurs. Son activité principale, hormis le fait de lire de la vieille poésie à l'ombre d'un arbre et de hanter la bibliothèque de Poudlard, était d'inverser le laboratoire de l'école pour s'adonner à l'art des parfums, des philtres, des poisons et des potions. Il en avait élaboré de toutes sortes. Certaines inoffensives et délicates. D'autres extrêmement dangereuses.

Les coups d'oeil de Nocturnus sur sa sacoche commençaient à le rendre suspicieux. Cillian fronça ses sourcils expressifs quand ce dernier fit volte face et demanda à avoir une discussion sur un sujet apparemment très sérieux. Qu'est-ce que ce gamin avait encore inv... Ah! Non mais, vraiment, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Cette fois-ci, c'est la pointe de ses oreilles qui se mirent à rougir quand le petit magicien fou se proposa d'emblée d'apporter quelques modifications à sa précieuse sacoche. Cillian changea la bandoulière d'épaule, pour l'éloigner de lui. Pas question que l'on touche à ses affaires. Tout était méthodiquement organisé, listé, classé, étiqueté et plein d'autres adjectifs finissant par -é pour dire que c'était un vrai maniaque du rangement.

Il parvint à s'en sortir sans avoir à débourser une parole et leur marche reprit naturellement à travers les couloirs. Évidemment, Cillian put s'asseoir sur la tranquillité du silence parce que Noct ne ferma pas la bouche un seul instant. Son aîné porta une main à son visage et se pinça l'arête du nez en fermant les yeux. Par Merlin, il avait envie de plaquer sa main aux longs doigts sur sa bouche pour le faire taire.

La conversation arriva sur le sujet de sa garde-robe et le sorcier ne put nier le coté très classique de ses vêtements. Quand il n'était pas obligée de mettre son uniforme d'école, il portait toujours un riche costume – pantalon et chemise – noir. Parfois, il complétait le tout d'une fantaisie ; un veston bordé de fils d'argent ou une écharpe en soie blanche. Jamais la moindre faute de goût. (Jamais de chaussons avec son pyjama.) Même ses boutons de manchette étaient de bon ton.

Par miracle, le Morguelune s'était tu en arrivant près de l'entrée du dortoir des Serdaigle et, quand il crut le voir de nouveau desserrer les lèvres pour dire le mot de passe, Cillian réagit vivement en lui attrapant le coude. « Attend ». Ses incroyables yeux bleu glace sondèrent un instant les iris vertes curieuses du plus jeune et il libéra son bras pour ouvrir précautionneusement sa sacoche. « Si je miniaturise les choses au lieu de lancer un sortilège d'extension, c'est parce que... j'aime ce qui est petit. » Et, ce disant, il surplombait Noct d'une bonne dizaine de centimètres. « Je trouve que c'est mignon. » Il sortit un de ses manuels miniaturisés pour le montrer à l'inventeur avec pudeur.
Il n'empêche que s'il montrait cette facette de sa personnalité aux autres Serdaigle, cette facette qui n'avait rien à voir avec les cœurs de pierre qui peuplaient les rangs de sa famille, ils le laisseraient tranquilles. Peut-être même que certains voudraient être ses amis.
C'est avec une grande délicatesse qu'il replaça le tout petit livre dans la sacoche à la place qu'il lui avait assigné, puis prononça d'une voix morte le mot de passe qui déverrouilla la porte.

A la seconde où il pénétra dans la pièce commune, les deux Serdaigles qu'il avait puni pour s'être moqué de lui – qui avaient réussi à régler leurs problèmes de furoncles et de cheveux chauve-souris poussèrent un cri de frayeur et se précipitèrent dans le dortoir des filles pour ne pas risquer un second round. Un septième année railla : « Bah dis-donc, tu leur fais un de ces effets, Dolohov. Une vraie rock star. »[/b] La remarque voulait faire rire (et elle réussit) mais n'était pas forcément moqueuse alors Cillian n'en prit pas ombrage. Il se contenta de se tourner vers Nocturnus : « Va chercher ton sac. Je t'attends là. » Des regards curieux convergèrent vers le Morguelune. Depuis quand se parlaient-ils ? Etaient-ils amis ? Autant de questions que personne n'oserait poser. Pas en présence de Cillian en tous cas, même dans l'intimité du dortoir peut-être.

Et, en effet, du coté des lits, un groupe de garçons avec qui Noct était copain le prit en embuscade de questions :
« Pourquoi tu traînes avec lui ? »
« T'as pas peur de cotoyer un Dolohov ? »[/color]


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Dim 3 Jan - 21:52, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 3 Jan - 16:06

À Poudlard, on vivait parfois des expériences hors du commun : on pouvait croiser des gargouilles acariâtres, se faire cracher dessus pour des bavboules en cavale et entendre en Dolohov expliquer que les petits bouquins, c’était mignon. Mignon. Un Dolohov avait prononcé sincèrement le mot « mignon ». Un sourire se dessina sur les lèvres (rondes, donc) de Nocturnus, après un moment de surprise silencieuse. Un sourire qui n’avait rien de moqueur.

— J’ai une idée.

Souvent, c’était comme ça que les ennuis commençaient. D’ailleurs, chose ô combien suspecte, Nocturnus n’ajouta rien sur la question et ils pénétrèrent dans la salle commune. En tout cas, il n’avait pas l’air de se rendre compte que, par définition, il devait être mignon, puisqu’il était petit ou, selon ses propres termes, « verticalement proportionné ». Deux demoiselles s’enfuirent en criant quand ils parurent et Nocturnus haussa un sourcil surpris.

— Mauvaise période du mois, j’crois.

On pouvait être un enchanteur prometteur et se montrer parfois un peu machiste. Évidemment, Nocturnus devinait que Cillian devait avoir quelque chose à voir avec cette fuite désordonnée mais il préféra ne pas poser de questions et, avec un hochement de tête, il se dirigea vers les dortoirs des garçons de quatrième année, où un groupe de types s’échangeaient des cartes de Chocogrenouilles coquines.

— Peur ? De quoi ?

Nocturnus s’accroupit devant son lit et en tira une lourde malle.

— Je sais pas, un Endoloris mal placé.
— Ou bien placé.
— Ouais, il pourrait te buter pour te voler tes inventions.

Le jeune Morguelune caressa le sommet du coffre d’un index, en décrivant un schéma compliqué, et il y eut un longue série de cliquetis, pendant laquelle il jeta un coup d’œil par dessus son épaule.

— C’est sympa d’vous inquiéter, les mecs, mais j’crois qu’j’vais m’en sortir.
— On dit ça, nous, c’est pour toi.

Les fréquentations de Nocturnus avaient souvent été sources de perplexité pour certains élèves de sa Maison et notamment la propension du jeune homme à sympathiser avec des Serpentards, tout en professant ouvertement des idées fort éloignées de ce que l’on tenait pour l’idéologie ordinaire de ces derniers. Profondément individualiste cependant, Nocturnus croyait plutôt aux particularités personnelles qu’à la cohérence des groupes. Les familles, les Maisons, pour lui, étaient d’abord des entités assez abstraites.

Il souleva finalement le couvercle du coffre et ses sourcils se froncèrent tout seuls. Derrière lui, ses amis reprenaient leur discussion fiévreuse sur la valeur comparée de deux cartes, l’une représentant une célèbre poursuiveuse russe légèrement vêtue et l’autre une prétendue infirmière de Sainte-Mangouste à l’uniforme très décolletée. Nocturnus attrapa son sac de bavboules, referma le coffre et le poussa sous le lit.

— Salut les mecs. Amusez-vous bien…

Il avait dit ça d’un ton un peu sceptique mais, après tout, chacun ses passe-temps. Il ne tarda pas à rejoindre Cillian dans la Salle Commune et, d’une voix préoccupée, il murmura :

— Viens, on s’en va.

Il n’avait pas envie de parler dans la Salle Commune. D’ailleurs, il attendit qu’ils se fussent éloignés de plusieurs mètres, dans le couloir désert qui y menait, pour tendre le sac à bavboules à Cillian et expliquer :

— Quelqu’un a ouvert mon coffre. Elles se sont pas échappées toutes seules. Quelqu’un a ouvert mon coffre, déplacé des trucs à l’intérieur et les bavboules en ont sans doute profiter pour partir à l’aventure. Le truc, c’est que…

Il y avait huit bavboules dans le sac, il en restait donc huit autres en liberté.

— Mon coffre, il est inspiré des portes à Gringotts. Bon, c’est pas, genre, aussi sécurisé, mais c’est quand même vachement compliqué de l’ouvrir si t’es moi ou si tu sais pas comment ça marche. Et c’est encore plus compliqué d’le garder ouvert. À mon avis, y a un Serdaigle qui s’balade en ce moment avec une sacrée trace de morsure sur sa main. ‘Fin bref, c’que j’veux dire, c’est qu’y a des trucs vachement plus craignos que des bavboules dans ce coffre.

La Strangulécharpe, notamment.

— Et qu’il faut être un peu déterminé pour avoir envie d’y mettre le nez. Déterminé et vaguement doué. C’est…

Nocturnus poussa un soupir désemparé. L’affaire lui paraissait véritablement préoccupante. Il secoua la tête et concéda :

— L’année dernière, ça m’aurait moins perturbé, j’suppose, mais maintenant, on a l’impression qu’y a des traîtres et des psychopathes à tous les coins d’rue, ça craint.

Oui, il venait bien de dire ça à un Dolohov. Nocturnus secoua la tête.

— Bon, bref. J’règlerai ça plus tard, j’suppose. Là, ben… On tend l’oreille et on essaie d’entendre des roulements suspects, ou un truc comme ça.

Chasser la bavboule était une activité plus complexe qu’il n’y paraissait.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Lun 4 Jan - 10:30

Les jambes et le dos alignés dans une verticale parfaite, Cillian attendait au beau milieu de la salle commune que l'excentrique inventeur redescende.
Beaucoup d'élèves autour lui jetaient des coups d'oeil quand ils pensaient qu'il ne pouvait pas les voir. Il y en avait de toutes sortes. Des regards suspicieux, de ceux qui se demandaient encore après six ans de cohabitation ce qu'un Dolohov foutait dans leur nid. Des regards inquiets, de ceux qui semblaient croire possible qu'il allait subitement sortir sa baguette et lancer des Ava Kedavra à tour de bras. Des regards curieux, de ceux qui – car il y en avait – n'avait pas d'avis préétabli sur ce descendant d'une famille de mages noirs et qui, plein de bons sens, voyaient bien jour après jour qu'il n'avait pas l'air de vivre en suivant leurs idéologies extrémistes. Après tout, à ce qu'il en savait, il n'avait jamais dédaigné personne à cause du sang impur qui coulait dans leurs veines. Les fois où il s'était montré sec, c'était avec les abrutis qui l'avaient bien cherché.
Et puis, il y a aussi les regards enamourés, de la part des filles essentiellement. Parce que, il faut bien le dire, Cillian était plutôt beau garçon. Plus d'un mètre quatre-vingt dix, une silhouette mince, une posture impeccable, des cheveux noirs d'encre et des yeux bleu glace, l'air mystérieux. Oui, un grand cliché du mec sur qui avoir un béguin secret à l'école. Le jeune homme avait déjà eu quelques déclarations, essentiellement chez la gent féminine de Serdaigle et de Serpentard, et, chaque fois, il avait décliné l'offre de devenir leur petit-ami d'une manière très élégante. Bon, c'était un peu difficile de gober le « je suis flatté mais » mais le mec disant cela n'était capable que d'afficher un visage impassible mais au moins ne partaient-elles pas trop blessées.

Une fois, il avait failli accepter. Ce n'était pas la plus jolie ni la plus intelligente des prétendantes qu'il avait eu mais elle avait tout de même réussi à faire naître chez lui le goût de l'expérience. Il avait eu envie de se faire violence et d'essayer de se lancer dans une vie sociale plus riche. Seulement, ayant conscience que la demoiselle alors n'aurait été qu'un outil et que, contrairement à sa famille, il ne voulait pas considérer les êtres humains comme de la quantités négligeables, il s'abstient de conduire l'expérience. A posteriori, il s'était dit qu'il avait bien fait. D'abord, qu'est-ce que ça voulait dire être le petit-ami d'une fille ? Lui tenir la main, l'embrasser, lui porter ses livres de cours, manger à coté d'elle... L'investissement semblait sans fin. Il n'était pas sûr que quelqu'un comprendrait qu'il ait besoin de temps à lui, pour ses miniatures, l'élaboration de ses philtres et poisons, les promenades dans la nature pour l'observation des oiseaux... Et puis, les bouches des filles ne lui donnaient pas envie de les embrasser. Elles étaient brillantes et avaient l'air collantes. Il n'aimait pas trop leur voix non plus. Les bouches des garçons en revanche...

Comme un aimant, les yeux de Cillian furent attirés sur celles, ronde, de Nocturnus au moment même où il reparut dans la pièce commune, un sac à la main. Ses iris remontèrent son visage et il comprit à ses sourcils – pas moins expressifs que les siens à ce moment-là – qu'il était préoccupé par quelque chose. Il eut envie de lui demander immédiatement ce qui le chagrinait mais à la manière dont le petit magicien s'empressait de sortir, il comprit que cela nécessiterait une discrète que la salle commune de leur Maison n'offrait guère.

Cillian ne fut pas du tout surpris d'apprendre que Nocturnus avait bricolé son coffre afin d'être capable de dire si on l'avait ouvert. A vrai dire, il avait fait pareil avec le sien. Beaucoup plus discrètement que l'inventeur par contre car son voleur ne se baladerait pas avec une morsure. Au contraire, son voleur à lui ne saurait même pas qu'il a déclenché un piège, un parfum presque indécelable que le Dolohov serait capable de traquer au moyen d'un inventeur peu banale.
Il songea, alors qu'ils marchaient, qu'il pourrait proposer à Nocturnus d'installer ce système sur son coffre également. Cette pensée fit rougir la pointe de ses oreilles. C'était bien la première fois qu'il éprouvait aussi clairement une volonté d'entraide. Son cœur n'était peut-être pas aussi glacé que les rumeur voulait bien le dire.

« As-tu tout de même fait l'inventaire de coffre ? Manque-t-il quelque chose ? »

Comme ils sortaient sur une passerelle à découvert, Cillian en profita pour glisser une main dans la poche de sa cape et il porta un petit sifflet en argent très joliment ouvragé à sa bouche. Il souffla une fois - mais Nocto n'entendit aucun son – et il replaça l'objet dans sa poche. Il ne s'écoula que deux petites minutes avant que le bleu du ciel derrière eux ne soit fendu par les battements d'ailes énergiques d'une chouette épervière. Elle décrivit plusieurs cercles au dessus de leur position et finit par se poser – avec une délicatesse qui pourrait aisément être améliorée – sur l'épaule de Cillian. Comme il avait installé des épaulettes en cuir sur chacun de ses manteaux, son compagnon à plumes pouvait s'en servir de perchoir sans problème. L'oiseau tourna sa tête aux yeux ronds vers Nocturnus pour l'observer d'un regard curieux puis colla ses plumes contre la joue froide de son maître. Un vrai chat cette chouette.

« Croc'pouce va nous aider. Il est très fort pour chercher des choses » expliqua-t-il avant d'ouvrir la porte à Nocturnus pour le laisser entrer en premier dans la nouvelle aile du bâtiment qui les éloignerait des remparts. « Montre-lui une bavboule, il va comprendre. »

Au même moment, un troupeau de cinq élèves déboula dans le sens opposé, la main plaqué sur la bouche et le nez.
« N'allez pas par là, ça pue, c'est une horreur. Les toilettes de Mimi Geignarde doivent encore être bouchés ou j'sais pas quoi » les avertit l'un d'eux avant de décamper pour de bon.

Cillian échangea un regard entendu avec le petit sorcier qui l'accompagnait.


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Ven 27 Mai - 20:11, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Lun 4 Jan - 14:44

— Il ne manque rien d’autre, non.

Il était difficile de s’en rendre compte quand on avait pas observé le contenu du coffre en question mais cette affirmation assurée témoignait en vérité de la prodigieuse mémoire de Nocturnus : ce coffre, beaucoup plus vaste qu’une malle ordinaire, était rempli d’un innommable bric-à-brac disposé sans ordre apparent. Il avait pourtant suffi d’un coup d’œil au jeune Serdaigle pour savoir qu’on y avait fouillé, d’une part, et qu’on y avait rien pris, d’autre part.

— C’est pour ça que je pense que les bavboules se sont échappées toutes seules et que le curieux… ou la curieuse, d’ailleurs, n’a pas eu le temps de s’emparer de quoi que ce soit d’autre.

Les deux grandes questions étaient : a) qui avait été l’indélicat ? et b) qu’avait-il chercher dans ce coffre ? Nocturnus ne savait pas s’il devait craindre une profonde malveillance ou une simple curiosité mal placée. Il montrait toujours volontiers ses inventions, quand on les lui demandait, alors il voyait mal pourquoi on aurait jugé préférable de se passer de sa permission. Pour le voler ? Quelle drôle d’idée ! Sa générosité en la matière n’était plus à prouver.

Le jeune homme soupira une nouvelle fois alors qu’il s’arrêtait, à côté de Cillian, sur une passerelle découverte, dont les arches de pierre s’étendaient régulièrement entre deux murs du château. Il eut un petit frisson, parce que le vent soufflait fort, encore, en ce mois d’avril, dans ces terres écossaises. Comme à son habitude, il laissa son regard errer sur le paysage. Contrairement à ses parents, Nocturnus n’était pas un grand amateur de nature et il préférait de loin le décor plus urbain du Chemin de Traverse qui avait servi de cadre à son enfance : l’inventivité des êtres pensants l’inspirait toujours plus que le spectacle, fût-il grandiose, des merveilles de la nature.

Ses yeux revinrent vers Cillian pour assister, une nouvelle fois, à une scène étrange. Et, une nouvelle fois, un sourire amusé se dessina sur les lèvres (rondes) de l’enchanteur. Il sortit une bavboule du sac et la chouette regarda l’objet avec un air circonspect. Nocturnus aurait juré qu’elle était en train de se demander ce que les humains avaient bien pu fabriquer, encore, avec un objet pareil. Ils furent interrompus par quelques élèves qui, cependant, ne demandèrent pas leur reste, fuyant l’infection pestilentielle.

Cillian et Nocturnus échangèrent un regard puis l’adolescent tendit le sac entre eux, bien ouvert. Nocturnus, Cillian et Croc’pouce purent constater que deux bavboules y faisaient leur apparition, avec un pop sonore.

— Si elles continuent à attaquer juste des élèves, on aurait peut-être même pas besoin de les chercher.

Il referma soigneusement le sac et le glissa dans la poche de son blouson, tandis que Croc’pouce poussa un hululement sans aucun doute désapprobateur et prenait son envol, en quête de ces petites boules éminemment suspectes et, drame de son existence, sans doute pas du tout comestibles.

Nocturnus suivit l’oiseau du regard avant de tourner les yeux vers Cillian.

— Croc’pouce, hein ? C’est mignon, comme nom.

L’affection que l’animal avait témoigné à son maître l’était tout autant. Nocturnus avait déjà vu les hiboux prétentieux que certains sangs-purs choisissaient en arrivant à Poudlard, quand ils livraient le courrier, le matin, ces Grands Ducs aux airs guindés qui ne lui inspiraient aucune sympathie et il préférait de loin la chouette de Cillian.

— Viens, on va voir du côté des toilettes.

Au moins pour nettoyer les dégâts.

Alors qu’ils s’y dirigeaient, Nocturnus entamait une conversation plus légère.

— Moi, j’ai un chat. Il s’appelle Ragnuk. Il est un peu… Euh… Particulier.

La plupart des Serdaigles connaissaient l’animal, pour la bonne et simple raison que, comme son propriétaire, Ragnuk passait difficilement inaperçu. Capable de prendre toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et soumis à des crises de hoquet assez régulières, Ragnuk était un animal vif, affectueux et un peu déstabilisant.

— Hélas, ce n’est pas un fin limier. Je suis même pas sûr qu’il ait jamais capturé de souris dans sa vie, alors bon.

Les narines de Nocturnus remuèrent. L’odeur de souffre était plus présente. Quelques mètres plus loin, ils trouvèrent une flaque de bave. Mimi Geignarde était innocente. Nocturnus lança les deux sortilèges appropriés, l’un pour dissiper l’odeur, l’autre pour récurer le sol. Quand le bruit du savon moussant sur la pierre disparut avec le savon lui-même, les deux Serdaigles entendirent distinctement le son du verre qui, non de là, trébuchait de marche en marche. Ils échangèrent encore un regard.

Dans un murmure, Nocturnus suggéra :

— Bavboules dans un escalier ?

Ce serait embêtant. Jusque là, les attaques avaient été confinées dans des couloirs somme toute assez peu fréquentées, le week-end, mais si les bavboules s’aventuraient vers les parties communes du château, ils finiraient par attirer l’attention des préfets ou des professeurs.

— On peut encore les prendre par surprise.

Et Nocturnus se mit à progresser à pas de loup vers l’escalier. Des années de visites nocturnes et tout à fait interdites dans les couloirs du château avaient développé chez lui des dons furtifs.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Mer 6 Jan - 5:07

Hum. Cette histoire de fouille dans le coffre de Nocturnus préoccupait bien plus Cillian que cela n'aurait du. Une fois toutes les bavboules rattrapées, il lui proposerait son aide pour retrouver l'auteur. Qui pouvait bien vouloir piquer un truc à l'utilité douteuse et à la dangerosité certaine ? A priori, n'importe qui pouvait entrer dans le dortoir de Serdaigle ; il suffisait de répondre juste à une énigme posée par le drôle de heurtoir. Quoi que... Vu le nombre de fois où Cillian était arrivé devant avec déjà un groupe d'élèves qui se décarcassaient depuis une demie heure pour trouver une solution à proposer, alors même que ses petits camarades bleu et cuivre étaient sensés être les meilleurs cerveaux de l'école... C'était assez révélateur sur la médiocrité de la société, avait déjà conclu Cillian.

Sa chouette prit son envol après avoir observé l'étrange bille que Nocturnus lui avait présenté. Il ne doutait pas que l'animal leur rapporterait les bavboules qu'elle trouverait sur son chemin. En revanche, Cillian ne s'était pas attendu à ce que son camarade fasse un commentaire sur le nom qu'il avait donné à sa chouette. L'extrémité de ses oreilles rosirent. Il n'avait pas l'habitude que l'on remarque ses démonstrations d'affection.
Heureusement, la conversation dévia sur le chat du petit sorcier et, sans réfléchir, le plus grand avoua : « Je sais. » Oh. Il hésita à poursuivre. Et puis, tant pis. « J'aime bien Ragnuk. » L'ombre d'un sourire passa très furtivement sur ses lèvres. « Il vient s'allonger sur moi quand je suis dans les fauteuils de notre salle commune, la nuit, alors que tout le monde est endormi. » Nocturnus devrait se passer des explications. Bientôt, le préfet des Serdaigle découvrirait ce qu'il fichait à veiller si tard. Le tour du sang impur n'était pas encore arrivé.

Un sort de lavage plus tard, l'inventeur fou et le prince de glace poursuivaient une bavboule dans une descente d'escaliers. L'étage d'en dessous était un peu plus fréquenté que celui-ci et les rapprocherait dangereusement des salles des cours. Même si les professeurs ne faisaient pas classe, certains étaient souvent dans leurs locaux en train de préparer les examens de demain ou de mener leurs propres recherches. Mais ce fut avec la concierge qu'ils tombèrent nez à nez en arrivant sur le palier. « Messieurs, ne marchez pas dans mon couloir ! Je viens juste de le laver. » En effet, on pouvait voir dans son dos des ustensiles pour le ménage en train de finir leur œuvre. Le plus âé remarqua également la bavboule qui s'était arrêtée au milieu du couloir, dans le dos de la vieille sorcière, et semblait les narguer. Il glissa la main portant la baguette dans son dos et lança un silencieux sort de déplacement sur un gros bloc de savon jaune qui s'éleva à quelques centimètres du sol pour commencer à voler vers la bille. Et puis, en même temps que le beau brun était pris d'une étrange quinte de toux, le savon s’aplatit d'un coup violent sur la bavboule, la piégeant dans le bloc entier. « Excusez-nous, madame, mais nous allions à l'infirmerie. Je ne me sens pas très bien. » Mauvaise, la sorcière plissa les yeux. « Ah oui ? Tu n'as pas l'air bien souffrant pourtant. Ce ne serait pas plutôt un prétexte pour ne pas rendre un devoir, hein ? Dis-moi voir ton nom. » Mais, certainement. « Cillian Dolohov. » « Et bien, je vais te dire, Cillian Dolo... Oh. » La concierge se tut. Le regard qu'elle lui jeta à présent était apeuré. Elle prenait son métier à cœur mais réprimander un Dolohov, c'était peut-être pas la meilleure idée du siècle. Elle devait donc se résigner. « Bien. Passez. Mais dépêchez-vous ! » Tout en contournant la vieille dame, le présumé terrible sorcier encore dans sa sixième année fit discrètement sauter le pain de savon dans les mains de Nocturnus avant qu'il le range dans sa sacoche pour une extraction de billes plus tard.

Pfffiou... C'était moins une. Le repos fut de courte durée car bientôt le roulement d'une bavboule se fit de nouveau entendre devant eux. Ils arrivent à temps pour la voir se glisser sous une porte. Celle de la salle annexe à la classe de divination. Une matière que le jeune homme ne portait pas particulièrement dans son cœur.
Ils y pénétrèrent mais la bavboule était déjà hors de vue. Clillian commença à se baisser pour le regarder sous les bancs de l'entrée pendant que Noct était sensé inspecter autre part.

Ils furent dérangés.

Cillian braqua ses yeux glace sur la porte. « Quelqu'un arrive » chuchota-t-il avant d'attraper le coude de Nocturnus et de le traîner avec lui jusqu'au placard à matériel qu'il ouvrit afin qu'ils y trouvent refuge. Extirpant sa baguette magique, il ne prononça pas la formule Lumos mais un faible point de lumière naquit de lui-même à l'extrémité. Quand il s'aperçut que son camarade se trouvait du coté des étagères qui supportaient moult boules de cristal et autres objets insolites installés en pyramide d'une stabilité douteuse, il se hâta de faire la seule qui les éloignerait d'une catastrophe : il passa un bras autour de la taille de Nocturnus et le maintint contre lui afin qu'il ne heurte pas les rayonnages en reculant.

Les premières secondes, il ne ressentit aucune gêne. Son mouvement avait été mécanique. Un réflexe destinée à leur éviter d'être pris en flagrant délit. Et puis, peu à peu, il commença à se rendre compte qu'un corps respirait contre le sien. Une poitrine se gonflait contre la sienne, pas au même rythme. Il baissa sa baguette afin d'éloigner au maximum la lumière de son visage parce qu'il savait que ses joues et ses oreilles commençaient à rougir.
Nocturnus était petit. Enfin, pas tant que ça mais tout le monde avait l'air petit à coté de lui. Son corps était chaud. La courbure de son dos accueillait parfaitement sa main aux doigts interminables. Son cœur battait fort et il n'était pas sûr que ce soit parce qu'il risquait d'être découvert en situation de fraude et de faire retirer des points à sa Maison. Ce serait bien la première fois.

Cillian baissa la tête. Sa joue effleura les cheveux du Morguelune. « Tu crois qu'elle est partie ? » souffla-t-il contre son oreille. Ils ne pouvaient quand même pas sortir du placard (no pun intended) sous les yeux de leur professeur de divination.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Mer 6 Jan - 21:02

Alors comme ça, Ragnuk se faisait tripoter par des étrangers ? Ce chat n’avait décidément aucune pudeur. Nocturnus accueillit cette révélation avec un sourire satisfait.

— J’le reconnais bien là.

L’animal avait toujours été du genre envahissant et il était célèbre pour ses longues siestes dans les sous-vêtements des demoiselles de Serdaigle, ce qui n’avait pas manqué de provoquer quelques discussions compliquées entre son maître et ses camarades, quand il avait essayé de récupérer son chat discrètement roulé en boule sur des piles de soutien-gorges. Grâce à lui, Nocturnus en savait beaucoup plus qu’il n’en aurait eu envie sur les mystères de la lingerie féminine.

Heureusement, il ignorait encore quel genre de dessous portait la concierge de Poudlard et il espérait de tout cœur que Ragnuk ne trouverait jamais le chemin de cette garde-robe là. Nocturnus adopta son sourire le plus angélique, qui était aussi ravissant que peu convaincant. Sa réputation le précédait et c’était probablement elle qui éveillait la suspicion de la concierge, Cillian dégageant l’aura très spécifique du premier de la classe coincé qui n’avait jamais dit un gros mot de sa vie. Et, apparemment, cette aura-là se teintait ponctuellement des couleurs du psychopathe en puissance, incidemment voleur de savon.

Les deux Serdaigles purent recouvrer leur liberté et Nocturnus jeta un regard à Cillian, quand ils furent hors de portée d’oreille de la concierge.

— Sérieux, les gens sont cons. T’as l’air tellement tout calme et pacifique qu’faut avoir qu’un demi-cerveau pour avoir peur de toi.

Ça n’en avait peut-être pas l’air mais c’était un sérieux compliment. Nocturnus était prêt à parier que l’attitude des autres à son endroit touchait Cillian plus que le masque d’indifférence de celui-ci ne pouvait le suggérer et il ne comptait pas laisser son nouvel ami, qui se montrait si secourable, qui aimait les petites chouettes et Ragnuk, se morfondre dans sa solitude. Nocturnus savait ce que c’était d’être particulier et même s’il jouissait d’une popularité incomparablement plus confortable que la solitude de Cillian, il avait bien conscience qu’une partie des Serdaigles lui prédisait un avenir à la Janus Thickey Ward de Sainte-Mangouste.

La conversation n’eut pas le temps de reprendre cela dit : une bavboule venait d’attirer l’attention sur elle. Ils la suivirent dans la salle de divination où Nocturnus n’avait que rarement mis les pieds, parce qu’il n’avait pas choisi cette matière en option. Il inspecta l’autre partie des bancs. La bavboule se tenait là, oscillant innocemment de droite et de gauche. L’adolescent tendit la main mais il fut trainé par Cillian dans un placard et…

Le rythme cardiaque de Nocturnus s’accéléra et ce n’était certainement pas parce que quelqu’un était en train d’inspecter la petite bibliothèque attenante au bureau professoral. Il avait posé les deux mains bien à plat sur le torse de Cillian et il sentait la main de son ami au creux de ses reins. Il avait rêvé de cette situation plusieurs fois, avec Clarence, avec Elwan, avec le batteur de telle ou telle équipe de Quidditch. Des rêveries vagues d’abord, de plus en plus précises ces derniers mois. Douloureuses, même.

Le souffle chaud de Cillian caressa son oreille.

— … non…

Bien sûr qu’elle était partie. Il avait entendu le plancher craquer un tout petit peu. Au fil des années, Nocturnus avait développé une sorte de sixième sens pour ce genre de choses, à force de jouer à cache-cache avec les préfets dans les couloirs de Poudlard la nuit. C’était une sorte d’instinct de survie. Mais il avait menti sans hésiter, sans réfléchir, et il se rendit compte après coup qu’il profitait de cette étreinte qui n’en était pas une.

C’était idiot. Cillian n’était pas du tout mais alors pas du tout son genre. Nocturnus aimait les garçons sportifs et décontractés, ou bien avec une autorité affirmée, une personnalité présente, des types chaleureux et animés. Comme bien des garçons de son âge, Nocturnus était certain d’avoir des goûts très précis. C’était, euh… ses hormones. Voilà. La frustration qui parlait. Purement physique. Il releva la tête et le bout de son nez effleura le menton de Cillian.

— J’crois qu’c’est bon.

Et il se détacha un peu brusquement pour sortir dans la salle de cours. Il se sentait pitoyable. À s’exciter pour un rien. À rêver après des scènes pseudo-romantiques avec le premier garçon venu. À profiter d’une situation parfaitement innocente.

Protego.

Il avait dit ça sans conviction mais ça n’empêcha pas un bouclier de se former autour de la petite bavboule, pour contenir tout dégât d’une éventuelle explosion. Ce n’était pas vraiment la fonction ordinaire du sort, ni la forme qu’il prenait spontanément. Encore une fois, Nocturnus faisait la démonstration d’aptitudes bien supérieures à celles d’un sorcier de son âge sans paraître vraiment y prêter attention.

Wingardium Leviosa.

La bavboule sortit de sous le banc et vola doucement jusqu’à la petite sacoche qui contenait les autres. Il n’en manquait plus beaucoup désormais. Nocturnus referma la sacoche et jeta un bref regard à Cillian. Le tout était de se comporter avec naturel et désinvolture.

— La bourse est presque pleine. Il me manque plus que quelques boules.

Parfait. Il secoua la bourse en question pour faire tinter ses boules. Voilà qui n’était pas suspect du tout.

— On va voir si ta chouette en a trouvées d’autres ?

Et en disant ça, il s’adressait à un banc juste à côté de Cillian. Un acteur hors pair, ce Nocturnus !
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Lun 11 Jan - 10:45

Les mains que Nocturnus avait posé sur son torse le troublaient.
Chez les Dolohov, on n'était pas vraiment des adeptes des câlins, des embrassades et autres effusions intimes en tout genre, voyez-vous. C'était à peine si le sorcier avait eu une tape sur l'épaule de la part de son père à vrai dire. Quant à un baiser maternelle sur la joue, il s'en serait souvenu. Non, cette famille adoptait à l'égard de ses membres la même réserve qu'à l'égard des étrangers.
Puisqu'ils étaient coincés dans le placard, Cillian essaya de mettre son esprit d'analyse extraordinaire à contribution. Qu'est-ce que ça lui faisait d'avoir quelqu'un pratiquement dans ses bras ? Qu'est-ce qu'il ressentait ? Est-ce qu'il se sentait bien ? Est-ce que c'était agréable ?
Le nez du petit Morguelune caressa son menton. Sa main remonta de quelques centimètres dans son dos. Il frissonna. Oui, c'était agréable. Oui, il se sentait bien. Il ressentait... plein de choses. Ce qui était une prouesse vu que le monde l'indifférait jusqu'à présent au plus haut point. Ça lui faisait de drôle de choses. Il avait envie de passer son autre bras autour de Nocturnus et de le serrer contre lui. Il était petit et si mignon. Surtout quand il ne parlait plus.

Et puis, brusquement, le cadet se remit à parler pour déclarer que la voix était libre et il s'arracha si vite à l'étreinte pour bondir hors du placard qu'on aurait cru qu'il avait passé tout son temps en apnée. Pas du tout vexant, donc. Toujours armé de son sang-froid à toute épreuve, Cillian sortit dignement de la pièce exiguë où rien n'avait été cassé et fit de son mieux pour ne pas regarder Nocturnus en train de capturer la bavboule qui était responsable de cette situation.

La bourse, les boules, autant de vocabulaire à multiples usages qui échappèrent au Dolohov. Il suivit quand même des yeux le mouvement du petit sorcier qui secouait la sacoche. Il y avait quelque chose de bizarre. Ce fut encore plus évident quand Noct s'adressa à un banc sur sa gauche. Cillian demeura silencieux quelques secondes, ses yeux glace courant rapidement sur le visage de son petit camarade. Il n'était pas habitué à le voir, quoi, gêné ? Il n'était pas très sûr. Manifestement, il n'avait pas aimé leur petite pause innocente dans le placard. Le sang-pur songea que, peut-être, il était trop macho pour qu'une simple étreinte le laisse indifférent. Lui avait apprécié, mais c'était normal puisque, il allait quand même falloir qu'il le réalise un jour, les hommes lui plaisaient. Sans doute en allait-il différemment pour Nocturnus et Cillian savait que certains hommes n'étaient pas assez confiants avec leur sexualité pour accepter une étreinte – même forcée – avec un autre homme.
Toutefois, une étrangeté demeurait. Si le sang-impur avait été aussi mal à l'aise que cela, pourquoi parlait-il de continuer ensemble ? Il ne manquait plus beaucoup de boules. Il aurait pu dire 'merci pour ton aide, je vais finir seul'. Il y avait un mystère là-dessous. Et, malheureusement pour le plus jeune, Cillian avait une passion sans borne pour les énigmes.

« D'accord. »


...


Sur l'espace découvert qu'ils avaient trouvé, Cillian avait eu le temps de ranger son sifflet et d'enfiler son gant de cuir – extirpé de sa fameuse sacoche et déminiaturisé – avant le retour de son oiseau. Quand il repéra dans le ciel le vol caractéristique de Croc'pouce, il leva son poing au dessus de sa tête et regarda amoureusement la superbe créature décrire des cercles au dessus de leur position jusqu'à se rapprocher. Elle ouvrit les serres, lâchant une pluie de sept bavboules à quelques mètres d'eux et fonça sur le perchoir proposé. Cillian accusa sa brusquerie sans bouger d'un millimètre et ramena son poing devant lui pour caresser le dos de la chouette épervière. « C'est bien », lui dit-il d'une voix égale. Mais à la manière dont ses yeux bleu glace s'étaient mis à briller, on pouvait nettement voir qu'il était pétri d'affection et de fierté pour cette bête. Cette dernière lui répondit par des hululements comiques. Elle lui fourra une aile dans la figure et sauta sur son épaule pour se coller tout contre sa tête, sa manière à elle de lui faire un câlin.

Croc'pouce avait fait le mécontentement d'un groupe d'élèves en leur piquant leurs jouets. Quoi ?! C'était des bavboules aussi. Son maître ne lui avait pas dit qu'il devait seulement rapporter celles que Nocturnus avait enchanté. Et d'abord, comment aurait-il fait la différence ? C'était trop d'information pour sa cervelle d'oiseau.
Toutefois, l'oiseau n'avait pas totalement fait choux blanc et les deux sorciers s'en aperçurent lorsqu'une des bavboules tenta de se faire la malle à toute vitesse de l'autre coté de la plateforme. Cillian réagit rapidement. Il la pointa du doigt et ordonna d'une voix que l'autorité faisait vibrer : « Rapporte. » Croc'pouce décolla dans l'anarchie la plus totale et fondit droit sur la fugueuse pour la capturer de nouveau.

L'héritier des Dolohov se dirigea calmement vers Nocturnus. Ses yeux scrutateurs étudièrent son visage juvénile tandis que ses très longs doigts défaisaient la sangle de la sacoche. Duo parfait pour un numéro impeccable, Croc'pouce lâcha la bavboule dans le sac dès qu'il fut ouvert et Cillian remit la sangle en place avec le même calme caractéristique.
Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne se décide à dire, sans quitter les yeux fuyants du petit sorcier des siens.

« Ça m'a fait plaisir. »

C'était un peu vague, non ?

« Tout à l'heure. »

Mais encore ?

« Quand tu as dit qu'il fallait être bête pour avoir peur de moi. »

Voilà que la pointe de ses oreilles rougissait encore.
Croc'pouce, par terre, sautillait de bavboule en bavboule, comme pour vérifier qu'elles ne bougeaient bien plus. Et qu'elles n'étaient pas mangeables.
Pensivement, Cillian remit en place une mèche de cheveux sur la tête de Nocturnus que sa chouette avait malmené en le rasant de trop près. Il était gentil ce petit sorcier. Son aîné ne savait pas trop comment le remercier. Tandis qu'il y réfléchissait, naturellement, ses yeux bleu glace s'adoucirent et un sourire éphémère redessina ses lèvres. C'était la première fois qu'il en adressait un à un être humain.
Croc'pouce se mit à hululer gaiment en trottinant sur les dalles de pierre, détournant finalement l'attention de son maître qui fit quelques pas de coté en prenant l'air dégagé. Non, son coeur ne battait pas anormalement vite. Pas du tout.

« Tu as une idée pour repérer les bavboules manquantes ? »

Quelle question ! Nocturnus Morguelune avait toujours des idées. Souvent mauvaises. Ou plutôt, excellentes mais avec des coquilles au moment de la réalisation.
Peu lui importait cette fois. Cillian avait juste envie de l'entendre parler. [Oui, il n'aurait jamais cru ça possible non plus.]


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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Lun 11 Jan - 23:47

Cillian avait remarqué quelque chose. C'était certain. Depuis quelques jours, quelques semaines, Nocturnus vivait avec une demi-certitude nouvelle : c'était que tout le monde, à coup sûr, pouvait savoir en le regardant qu'il préférait les garçons. Il s'était gravement interrogé sur la question. Il avait bien observé ceux des garçons de Poudlard dont on savait qu'ils aimaient les garçons ce qui faisait que ça se voyait. Maintenant, il avait toute sorte de théories et, le matin, il s'observait dans le miroir pour essayer de déterminer s'il avait un nez de garçon qui aime les garçons, une voix de garçon qui aime les garçons ou un nombril — mais ça, ce serait tout de suite moins préoccupant, parce qu'il ne montrait pas son nombril à tout le monde — de garçon qui aime les garçons.

Le résultat de ces petites enquêtes n'était pour l'heure pas très fructueux mais il n'en craignait pas moins que ses camarades se montrent subitement très perspicaces. Il faut dire que la frustration aidant, Nocturnus avait l'impression de passer parfois le plus clair de son temps libre à reluquer les fesses bien fermes des joueurs de Quidditch et, à coup sûr, les conseils gestuels pour le bon maniement de la baguette dispensés en cours de sortilèges, quand ils étaient consciencieusement mis en pratique par ses camarades masculins les mieux faits de la personne, éveillaient en lui des rêveries qui n'avaient rien d'ésotérique. Sans aucun doute, on surprenait ses regards et ses pensées.

Cillian avait remarqué quelque chose et, maintenant, il le jugeait. Il allait ordonner à sa chouette de lui labourer le visage et de lui crever les yeux pour le punir d'un enthousiasme mal placé ou — et ce serait pire — il dirait à tous leurs petits camarades qu'il avait été ému par leur étreinte involontaire dans le placard. C'en serait fini de lui et il n'aurait plus d'autres ressources que de partir domestiquer des chèvres dans les highlands et d'y ensorceler des menhirs.

Pratiquement résigné à cette triste existence litho-agricole, Nocturnus n'en défit pas moins les lanières de sa bourse pour récolter les bavboules ramenées par Croc'Pouce, non sans constater qu'il avait fait au passage un petit profit. Il se promit, avant de quitter Poudlard couvert d'opprobre et poursuivi par la clameur publique, de les restituer à leur légitime propriétaire. Alors qu'il refermait la petite bourse, Cillian lui fit des avances.

Nocturnus releva brusquement les yeux alors que son camarade lui avouait son plaisir. Aussitôt, l'enchanteur fut absolument certain que le Dolohov lui disait qu'il aavit pris du plaisir à le tripoter dans le placard de la prof de divination et qu'il était prêt à le pousser jusqu'aux toilettes de Mimi Geignarde pour lui apprendre les choses de la vie, quelques dizaines de mètres au-dessus du basilik qui y roupillait à l'insu de tous. Les lèvres légèrement entrouvertes, Nocturnus se voyait déjà en train d'arracher tous les vêtements de Cillian et d'étreindre son corps musculeux, enfin masculin, enfin son corps, quoi, dans une fièvre tout aussi romantique que sexuelle, faisant fi des chèvres, des menhirs et de la clameur publique.

Bref, c'était le printemps.

- Oh.

Du calme, Morguelune, du calme.

Puisque les oreilles de Cillian rougissaient, les joues de Nocturnus en firent de même et l'adolescent en manque se mit à bafouiller :

- Ben, c'est… 'fin, c'est normal. T'es… t'es vachement… grand, j'veux dire, sympa, et, de faire ça, avec moi, j'veux dire, trouver mes boules et tout, c'est cool.

Nocturnus finit par détourner les yeux, encore une fois. Tout allait bien se penser. Le secret, c'était de ne pas penser au sexe. Ne pas penser au sexe. Ne pas penser au sexe. Évidemment, fort de cette sage décision, l'adolescent laissa pousser un soupir rêveur avant de se forcer à réfléchir à l'épineuse question des bavboules. Le problème, c'est qu'il avait toujours l'impression de sentir la main de Cillian replacer sa mèche de cheveux et qu'il était presque sûr que s'il reposait les yeux sur son ami, il aurait du mal à contenir les manifestations physiques de son ébullition hormonale. A, ça, c'était pas facile d'avoir dix-huit ans !

- On peut, euh...

De quoi est-ce qu'ils parlaient, déjà, au juste ? Et dire que Cillian n'était même pas son genre…

Nocturnus ferma les yeux et se passa une main sur la nuque. C'était un geste qu'il faisait souvent quand il réfléchissait. Un peu calmé par cette habitude, il se mit à examiner la situation clairement et il ne tarda pas à rendre son verdict.

- On ne les repère pas. Trouver et concevoir un moyen prendra plus de temps. La plupart ont déjà agi et c'est vachement peu probable que les deux ou trois récentes restent longtemps inactives. On va se fatiguer pour rien. On a limité les dégâts et c'est pas mal : elles reviendront toutes seules dans la bourse. Par contre, c'qu'on peut faire, c'est effacer les preuves une fois qu'elles ont fait leur petit numéro. Comme c'est pas spécialement discret, j'suggère de se poster sur les escaliers centraux, d'attendre un signe, d'aller rapidement sur les lieux de, euh… du crime, de nettoyer discrètement et ça d'vrait faire l'affaire. Sinon, pendant qu'on en chasse une, en admettant même qu'on la trouve, l'autre va foutre le boxon à l'autre bout du château et on aura fait tout ça pour rien. Là, ce s'ra pas la solution idéale mais ce s'ra la solution optimale, si tu vois c'que j'veux dire.

Nocturnus risqua un regard vers Cillian.

Bien évidemment, il pensa aussitôt à se faire masser les fesses par le Dolohov dans la salle de bains des Serdaigles.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Jeu 21 Jan - 23:54

Cillian était 'vachement grand', en effet.

Le jeune homme avait le visage tourné vers la gauche mais ses yeux de glace regardaient bel et bien le petit sorcier qui semblait de plus en plus mal à l'aise. Il n'était pas doué avec les émotions humaines. Il voyait bien que Nocturnus était gêné mais il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Est-ce qu'il était embêté que Cillian ait surpris de la gentillesse à son égard ? Ca lui semblait être la meilleure explication. Évidemment, le fait que le sang-mêlé ne soit pas complètement insensible à son charme polaire n'arrivait qu'en dernière position dans ses théories.
Le Morguelune passa une main sur sa nuque et son aîné détourna la regard, la pointe de ses jolies oreilles rougissant davantage. Noct était vraiment mignon, c'était acté...

Et puis, l'extravagant sorcier se remit à parler.

Très vite, l'envie de le bâillonner regagna le Dolohov dont les yeux grimpèrent au plafond. Trop de bruit, trop vite, pas assez d'articulation. Il fallait suivre. Il fronça légèrement les sourcils pour accuser un mal de crâne naissant.

« Très bien. »


De son coté, Croc'pouce sautillait toujours de long en large dans le couloir, en hululant comme un bienheureux. Apparemment, la moindre aspérité des dalles méritait sa plus sérieuse inspection. Rien ne semblait lui faire plus plaisir que de gratter les joints avec ses serres et de picorer des poussières. Pourtant, quand son maître émit un discret claquement de langue contre son palais, le volatile réagit au quart de tour en sautant pour retourner sur le perchoir qu'offrait son épaule. Cillian le gratifia d'une caresse qui le fit hululer de plus bel et Croc'pouce colla sa grosse tête emplumée contre celle du jeune homme pour prolonger le moment de sincère affection. Il sourit pour l'animal, oubliant momentanément la présence d'un autre être humain dans les parages.





Une fois la chouette épervière relâchée afin qu'elle puisse regagner la volière où d'autres activités passionnantes l'attendaient sûrement, Cillian accompagna Nocturnus jusqu'à la grande cage d'escaliers. Sur les passages, certains tableaux se metaient à murmurer des choses. Des ragots sur les Dolohov, comme souvent. En effet, si la participation d'Helven Dolohov à des actes de magie noire répréhensibles par le Ministère ne faisaient aucun doute pour la plupart des sorciers mais que nul n'était parvenu à le prouver, le tribunal de la pensée publique avait eu tôt fait de condamner toute la famille. Cillian avait l'habitude de voir les personnages quitter leurs toiles sur son passage. A l'exception bien sûr d'Elizabeth Beurk, qui fut directrice de Serpentard puis directrice de Poudlard en son temps, une sorcière qui ne portait pas les sangs-de-bourbe dans son cœur – et qui, par extension, appréciait les Dolohov.

Et en parlant de Serpentard, nos deux Serdaigle en croisèrent alors qu'ils débarquaient dans le grand escalier. La jeune Greengrass était à leur tête.

« Bonjour, Cillian. » Ses salutations ressemblaient davantage à un roucoulement. Helven avait laissé entendre à plusieurs reprises que le père de la demoiselle – un ami de longue date – et lui n'auraient rien contre le fait d'unir leurs enfants. Au contraire. Cette révélation avait laissé le jeune homme de marbre. Comme il l'était encore en répondant un « Bonjour », simple, net et tout sauf chaleureux. Mais ses manières glacées n'offusquaient pas ceux qui avaient compris qu'il s'agissait là de son caractère naturel. Aussi, la superbe blonde enchaîna : « Nous nous rendions au club de duel, histoire de ridiculiser quelques Poufpoufs, tu te joins à nous ? » Sa clique ricana, même s'ils entendaient cette blague pour la centième fois. « Merci mais je suis déjà occupé. Une prochaine fois, peut-être. » D'une politesse à toute épreuve. La Greengrass sembla enfin remarquer la présence de Nocturnus à qui elle jeta son regard le plus dédaigneux. « Tu sais, tu n'as pas à t'infliger la compagnie des... gens de ta Maison. Même si le Choixpeau Magique s'est trompé, tu es un des nôtres. Tu devrais traîner avec nous plutôt que perdre ton temps avec les sorciers débutants. »
Il aurait fallu que le Morguelune soit vraiment stupide pour oser répliquer quelque chose au groupe de sept Serpentard qui leur faisait face mais Cillian préféra ne pas parier sur l'intelligence du petit inventeur et il jugea plus prudent de couper court à l'échange. Comme il ne pouvait pas tout bonnement les envoyer sur les roses, il déclara : « Reparlons de ma mansuétude à l'égard des Serdaigles à un autre moment, si vous le voulez bien. J'ai réellement quelque chose à faire pour l'heure. » Loin de percevoir le fait qu'il essayait de se débarrasser d'eux, la jeune femme sauta sur l'occasion : « D'accord. Tu déjeunes à notre table demain ? » Raaaah, merde. Les sacrifices... « Si tu insistes. » Aussitôt, le groupe de sangs-purs sembla s'enthousiasmer à cette perspective, comme une bande de chiens dont le maître vient de sortir un paquet de croquettes.
Cillian était toujours intérieurement stupéfait de constater que, malgré le fait qu'il ne montre pas la moindre envie d'être des leurs, la moitié des Serpentard semblaient attendre son attention comme des valets celle d'un roi. L'autre moitié le considérait comme un traître, toutefois...

Débarrassé des boulets verts et argents, Cillian continua à descendre les escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête, dans l'attente d'une manifestation de bavboule. Fidèle à son habitude, il prenait garde de ne rien dire mais le silence vint une nouvelle fois le gêner alors, malgré lui, il desserra les lèvres :

« Est-ce que tes parents étaient à Serdaigle ? »


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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Sam 23 Jan - 17:40

Nocturnus ne pensait plus du tout à se faire masser les fesses.

De sa part, ces derniers temps, c’était somme toute un phénomène assez rare. On aurait pu y lire une preuve de maturité. Un signe de progrès. La première étape vers une vie d’abnégation et de chasteté dévolue à l’étude de la poterie magique et des traditions culinaires des Highlands. Hélas, il n’en était rien : Nocturnus faisait la tête.

Et la manière dont on voyait que Nocturnus faisait la tête, c’était qu’il ne parlait pas. Ça non plus, ça n’arrivait pas très souvent — c’était à se demander si, dans l’hypothèse où, un jour, en effet, quelqu’un lui masserait les fesses, le jeune sorcier ne se lancerait pas dans des grands discours enthousiastes. Et pourtant, il était bien là, sur la dernière marche d’une portion d’escalier qui volait lentement à travers le château sans paraître entièrement décidée du couloir qu’elle rejoindrait, et il ne disait rien.

Nocturnus avait beaucoup d’amis chez les Serpentards mais Greengrass et sa clique n’en étaient pas. Jusqu’à quelques mois en arrière, ses relations avec la Maison à la triste réputation avaient été excellentes, pour un Serdaigle. Naturellement, les Serdaigles et les Serpentards avaient toujours eu plus d’affinités que les Serpentards et les deux autres Maisons de Poudlard. Il y avait chez les bleus et les verts une même ambition, souvent un même sentiment supériorité et une attitude générale qu’on jugeait ordinairement assez opposée à celle des Poufsouffles ou des Gryffondors.

Nocturnus, qui n’était pas un Serdaigle typique et qui n’avait pas non plus le sens des groupes, s’était lié facilement avec les Serpentards de sa promotion, mais ses relations avec la Maison dans son ensemble s’étaient sérieusement dégradées quand il avait pris ouvertement position en faveur des Nés-Moldus et contre les puristes, dans les discussions qui avaient agité le château, les mois passés. Depuis, il entretenait avec les puristes Serpentards un équilibre fondé sur une indifférence mutuelle, un équilibre fragile qui ne tenait pas toujours.

Il aurait cru que Cillian prendrait parti pour lui. Un peu plus ouvertement. Nocturnus, lui, l’aurait fait à sa place. Au lieu de cela, le silence du Dolohov avait donné raison aux propos de la Greengrass et Nocturnus s’était senti trahi. Alors il ruminait son mécontentement, parce qu’il n’était pas toujours très doué pour formuler ouvertement ses reproches, même s’il essayait de se convaincre que, au fond, c’était une affaire courue d’avance. Ce n’était pas parce que Cillian l’avait aidé à récupérer quelques bavboules pour préserver la réputation de leur maison et qu’il l’avait palpé — ou presque ! — dans un placard obscur qu’ils allaient devenir les meilleurs amis du monde.

— Hmm ?

Les escaliers touchèrent un couloir et, après avoir contourné une arche, les deux jeunes gens purent descendre une autre portion. Ce jour-là, l’architecture du château avait l’air un peu paresseux.

— Mon père était à Poufsouffle. Ma mère était à Beauxbâtons, en France. Elle est française, comme le père de mon père. Ma grand-mère de ce côté, l’Auror, était à Serpentard et… Ben la mère de ma mère était à Beauxbâtons aussi, quoi. Son mari était Moldu.

L’adolescent haussa les épaules et glissa d’un air faussement dégagé :

— Pas que ça ait une importance, cela dit…

C’était une accusation à peine voilée contre les préjugés supposés de Cillian en la matière. En tout cas, sa propre famille ne lui avait jamais fait espérer telle Maison plutôt que telle autre. Les seuls débats sur la question qui animaient les réunions familiales tenaient à une saine rivalité, très exagérée pour les besoins de la conversation, entre Poudlard et Beauxbâtons, les Français de la famille assurant que leur école proposait une formation magique beaucoup plus rigoureuse et complète que celle du château écossais. Lorsqu’il avait été en âge d’étudier, Nocturnus avait été invité par les deux écoles mais ses parents avaient préféré Poudlard, pour qu’il ne s’éloignât pas trop de Londres.

— Tu regrettes de pas être chez les Serpentards ?

Il avait attendu quelques instants en silence avant de le demander. Peut-être que jamais personne, chez les Serdaigles, n’avait sincèrement posé la question à Cillian. Nocturnus lui jeta un coup d’œil rapide.

— Parce que bon, là, à l’instant, t’as pas été super motivé pour défendre ta maison. Ou moi. J’passe sur le fait que m’entendre appeler « sorcier débutant » par Greengrass, c’est vachement comique, mais bon… J’sais pas.

Nocturnus s’était arrêté à un entresol et il s’adossa à une rambarde en pierre. Ils étaient à mi-hauteur et c’était sans doute un bon endroit pour guetter l’activité en haut et en bas. À n’en pas douter, un professeur finirait bien par passer et leur demander ce qu’ils fabriquaient là, Dolohov ou pas, mais c’était le week-end et ils pourraient sans doute feindre l’innocence.

— Il parait qu’en vrai, le Choixpeau laisse choisir les gens. Ou quelque chose comme ça. Moi, je sais pas trop…

Le Choixpeau l’avait à peine effleuré avant de beugler le nom de sa Maison.

— Mais j’me disais que si t’étais avec nous, c’était qu’tu devais avoir un peu envie, d’une certaine manière.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 24 Jan - 13:00

Cillian n'arrivait pas à imaginer ce que c'était que d'avoir une famille qui venait d'horizons multiples comme celle de Nocturnus.
Les Dolohov étaient une très vieille famille et une longue lignée de Serpentard. Jusqu'à la scolarisation de leur héritier, il avait semblé improbable que l'un des leurs aille dans une autre Maison. Maintenant qu'il avait eu son expérience avec le Choixpeau Magique, le jeune homme se demandait toutefois si ses ancêtres n'avaient pas été trop faibles pour lui proposer d'être répartis ailleurs, car il semblait statistiquement impossible qu'il fut le seul à éprouver pour les convictions familiales racistes des réserves qui méritassent un peu de recul.

Il lui fallut un temps fou – et toute son inexpérience de la vie sociale – pour comprendre que le petit sorcier était froissé. Ce fut la remarque sur le fait que le sang n'avait pas d'importance selon lui qui attira le regard d'analyste de Cillian. Est-ce qu'il venait de l'accuser à mots couverts d'avoir l'esprit aussi étriqué que celui des Dolohov dont il portait le nom ? Le menton haut - position naturelle qui donnait toujours l'impression qu'il portait une minerve invisible – le sixième année détourna la tête avant de faire courir son regard sur les branches animées des escaliers, mémorisant qui se trouvaient où, qui allaient vraisemblablement dans quelle direction et donc qui passeraient à leur hauteur dans les prochaines minutes. Il n'y avait pas foule, les jours sans cours étant généralement attribués au sommeil pour les plus fainéants et aux activités extérieures.

La question de Nocturnus attira de nouveau son regard sur lui. Personne, jamais, ne la lui avait posée. La réponse, à la fois, tenait de l'évidence et nécessitait une vraie réflexion. C'est la raison pour laquelle il ne parla pas tout de suite, laissant l'occasion au petit sorcier de dévoiler sa désapprobation au moment de l'échange avec la Greengrass et sa clique.

C'était donc ça.
La lanterne de Cillian s'éclairait.

Bon.
Il devait décider maintenant de ce qu'il voulait faire.

Révéler sa nature indulgente à quiconque lui semblerait toujours risquer. Parce qu'il savait grâce à son père que, même parmi les soit-disantes bonnes âmes du Ministère, il y avait des Mangemorts sous couverture. Dès lors, n'importe qui pouvait cacher une personnalité double, des intérêts troubles et être un traître potentiel à son camp.
D'un autre coté, le fils Morguelune lui semblait tellement brut dans l'expression de ses pensées et dans ses actions qu'il avait envie de lui faire confiance. Il avait envie de le prendre par les épaules et de lui dire que, non, il ne voulait pas être un Serpentard, qu'il ne pensait pas que les sangs impurs étaient une race inférieure de sorciers, qu'il ne voulait pas devenir un Mangemort, qu'il aimait les boîtes à musique, les pandas, tout ce qui était petit et doux, et, surtout, les oiseaux au point de vouloir devenir ornithologue.

Sa mâchoire serrée trembla sous le coup de l'émotion et ses sourcils se froncèrent un peu.
Nocturnus Morguelune.
Est-ce qu'il pouvait lui faire confiance ?

« Je n'ai pas réalisé qu'il fallait que je défende les Serdaigle. Ou toi. » C'était une vérité sur lui-même, sur sa perception des choses. Il ne comprenait pas les êtres humains et leurs codes. Il passa nerveusement ses très longs doigts dans ses cheveux d'ébène pour les rejeter vers l'arrière. « Non pas que j'étais d'accord avec eux. J'ai juste pris l'habitude de ne pas les écouter ou d'ignorer leurs commentaires désobligeants. » Ses yeux bleu glace étaient doux quand ils effleurèrent les prunelles de l'inventeur. « Je te présente mes excuses. Il n'était pas dans mon intention de te froisser, ni dans ma volonté de les laisser faire. »

Il jeta un nouveau coup d'oeil pour vérifier que personne ne serait à portée d'oreilles pour les révélations dans lesquelles il avait décidé de se lancer ensuite. Par précaution – et magnétisme inconscient sans doute – Cillian fit quelques pas pour venir se mettre devant Nocturnus et il posa une main sur la rambarde dans son dos avant de se pencher vers le petit sorcier. Il regretta un peu cette nouvelle proximité quand il sentit son cœur s'emballer de nouveau, comme dans le placard de la salle de divination. Sa voix se fit basse alors qu'il soufflait son secret pour les seules oreilles du jeune inventeur :

« J'ai demandé au Choixpeau de ne pas m'envoyer à Serpentard. »

Il chercha une réaction dans les yeux de son interlocuteur avant de poursuivre, toujours à quelques centimètres de son visage et sur le ton de la confidence.

« Rien ne m'importe moins que le sang et la lignée. Je ne suis pas mes ancêtres. Je ne ressens pas l'obligation morale d'adhérer à leurs théories fantasques, des théories auxquelles tout mon bon sens s'oppose même. »

Son regard caressa le visage de Nocturnus puis sa mine s'attrista.

« Tu dois te dire que je fais preuve de couardise en ne me démarquant pas des vues de ma famille mais je voudrais demander ton indulgence. J'imagine que ta famille t'aime sans condition. La mienne a une idée précise de ce que je dois devenir et je ne peux pas encore leur dire que leurs rêves ne se réaliseront pas. Je ne suis pas encore assez fort pour lutter contre eux tous. Pour le moment, du moins. Mais ne crois pas que je ne ronge pas mon frein. »

Il espérait que Nocturnus comprendrait ce qu'il ne disait pas. Que les Dolohov préférerait avoir un fils mystérieux mort plutôt qu'un traître à leur sang.

« Et, dans l'intervalle, ça ne me gêne pas que les gens me détestent ou qu'ils aient peur de moi. »

Le gros mensonge.

Les yeux de glace se dérobèrent et Cillian se redressa un peu.


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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Mar 2 Fév - 18:40

Quelques mois plus tôt, Nocturnus n’aurait sans doute pas formulé ses reproches. Il les aurait gardés pour lui et puis il serait passé à autre chose, parce qu’il n’aimait pas la confrontation. C’était peut-être ce qui faisait de lui un ami difficile, l’un de ces amis qui gardaient tout pour eux et dont la rancœur, impossible à deviner d’abord, ne s’exprimait jamais que lorsqu’elle était devenue insurmontable. Ceux qui fréquentaient Nocturnus depuis longtemps avaient appris à naviguer entre les écueils de son tempérament et personne n’avait pris la décision de le confronter à ses silences.

Les choses changeaient, cependant. Peut-être était-ce qu’il devenait plus mature. Avec l’âge. Peut-être était-ce le climat particulier des derniers mois. Les questions de sang et de Maisons avaient pris, à Poudlard bien sûr, dans le monde sorcier qui les entourait plus encore, des accents dramatiques et pressants. Difficile de maintenir le consensus embarrassé qui avait gouverné souvent la vie du château. Déjà que certains estimaient qu’il fallait se battre, on pouvait à tout le moins en parler.

Alors Nocturnus en parlait. Il était même plutôt content de lui, parce qu’il n’avait pas l’habitude de ce genre de conversations et, qu’au fond, il avait craint d’être plus brusque encore qu’il ne l’avait été. Ce n’était peut-être pas un sommet de la diplomatie mais il trouvait qu’il s’en était bien tiré. La preuve, c’était que Cillian répondait calmement et, supposait-il, honnêtement. Quand son nouvel ami s’excusa, Nocturnus, qui l’avait observé avec une certaine intensité, hocha lentement la tête.

— OK. C’est cool alors.

Il n’était pas un spécialiste du mensonge mais Cillian lui avait paru honnête alors, pour sa part, il considérait l’incident clos. Il ne s’attendait pas vraiment à une confession quelconque du Dolohov. Après tout, lui-même ne s’étalait jamais sur ses propres aspirations. Il n’aurait pas été choqué de voir certaines de ses questions demeurer sans réponse.

Mais Cillian était un type consciencieux qui aimait rouler des patins à de quasi-inconnus. En tout cas, Nocturnus crut pendant une fraction de seconde que son aîné allait l’embrasser, là, contre la rambarde, et tout fébrile il le regarda avec de grands yeux. Voir Cillian s’arrêter un peu trop loin de son visage fut une véritable déception qu’il masqua tout de même avec beaucoup de brio. Il faut bien avouer que les explications de Cillian n’intéressèrent pas son jeune ami autant qu’elles l’auraient dû, sans doute parce que Nocturnus réfléchissait moins avec son cerveau qu’avec d’autres parties plus spécifiquement masculines de son anatomie.

Le petit frustré de service recouvrit un peu de ses facultés mentales ordinaires quand Cillian se redressa après une dernière affirmation que l’enchanteur accueillit en levant les yeux au ciel.

— Genre.

Nocturnus se retourna pour faire face à la rambarde, histoire de se donner une contenance et de calmer ses palpitations.

— T’aimes bien les trucs petits et mignons et tu papouilles ta chouette, alors va pas jouer au type froid et distant qui s’en fout d’l’opinion des autres. Accessoirement, les gens te détestent pas. Ils aiment pas ta famille, p’têtre, et comme tu fais, genre, aucun effort, sans vouloir t’vexer, hein, ils font pas la différence entre toi et ta famille. Mais toi, en particulier, ils te détestent pas. Dire ça, c’est juste…

Nocturnus haussa les épaules.

— Un peu injuste. J’dis pas que tu d’vrais faire une campagne électorale et des séances de confession publique pour parler de ton amour des oiseaux et des bouquins miniatures, hein. Ça craint que tu doives faire plus d’efforts qu’un autre pour t’intégrer et c’est pas spécialement juste non plus. À la limite, si tu m’dis que t’as la flemme d’aller vers les autres ou la trouille, en vrai, j’comprendrais et ça s’rait justifié. Juste que voilà, dire que c’t’une fatalité, c’t’une mauvaise excuse.

Il ne le disait pas comme un reproche : c’était plutôt une analyse de la situation.

— Après, j’sais bien qu’c’est pas facile d’être sincère avec les autres et tout, quand on a une réputation. C’est confortable, en un sens, les réputations. Bonne ou mauvaise.

C’était un aveu détourné. Très détourné.

— Par contre, pour ta famille… J’sais pas, j’pense pas que t’es un lâche. ‘Fin, ça dépend, j’suppose. Ça dépend ce que tu sais de ce qu’ils font et les conséquences que rien dire a. Ouais, bon, là, c’est vachement abstrait et j’m’aventure un peu en terrain inconnu. Mais la famille, c’t’un truc qu’on peut pas trop contrôlé. Moi, j’suis super chanceux avec ça, mais j’vois bien autour de moi, les potes ont plein de problèmes, des trucs graves ou des trucs pas sérieux mais prises de tête. Et j’comprends qu’t’aies pas envie de… J’sais pas… Que tu veuilles attendre d’être plus indépendant pour t’affirmer, et tout.

Nocturnus consentit enfin à risquer un regard vers Cillian.

— Mais t’sais, y a sans doute un juste milieu entre t’inscrire au cours d’études de Moldus et cultiver l’isolement social, hein.
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Message Sujet: Re: L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]   Dim 7 Fév - 20:03

Nocturnus s'était tourné vers la rambarde et Cillian, toujours proche, avait fixé son regard de glace sur sa nuque. Apparemment, le petit sorcier ne croyait pas à son détachement. Il fut bien heureux de  ne pas être confronté à son regard lorsqu'il se mit à peindre un portrait de lui en utilisant des caractéristiques qu'il n'aurait jamais songé à s'attribuer. La pointe de ses oreilles étaient écarlates. Il fit quelques pas en arrière et passa une main dans ses cheveux d'un air dégagé, en essayant de rabattre quelques mèches pour cacher la preuve de son embarras. A partir de maintenant, il se laisserait pousser les cheveux, c'était décidé !

Il y a rarement sensation plus pénible à vivre que lorsqu'on est mal compris par la personne à qui on ouvre son cœur pour la première fois.

Nocturnus n'était pas mentaliste. Il avait vu des intentions dans ses propos là il n'y en avait pas, car jamais Cillian n'avait parlé de fatalité. Comment aurait-il pu être injuste de sa part de dire que les gens ne l'appréciaient pas avec les remarques acides dont ses camarades l'arrosaient copieusement tout le jour durant ? Comment aurait-il pu être injuste de sa part de dire que les autres avaient peur de lui quand il les voyait changer de trajectoire pour ne pas croiser la sienne ou rentrer dans le cou dans leurs épaules en s'attendant au pire quand il ouvrait la bouche ? La vérité, c'était que sa réputation les faisait attendre le pire de sa part.

Là où Nocturnus voyait juste, toutefois, c'était que Cillian ne faisait rien pour changer cette réputation tâchée. Non pas parce qu'il se complaisait dans le mal-être et les méchancetés qu'elle faisait graviter autour de lui, mais tout bonnement parce qu'il ne savait pas du tout comment s'y prendre. Sans parler du fait de s'inscrire au cours d'étude des moldus, il savait bien qu'il avait un peu de marge de manœuvre avant de griller sa couverture et de se révéler comme un Dolohov indigne de ses parents. Mais ce n'était pas si facile que ça non plus. On pouvait affirmer que Cillian était né sans la fibre sociale. Il ne savait jamais trop quoi dire à ses semblables.

Le jeune homme glissa les mains au fond de ses poches et se détourna de la position de Nocturnus pour observer distraitement ce qui se passait dans les escaliers. Le petit sorcier avait mis le doigt sur le problème principal de sa couverture : ne rien pouvoir dire. Parce que, oui, Cillian était au courant que les Mangemorts attaqueraient le marché de Pré-au-Lard. Son père lui avait demandé de ne pas s'y rendre pour ne pas risquer de prendre un sortilège perdu. Il l'avait tout de même fait et, chaque minute, il avait hésité à aller prévenir Dumbledore de ce qui allait se passer. Il aurait pu éviter toutes ces morts. Il aurait pu sauver des familles entières du deuil. Pendant quelques jours, quelques heures, quelques minutes, leurs vies avaient été entre ses mains. Il s'était tu. Jamais il ne pourrait rattraper cette faute.
Heureusement, la culpabilité ne se lisait pas sur son visage. C'était un poison qui faisait flétrir son cœur déjà froid. Toutefois, il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer le visage du professeur Dumbledore lorsqu'il finirait par retourner sa veste et dénoncer sa famille à l'Ordre qui, nécessairement, lui accorderait sa protection. La mériterait-il seulement ? Lui que le silence avait rendu complice de l’assassinat de tant de sorciers au sang jugé impur ?

La dernière bavboule ne se distinguait toujours pas. Dommage. Cillian était forcé de répondre de son comportement devant Nocturnus dont, chaque seconde un peu plus, il espérait se faire apprécier.

« Ce n'est pas que je ne veux pas... me faire des amis. »

Le Dolohov au port de tête pourtant toujours altier baissa le nez sur ses chaussures, par la première fois honteux alors qu'il révélait une faiblesse.

« C'est que je ne sais pas trop comment je devrais m'y prendre pour aller vers les autres. Ça a l'air facile pour toi. Tu as un joli sourire. Tu parles avec un enthousiasme qui te rend sympathique. C'est normal que tu intéresses les gens. Moi, je ne sais même pas par où commencer. Sans parler du handicap de mon nom, je ne sais jamais quoi leur dire. Je ne sais pas quoi faire pour qu'ils aient envie de rester avec moi, de... Oublie ce que j'ai dit. C'est probablement ridicule. »

Cillian extirpa une main de ses poches et ses longs doigts vinrent couvrir la bouche qui avait si facilement trahi les aspirations secrètes de son cœur. Celles d'un jeune homme de vingt ans, comme les autres, qui souffrait de la solitude et voulait ce que tous les jeunes de son âge avaient : des amis. Il savait que l'aveu avait fait rosir ses pommettes alors il resta obstinément tourné trois quarts dos à son interlocuteur, par pudeur. Comme s'il ne voulait pas qu'il voit qu'il était juste humain.

Vite, une question pour changer de sujet. Soudain, un détail lui revint :

« Tu es un Morguelune de Morguelune, Onguents & Potions ? »


Dernière édition par Cillian A. Dolohov le Mar 3 Mai - 22:10, édité 1 fois
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L'Attaque des Bavboules Riantes [Cillian Dolohov]

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